Vivre, écrire et courir

27 Fév

J’ai emprunté le livre dont je vais vous parler à mon papa, adepte de la course à pied. En fait, je le lui avais offert pour son anniversaire.

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Haruki Murakami

Nul besoin d’être fan de course à pied pour lire ce livre. Chaque personne ayant au moins un jour essayé de courir un peu pourra comprendre à la fois la difficulté de l’acte mais aussi le bonheur qu’on en retire. Evidemment, cet ouvrage touchera bien plus les coureurs de fond, mais il ne s’agit pas là d’un manuel sur la discipline sportive.

Si le mot « autoportrait » a été choisi pour le titre, Murakami désigne plutôt son ouvrage comme un « mémoire ». Effectivement, l’auteur revient sur son parcours, par bribes, depuis la fin de son adolescence jusqu’au mois d’août 2007. Chaque chapitre correspond à une date, du 5 août 2005 au 1er octobre 2006.

Murakami relate son entrainement pour le marathon de New-York, qui se tiendra début novembre 2005, puis celui pour le triathlon de Murakami, le 1er octobre 2006. Il nous apprend qu’il court environ 10 kilomètres par jour, six jours sur sept, quelques soient les conditions climatiques. De 1983 à 2006, il a couru quasiment un marathon par an. Evidemment, s’il n’avait été question que de sa manière de s’entraîner, le livre aurait été tout bonnement ennuyeux voire inintéressant. L’intérêt de l’ouvrage ne si situe donc pas seulement dans l’acte de courir mais dans la motivation profonde de cet acte, motivation qui rejoint, pour Murakami, celle de l’acte d’écrire. Alors qu’il rédige ses mémoires de coureur de fond, l’auteur digresse et se penche dans une réflexion profonde sur lui-même et sur son métier d’écrivain.

Nous apprendrons donc que, tout comme un jour, il a décidé de devenir écrivain, quelques années plus tard, il a décidé de se mettre à courir quotidiennement. Pour sa santé d’abord. Alors qu’il est un jeune romancier, assis de nombreuses heures à sa table, il prend du poids et fume une soixantaine de cigarettes par jour. Conscient que ce mode de vie lui est néfaste, il décide de s’imposer une discipline stricte et de se mettre au footing.

L’auteur nous révèle que l’écriture n’a rien de facile pour lui. Il doit énormément travailler et se concentrer chaque jour pour écrire ses romans. La course à pied lui permet donc de travailler sa patience, sa ténacité. Tout comme il refuse de marcher malgré la fatigue lors d’un marathon, il refuse l’échec de la page blanche. Pour lui, la course à pied apparaît comme une métaphore de son travail d’écrivain.

Courir n’est donc pas seulement un passe-temps pour l’auteur ou un moyen de se maintenir en bonne santé, c’est également un moyen d’apprendre à se connaitre en allant puiser jusqu’au bout de soi-même, dans les ultimes ressources de son corps et, quand la douleur de l’effort le submerge tout entier, dans le fin fond de son esprit. Nul n’est capable de terminer un marathon sans posséder à la fois force physique et mentale. Corps et esprit sont liés dans la souffrance physique comme dans l’effort créatif.

J’ai apprécié le livre sans doute parce que, sans être véritablement adepte de la course à pied, le fait de m’appliquer une certaine discipline au quotidien est une chose que je connais. Je crois aussi avoir conscience de ce que représente l’effort qu’il faut fournir lorsque l’on pratique ce sport puisque mon papa parcourt des milliers de kilomètres en courant chaque années. Et je sais que, comme pour la vie, ce n’est pas tant la ligne d’arrivée qui est importante, mais le sens que chacun tire de cette expérience.

Je dédie cet article à mon père et vous invite à lire son récit à l’issue de l’ultra-trail du Mont-Blanc 2012 http://courir39.forumactif.org/t1915-ma-ccc-36h-apres-l-arrivee Vous pourrez ainsi vous faire une idée de ce que peuvent ressentir les coureurs de fond…

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2 Réponses to “Vivre, écrire et courir”

  1. Thierry MONDON mars 2, 2013 à 2:01 #

    Pour moi, ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, c’est son expérience sur un cent kilomètre, ou l’on ressent bien ce que peux éprouver un coureur de fond.

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    • naurile mars 2, 2013 à 4:09 #

      C’est cette partie-là que j’ai le plus appréciée aussi par rapport à la course, on ressent bien la souffrance mais aussi la volonté d’aller au bout !

      J'aime

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