Tréfonds parisiens

28 Mai

Léviatemps, Maxime Chattam

Dans le Paris de 1900 où toute la bonne société se presse à l’Exposition universelle qui attire également tous les plus grands scientifiques de l’époque, Guy de Timée est un écrivain reconnu pour la justesse de ses portraits de bourgeois parisiens. Mais depuis quelque temps, l’inspiration lui manque. Il n’en peut plus de réécrire sans cesse la même histoire malgré ses lecteurs assidus. Il cherche un sujet nouveau, à l’instar de Conan Doyle, il voudrait écrire sur les zones sombres de l’humanité. Il n’y a pas que ses écrits que Guy a décidé de modifier. Il a récemment tout quitté de son ancienne vie de notable dans laquelle il se sentait étouffer. Il vient en effet de fuir son appartement cossu du seizième arrondissement, sa femme et sa fille pour s’installer dans les combles du Boudoir de soi, une maison close du neuvième.

Une nuit après une soirée comme tant d’autres au Boudoir de soi, Faustine, une magnifique courtisane, vient tirer Guy de son sommeil. Milaine, une autre fille de joie, a été retrouvée morte devant l’établissement. La vision est effroyable : la jeune femme transpire du sang, un liquide blanchâtre se répand hors de sa bouche dont les lèvres sont retroussées dans une parodie de sourire effrayant, le blanc de ses yeux a totalement disparu pour ne laisser que deux billes noires.

Comprenant vite qu’il ne s’agit pas d’un meurtre comme un autre, afin de venger la mort de Milaine et pour satisfaire sa curiosité d’écrivain, Guy décide de mener sa propre enquête. Il ne pourra d’ailleurs que sur lui-même et l’aide de Faustine et du jeune inspecteur Martial Perotti – jeune policier ayant entretenu une liaison tarifée avec la victime – pour retrouver le coupable puisque les inspecteurs en charge du dossier ne semblent pas faire de zèle pour mettre la main sur le meurtrier d’une catin.

Rapidement, nos enquêteurs en herbe découvrent d’autres meurtres aussi sordides et de nombreuses disparitions non élucidés. la plupart des victimes sont des filles de joie issues de la rue Monjol, une des rues les plus sordides de la capitale. Pour Guy, une chose est sûre, tous ces meurtres sont en lien les uns avec les autres et le temps lui est compté s’il souhaite arrêter le tueur avant qu’il ne passe de nouveau à l’acte. Il va alors devoir user de toutes ses connaissance en psychologie, s’enfoncer au plus profond des rues les plus glauques de Paris et sonder tout ce que les âmes peuvent renfermer de noirceur pour traquer ce monstre, ce diable sanguinaire.

Maxime Chattam signe là un thriller haletant, basé sur une excellente description du Paris du début du vingtième siècle. Bien sûr, on retrouve toujours les thèmes propres à l’auteur qui souhaite sonder les profondeurs de l’âme humaine et trouver l’origine du Mal. L’intrigue est menée d’une manière tout à fait efficace. Certains aspects scientifiques ou psychologiques sont développés de façon très pointue à l’exemple d’une analyse graphologique magistrale du tueur vraiment passionnante. L’Exposition universelle, qui sert de toile de fond au roman, est décrite de manière très détaillée à tel point qu’on a l’impression d’en arpenter les allées avec les héros. Le seul bémol reste pour moi la conclusion, pas très convaincante, bien trop surréaliste à mon goût après un texte très ancré dans le réel.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :