Amours mortes

16 Mar

Et voilà… je vais laisser derrière moi pour quelques temps la lecture de Murakami. Je viens effectivement de terminer le dernier roman de l’auteur nippon reçu pour Noël.

La Ballade de l’impossible, Haruki Murakami

Contrairement aux autres récits de l’auteur pour lesquels j’ai rédigé un article ici, nulle intervention d’une quelconque notion fantastique dans ce roman. Cela n’empêche pas de retrouver toute la poésie de Murakami.

Watanabe, un jeune homme âgé de 37 ans, s’apprête à atterrir à Hambourg. Mais alors qu’il entend Norvegian Wood des Beatles en fond sonore dans l’avion, des souvenirs datant depuis plus de 18 ans refont surface…

Le roman, après une page d’introduction, ne sera qu’une longue rétrospective de la vie de Watanabe entre 17 et 21 ans. La chanson le transporte donc dans ses années lycée. Il revoit son premier amour, Naoko, avec laquelle il partage un lien bien cruel. Le meilleur ami de Watanabe et petit ami de Naoko à l’époque, Kizuki, s’est suicidé à l’âge de 17 ans, alors que rien ne le laissait présager. Les trois amis avaient l’habitude de sortir s’amuser ensemble. Mais une fois Kizuki mort, Watanabe n’a plus de nouvelle de la jeune fille.

Quelques mois plus tard, il rejoint l’université de Tokyo afin d’étudier le théâtre bien que cela ne l’intéresse pas particulièrement. Il vit dans un foyer d’étudiants et partage sa chambre avec un jeune homme étrange, qui se lève tous les matins aux aurores pour ne pas manquer le cours de gym à la radio, risée de tous les pensionnaires. Un beau jour, Naoko reprend contact avec lui. Ils passent alors de nombreuses heures à parcourir les rues de Tokyo à pied, Watanabe évoquant sa vie au foyer afin d’égayer la jeune fille. Les semaines et les mois passent, les déambulations dans Tokyo continuent. Mais le fantôme de Kizuki demeure présent entre ses amis.

Une semaine après leur première relation charnelle, Watanabe tente de contacter Naoko, en vain. Nous sommes au printemps. Watanabe, qui ne parvient pas à obtenir de nouvelles adresse une longue lettre à la jeune fille qu’il envoie chez les parents de cette dernière, à Kôbe. Il ne recevra une réponse de sa part qu’au mois de juillet : Naoko a passé de nombreuses semaines à l’hôpital et se trouve désormais dans un centre de repos sur les hauteurs de Kyôto. Le monde semble alors s’écrouler autour de Watanabe…

Quelques mois plus tard, il fait la connaissance de Midori, une jeune étudiante qui fréquente le même cours de théâtre que lui. Si la jeune fille a déjà un compagnon, elle aime passer du temps en compagnie de Watanabe. Celui-ci devient vite le confident dont elle a bien besoin… Pendant ce temps, le jeune homme a gardé le contact avec Naoko et se rend plusieurs fois dans sa communauté et lui écrit toutes les semaines. Il a espoir que la santé psychique de la jeune femme s’améliore et qu’elle puisse venir vivre avec lui.

Il est temps que j’arrête ici le résumé. La Ballade de l’impossible, comme le titre le sous-entend, est un roman d’amours impossibles. L’auteur évoque la poésie et la violence de l’adolescence et de l’entrée dans l’âge adulte grâce aux souvenirs d’un narrateur qui tente coûte que coûte de pénétrer dans la vie par la porte du bonheur.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce livre où joie de vivre et tristesse morbide s’entrelacent incessamment.  Il diffère un peu des autres romans puisqu’il ne fait pas intervenir clairement de monde parallèle. Toutefois, nul besoin d’introduire du fantastique pour cela. Le monde parallèle est ici largement suggéré par la communauté dans laquelle Naoko a trouvé refuge. Un refuge bien éphémère puisque ses démons semblent bien la poursuivre encore dans ce lieu pourtant si paisible…

En cherchant l’image de la première de couverture, je viens de m’apercevoir que le roman a été adapté au cinéma. Le film, réalisé par Trần Anh Hùng, est sorti dans nos salles en 2011 et semble avoir reçu de bonnes critiques.

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Une Réponse to “Amours mortes”

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  1. Amours mortes | Les lectures de Naurile - mars 16, 2013

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