Intrigue mathématicienne

11 Oct

Cela faisait longtemps que je voulais lire ce livre dont le titre m’intriguait beaucoup. C’est chose faite, et ça n’a pas été sans peine…

Le théorème du perroquet, Denis Guedj

Paris. Rue Ravignan dans le quartier de Montmartre. Monsieur Ruche, 84 ans, libraire, partage son grand appartement avec Perrette Liard qui le seconde depuis une vingtaine d’années aux Mille et Une Feuilles et ses enfants, les jumeaux Jonathan-et-Léa, « trente-trois ans et trois mètres quarante à eux deux », et Max, 12 ans, adopté tout bébé et sourd. Un jour, il reçoit une lettre mystérieuse venant d’Amazonie. Celle-ci a été écrite par un vieil ami de fac, Elgar Grosrouvre, perdu de vue depuis plus de 50 ans et exilé à Manaus. Celui-ci, se sentant menacé – par quoi, par qui, il ne le dit pas – lègue toute sa bibliothèque à Pierre Ruche. Pas n’importe quelle bibliothèque, la plus belle bibliothèque du monde spécialisée dans les mathématiques, avec des dizaines de livres vieux de plusieurs siècles !

Ruche n’a pas le temps de se remettre du choc que les livres font leur apparition et qu’il apprend la mort de son ami. Il décide donc, contraint par le sort, de sortir les livres des caisses et de les ranger dans ce qu’il nommera la BDF (Bibliothèque de la Forêt). Oui mais voilà, comment classer ces livres ? Monsieur Ruche ne connaît rien aux maths, lui, c’était la philosophie qui le branchait. Le voilà donc obligé de se mettre aux mathématiques pour ranger les ouvrages.

Mais le rangement n’est pas le seul de ses soucis. Il veut aussi élucider le mystère de la disparition de Grosrouvre. Pour l’aider, il peut compter sur sa famille de coeur. Et sur Nofutur, un perroquet magnifique, sauvé des mains de trafiquants d’animaux aux Puces par le jeune Max. Pour résoudre le problème Grosrouvre, tout ce brave monde va devoir se plonger dans un long voyage dans l’histoire des mathématiques, de l’Antiquité grecque à nos jours…

Je m’arrête là pour résumer ce gros pavé de plus de 650 pages. Une fois n’est pas coutume, j’avoue avoir sauté des pages. Non pas parce que je m’ennuyais. Mais parce que je ne comprenais rien ! Des pages remplies de théorèmes, de figures géométriques et autres développements mathématiques !

A part ça, j’ai bien aimé l’intrigue de fond. J’ai pu découvrir aussi à quel point les mathématiques étaient liées à la philosophie et j’ai appris des tas de choses sur les hommes qui pour moi n’étaient que des noms de théorèmes : Thalès, Pythagore et Archimède n’ont plus de secrets pour moi ! Enfin, si, car la somme d’informations est telle que je n’ai pas pu tout retenir et que je me suis un peu emmêlé les pinceaux avec toutes les histoires. Mais il fallait y penser à cette enquête quasi policière sur fond de maths. Cela m’a fait penser au Monde de Sophie de Jostein Gaarder, qui permettait, lui, de découvrir la philosophie.

Le tout est raconté avec une telle vivacité, les personnages sont dotés d’un tel enthousiasme pour connaître la vie des mathématiciens et résoudre leur énigme que je me suis laissée emporter moi-aussi. De nombreuses touches humoristiques parsèment également ce roman qui constitue donc une lecture à la fois ludique et instructive. Peut-être de quoi réconcilier les plus réfractaires -comme moi- avec cette science !

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