Archive | mars, 2013

Savoir pour résister

27 Mar

Ce gros livre reçu en début d’année scolaire possédait une 4ème de couverture alléchante pour l’adepte des récits d’anticipation que je suis… 

Ceux qui sauront, Pierre Bordage

La préface nous apprend que nous entrons dans une « uchronie », c’est-à-dire dans un temps imaginaire, dans une autre Histoire que celle que nous connaissons.

L’action se passe en France, dans une période indéterminée au début mais qui se révélera être l’année 2008 par la suite. S’il est difficile au lecteur de se situer dans le temps c’est que les personnages ont l’air d’évoluer dans un moyen-âge moderne, le peuple étant asservi à une monarchie qui le prive de toute modernité et de toute connaissance. Dans ce monde, seule l’aristocratie possède le droit de recevoir un enseignement et seuls les plus riches disposent de l’électricité et de l’accès aux nouvelles technologies comme le R2I (Réseau Informatique International) toutefois largement censuré.

Jean est un jeune garçon de 14 ans. Pour la première fois de sa vie, il va aider son père et son oncle à subvenir aux besoins de la famille en participant à la cueillette des pommes. Ce travail saisonnier ne le réjouit pas vraiment. Ce que Jean préfère c’est apprendre à écrire, à lire et à compter. Jusqu’à présent, il se rendait presque toutes les nuits dans une classe clandestine pour suivre les cours de son institutrice, la belle Magda. Les cous noirs (la classe ouvrière) comme lui n’ont pas le droit à l’éducation, pire, elle est complètement interdite et sévèrement punie par la loi. Mais seuls ceux qui sauront seront capables d’obtenir une vie meilleure. Un soir, des gendarmes royaux font irruption dans la classe de Magda. Ils demandent à cette dernière de choisir quatre élèves avec qui elle sera arrêtée pour éviter à toute la classe d’être enfermée. Jean fait partie des quatre, il sera condamné à cinq ans d’internement dans un camp de redressement dans le Jura.

En parallèle, nous suivons l’itinéraire de Clara, fille du directeur de la Banque Royale. Clara vit à Versailles, elle ne manque de rien et dispose d’un précepteur qui veille à son éducation. La demoiselle rechigne à aller en cours. Elle préférerait largement acquérir des connaissance en parcourant le monde, en allant à la découverte d’autres peuples. Malheureusement, elle sait déjà qu’elle devra rapidement renoncer à ses rêves. Dans quelques jours, elle doit être conduite chez son futur mari qu’elle ne connait même pas et donc quitter une prison dorée pour une autre… Alors qu’elle part rejoindre son futur époux pour faire connaissance, le chauffeur de Clara perd le contrôle du véhicule et meurt sur le coup. La jeune fille va se retrouver livrée à elle-même, en plein milieu de la forêt.

Nos deux héros vont évidemment se rencontrer par hasard, dans la forêt. Après que le convoi conduisant Jean en détention a été l’objet d’un attentat terroriste (les terroristes ressemblent étrangement aux maquisards de la 2nde guerre mondiale…) mené par son propre père, le groupe se fait arrêté par des gendarmes royaux mais Jean parvient à s’échapper. De son côté, Clara est retenue prisonnière par un fou. Dans sa fuite, Jean atteint le lieu où celle-ci est détenue. Ils s’enfuient ensemble et peu à peu des liens vont se créer entre ces deux adolescents que tout semblait opposer…

Comme je le disais plus haut, la 4ème de couverture était plutôt attirante, insistant beaucoup sur l’interdiction pour le peuple d’acquérir le savoir et sa volonté de rébellion. Or, ce thème est laissé en arrière-fond, dissimulé derrière les péripéties des héros qui vont passer plus de la moitié du roman à espérer se retrouver alors qu’ils se connaissaient à peine. L’auteur dresse un décor très (trop ?) précis d’une société qui n’a quasiment jamais connu la démocratie et qui vit sous le joug d’une monarchie totalitaire (les autorités ont interdit le développement des machines à laver de peur que les femmes aient trop de temps à elles et pensent à se révolter !). La question du savoir clandestin, qui paraissait être la clef de voûte du récit après un préambule prometteur, se trouve donc quasiment ensevelie sous les descriptions. Un moment du récit est bien consacré à la volonté de Clara d’utiliser le R2I de manière non officielle, mais ses efforts sont réduits à néant lorsque le professeur d’informatique clandestin se fait arrêter. Elle ne se servira donc jamais de son savoir comme une arme contre le pouvoir, Jean non plus d’ailleurs…

