Archive | août, 2013

A chacun son aigle

30 Août

La personne – qui me connaît très bien –  qui m’a prêté ce livre tantôt m’a dit qu’elle avait pensé à moi en le lisant… et elle n’a pas eu tord. Après, reste à savoir si nous en faisons la même interprétation !

Le Prométhée mal enchaîné, André Gide

Fin du 19ème. Prométhée est descendu du Caucase et se balade dans Paris. Il rentre dans un restaurant, entame la conversation avec le garçon qui lui présente deux autres clients : Coclès et Damoclès. Ces derniers ne se connaissent pas mais sont étroitement liés sans le savoir. Ils entament une discussion et se racontent leur histoire. Le matin même, Coclès a cru faire une bonne action en ramassant le mouchoir d’un homme dans la rue, en le lui rendant et en inscrivant pour lui le nom d’une personne sur une enveloppe. Pour toute récompense, il a reçu un mémorable soufflet. L’homme au mouchoir a pris la fuite. Damoclès, de son côté, a reçu un étrange courrier. Dans l’enveloppe – sur laquelle n’est inscrit que son nom – se trouve un billet de 500 francs. En se racontant leurs histoires, Coclès comprend que c’est grâce à lui que Damoclès a reçu le billet et que c’est un peu à cause de lui qu’il a reçu un coup.

Pendant la discussion, Prométhée reste muet. Le garçon la lui a déjà racontée et il sait que l’homme au mouchoir s’appelle Zeus, qu’il est immensément riche et qu’il voulait faire un acte gratuit. Soudain, Coclès et Damoclès lui demande de leur raconter son histoire.  Après des hésitations, il se lance et avoue posséder un aigle qui lui dévore le foie. Nullement étonnés, ses deux interlocuteurs lui affirment que chaque homme possède un aigle.

Les jours passent. Prométhée a été jeté en prison pour une raison qu’il ignore.  Il tombe alors amoureux de son oiseau. Ce dernier, sorte de vautour déplumé au départ, devient de plus en plus fort et de plus en plus beau à mesure que Prométhée dépérit. Mais Prométhée ne se lasse pas de voir l’animal embellir.  Au printemps, l’oiseau peut emporter Prométhée hors de la prison. Ce dernier décide de donner une conférence sur son aigle.

A l’issue de la conférence où Prométhée tente de convaincre son auditoire de l’importance d’avoir un aigle, Damoclès tombe gravement malade. Il succombe quelques jours plus tard à son propre aigle, c’est-à-dire à sa conscience qui le ronge, à son incapacité à savoir qui lui a donné cet argent et à qui il doit quelque chose.

Après avoir raconté l’histoire de Moelibée lors des obsèques de son ami, Prométhée – en pleine forme – invite le garçon et Coclès à manger son aigle avec lui dont il a seulement gardé les plumes.

