Archive | septembre, 2013

Passionnément, à la folie…

27 Sep

J’ai récupéré ce livre dans la bibliothèque de mon grand-père il y a quelques années. Sa couverture défraîchie ne m’inspirant guère, je n’avais jamais eu le courage de le lire malgré mon attrait pour l’auteur du magnifique Joueur d’échecs.

La confusion des sentiments, Stephan Zweig

Le narrateur, Roland, raconte une période inoubliable de sa jeunesse. Alors qu’il vient de quitter le lycée, Roland part à Berlin pour entreprendre des études, davantage pour rassurer son père professeur que par véritable goût. Le jeune étudiant passe la majeure partie de son temps dans les bars de la ville et à approfondir ses connaissances en matière d’anatomie féminines. Mais une visite impromptue de son père alors qu’il est au lit avec une demoiselle en plein après-midi va agir comme un électro-choc. Roland décide – fortement encouragé par son père – d’en finir avec cette vie dissolue qui ne le mènera nulle part.

Il quitte donc Berlin pour s’installer dans une petite ville universitaire beaucoup plus calme. Son inscription à la faculté faite, il rencontre tous ses professeurs excepté celui de philologie anglaise. Ce dernier ne peut le recevoir tout de suite puisqu’il est en train de faire cours. Roland prend part au groupe d’étudiants qui entoure le professeur et tombe immédiatement sous le charme de ce brillant orateur. Fasciné et hypnotisé par l’homme de lettres, notre jeune ami ne réfléchira pas longtemps avant d’accepter la proposition de louer la chambre au-dessus de l’appartement de son maître à penser.

A partir de ce moment, les liens d’une amitié profonde se tissent entre les deux hommes qui passent leur temps à discuter littérature. Mais Roland souffre bientôt des fréquentes sautes d’humeur de son maître qui tantôt le considère comme un fils, tantôt le repousse froidement sans explication. Le pire pour notre héros est de supporter les absences de son maître capable de quitter la ville sans prévenir et de ne revenir que quelques jours plus tard comme si de rien n’était… Afin de se rapprocher encore plus de son idole, Roland le convainc d’écrire un livre. L’étudiant écrira et son maître dictera. Les longues heures passées à travailler ensemble les lient davantage et accroissent les sentiments du jeune homme.

Lors d’une disparition de son maître, le jeune Roland, complètement déboussolé, trouve du réconfort dans les bras de l’épouse du professeur. Le lendemain, ne supportant pas sa trahison, il décide de partir. Mais le professeur revient et le prie de rester au moins le temps qu’il puisse lui raconter sa jeunesse… et lui avouer son amour !

De Zweig, je n’avais lu que le brillantissime Joueur d’échecs et redoutais un peu d’être déçue par un autre de ses textes. Bien que La confusion des sentiments n’égale pas la perfection du Joueur, il n’en reste pas moins un très bon roman. En grand amateur de psychanalyse et de Freud, on retrouve ici son goût pour les personnages excessifs et monomaniaques. Roland – un jeune homme fragile, influençable – est en proie à une obsession dévorante et dévastatrice pour son maître. Il ne vit qu’à travers les regards et les gestes de ce dernier. Il se construit son propre monde, avec son propre dieu et demeure complètement perdu lorsque ce dernier disparaît. Et plus encore lorsqu’il comprendra qu’il n’est en réalité qu’un homme, avec des pulsions bien humaines !

Zweig décrit magnifiquement – grâce à au récit analeptique –  toute l’ambivalence des sentiments du jeune garçon, perpétuellement tiraillé entre l’amour et la haine, entre éros et thanatos, pour son maître. Un excellent livre !

 

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L’attrape nigaud !

24 Sep

Voilà des années que je voulais lire ce court texte. L’ayant enfin sous la main, je me suis jetée à l’eau, et je dois bien l’avouer, un peu noyée…

La Chasse au Snark, Lewis Carroll

La Chasse au Snark est un court texte, écrit en vers. Il s’agit, selon l’auteur, d’un « Délire en huit épisodes ou crises », et le mot « délire » n’est pas exagéré.

