Boris Vian ou l’auteur aux mille visages !

5 Déc

Je ne pouvais pas ouvrir un blog consacré à mes lectures sans publier un article sur l’un des plus grands auteurs français du vingtième siècle selon moi : Boris Vian, dit Bison Ravi, dit Vernon Sullivan.

Dans les prochains mois, je relirai les textes les plus célèbres de Vian, vous ferai découvrir des oeuvres moins connues du grand public et découvrirai aussi une partie de son oeuvre que je n’ai jamais étudiée à savoir le théâtre.

J’espère vous transmettre ma passion pour cet auteur hors du commun qui sera bientôt remis à l’honneur avec la sortie, en 2013, d’une nouvelle adaptation cinématographique de L’Ecume des Jours avec Audrey Tautou et Romain Duris.

L’article qui suit n’est pas une biographie en bonne et due forme. Il s’agit simplement de vous présenter rapidement le touche-à-tout qu’a été Vian au cours de sa trop courte vie. Le texte est en partie extrait de mon mémoire de master, L’humour chez Boris Vian.

Scientifique de formation, musicien averti et auteur prolifique aux multiples facettes, Vian a touché à tout. Du roman à la nouvelle, de la poésie au théâtre, de la critique de jazz à la chronique journalistique en passant par la composition de chansons, presque aucun domaine du champ littéraire ne lui a échappé.

Si Boris Vian est passé à la postérité avant tout pour son œuvre littéraire, rien ne le prédestinait pourtant à l’écriture puisqu’il est issu d’une formation scientifique. En effet, il obtient son diplôme de l’Ecole centrale des Arts et Manufactures en 1942 et se met en quête d’un emploi dès ce moment. Il ne lui faudra que peu de temps avant de trouver un emploi à l’A.F.N.O.R. (Association française de normalisation). A la lecture de ses œuvres, et notamment de Vercoquin et le plancton, on décèle aisément l’ennui de notre auteur dans les bureaux à l’ambiance trop normalisée pour ce jeune homme épris de liberté qui ne pourra en aucun cas se satisfaire de « la perforation d’un certain nombre de feuillets destinés à recevoir des notations personnelles »(ibid).

Toutefois, Vian n’oubliera jamais son passé de normalien et le mettra même à profit dans ses ouvrages. De toute façon, il est obligé de rester travailler dans une institution pour des raisons financières puisque son travail d’écrivain ne suffit pas à le faire vivre. Ainsi, en 1946, Boris Vian démissionne de l’A.F.N.O.R. pour entrer à l’Office Professionnel des Industries et des Commerces du Papier et du Carton. C’est dans les bureaux de sa nouvelle entreprise que Vian finira d’écrire L’Ecume des Jours et rédigera entièrement L’Automne à Pékin.  Science et technique sont donc toujours présentes dans ses œuvres même les plus poétiques, il n’y a qu’à se reporter à L’Ecume des Jours avec l’invention du « pianocktail » pour voir cette thèse se confirmer. Mais Vian, non content d’être à la fois ingénieur et écrivain, s’intéressa de très près à la musique.

Boris Vian s’est mis à la musique très tôt et n’a pas choisi de pratiquer un instrument commun en apprenant la trompette. Le choix de la « trompinette » est pour Vian l’occasion de faire un pied de nez à son destin de malade cardiaque en montrant qu’il ne manque pas de souffle et que son envie de vivre est plus forte que tout. En 1942, Boris intègre l’orchestre Claude Abadie dans lequel son frère, Alain Vian, jouait comme batteur. L’orchestre une fois au complet se produira dans tous les tournois de Jazz de France et de Belgique et fera les beaux jours, ou à proprement parler les belles nuits, des caves de Saint-Germain-des-Prés. Mais la maladie rattrapant l’homme et le jazz en France ne correspondant plus à ses attentes, Vian abdique en tant que musicien pour se consacrer à sa musique favorite dans une revue de presse de Jazz Hot dès le début des années 50.

Après ces quelques considérations sur le rôle joué par la musique dans la vie de Vian, le lecteur comprendra mieux les nombreuses allusions faites au jazz dans l’œuvre romanesque de l’auteur notamment dans L’Ecume des JoursVercoquin et le plancton ou encore Blues pour un chat noir pour citer une nouvelle.

Pour ce qui est du domaine littéraire, Boris Vian ne s’est jamais cantonné à un seul style d’écriture que ce soit à l’intérieur même du genre romanesque, où les romans d’amour côtoient les romans noirs ou encore ceux de science-fiction, ou que se soit dans la littérature en général où il s’est adonné au théâtre, à la poésie, à la nouvelle, aux essais, à la critique musicale ou encore à la chanson. J’en omets certainement et je m’en excuse !

A bientôt donc pour de nombreux articles consacrés à son oeuvre exceptionnelle !

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