Dans cette réécriture parodique du mythe de Prométhée, on retrouve ici un des thèmes chers à Gide, développé dans Les Caves du Vatican, à savoir l’acte gratuit. Cet acte gratuit n’est permis que pour Dieu (Zeus), les autres personnages étant prédestinés par leurs noms. Seul Prométhée semble se révolter dans son acte de dévoration finale et dans sa conscience de voir les autres se laisser manipuler. On peut avoir une lecture plus psychanalytique de ce texte. Damoclès avant de mourir crie (en parlant du billet de 500 fr, donc de son propre aigle) : « J’ai ceci , qui m’est venu de je ne sais d’où et que je dois à qui ? à qui ? à Qui ?? » L’homme cherche donc toujours au fond de lui, quelque chose qui lui permette de mettre fin à ses doutes, à ce quelque chose en lui qu’il ne comprend pas et qui lui manque. Mais ce quelque chose est inexorablement source de souffrance. Prométhée change sa vision des choses après la mort de Damoclès et se libère de toute dette en mangeant son aigle. Toutefois, le lecteur peut douter d’une réelle libération puisqu’au final, Prométhée conserve les plumes. Et sans aigle, pas de plumes… Une lecture plus qu’intéressante dont je vous livre quelques phrases qui ont particulièrement retenu mon attention : Prométhée, en prison, à son aigle :  » Oiseau fidèle, lui dit-il, tu sembles souffrir – dis : qu’as-tu? – J’ai faim, dit l’aigle.  – Mange, dit Prométhée en découvrant son foie. L’oiseau mangea. – Tu me fais mal, dit Prométhée. Mais l’aigle ne dit rien d’autre ce jour-là. […] – Mon doux aigle, pourquoi suis-je enfermé? Que t’importe? Ne suis-je donc pas avec toi? Oui; peu m’importe! Au moins, es-tu content de moi bel aigle? – Oui, si tu me trouves très beau. »  Prométhée, dans son discours : « je n’aime pas l’homme; j’aime ce qui le dévore. – Or, qui dévore l’homme? – Son aigle. Donc, Messieurs, il faut avoir un aigle. »  Prométhée, après l’enterrement de Damoclès : « -[…] nous allons le manger …[…], dit Prométhée : vous ne m’avez donc pas regardé ? De son temps est-ce que j’osais rire ? N’étais-je pas maigre affreusement ? […] Il me mangeait depuis assez longtemps : j’ai trouvé que c’était mon tour. […] Quand je l’interrogeais, il ne répondait rien… Mais je le mange sans rancune : s’il m’eût moins fait souffrir il eût été moins gras; moins gras il eût été moins délectable. »

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Morts-vivants

28 Août

Encore un des livres « piqués » au CDI.

L’Etrange vie de Nobody Owens, Neil Gaiman

Par une sombre nuit, un personnage encore plus sombre se glisse dans la demeure de la famille Dorian. Il assassine froidement le père, la mère et leur petite fille. Afin de terminer son travail en beauté et proprement, le Jack – car c’est ainsi que se nomme ce célèbre égorgeur de Londres – s’apprête à enfoncer sa lame dans le corps du bébé. Sauf qu’il ne transperce pas un bébé mais un ours en peluche. Très vite, il part à la recherche de l’enfant… en vain.

Le bébé, sentant le danger, a quitté tant bien que mal son berceau et est sorti de la maison en rampant. Il arrive jusqu’au cimetière près de sa maison. Là-bas, les fantômes comprenant qu’il est en danger décident de le protéger. Il va être alors recueilli puis adopté par les charmants époux Owens, morts depuis plusieurs décennies… L’enfant – baptisé Nobody et surnommé Bod – va grandir au milieu des spectres, sous l’œil bienveillant de son tuteur Silas, ni vivant ni mort. Les fantômes se font une joie de lui enseigner toutes leurs connaissances : écriture, histoire, poésie mais aussi effacement, épouvante et autres sortilèges.

La vie de Bod aurait pu s’écouler tranquillement au cimetière s’il n’avait pas voulu en sortir pour découvrir le monde des vivants, son monde. Mais à l’extérieur, le garçon court de grands dangers, le Jack est toujours à sa recherche et compte bien terminer enfin sa sinistre entreprise…

Entre conte fantastico-gothique et roman d’apprentissage, L’Etrange vie de Nobody Owens plaira sans doute aux jeunes adolescents amateurs d’histoires de fantômes et autres sorcières. On suit avec plaisir l’évolution du personnage, son passage de l’enfance à l’adolescence, la période de rébellion qui l’accompagne, la découverte du sentiment amoureux porteur de joie et de déceptions. J’ai particulièrement apprécié le moment où Bod veut absolument se rendre au collège pour apprendre comme tout le monde. Alors qu’il fait tout pour passer inaperçu, il se retrouve confronté à un problème de racket et vient en aide aux 6ème en ridiculisant la brute qui les tourmentait, d’abord par des paroles intelligentes, puis par ses pouvoirs particuliers. De peur que le collège tout entier ne le prenne pour une bête de foire, il est obligé d’arrêter sa scolarité, malheureux. J’ai surtout aimé l’échange suivant, entre Bod et l’amie du persécuteur de 6ème, qui fait bien réfléchir : « – T’es bizarre, lui dit-elle. T’as pas d’amis. – Je ne suis pas venu ici pour me faire des amis, répondit Bod avec sincérité. Je suis venu pour apprendre. […] – Tu sais que c’est complètement bizarre, ça? personne ne vient à l’école pour apprendre. Enfin quoi, on vient parce qu’on est obligé. » L’auteur, Neil Gaiman, a mis une vingtaine d’années à écrire ce roman inspiré par son fils qui aimait se balader en tricycle entre les pierres tombales. Il a reçu de nombreux prix. Une belle découverte !

