Archive | décembre, 2013

Joyeuses fêtes !

23 Déc

La fin de l’année approche… il est temps pour moi de vous souhaiter de joyeuses fêtes !

Durant cette période festive, je vais un peu moins lire et je n’aurai pas l’occasion de publier de nouvelle chronique avant 2014 puisque je n’aurai pas de connexion internet d’ici là…

Début janvier, je ferai rapidement le point sur mes lectures de 2013 et vous parlerai de mes projets pour 2014.

En attendant, festoyez bien et profitez de votre temps libre si vous en avez pour lire tranquillement !

A bientôt ! 

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Un corps pour deux

23 Déc

J’ai emprunté ce livre dans le rayon mangas de la médiathèque en pensant qu’il se lisait comme un vrai manga… et bien non, il se lit à l’occidentale !

Un ciel radieux, Jirô Taniguchi

Une nuit, Takuya Onodéra, un jeune motard de 17 ans, est violemment percuté par une voiture. Le conducteur, Kazuhiro Kubota, père de famille surmené par son travail décède très rapidement. Takuya, lui, s’en sort miraculeusement après quelques jours de coma.

Mais au réveil, Takuya, ne se souvient de rien et ne semble plus le même pour sa famille. Et pour cause, il est frappé d’une étrange amnésie. La conscience de Kasuhiro Kubota a pris place dans le corps du jeune homme. Mort physiquement, Kubota veut saisir cette chance qu’il lui est donnée de vivre encore dans le corps d’un autre pour faire comprendre à sa femme et à sa fille combien il regrette de les avoir délaissées pour son travail.

Mais le temps lui est compté. Takuya retrouve ses souvenirs peu à peu tandis que l’esprit de Kubota semble partir vers d’autres rives. Ce dernier doit donc absolument reprendre contact avec sa famille avant de mourir complètement. La cohabitation des deux âmes dans le corps de Takuya s’avère de de plus en plus difficile.

Ce manga en noir et blanc, qui se lit donc comme une BD traditionnelle, m’a vraiment plus alors que je ne suis pas une fan du genre. Les dessins sont soignés et l’histoire intéressante et émouvante. La dualité des esprits dans le même corps est bien rendue dans les dessins, grâce à un dédoublement des personnages, l’un semblant effacé derrière l’autre ou des bulles différentes, ce qui permet de bien toujours savoir qui s’exprime.

L’auteur, Jirô Taniguchi dessine depuis 1970 et a reçu de nombreux prix notamment l’Alph’Art du meilleur scénario au Festival d’Angoulème 2003 pour le premier volume de Quartier lointain. J’espère donc découvrir d’autres de ces oeuvres après cette bonne surprise.

Anima sana in corpore sano

22 Déc

J’ai bien plus qu’un corps en commun avec cette philosophe…

La philosophie du corps, Michela Marzano

Je vous vois d’ici hausser les sourcils et pousser un grand soupir devant le titre du livre du jour… philosophie ! C’est pour changer de la psychanalyse les amis ! Je vous rassure, l’oeuvre publiée chez Que sais-je ? est très accessible.

Les termes « philosophie » et « corps » peuvent paraître d’emblée antagonistes puisque les philosophes ont toujours préféré s’occuper de l’âme plutôt que de la corporéité synonyme bien souvent de fardeau et de finitude. Mais quoiqu’on fasse, le corps reste l’objet par lequel nous sommes rattachés au monde et c’est la première chose que l’on offre à voir de nous aux autres. Voilà pourquoi poser la question du corps d’un point de vue philosophique semble au final parfaitement approprié.

Dans une première partie, Marzano expose les théories platoniciennes selon lesquelles le corps serait une prison pour l’âme. Pour Descartes, il existe également une dualité de l’âme et du corps. Il voit d’ailleurs ce dernier comme une machine mais cherche à comprendre comment l’âme et le corps peuvent interagir et l’expliquera par l’existence de la glande pinéale , lieu privilégié où l’âme peut exercer ses fonctions. Mais comme le souligne justement Mazano, le problème n’est pas vraiment résolu : « car si la glande est corporelle, comment l’âme immatérielle peut-elle agir sur elle? » Ce premier chapitre théorique est suivi de chapitres qui collent à des questions d’actualité sur le corps, la maîtrise recherchée par le biais des régimes, de la chirurgie esthétique ou la volonté de le faire disparaître derrière les écrans d’ordinateurs.

Dans la deuxième partie, on découvre la théorie de monisme de Spinoza qui ne fait plus de l’âme et du corps deux substances différentes mais qui en fait deux parties d’un ensemble unique : « L’Ame et le Corps sont un seul et même individu qui est conçu tantôt sous l’attribut de la Pensée, tantôt sous celui de l’Etendue » (L’Ethique). Donc l’individu est à la fois âme et corps, la dualité cartésienne est résolue avec Spinoza. Par la suite, Nietzsche pensera que le corps est premier donc qu’il ne peut y avoir d’existence sans corps. Du coup, plus rien ne sert de vouloir distinguer âme et corps puisque cette dualité n’a aucun sens. Suivent des questionnements concrets très intéressants sur la maladie et les greffes. Comment accepter comme étant soi un morceau d’autrui ?