Je ne suis pas forcément une adepte des happy-end, mais, malgré les retrouvailles des deux héros, le livre n’offre qu’une vision très pessimiste d’une société où tout espoir d’un monde meilleur est annihilé. Quand on sait que l’ouvrage est destiné à des adolescents, je trouve cela un peu dommage, tout comme les longues descriptions, bien rédigées, mais qui finissent par être indigestes. Néanmoins, peut-être faut-il avoir espoir que les choses s’arrangent pour nos personnages et le monde dans lequel ils évoluent puisque deux suites existent : Ceux qui rêvent et Ceux qui osent.

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Secrets de familles

24 Mar

Voilà un moment que la couverture de ce polar nordique me faisait de l’oeil et la semaine dernière j’ai craqué… ne serait-ce que pour découvrir si le contenu valait le contenant.

La Princesse des glaces, Camilla Läckberg

Dès la couverture, représentant deux petites filles au visage sombre serrées l’une contre l’autre, on se doute que ce polar suédois dissimule une sinistre histoire familiale.

Erika Falck est de retour dans sa ville natale, Fjällbacka (Suède), après la mort accidentelle de ses parents. Elle doit passer quelques temps dans la maison familiale afin de procéder au tri de leurs affaires. Auteur de biographies, elle décide de profiter du calme de la petite ville pour terminer son dernier ouvrage. Evidemment, le calme va être de courte durée…

Alors qu’elle se promène tranquillement dans les rues glacées de la ville côtière, un habitant l’interpelle complètement paniqué. Il lui demande d’entrer avec lui dans une maison dans laquelle il vient de découvrir le cadavre d’une femme. Erica le suit et se rend compte, horrifiée, que le corps qui se trouve devant elle n’est autre que celui de sa meilleure amie d’enfance, Alexandra Carlgren. Cette dernière gît dans sa baignoire, prisonnière de la glace jusqu’à la poitrine, les deux poignets tailladés.

Malgré elle, notre trentenaire va se retrouver mêler à l’enquête et compte bien en profiter pour tirer là le sujet d’un livre qui lui serait bien plus personnel. Très vite, Erica, tout comme les proches de la victime, sont convaincus qu’il ne s’agit pas d’un suicide mais d’un meurtre. Mais qui pouvait en vouloir à cette jeune femme à qui tout semblait réussir dans la vie ?

L’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi de l’écrivain, va mener l’enquête. Très vite, un premier suspect est arrêté. Il s’agit d’un peintre ivrogne, véritable débris humain, dont Alexandra exposait les toiles dans sa galerie de Göteborg. Étrangement, les deux semblaient entretenir une liaison… Mais la piste s’efface presque aussi rapidement qu’elle était apparue puisque l’artiste maudit est retrouvé pendu dans son appartement minable.

Nos deux enquêteurs, qui ne tarderont pas à se rapprocher, vont devoir faire ressortir la poussière de cette petite société provinciale bien proprette afin de mettre à nu les secrets de familles détestables qui la rongent et découvrir la vérité.

La Princesse des glaces est le premier opus d’une série consacrée aux enquêtes, mêlant suspens et humour, d’Erica Falk. Mon avis sur ce livre est plutôt mitigé. Je vais commencer par l’aspect négatif selon moi : le style. J’ai eu beaucoup de mal avec de nombreuses tournures « toutes faites », du vocabulaire courant très mal venu par moments… Je pense que cela est sans doute dû à la traduction. Par exemple, tous les personnages se tutoient ! Peut-être qu’il n’existe pas de distinction entre tutoiement et vouvoiement en Suède, mais en France il est tout simplement inimaginable qu’un policier ou qui que ce soit s’adresse à une personne âgée qu’il ne connaît pas en lui disant « tu » ! C’est donc ce genre de petites choses et de nombreuses « lourdeurs » de style qui m’ont un peu déçue…

Par contre, l’intrigue est très bonne. On suit avec plaisir l’enquête dans la petite bourgeoisie de province gangrenée par les faux-semblants et hypocrisie. D’autant que ce roman de plus de 500 pages comporte plusieurs ramifications à la fois humoristiques et dramatiques. Les débuts de la relation amoureuse entre nos deux héros se rapprochent de bons passages de Bridget Jones alors que dans le même temps nous assistons à la descente aux enfers de la soeur d’Erica aux mains d’un mari violent. En ce qui concerne l’affaire criminelle, elle ne connaîtra sa résolution que dans les toutes dernières pages et un ultime secret sera révélé dans les dernières lignes.