Un lièvre bien savant

24 Août

 

La belle histoire de Leuk-le-Lièvre, Léopold Sedar Senghor et Abdoulaye Sadji

Leuk est un jeune lièvre qui part à la découverte de la brousse pour devenir plus intelligent qu’il ne l’est déjà. A travers son voyage et ses rencontres, il va grandir et découvrir de nombreux aspect de la vie.

Le livre est constitué de très courts chapitres qui peuvent se lire indépendamment les uns des autres. Leuk-le-Lièvre est un personnage malin, sympathique et débrouillard qui plaît beaucoup aux petits africains. Il est l’équivalent, en Afrique, du Renard des contes et des fables d’Europe. Senghor et Sadji l’ont donc utilisé comme personnage principal de leurs contes afin de réaliser une méthode d’apprentissage attrayante de la lecture en Afrique noire (dont la langue officielle est le français).

Voilà quelques années maintenant que j’utilisais quelques extraits de ce livre dans mes cours sans jamais l’avoir lu en entier. Cette année, je compte l’étudier intégralement avec mes chères têtes blondes. Ces récits d’apprentissage sont simples sans être simplistes, les messages délivrés sont très positifs sans toutefois enjoliver les choses. Je sais, par expérience, que les 6ème accrochent bien avec ces textes grâce aux animaux. Et il est assez facile pour eux de retranscrire les situations évoquées dans ces petits contes avec ce à quoi eux-mêmes sont confrontés dans la vie.

Humanité bestiale

19 Août

Ce texte de Ludovic Klein inaugure le recueil Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques paru aux toutes jeunes éditions des Artistes Fous au mois de juin 2013.

J’avoue n’avoir lu que la première nouvelle de l’ouvrage qui m’a gentiment été envoyé sous format électronique par l’un des deux vice- présidents de l’association des « Artistes Fous Associés », Southeast Jones. J’attends donc le père Noël avec impatience pour recevoir une liseuse qui me permettra de lire tranquillement le reste du volume ainsi que le recueil Fin du monde ! 20 récits pour en finir avec l’Apocalypse, des mêmes éditions.

En attendant, vous pouvez découvrir l’association et ses publications ici

« Les Maîtres ne vinrent plus », in Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques, Ludovic Klein

Août 1943, le monde est en guerre et la préfecture de Tokyo ordonne la mise à mort des animaux de son zoo de Ueno afin – officiellement – de protéger les habitants en cas de bombardement en évitant la libération d’animaux sauvages dans la ville. Officieusement, il s’agit surtout de réduire les frais de gestion du zoo et d’amener la population à envisager l’éventualité d’un bombardement.

La première méthode de mise à mort est un empoisonnement à la strychnine. Toutefois, certains animaux ne mangent pas les rations empoisonnées. Dès lors, tous les moyens – et surtout les plus barbares – vont être bons pour se débarrasser des pensionnaires…

Nous suivons ensuite, à travers le point de vue interne d’une vache, la mort (terrible) de faim de tout un troupeau. Nous comprendrons au fur et à mesure du texte, que nous nous trouvons à la suite de l’accident nucléaire de Fukushima. Le gouvernement a ordonné que toutes les bêtes soient enfermées pour éviter la contamination. La pauvre Mme Morita ne peut malheureusement rien faire pour les sauver…

Ce court texte basé sur des faits réels met en évidence la cruauté humaine. Il m’a permis de découvrir un aspect de la Seconde Guerre Mondiale que j’ignorais totalement. En outre, le fait que l’histoire se déroule au Japon me touche tout particulièrement puisque j’ai entrepris d’apprendre le japonais il y a quelques mois. J’ai beaucoup aimé la mise en parallèle des deux histoires qui fait beaucoup réfléchir. N’est pas le plus sauvage celui que l’on croit… Une fois encore, j’ai hâte d’avoir une liseuse pour découvrir les autres textes du recueil !