La Chasse au Snark est donc le récit de l’aventure folle-dingue d’un garçon d’étage, d’un marchand de bonnet, d’un avocat, d’un courtier, d’un banquier, d’un marqueur de billard, d’un boulanger et d’un castor – et j’en oublie sans doute ! – qui partent à la recherche d’un animal fantastique : le fameux Snark ! Leur plus grande crainte : tomber seulement sur un Boujeum…

Voilà pour le synopsis. A vrai dire, je n’ai pas compris grand chose à ce texte et je ne sais même pas s’il y a véritablement quelque chose à comprendre… Pas sûre qu’il y ait un sens caché d’ailleurs. En fait, je me suis seulement laissée porter par le délire de Lewis Carroll, la beauté de l’écriture et la vivacité de ce texte. Les vers et les strophes s’enchaînent à une allure remarquable. J’avais presque l’impression d’être en train de courir après le texte que je lisais !

Vous l’aurez compris, ce long poème est totalement absurde. On y retrouve ce qui a fait le succès d’Alice au Pays des Merveilles : des personnages fantasques, le mélange d’animaux et d’humains, les mots-valises… Une lecture peu commune et rafraîchissante !

Peintures vivantes

23 Sep

Au mois de novembre, nous lancerons notre atelier lecture sur le thème des « contes du monde entier » avec les 6ème. Je commence donc à en lire.

Comment Wang-Fô fut sauvé, Marguerite Yourcenar

Wang-Fô vivait il y a très longtemps dans le royaume des Han qui correspond à la Chine actuelle. C’était un peintre exceptionnel : ses peintures étaient si bien réalisées qu’elles semblaient vivantes ! Bien que Wang-Fô eût pu gagner beaucoup d’argent avec ses toiles, cela ne l’intéressait pas. Il les donnait et vivait ainsi dans la plus grande pauvreté avec son jeune disciple, Ling.

Un jour, alors que les deux hommes se reposent dans une misérable auberge, les soldats de l’Empereur les arrêtent pour avoir voler de la nourriture. Mais, ce vol n’est qu’un prétexte. Alors que le vieux Wang-Fô demande à l’Empereur ce qu’il lui a fait et pourquoi il a été arrêté, il s’entend répondre que c’est en raison de la trop grande beauté de ses peintures ! En effet, le prince a été élevé entouré par les superbes toiles de l’artiste et lorsqu’il a eu le droit de sortir et a découvert son empire, la réalité lui a semblé extrêmement terne et laide par rapport aux toiles. Wang-Fô, sans le savoir, l’a dégoûté de tout ce qu’il possède et pour le punir, l’Empereur veut lui brûler les yeux et lui couper les mains afin de l’empêcher d’avoir accès à son art.

Evidemment, Wang-Fô sera sauvé, puisque c’est le titre de ce conte. Mais je vous laisse le plaisir de découvrir comment en lisant ce court livre très joliment illustré par Georges Lemoine.

Marguerite Yourcenar met l’art au coeur de ce conte poétique et philosophique. On s’interrogera sur le pouvoir de l’art, sur la supériorité de l’esprit sur les choses matérielles. L’Empereur est vu comme un esthète désabusé qui transforme son amour pour les tableau en haine pour l’artiste en constatant que jamais rien de réel ne pourra être aussi beau. Pour lui, l’art n’est donc que mensonge puisqu’il idéalise. Pour Ling, au contraire, l’art apporte une version différente du réel, un moyen de voir et de s’approprier les choses autrement. Enfin, pour Wang, l’art est l’unique manière de vivre, il voit la vie sous un angle différent, quitte à devoir la perdre. Un très joli texte !

Vengeance !

22 Sep

Il me faisait de l’oeil depuis des jours mais je repoussais le moment d’en finir avec cette géniale saga pour ados (et pour ados attardés comme moi !)

Hunger Games – La Révolte – tome 3, Suzanne Collins

Nous retrouvons Katniss, la fille de feu, qui a survécu une seconde fois aux cruels Hunger Games. Mais dans quelles conditions ! La voilà enterrée dans les dédales du district 13 puisque son district, le 12, a été rasé par les hommes du Capitole en guise de représailles à sa survie. La jeune fille doit donc vivre avec de nombreuses victimes innocentes sur la conscience tout en découvrant les nouvelles règles imposées dans le district : emploi du temps journalier tatoué sur le bras chaque matin, activités obligatoires réglées à la minute, vêtements identiques pour chaque individu, rations alimentaires calculées selon la corpulence et les besoins de chacun… un véritable cauchemar pour la jeune rebelle !

Pendant ce temps, au Capitole, le Président Snow rumine sa vengeance et détient la meilleure arme contre Katniss : Peeta.

