Le privé plane

2 Juin

Merci à celui qui m’a conseillé cet auteur !

Un privé à Babylone, Richard Brautignan

Notre (anti)-héros, C. Card est détective privé, ou plutôt tente de l’être. Un client vient de le contacter. Il ne sait pas pourquoi. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il lui faut des balles pour mettre dans son revolver, au cas où il en aurait besoin. Mais comme il n’a pas un sou en poche et qu’il a déjà tapé toutes les personnes de son entourage plus ou moins proche, la quête se révèle compliquée. D’autant plus compliquée qu’il est sans cesse retardé par Babylone. Dès que son attention se relâche, Card est absorbé dans son monde imaginaire, un monde où il s’appelle Smith Smith, où il est un célèbre détective, accompagné de la plantureuse Nana-Dirat, où il se bat contre le maléfique professeur Abdul Forsythe et ses ombres-robots.

Dans le monde réel, notre privé parvient finalement tant bien que mal à récupérer des balles. Mais l’affaire pour laquelle il a été embauché n’est pas claire. Il doit voler le cadavre d’une prostituée poignardée à coup de coupe-papier. Bizarrement, d’autres personnes sont aussi sur le coup. Bientôt, Card va se retrouver poursuivis par quatre Noirs armés de rasoirs, sa mère qui lui en veut d’être privé et l’accuse d’avoir tué son père à l’âge de 4 ans. Sans compter le cadavre dans son réfrigérateur.

Voilà un polar bien barré, comme je les aime. Brautignan signe une magnifique parodie des plus célèbres romans noirs américains. Le héros est complètement creux, rempli seulement de son délire de Babylone. Voilà le genre de livre qui ne s’explique pas, auquel il ne faut sans doute pas chercher de sens. Un livre qui rappelle Vian par les jeux de langage. Je ne me fatigue pas et reprend les citations du préfacier Claude Klotz qui, à elles seules, constituent un excellent résumé de l’oeuvre.

Un flic qui joue avec un coupe-papier, arme du crime de la prostituée : « Quelqu’un aurait dû l’emmener dans une papeterie et lui expliquer la différence entre une enveloppe et une pute. »

Un privé se faisant draguer par une blonde : « Elle m’a fait un geste des yeux pour m’inviter à monter. C’était un geste bleu. »

Voilà qui donne une bonne idée du bouquin. Une excellente lecture ! 

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Une Réponse to “Le privé plane”

Trackbacks/Pingbacks

  1. En fuite | Les lectures de Naurile - février 22, 2014

    […] américain Richard Brautigan, auteur de polars absurdes et poète que j’avais chroniqué ici. Reverdy le met en scène dans son propre rôle, le citant directement ou faisant allusion à ses […]

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