Combat à mort

18 Août

Mon amie documentaliste m’avait chaudement recommandé celui-ci… je n’ai pas été déçue !

Hunger Games – tome 1, Suzanne Collins

L’action se déroule dans un futur sombre, dans ce qui reste des Etats-Unis après les sécheresses, les ouragans, la montée des océans et les guerres qui s’en sont suivies pour récupérer les maigres ressources restantes. Le pays de Panem est né, divisé en treize districts. Mais, à la suite d’une rébellion des districts contre le Capitole (la capitale), douze districts ont été vaincus et le treizième éliminé. Depuis, Panem est gouverné par des chefs intransigeants qui vivent dans l’opulence du Capitole tandis qu’une majorité de la population meurt de faim dans les districts sous le regard des Pacificateurs qui veillent à ce que les habitants respectent les dures règles édictées par le Capitole à la lettre afin de garantir la paix.  Mais la loi la plus terrible, qui revient marquer les esprits du peuple chaque année, est sans doute celle des Hunger Games.

Les règles de ce terrible jeu annuel sont les suivantes : « Les règles des Hunger Games sont simples. Pour les punir du soulèvement, chacun des douze districts est tenu de fournir un garçon et une fille, appelés « tributs ». Les vingt-quatre tributs sont lâchés dans une immense arène naturelle pouvant contenir n’importe quel décor, du désert suffocant à la toundra glaciale. Ils s’affrontent alors jusqu’à la mort durant plusieurs semaines. Le dernier survivant est déclaré vainqueur. » Ah, oui, un petit détail qui a son importance. Le jeu est retransmis en direct à la télévision et toute la population doit le regarder. les familles des participants sont donc contraints de voir leurs enfants se faire massacrer sous leurs yeux…

L’heure du grand tirage au sort annuel, la Moisson, a sonné au district douze. Tous les enfants entre 12 et 18 sont obligés d’y participer. Et plus l’âge augmente, plus le risque d’être tiré au sort est important. Effectivement, à 12 ans, le nom est inscrit une fois, à 13 ans, deux fois et ainsi de suite jusqu’à 18 ans. Mais outre ces inscriptions supplémentaires obligatoires, les enfants de familles défavorisées se retrouvent inscrits bien davantage que les autres à cause du système des « tesserae » qui représentent l’équivalent d’un an d’approvisionnement en blé et huile pour une personne. Ainsi, la jeune Katniss, 16 ans, pour être subvenue aux besoins de sa mère et de sa jeune sœur Prim, verra son nom inscrit 20 fois dans la tirage au sort. Pire pour son meilleur ami, Gale, 18 ans, dont le nom sera inscrit 42 fois !

Katniss et son compagnon de chasse Gale (tous deux braconnent pour tenter de faire vivre leurs familles aussi bien que possible) s’apprêtent donc à vivre la nouvelle Moisson dans l’angoisse d’être tiré au sort. Mais cette année est pire que les précédentes pour Katniss car sa jeune sœur doit y participer pour la première fois. Bien qu’elle se résonne en se disant que son nom ne sera inscrit qu’une fois parmi des centaines d’autres et que la probabilité pour qu’elle soit désignée est très faible, elle ne peut s’empêcher de s’inquiéter. Ainsi, lorsqu’elle entend la voix de l’hôtesse prononcer le nom de sa sœur, le sol semble s’écrouler sous ses jambes avant qu’elle ne se précipite pour prendre sa place.

