Polar foutraque !

16 Jan

Bon, j’ai attaqué la Pléïade de ce cher Boris par son seul et unique roman que je n’avais jamais lu (allez savoir pourquoi !).

 

Elles se rendent pas compte, Vernon Sullivan alias Boris Vian

Texte signé Sullivan, double américain de Vian, Elles se rendent pas compte reprend tous les clichés du roman noir américain pour les tourner en dérision. Loin du perturbant J’irai cracher sur vos tombes, voilà un polar foutraque à la sauce Vian.

Nous pénétrons dans l’histoire à travers le regard de Francis Deacon, jeune fils à papa, qui doit se rendre à la fête costumée d’une amie d’enfance, la jeune et jolie Gaya. Comme il déteste l’idée de se déguiser, Francis choisit néanmoins de ne pas faire les choses à moitié et se métamorphose en femme afin de voler la vedette à son amie. Ce changement de sexe durera au final quasiment tout le roman. Mais ne brûlons pas les étapes…

Lors de la fête, Francis s’aperçoit que quelque chose cloche dans le comportement de son amie. Alors qu’il la voit quitter la pièce principale au bras d’un type louche, il monte dans sa chambre. Il la retrouve dans sa salle de bain, le regard vide. Sur son bras, des traces de piqûres… Franchement, elles se rendent pas compte…

A partir de là, l’histoire ne va plus cesser de s’emmêler. Quelques temps plus tard, Francis apprend que Gaya doit se marier. Mais lorsqu’il comprend que son futur époux n’est autre que le dealer homosexuel de son amie, il voit rouge ! Le jeune homme va tout faire pour sauver la jeune femme du piège dans lequel elle se précipite. Courses poursuite en voitures, en bateaux… Vian s’en donne à coeur-joie et l’on décèle bien son amour pour les belles carrosseries.

Francis ne tarde donc pas à avoir une troupe de gangsters à sa poursuite menée par Louise Walcott, la soeur lesbienne du dealer gay. Surtout après leur avoir volé dix mille dollars.  Dix mille dollars que Francis oublie malencontreusement dans sa voiture accidentée dans la vitrine d’une boucherie… Le ton est donné !

Notre héros demande très rapidement de l’aide à son frère Ritchie qu’il oblige à se déguiser aussi. D’ailleurs, cela complique encore les choses puisque le chinois qui devait épiler les jambes de Ritchie se fait poignarder dans la maison familiale et c’est Francis qui est accusé. Du coup, les deux frères ne doivent plus seulement échapper à Louise Walcott et sa bande mais aussi aux fédéraux…

Au cours de sa quête, Francis et Ritchie n’oublient pas de profiter de leurs déguisements. Puisque toutes les filles qu’ils croisent sont lesbiennes, ils mettent à profit leurs nouveaux attributs féminins pour tenter de convertir plus ou moins violemment les demoiselles au sexe masculin…Préférer les femmes, sans blagues, elles se rendent pas compte ! Plusieurs passages assez crus ont d’ailleurs été censurés par Vian mais sont présents en notes dans la Pléïade.

Vous l’aurez sans doute compris, il faut prendre ce roman au quinzième degré. Si vous aimez l’esprit Tontons flingueurs vous serez servis. En lisant le texte, j’avais l’impression d’entendre les voix de Ventura et Blier tout droit sorties du film d’Audiard ! Le héros – macho, imbu de lui-même, violent, homophobe – est en tous points détestable mais le lecteur adore le détester ! L’humour – pas toujours très fin, certes – est présent à chaque page de ce roman noir complètement déjanté et à mille lieues de J‘irai cracher sur vos tombes. Le texte n’est donc pas à prendre au sérieux, ce que n’a d’ailleurs pas fait Vian puisqu’on peut relever de petites incohérences, signes de la rapidité d’une écriture destinée avant tout à nourrir l’auteur… Sans doute pas le meilleur Vian, mais que voulez-vous, Boris restera Boris et je ne lui en veux pas !

 

Publicités

4 Réponses to “Polar foutraque !”

  1. les lectures de mauricette janvier 16, 2013 à 5:16 #

    « Mais lorsqu’il comprend que son futur époux n’est autre que le dealer homosexuel de son amie »
    Rien que l’intrigue t’impose d’entrée de jeu à ne pas prendre le roman au pied de la lettre!

    J'aime

    • naurile janvier 23, 2013 à 4:24 #

      Ah, je ne savais pas qu’il y avait ça sur la 4ème de couverture vu que je l’ai lu en Pléïade… effectivement, tout est dit !

      J'aime

  2. carolivre janvier 16, 2013 à 5:19 #

    J’adore le coup du chinois qui vient pour épiler!! Bon, ça m’a l’air bizarre ce roman mais venant de Vian, rien de m’étonne! Bonne lecture 🙂

    J'aime

    • naurile janvier 17, 2013 à 6:04 #

      C’est assez barré effectivement, mais c’est ça qui est bon !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :