Trompe-l’oeil

9 Mar

Et voilà, je viens de terminer cette fameuse Trilogie New-Yorkaise…

La chambre dérobée – Trilogie New-Yorkaise tome 3, Paul Auster

Le narrateur, qui écrit des articles ça et là pour gagner sa vie, reçoit une jour une lettre de Sophie Fanshawe. La femme lui explique que son mari – meilleur ami du narrateur pendant l’enfance – a disparu depuis six mois, sans explication, et qu’elle a donc toutes les raisons de le croire mort. Elle souhaite donc le rencontrer afin de régler quelques affaires.

Fanshawe n’a pas seulement laissé derrière lui sa femme et son fils, Ben, qu’il n’a pas vu naître. Des centaines de pages manuscrites remplissent ses placards. L’homme, avant sa disparation, passait ses journées à écrire mais n’avait jamais voulu publier, malgré l’insistance de sa femme. Quelques mois avant sa disparition, ils aboutirent à un compromis : il devait  chercher un éditeur dans l’année. Si jamais, pour une raison quelconque, il ne respectait pas son engagement, la jeune femme devait remettre les écrits en main propre au narrateur afin qu’il décide s’ils devraient être publiés. Si tel n’était pas le cas, il devrait les rendre à Sophie afin qu’elle les détruise.

Le narrateur pense d’abord que décider ou non de la postérité de l’oeuvre de son ami est un poids bien lourd… Mais rapidement, un choix s’impose à lui : Fanshawe était un génie, il va donc publier. Il doit donc reprendre contact avec Sophie pour régler des détails. Peu à peu, des liens vont se nouer entre eux. Bientôt, ils décident de vivre ensemble. Pendant ce temps, l’oeuvre de Fanshawe reçoit un accueil triomphal du public et l’éditeur demande à notre narrateur une biographie de l’auteur. A partir de là, les choses vont se compliquer pour notre narrateur qui va vouloir se rapprocher au plus près de l’ami qu’il admirait tant étant enfant…

Si j’avais trouvé que Cité de Verre, le premier tome, était d’une intelligence rare, La Chambre dérobée le surpasse à mes yeux. En effet, si le dernier opus de la trilogie joue une fois encore sur la mise en abîme, l’on découvre aussi que les deux premiers romans ne sont qu’une pièce du puzzle de ce dernier.

Le thème de la quête d’identité est également présent puisque ce narrateur dont nous ne connaissons pas le nom va peu à peu mener la vie d’un autre et finir à un moment par s’identifier complètement à cet autre.

A travers sa trilogie, Paul Auster, grand marionnettiste, conduit donc son lecteur dans un véritable labyrinthe, un jeu de miroirs à la recherche d’un moi insaisissable. Véritablement du grand art !

Pour tous les fans de Paul Auster, sachez qu’il publie Chronique d’hiver, un livre composé de fragments autobiographiques, rédigé à la deuxième personne.  François Busnel, animateur du Grand Entretien sur France Inter, lui a consacré deux émissions la semaine dernière (pour écouter l’interview : le grand entretien #1 / le grand entretien #2 )

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