Sous les ordres de Coin – chef du district 13 – la révolte contre le Capitole se met en place. Katniss doit au plus vite récupérer ses forces et redevenir le geai moqueur, symbole de la rébellion, afin de mobiliser tous les districts. Entourée d’une équipe de choc : Gale – son compagnon de chasse de toujours -, Haymitch – son mentor pendant les jeux -, Finnick – un de ses adversaires qui lui a sauvé la vie pendant l’Expiation-, Plutarch – ancien juge du Capitole dévolu à la cause rebelle – et bien d’autres, Katniss est prête à tout pour tuer Snow et voir le retour de la paix dans le royaume de Panem.

Oui mais voilà… Peut-elle vraiment toujours compter sur Gale qui jalouse Peeta ? Et Peeta, que lui est-il arrivé ? Est-il mort ? vivant ? torturé ? Et tous ces gens qui meurent parce qu’elle a provoqué l’ire du Président… comment supporter tout ça ?

Je laisse volontairement ces questions en suspend afin de laisser à ceux qui voudront le lire la joie de découvrir les réponses.

Si j’avais trouvé le deuxième tome répétitif, il n’en est rien du dernier livre. Je l’ai vraiment adoré. Il mêle à la perfection l’action – nombreux passages de combats très détaillés – aux interrogations existentielles de l’héroïne en proie au doute. Doutes par rapport aux autres mais aussi et surtout doutes vis-à-vis d’elle-même.

J’ai bien aimé le début du livre avec toute la description de la vie dans le district 13, de cette société hyper réglementée où rien n’est laissé au hasard. Le district 13 ou l’utopie cauchemardesque pour les survivants du district 12 qui y trouvent un lieu sûr dans lequel ils ne manquent de rien mais en même temps duquel ils ne peuvent plus sortir… J’ai aimé aussi la réflexion sur le pouvoir et ses déviances qui inciteront, je le souhaite, les jeunes lecteurs à jeter un oeil nouveau sur le monde qui les entoure.

Une dernière fois, voilà une excellente trilogie !

Insaisissable

18 Sep

Je poursuis ma découverte de la littérature nippone. 

Intrusion, Natsuo Kirino

Tamaki Suzuki est écrivain. Son prochain livre, Inassouvi, a pour sujet O., personnage insaisissable du célèbre roman autobiographique de Mikio Midorikawa, Innocent. Dans l’oeuvre de ce dernier, O. apparaît comme la maîtresse de l’illustre écrivain, comme une femme de l’ombre dont on ne sait pratiquement rien mais qui va jouer un grand rôle dans la vie de l’auteur. Personne n’a jamais su qui elle était ni si elle a même un jour existé vraiment. Mais Tamaki, persuadée de son existence, veut absolument la retrouver, bien que plus de 40 années se soient écoulées depuis la parution de l’oeuvre scandaleuse…

Obnubilée par le personnage, Tamaki part à sa recherche et rencontre un bon nombre des femmes qui ont entouré Midorikawa afin de percer le mystère, 17 ans après la mort de l’écrivain. En se plongeant dans les histoires d’amour complexes du romancier, sa propre histoire, ses souvenirs de son amour passionné avec son éditeur Seiji Abé. Si leur première rencontre s’était avérée désastreuse, Tamaki et Seiji avaient fini par nouer des liens profonds et entamer une aventure extra-conjugale. Mais au fil du temps, la haine l’a emporté sur l’amour et ils se sont séparés. Tamaki, alors qu’elle n’a quasiment plus aucun contact avec lui depuis des mois, apprend que Seiji est très malade. Toutes les rencontres avec ces femmes, toutes ces histoires d’amour provoquent donc inéluctablement la réminiscence de cette passion avec Seiji.

Vous l’aurez compris, l’action n’est pas ce qui caractérise ce roman étiqueté « roman noir »… La quatrième de couverture indiquait :« Natsuo Kirino ne flirte avec le thriller que pour mieux explorer l’âme humaine »(critique du Monde). C’est ce qui m’avait attiré à la base. Mais je n’ai pas vraiment perçu ni le côté noir, ni le côté thriller du livre. A moins que la question de savoir si oui ou non Tamaki parviendra à découvrir qui était la mystérieuse O. soit d’un suspens insoutenable pour quelqu’un, je ne vois pas du tout pourquoi ce roman a été classé noir… Mystère !