Katniss va donc devoir participer aux Hunger Games. Le garçon sélectionné dans son district a le même âge qu’elle mais elle le connait à peine. Il s’agit de Peeta, le fils du boulanger. Après de brefs adieux à leurs familles, tous deux sont conduits au Capitole pour la préparation aux jeux. Pendant quelques jours, ils vont vivre dans l’opulence la plus totale, vie de luxure à laquelle ils auront droit si l’un d’eux gagne. Mais le rêve n’est que de courte durée. Bien vite, ils sont jetés dans l’Arène. A partir de là, ils ne devront plus compter sur personne et mener des combats à mort pour tenter de sauver leur peau.

Ce roman d’anticipation est tout simplement génial ! Les personnages sont dessinés avec une telle finesse que n’importe quel adolescent pourra se retrouver dans l’un ou l’autre des personnages principaux. L’idée de cette télé-réalité poussée à l’extrême est d’une efficacité redoutable. L’Etat dictatorial se sert du jeu pour faire régner la terreur sur une population qu’il tient affamée à longueur d’année. Les gens ne peuvent faire autrement que regarder ce programme insoutenable et injuste. Car si tous les coups sont permis, tous les participants ne sont pas sur un pied d’égalité. Les premiers districts étant plus riches, les participants sont souvent volontaires, costauds et sur-entraînés. Face à eux, les enfants des derniers districts, affaiblis par des années de famine et de travail, ne font pas le poids très longtemps. D’ailleurs, Katniss, malgré son adresse au tir à l’arc et ses connaissances des plantes sauvages, ne se leurre pas. Voilà 30 ans qu’aucun tribut du district 12 n’a remporté les jeux; 30 ans que ces tributs sont envoyés directement à l’échafaud !

Ce roman, destiné aux adolescents, aurait pu paraître bien violent s’il n’y avait pas une histoire d’amour pour venir l’adoucir. Eh oui, juste avant le début des jeux, Peeta avoue son amour pour Katniss devant tout le pays. Mais celle-ci ne sait trop qu’en penser : est-ce une stratégie de sa part pour s’attirer la sympathie du public et tenter de rester en vie le plus longtemps possible ou est-il sincère ? Pourra-t-elle vraiment lui faire confiance une fois dans l’Arène ou n’est-ce qu’un piège pour la manipuler et lui planter un couteau dans le dos une fois le moment venu ?

Riche en rebondissements, le livre tient le lecteur en haleine pendant près de 400 pages. Les notions d’entraide, de fraternité mais aussi d’insoumission face à l’ordre établi (ordre injuste) sont très bien développées. Un roman d’initiation et d’aventures fait pour distraire mais aussi pour réfléchir donc !

j’ai les deux tomes suivants (L’embrasement et La révolte) en ma possession… j’espère trouver le temps de les lire rapidement !

 

L’empire des loups

12 Août

Merci à mes parents pour m’avoir prêté ce livre.

Le Général Enfer, Alec Covin

En préambule, je dois signaler que ce roman est le troisième tome de La Trilogie des Loups. Il vient donc à la suite des Loups de Fenryder et d’Etats primitifs. J’avoue tout de suite ne pas avoir lu les deux premiers tomes. Cela n’a en rien perturbé ma lecture, ce tome se lit très bien indépendamment des deux autres. Par contre, il m’a réellement donné envie de les lire !

Toute l’histoire se fonde sur la naissance d’une société secrète lors de la guerre de Sécession. Le général Fenryder – ou général Enfer – perd la partie contre Lincoln et se retrouve lynché par les soldats. Mais – miracle de surnaturel – il survit et devient même immortel, doté d’une puissance fantastique. Abrité dans le Vent-Fort, sorte de sarcophage protecteur qui lui permet de se régénérer, rien ne peut lui arriver. Il entreprend alors de créer un groupe autour de lui, les Loups de Fenryder, et n’a plus qu’une idée en tête : gouverner et faire régner la terreur sur les Etats-Unis. Presque 150 ans plus tard, il prépare donc avec ses loups la Grande nuit, opération au cours de laquelle le président Obama et son vice-président devraient être assassinés…