Ce polar demeure donc tout à fait agréable si l’on excepte ces problèmes de style qui ne rebuteront d’ailleurs peut-être pas tous les lecteurs !

Amours mortes

16 Mar

Et voilà… je vais laisser derrière moi pour quelques temps la lecture de Murakami. Je viens effectivement de terminer le dernier roman de l’auteur nippon reçu pour Noël.

La Ballade de l’impossible, Haruki Murakami

Contrairement aux autres récits de l’auteur pour lesquels j’ai rédigé un article ici, nulle intervention d’une quelconque notion fantastique dans ce roman. Cela n’empêche pas de retrouver toute la poésie de Murakami.

Watanabe, un jeune homme âgé de 37 ans, s’apprête à atterrir à Hambourg. Mais alors qu’il entend Norvegian Wood des Beatles en fond sonore dans l’avion, des souvenirs datant depuis plus de 18 ans refont surface…

Le roman, après une page d’introduction, ne sera qu’une longue rétrospective de la vie de Watanabe entre 17 et 21 ans. La chanson le transporte donc dans ses années lycée. Il revoit son premier amour, Naoko, avec laquelle il partage un lien bien cruel. Le meilleur ami de Watanabe et petit ami de Naoko à l’époque, Kizuki, s’est suicidé à l’âge de 17 ans, alors que rien ne le laissait présager. Les trois amis avaient l’habitude de sortir s’amuser ensemble. Mais une fois Kizuki mort, Watanabe n’a plus de nouvelle de la jeune fille.

Quelques mois plus tard, il rejoint l’université de Tokyo afin d’étudier le théâtre bien que cela ne l’intéresse pas particulièrement. Il vit dans un foyer d’étudiants et partage sa chambre avec un jeune homme étrange, qui se lève tous les matins aux aurores pour ne pas manquer le cours de gym à la radio, risée de tous les pensionnaires. Un beau jour, Naoko reprend contact avec lui. Ils passent alors de nombreuses heures à parcourir les rues de Tokyo à pied, Watanabe évoquant sa vie au foyer afin d’égayer la jeune fille. Les semaines et les mois passent, les déambulations dans Tokyo continuent. Mais le fantôme de Kizuki demeure présent entre ses amis.

Une semaine après leur première relation charnelle, Watanabe tente de contacter Naoko, en vain. Nous sommes au printemps. Watanabe, qui ne parvient pas à obtenir de nouvelles adresse une longue lettre à la jeune fille qu’il envoie chez les parents de cette dernière, à Kôbe. Il ne recevra une réponse de sa part qu’au mois de juillet : Naoko a passé de nombreuses semaines à l’hôpital et se trouve désormais dans un centre de repos sur les hauteurs de Kyôto. Le monde semble alors s’écrouler autour de Watanabe…

Quelques mois plus tard, il fait la connaissance de Midori, une jeune étudiante qui fréquente le même cours de théâtre que lui. Si la jeune fille a déjà un compagnon, elle aime passer du temps en compagnie de Watanabe. Celui-ci devient vite le confident dont elle a bien besoin… Pendant ce temps, le jeune homme a gardé le contact avec Naoko et se rend plusieurs fois dans sa communauté et lui écrit toutes les semaines. Il a espoir que la santé psychique de la jeune femme s’améliore et qu’elle puisse venir vivre avec lui.

Il est temps que j’arrête ici le résumé. La Ballade de l’impossible, comme le titre le sous-entend, est un roman d’amours impossibles. L’auteur évoque la poésie et la violence de l’adolescence et de l’entrée dans l’âge adulte grâce aux souvenirs d’un narrateur qui tente coûte que coûte de pénétrer dans la vie par la porte du bonheur.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre où joie de vivre et tristesse morbide s’entrelacent incessamment.  Il diffère un peu des autres romans puisqu’il ne fait pas intervenir clairement de monde parallèle. Toutefois, nul besoin d’introduire du fantastique pour cela. Le monde parallèle est ici largement suggéré par la communauté dans laquelle Naoko a trouvé refuge. Un refuge bien éphémère puisque ses démons semblent bien la poursuivre encore dans ce lieu pourtant si paisible…

En cherchant l’image de la première de couverture, je viens de m’apercevoir que le roman a été adapté au cinéma. Le film, réalisé par Trần Anh Hùng, est sorti dans nos salles en 2011 et semble avoir reçu de bonnes critiques.