Si l’on met cela de côté, l’ensemble demeure agréable à lire même s’il est facile de se perdre dans les nombreux flash-back. Le style varie selon les différentes rencontres. Le deuxième chapitre m’a particulièrement plu. Il s’agit du monologue d’une femme que Tamaki rencontre pour préparer son livre. Elle lui raconte comment Midorikawa et elle ont entretenu une « liaison » alors qu’elle n’avait que 10 ans. Certains passages font froids dans le dos. J’ai bien aimé aussi le fait que l’auteur glisse des extraits de Innocent dans le livre. Par cette sorte de mise en abyme, on a l’impression que le roman a vraiment existé. Et comme tout est imbriqué, le livre apparaît également un peu comme des poupées russes. Je suis donc plutôt contente de cette lecture.

Retour au bercail

10 Sep

Encore un exemplaire du CDI que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir pendant les vacances.

Les enfants de la lune, Fabrice Colin

1942. Paris est occupée par les Allemands. Le jeune Adrien Berthelot, 13 ans, vit chez sa grand-mère et tente d’améliorer le quotidien par diverses combines. Deux jours avant Noël, il intercepte un message destiné à son grand-père décédé voilà 10 ans. Le courrier est aussi bref qu’étrange : « Aux temps maudits de l’Exode, vous avez aidé les nôtres. Une fois encore, nous faisons appel à vous… » Signé : Leydamoon du peuple Annwyn.

Adrien, très intrigué par la lettre, décide de se rendre au rendez-vous fixé par l’expéditeur. Quelle ne sera pas sa stupeur en découvrant trois êtres de sa taille, ressemblant à des elfes. Leur chef, Leydamoon, lui explique qu’ils sont de la famille des fées, qu’ils vivent depuis des siècles aux côtés des humains dont ils se nourrissaient des rêves. Mais depuis la 1ère Guerre Mondiale, les hommes rêvent de moins en moins et la situation s’aggrave avec la montée du nazisme. La plupart du peuple Annwyn a regagné son monde d’origine. Mais les portes magiques se sont refermées avant que les derniers ne puissent partir. Le grand-père d’Adrien avait conçu une machine leur permettant de rentrer chez eux mais les Siths – les ennemis des Annwyns qui ont pactisé avec les nazis et qui veulent envoyer sur la ville des ptésoriens (dinosaures volants) – l’ont tué avant que ses projets n’aboutissent. Leydamoon vient donc demander à Adrien son aide pour terminer l’oeuvre de son grand-père. Le jeune garçon va accepter et devoir affronter les terribles Siths et les nazis pour sauver ses compagnons.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. Pourtant, ça partait bien. L’irruption du fantastique dans l’ambiance du Paris occupé était plutôt bien réussie. Mais plus on avance dans le texte et plus l’histoire devient abracadabrantesque, le summum étant atteint lors d’une chasse aux fantômes au cimetière du Père Lachaise qui se rapproche d’un épisode de Ghostbuster. J’ai eu bien du mal à me motiver pour terminer ce livre où les scènes d’affrontements entre les bons et les méchants s’enchaînent parfois sans véritables liens. Peut-être que l’association des nazis à des démons permettra aux élèves les plus faibles de mieux comprendre cette période de l’Histoire (même si j’ai plus peur que certains ne pensent que les dinosaures vivaient encore à cette époque…)

Maison close

6 Sep

Un peu de littérature japonaise, ça faisait longtemps !

Les belles endormies, Yasunari Kawabata

Le vieil Eguchi a 67 ans lorsqu’il décide – sur les conseils d’un ami – de pousser la porte des Belles Endormies, un établissement peu commun. Là-bas, les vieillards comme lui peuvent passer la nuit en compagnie d’une jeune fille endormie. Toutes les jeunes femmes – sous l’effet d’un puissant somnifère – dorment déjà lorsque le « client » rentre dans la chambre et dorment encore lorsqu’ils repartent le lendemain matin. Sur la table de chevet, deux comprimés sont tenus à la disposition des vieillards afin de leur permettre de passer une nuit paisible.

Si l’on en croit la patronne, tous les clients sont très calmes et aucun d’entre eux ne fait jamais rien aux petites. Et c’est vrai. En tous cas en ce qui concerne le vieil Eguchi qui passe une bonne partie de ses nuits à contempler la nouvelle nymphe qui lui a été attribuée et à se remémorer sa jeunesse et toutes les femmes qui ont compté dans sa vie.