Alors que Fenryder et ses hommes dotés eux-aussi de pouvoirs surnaturels se préparent, un petit groupe tente d’avertir les autorités et veut mettre à terme à l’existence du général. Mais le rapport de force est inégal. Sarah, une journaliste afro-américaine; Tim, un détective borgne et Forrest, un peintre génial, ont déjà eu affaire aux loups 5 ans plus tôt. Leur confrontation s’était soldée par un massacre commis par Fenryder mais qui leur a été imputé. Du coup, Sarah et Tim, échappant aux mains du FBI, sont partis en cavale chacun de leur côté et Forrest – moins chanceux – a été arrêté et incarcéré à Rikers Island.

Fenryder et ses loups – capables de lire dans les pensées – ne veulent qu’aucun grain de sable ne viennent perturber leurs sombres projets. Le général lance son plus fidèle associé, William Hasty, aux trousses de ses ennemis. Après avoir atrocement massacré les proches du groupe dans sa traque, il n’a qu’une envie, les livrer à son maître pour les voir mourir dans d’atroces souffrances.

Notre trio quant à lui est bientôt complété par un associé bien particulier – Joe Koil – un Loup repentis de Fenryder. Mais pourront-ils vraiment lui faire confiance ?

Ce thriller fantastique m’a vraiment passionnée et tenue en haleine jusqu’aux dernières pages. Bien sûr, dès le départ, on se doute que l’auteur ne fera pas mourir Barack Obama. Mais le roman est vraiment bien mené, la psychologie des personnages plutôt approfondie et pas manichéenne. Il est difficile de savoir en qui on peut avoir confiance dans l’histoire. Le tout est « agrémenté » de massacres ultra-violents, particulièrement gores, mais bien mis en scène. Je le déconseille donc aux âmes sensibles. Pour les autres, amateurs du genre, vous devriez être conquis !

Enquête picturale

7 Août

Voilà un livre que j’ai eu bien du mal à terminer… signe qu’il ne m’a absolument pas passionné !

Le Secret de Maître Joachim, Sigrid Heuk

Peter est un adolescent un peu spécial. Alors que tous les jeunes de son âge se retrouvent pour jouer au foot, boire une bière et draguer les filles, lui est féru de peinture et d’histoire. Un jour, il tombe sur un livre de peintures de Joachim Patinir, un peintre flamand du XVIème siècle. Alors qu’il le parcourt, il reste fasciné par une oeuvre en particulier : « Saint Christophe portant l’enfant Jésus ». Ce tableau l’intrigue beaucoup à cause d’un détail bien particulier au second plan : un mort gît au bord de l’eau. Peter aimerait savoir ce que fait ce mort sur cette peinture : qui était-il ? comment est-il mort ?

Après avoir passé des jours et des mois à la bibliothèque en recherches infructueuses, l’adolescent ne voit qu’un seul moyen de résoudre l’intrigue qui le hante : pénétrer dans le tableau afin de mener l’enquête…

Comme je l’ai dit en introduction, je n’ai pas du tout accroché à l’intrigue de ce roman jeunesse. Pourtant, le mélange policier et fantastique m’avait d’abord alléchée. Mais l’auteur en fait beaucoup trop. On a l’impression d’un long exposé sur l’histoire de la peinture flamande puis sur la vie au XVIème siècle. Tous les détails donnés font davantage penser à une notice biographique qu’à un roman. Il me paraît bien difficile également de se mettre dans la peau de ce héros si déconnecté de la réalité et monomaniaque. Le passage dans et hors du tableau n’est pas très réussi, en tout cas, je ne suis pas parvenue à me mettre dans l’ambiance « retour vers le futur » intellectuel. Le tout est en plus mis en abîme, ce qui ajoute à la surcharge de l’ensemble.

Peut-être que ce livre intéressera quelques élèves amateurs d’histoire en classes de 5ème ou 4ème mais je doute qu’il passionne les foules !