Mythologie et poupées russes

6 Mar

Je viens enfin de terminer le pavé (942 pages !) emprunté à mes parents !!

Le Passager, Jean-Christophe Grangé

Je viens donc de terminer le nouvel opus de l’auteur des Rivières pourpres. Si le roman est vraiment épais, il ne faut néanmoins pas se laisser effrayer par la taille de l’ouvrage car une fois qu’on a le nez dedans, difficile d’en ressortir !

LE_PASSAGER_couv_PASSAGRANGEL’histoire débute dans un Bordeaux couvert d’un brouillard épais. Mathias Freire, psychiatre, reçoit dans son service du cantre spécialisé Pierre-Janet un patient pour le moins inhabituel : un colosse amnésique, vêtu d’un Stetson et de santiags. Malgré les médicaments et les séances d’hypnose, le géant ne parvient pas à retrouver la mémoire. Pire, il s’invente une vie qui n’existe pas.

Au même moment, Anaïs Chatelet, jeune capitaine de gendarmerie, est chargée de mener l’enquête sur un meurtre monstrueux. Au fond d’une fosse de la gare repose le corps d’un homme nu, couvert de tatouages. Détail particulièrement choquant : à la place de la tête se trouve une gueule de taureau ! Très vite, l’association avec l’histoire du Minotaure est faite. Encore plus vite, on craint d’avoir à faire à un tueur en série dont les crimes auraient tous lien avec la mythologie. Anaïs se réjouit de la situation : elle va trouver le coupable et fera la une des journaux !

Il est rapidement établi que l’étrange patient de Freire, même s’il ne semble pas être le coupable, aurait été témoin du crime. Mais le médecin préfère protéger son patient. Après avoir découvert son identité sur un coup de chance, il décide de ramener le malade chez lui. Entre-temps, il a découvert que le colosse était sans doute atteint du syndrome du « voyageur sans bagage », une maladie mentale qui se traduirait par des fugues psychiques durant lesquelles le malade se reconstruirait à chaque fois une nouvelle personnalité, oubliant complètement la précédente.

Dans le même temps, le psychiatre se rend compte qu’il est suivi par deux hommes en costume sombre. Alors qu’il se rend une seconde fois chez son patient, les deux « men in black » éliminent le colosse et sa femme, tandis que Freire parvient à leur échapper in extremis.

J’allais oublié ! Le capitaine Chatelet avait bien évidemment contacté le médecin au début de l’enquête et est tombée sous le charme. Mais la jeune femme traîne un lourd passé psychiatrique derrière elle. Quelques années auparavant, elle a sombré dans la dépression suite à de terribles révélations faites sur son père, un notable du bordelais. Depuis, il lui est très difficile de mener une relation stable avec un homme.

C’est à partir de là que ça se complique, car pour nous tenir en haleine pendant près de 1000 pages, il fallait des rebondissements !

En rentrant chez lui après avoir échappé aux tueurs, Freire, quelque peu déstabilisé, pense qu’il va pouvoir s’accorder le temps de se remettre de ses émotions avant de prévenir le capitaine. Mais, en découvrant les murs nus et les pièces vides de son pavillon, il constate que sa vie de célibataire est complètement vide. En regardant ses papiers d’identité et ses diplômes, il s’aperçoit qu’il ne possède que des photocopies. Un doute surgit en lui. Il ouvre ses cartons de déménagement entreposés  dans son salon : ils sont tous vides ! Le diagnostique est sans appel : il est lui-même un voyageur sans bagage.

Dès lors, Freire, alias Janusz, alias Narcisse, alias Nono, alias Kubiela va mener l’enquête pour retrouver sa personnalité première. Comme on ouvre des poupées russes, il va se remettre dans la peau de ses dernières identités tandis que dans son sillage, d’autres meurtres mythologiques sont commis…

En même temps, l’enquête sur le tueur mythologique a avancé : les empreintes de Freire ont été découverte sur les lieux du crime. Anaïs Chatelet va donc se lancer à ses trousses. Quand aux deux tueurs en noirs, ils sont toujours, eux aussi, à la poursuite du médecin…

J’arrête ici le résumé car de nombreux fils s’entremêlent dans cette histoire. J’ai non seulement peur que ça ne soit plus très compréhensible mais je ne veux pas non plus tuer le suspens.

J’ai aimé ce roman sur fond de mythologie et de psychiatrie. Les chapitres sont courts et se terminent sans cesse par un rebondissement qui donne envie de poursuivre la lecture. On s’attache facilement au héros à la fois en quête du criminel et de lui-même. D’ailleurs, peut-être est-il lui-même ce meurtrier qu’il recherche ! L’intrigue est bien menée mais je dois dire qu’elle n’est que très peu réaliste. Nos deux héros semblent immortels, ils survivent aux balles, aux tempêtes…, sur ce point, le texte est peu crédible. Mais comme il s’agit de divertissement, nul besoin d’en tenir rigueur à l’auteur qui réussit à maintenir le suspens à son comble jusqu’aux dernières pages. Un très bon thriller !

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2 Réponses to “Mythologie et poupées russes”

  1. carolivre mars 6, 2013 à 4:47 #

    Je n’ai encore jamais rien lu de cet auteur. Ton avis me donne envie, par contre la taille du roman un peu moins. En tout cas je note: ça peut être un livre intéressant pour la plage cet été 🙂

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    • naurile mars 8, 2013 à 8:04 #

      C’est clair que l’épaisseur peut rebuter mais ça se lit assez vite grâce aux nombreux dialogues. Et puis, peut-être qu’en poche il y aura un peu moins de pages… 😉

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