Si Flaubert avait pu rencontrer Kawabata, nul doute que les deux hommes se seraient entendus vu que le japonais parvient à rédiger ce livre sur rien dont rêvait le français. Effectivement, nulle action dans ce roman. Eguchi arrive dans une chambre, décrit la jeune femme, se remémore sa jeunesse et ses conquêtes, prend son thé le lendemain matin et revient quelques jours plus tard pour faire exactement la même chose. Peu voire aucun intérêt là-dedans me direz-vous ! Au contraire ! On retrouve ici toute la poésie japonaise dans les descriptions aussi minutieuses que voluptueuses des corps de chacune de ces jeunes filles en fleur plongées dans un sommeil de mort. Et cela fait froid dans le dos. Elles, au printemps de leur vie, sont inertes, inconscientes de partager le lit d’un vieillard pendant que ce dernier les observe, s’allonge contre elles et se plonge dans des méditations sur sa propre existence et sur sa mort prochaine. Le contact de la main fripée d’Eguchi sur les peaux laiteuses des belles endormies provoque chez le vieil homme toutes sortes de sentiments. Colère, frustration mais aussi tristesse, mélancolie et bonheur l’envahissent et se superposent parfaitement sous la plume de Kawabata qui, rappelons-le, a obtenu le prix Nobel de littérature en 1968. Une réflexion poétique sur la vieillesse, la solitude et la mort qui se laisse savourer.

De retour dans l’Arène

2 Sep

Bon, je n’aurai pas réussi à résister longtemps à l’envie de lire la suite du premier tome de Hunger Games…

Hunger Games, L’Embrasement – Tome 2, Suzanne Collins

Nous retrouvons la jeune Katniss après son retour victorieux des Hunger Games. Bien qu’elle vive maintenant dans une belle maison, à l’abri du besoin, avec sa mère et sa petite soeur, elle ne peut s’empêcher de continuer à aller braconner avec son compagnon de chasse, Gale. Celui-ci n’a toutefois pas digéré la « romance télévisée » entre Katniss et Peeta, l’autre gagnant du terrible jeu de massacre organisé par le Capitole. Katniss est en pleine confusion, est-elle amoureuse de gale depuis toujours ? Que ressent-elle exactement pour Peeta grâce à qui elle est toujours en vie ?

Mais elle ne va pas avoir le temps de réfléchir beaucoup à ses problèmes de coeur. Car un autre problème, beaucoup plus important, qui concerne à la fois son entourage proche mais aussi tout le peuple de Panem, est soulevé par le Président Snow. Ce dernier en veut à mort à Katniss qui s’est révoltée contre les règles du Capitole à la fin des jeux en forçant les juges à la garder en vie avec Peeta alors qu’il n’aurait dû avoir qu’un seul vainqueur. Bien qu’elle ait tenté de faire passer son geste comme l’acte désespéré d’une amoureuse, Katniss est devenue malgré elle une figure de la rébellion dans tous les districts. Le peuple commence à se révolter et le Président l’en tient pour unique responsable. Elle et sa famille vont devoir payer…

Tous les vingt-cinq ans, pour rappeler à la population que le Capitole commande et qu’elle n’a pas d’autre choix que d’obéir, les jeux de l’Expiation sont organisés. Le Président Snow va profiter du 75ème anniversaire pour imposer une nouvelle règle de sélection pour ces jeux : pour « rappeler aux rebelles que même les plus forts d’entre eux ne sauraient l’emporter sur le Capitole, les tributs mâles et femelles de chaque district seront moissonnés parmi les vainqueurs survivants ». La conséquence de cette décision est sans appel : Katniss va de nouveau devoir combattre dans l’Arène et devra sans doute éliminer Peeta qui va se dévouer et repartir avec elle pour la protéger !

On retrouve donc dans ce deuxième tome tous les personnages clé du premier. J’ai aimé le fait que le portrait des personnages secondaires soit plus affiné ici et qu’on ne sache pas toujours qui est dans quel camp. Le rythme est toujours aussi soutenu également, les rebondissements en fin de chapitres sont nombreux et donnent envie de lire la suite. Par contre, j’ai trouvé la deuxième partie du livre redondante. En effet, le retour dans l’Arène, malgré des épreuves et une stratégie différentes, a un goût de déjà lu… Mais bon, la fin de ce deuxième tome est telle que je ne pourrai pas faire autrement que de lire le troisième intitulé La Révolte.