Hiver à Tokyo

17 Déc

C’est par ce livre aussi étrange que magnifique que j’ai découvert Vian. C’est donc logiquement par ce sublime roman que j’entreprends la relecture de mon auteur favori.

 

L’automne à Pékin, Boris Vian

Je ne parlerai donc dans cet article ni d’hiver, ni de Tokyo tout comme Vian n’évoque ni l’automne ni la Chine dans L’automne à Pékin : « Cet ouvrage ne traite naturellement pas de l’automne, ni de la Chine. Tout rapprochement avec ces coordonnées spatiales et temporelles ne pourraient être que le fait de coïncidences involontaires » (Vian, réédition de L’automne à Pékin, 1956.)

Il est difficile de résumer un livre tel que celui-ci. Mais je vais essayer – ou, du moins, esquisser une tentative de résumé. Le roman s’ouvre sur la présentation fantaisiste de plusieurs personnages : Amadis Dudu, Claude Léon, Angel, Anne, Rochelle et le professeur Mangemanche. Les destins de ces personnages vont se croiser dans le désert d’Exopotamie où chacun aura un rôle à jouer dans la construction d’un chemin de fer. Seuls Angel, Anne et Rochelle se connaissent dès le début du roman. Angel et Anne (qui porte un prénom de chien mais qui est un homme) sont ingénieurs. Angel est amoureux de Rochelle mais cette dernière préfère Anne. Angel ne le supporte pas tout comme il ne supporte pas le fait de voir Rochelle « s’user » jour après jour dans les bras de Anne.

Je pourrais donc résumer L’automne à Pékin en disant qu’il s’agit d’une histoire d’amour impossible et tragique. Mais il n’est pas seulement cela. Il est une réflexion profonde sur le thème dramatique de l’usure humaine tout comme dans L’Ecume des jours, écrit juste avant et auquel il fait d’ailleurs de nombreuses allusions. Usure des corps, usure des esprits qui n’attendent plus rien de la vie dans cet étrange désert sur lequel le soleil laisse de dangereuses zones noires.

Il ne faut toutefois pas conclure que L’automne à Pékin est un livre triste. Bien au contraire. Le roman est un hymne à l’amour des mots et peut ainsi fortement désarçonner le lecteur novice. Vian prend la plupart des mots dans leur sens littéral et il ne faudra pas s’étonner de véritablement voir le soleil s’adonner à une partie de cache-cache avec les nuages.

Pour conclure, L’automne à Pékin reste sans conteste l’un des romans les plus brillants qu’il m’ait été donné de lire, alliant fantaisie burlesque, tragique poétique et réflexion sur l’existence. Ce n’est pas pour rien qu’il demande une relecture immédiate. Bref, un de mes livres préférés !

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