Trompe-l’oeil

9 Mar

Et voilà, je viens de terminer cette fameuse Trilogie New-Yorkaise…

La chambre dérobée – Trilogie New-Yorkaise tome 3, Paul Auster

Le narrateur, qui écrit des articles ça et là pour gagner sa vie, reçoit une jour une lettre de Sophie Fanshawe. La femme lui explique que son mari – meilleur ami du narrateur pendant l’enfance – a disparu depuis six mois, sans explication, et qu’elle a donc toutes les raisons de le croire mort. Elle souhaite donc le rencontrer afin de régler quelques affaires.

Fanshawe n’a pas seulement laissé derrière lui sa femme et son fils, Ben, qu’il n’a pas vu naître. Des centaines de pages manuscrites remplissent ses placards. L’homme, avant sa disparation, passait ses journées à écrire mais n’avait jamais voulu publier, malgré l’insistance de sa femme. Quelques mois avant sa disparition, ils aboutirent à un compromis : il devait  chercher un éditeur dans l’année. Si jamais, pour une raison quelconque, il ne respectait pas son engagement, la jeune femme devait remettre les écrits en main propre au narrateur afin qu’il décide s’ils devraient être publiés. Si tel n’était pas le cas, il devrait les rendre à Sophie afin qu’elle les détruise.

Le narrateur pense d’abord que décider ou non de la postérité de l’oeuvre de son ami est un poids bien lourd… Mais rapidement, un choix s’impose à lui : Fanshawe était un génie, il va donc publier. Il doit donc reprendre contact avec Sophie pour régler des détails. Peu à peu, des liens vont se nouer entre eux. Bientôt, ils décident de vivre ensemble. Pendant ce temps, l’oeuvre de Fanshawe reçoit un accueil triomphal du public et l’éditeur demande à notre narrateur une biographie de l’auteur. A partir de là, les choses vont se compliquer pour notre narrateur qui va vouloir se rapprocher au plus près de l’ami qu’il admirait tant étant enfant…

Si j’avais trouvé que Cité de Verre, le premier tome, était d’une intelligence rare, La Chambre dérobée le surpasse à mes yeux. En effet, si le dernier opus de la trilogie joue une fois encore sur la mise en abîme, l’on découvre aussi que les deux premiers romans ne sont qu’une pièce du puzzle de ce dernier.

Le thème de la quête d’identité est également présent puisque ce narrateur dont nous ne connaissons pas le nom va peu à peu mener la vie d’un autre et finir à un moment par s’identifier complètement à cet autre.

A travers sa trilogie, Paul Auster, grand marionnettiste, conduit donc son lecteur dans un véritable labyrinthe, un jeu de miroirs à la recherche d’un moi insaisissable. Véritablement du grand art !

Pour tous les fans de Paul Auster, sachez qu’il publie Chronique d’hiver, un livre composé de fragments autobiographiques, rédigé à la deuxième personne.  François Busnel, animateur du Grand Entretien sur France Inter, lui a consacré deux émissions la semaine dernière (pour écouter l’interview : le grand entretien #1 / le grand entretien #2 )

Mythologie et poupées russes

6 Mar

Je viens enfin de terminer le pavé (942 pages !) emprunté à mes parents !!

Le Passager, Jean-Christophe Grangé

Je viens donc de terminer le nouvel opus de l’auteur des Rivières pourpres. Si le roman est vraiment épais, il ne faut néanmoins pas se laisser effrayer par la taille de l’ouvrage car une fois qu’on a le nez dedans, difficile d’en ressortir !

LE_PASSAGER_couv_PASSAGRANGEL’histoire débute dans un Bordeaux couvert d’un brouillard épais. Mathias Freire, psychiatre, reçoit dans son service du cantre spécialisé Pierre-Janet un patient pour le moins inhabituel : un colosse amnésique, vêtu d’un Stetson et de santiags. Malgré les médicaments et les séances d’hypnose, le géant ne parvient pas à retrouver la mémoire. Pire, il s’invente une vie qui n’existe pas.

