Au nom du père

28 Oct

Voilà longtemps que ce titre m’attirait. J’ai profité de mon inscription à la médiathèque de Nevers pour emprunter approfondir ma connaissance de l’univers d’un de mes auteurs fétiches.

L’Invention de la solitude, Paul Auster

Le livre est construit en deux parties : « Portrait d’un homme invisible » et « Le Livre de la mémoire ».

La première partie est consacrée au père de Paul Auster. Celui-ci vient d’apprendre son décès et tente de tracer le portrait d’un homme dont il ne sait, au fond, pas grand chose. Ce père invisible, cette présence absente, a néanmoins marqué la vie du jeune Paul. C’est grâce à sa mort que l’auteur va pouvoir devenir écrivain et grâce à sa mort qu’il va pouvoir naître à lui-même. Cette mort permet aussi à l’auteur de convoquer le souvenir familial et d’évoquer le fonctionnement pour le moins complexe de sa famille.

C’est ainsi que nous arrivons au second livre, au « Livre de la mémoire ». Alors que le premier livre était écrit à la première personne, celui-ci est écrit à la troisième. Auster prend de la distance vis-à-vis de sa propre existence, se détache de lui en ne se nommant que par l’initiale de son nom. Comme l’indique le titre, Auster plonge dans ses souvenirs tout en élaborant une réflexion sur la littérature et les auteurs : « Tout livre est l’image d’une solitude. C’est un objet tangible, qu’on peut rammasser, déposer, ouvrir et fermer, et les mots qui le composent représentent plusieurs mois, sinon plusieurs années de la solitude d’un homme, de sorte qu’à chaque mot lu dans un livre on peut se dire confronté à une particule de cette solitude. »

L’Invention de la solitude est le premier livre de Paul Auster et sert, pour ainsi dire, de manifeste à son oeuvre future. On trouve là les prémices de nombreux thèmes récurrents tels que l’errance et la claustration (avec le thème de la chambre, univers clos qui permet à l’auteur de plonger au fond de lui pour mieux se trouver tout comme le fait de se perdre dans les rues labyrinthiques d’une ville inconnue), la dissolution du moi (les personnages sans identités propres peuvent en revêtir plusieurs) et enfin, son amour pour les coïncidences,  le hasard, qui font se rassembler des événements qui semblent très lointains.

A la fois autobiographie et roman de formation, cette lecture est vraiment indispensable pour apprécier pleinement l’oeuvre de ce grand auteur contemporain.

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