Au même moment, Anaïs Chatelet, jeune capitaine de gendarmerie, est chargée de mener l’enquête sur un meurtre monstrueux. Au fond d’une fosse de la gare repose le corps d’un homme nu, couvert de tatouages. Détail particulièrement choquant : à la place de la tête se trouve une gueule de taureau ! Très vite, l’association avec l’histoire du Minotaure est faite. Encore plus vite, on craint d’avoir à faire à un tueur en série dont les crimes auraient tous lien avec la mythologie. Anaïs se réjouit de la situation : elle va trouver le coupable et fera la une des journaux !

Il est rapidement établi que l’étrange patient de Freire, même s’il ne semble pas être le coupable, aurait été témoin du crime. Mais le médecin préfère protéger son patient. Après avoir découvert son identité sur un coup de chance, il décide de ramener le malade chez lui. Entre-temps, il a découvert que le colosse était sans doute atteint du syndrome du « voyageur sans bagage », une maladie mentale qui se traduirait par des fugues psychiques durant lesquelles le malade se reconstruirait à chaque fois une nouvelle personnalité, oubliant complètement la précédente.

Dans le même temps, le psychiatre se rend compte qu’il est suivi par deux hommes en costume sombre. Alors qu’il se rend une seconde fois chez son patient, les deux « men in black » éliminent le colosse et sa femme, tandis que Freire parvient à leur échapper in extremis.

J’allais oublié ! Le capitaine Chatelet avait bien évidemment contacté le médecin au début de l’enquête et est tombée sous le charme. Mais la jeune femme traîne un lourd passé psychiatrique derrière elle. Quelques années auparavant, elle a sombré dans la dépression suite à de terribles révélations faites sur son père, un notable du bordelais. Depuis, il lui est très difficile de mener une relation stable avec un homme.

C’est à partir de là que ça se complique, car pour nous tenir en haleine pendant près de 1000 pages, il fallait des rebondissements !

En rentrant chez lui après avoir échappé aux tueurs, Freire, quelque peu déstabilisé, pense qu’il va pouvoir s’accorder le temps de se remettre de ses émotions avant de prévenir le capitaine. Mais, en découvrant les murs nus et les pièces vides de son pavillon, il constate que sa vie de célibataire est complètement vide. En regardant ses papiers d’identité et ses diplômes, il s’aperçoit qu’il ne possède que des photocopies. Un doute surgit en lui. Il ouvre ses cartons de déménagement entreposés  dans son salon : ils sont tous vides ! Le diagnostique est sans appel : il est lui-même un voyageur sans bagage.

Dès lors, Freire, alias Janusz, alias Narcisse, alias Nono, alias Kubiela va mener l’enquête pour retrouver sa personnalité première. Comme on ouvre des poupées russes, il va se remettre dans la peau de ses dernières identités tandis que dans son sillage, d’autres meurtres mythologiques sont commis…

En même temps, l’enquête sur le tueur mythologique a avancé : les empreintes de Freire ont été découverte sur les lieux du crime. Anaïs Chatelet va donc se lancer à ses trousses. Quand aux deux tueurs en noirs, ils sont toujours, eux aussi, à la poursuite du médecin…

J’arrête ici le résumé car de nombreux fils s’entremêlent dans cette histoire. J’ai non seulement peur que ça ne soit plus très compréhensible mais je ne veux pas non plus tuer le suspens.

J’ai aimé ce roman sur fond de mythologie et de psychiatrie. Les chapitres sont courts et se terminent sans cesse par un rebondissement qui donne envie de poursuivre la lecture. On s’attache facilement au héros à la fois en quête du criminel et de lui-même. D’ailleurs, peut-être est-il lui-même ce meurtrier qu’il recherche ! L’intrigue est bien menée mais je dois dire qu’elle n’est que très peu réaliste. Nos deux héros semblent immortels, ils survivent aux balles, aux tempêtes…, sur ce point, le texte est peu crédible. Mais comme il s’agit de divertissement, nul besoin d’en tenir rigueur à l’auteur qui réussit à maintenir le suspens à son comble jusqu’aux dernières pages. Un très bon thriller !