Je ne vais pas faire un résumé exhaustif de l’oeuvre qui comporte 5 parties. Par la suite, la philosophe s’interroge sur la place de la culture et la différence des sexes, sur la réduction de l’homme à sa matérialité, à un corps sans âme comme le prônera le marquis de Sade et finira par poser la question de la sexualité.

En conclusion, impossible de penser sans son corps puisque que « chacun est son corps, tout en l’ayant. Chacun a son corps, tout en l’étant. » Et bien que ce corps nous rappelle constamment notre finitude et puisse nous sembler parfois un fardeau, c’est par lui que notre expérience au monde et aux autres se réalise.

J’ai vraiment apprécié ce petit opuscule assez accessible. On ne s’étonnera pas que la philosophe italienne ait consacré une bonne partie de sa carrière à la question de la corporéité puisqu’elle a souffert d’anorexie, symptôme qui met le corps en première ligne. Elle a d’ailleurs publié un témoignage à ce sujet, Légère comme un papillon.

Petits secrets entre époux

21 Déc

Merci à mes parents pour m’avoir prêté ce livre !

Kaïken, Jean-Christophe Grangé

Olivier Passan enquête sur un tueur en série qui tue des femmes enceintes et brûle les fétus. Il est certain de la culpabilité de Guillard, un garagiste self-made man au passé et à l’identité troubles. Mais ce dernier fait tout pour brouiller les pistes et surtout, aucune preuve tangible ne l’accuse. Tout repose sur l’intuition de Passan.

Dans le même temps, la vie conjugale de l’officier s’écroule. Sa femme, Naoko, une japonaise plus que secrète, veut divorcer. Ils se mettent d’accord pour alterner la garde de leurs deux fils dans leur maison une semaine sur deux. Mais le système va s’enrayer le jour où Naoko trouve un cadavre de singe complètement écorché dans son frigo.

Pour Passan, c’est Guillard le coupable. Malgré qu’on lui ait retiré l’enquête, il décide de tout faire pour mettre la main sur celui qui s’en est pris à sa famille. Mais bien vite, le trouble s’installe dans l’esprit du flic : et si les deux affaires n’avaient rien à voir ?

J’avais été rude avec Le Passager, le précédent roman de Grangé. Kaïken m’a réconciliée avec l’auteur. L’intrigue se tient malgré quelques détails techniques qui semblent difficilement probables. On est lancé sur une vraie fausse piste et la traque du vrai psychopathe dure jusqu’à la dernière page. J’ai apprécié le fait de me retrouver baignée dans la culture nippone même si au final une toute petite partie de l’action se situe au Japon. Un bon thriller. Aucun temps mort.

Violence poétique

14 Déc

J’ai un sérieux penchant masochiste, je le reconnais volontiers !

Le bruit et la fureur, William Faulkner

Bon, je ne me suis pas attaquée à l’oeuvre la plus simple de l’histoire littéraire américaine… J’ai découvert Faulkner en première année de fac, ce qui remonte maintenant à plus de 10 ans (hé oui, ça ne nous rajeunit pas !). Son roman Sanctuaire était au programme de littérature comparée. La première fois que je l’ai lu, je n’ai quasiment rien compris. Ce n’est qu’au bout de plusieurs relectures, cours et lectures de commentaires que le jour avait pu commencer à se faire. Vous devez vous demander pourquoi diable, après avoir tant souffert pour tenter de comprendre un livre choisir consciemment de risquer de se remettre dans une position si critique… Hé bien, parce que Faulkner, malgré l’opacité de son oeuvre est sans doute l’un des auteurs de prose les plus poétiques de ma connaissance malgré la violence de ses thèmes et que ce n’est pas pour rien qu’il a obtenu le Nobel. Et parce que, depuis plus de 10 ans, je me demandais ce qui se cachais derrière ce si merveilleux titre Le bruit et la fureur.

Je dois ma compréhension partielle de l’oeuvre à la préface fort éclairante de Maurice-Edgar Coindreau, le traducteur, qui réalise un résumé plutôt clair de cette oeuvre si complexe. Je crois que sans ce résumé initial, j’aurais sans doute abandonné au bout de quelques pages. Mais j’ai persévéré et en suis très heureuse.

Alors, pour tenter de faire simple… L’action se déroule dans le Mississippi, entre les membres d’une vieille famille jadis prospère et désormais quasi misérable. Trois générations vont se déchirer. Jasons Compson et sa femme Caroline ; leur fille Candace (ou Caddy) et leur trois fils, Quentin, Jason et Maury (qui sera appelé Benjamin ou Benjy pour ne pas souiller le nom de Maury Bascomb, son oncle); et Quentin, la fille de Candace. Il y a donc deux Jason (le père et le fils) et deux Quentin (l’oncle et la nièce). Autour d’eux, se succèdent trois générations de nègres : Dilsey et son mari Roskus, leurs enfants Versh, T.P et Frony et plus tard, Luster, le fils de Frony.

Candace va tomber enceinte d’un amant de passage et trouvera un mari qui la chassera un an plus tard. Elle abandonnera sa fille, Quentin, à sa mère qui lui refusera la permission de la voir.

Quentin voue une passion incestueuse pour sa soeur. Il se suicidera par jalousie quelques jours après le mariage de celle-ci à Harvard où il faisait ses études.

Jason, le père, mourra quelques temps plus tard après avoir sombré dans l’alcoolisme. Il laisse derrière lui sa femme ruinée et perpétuellement malade et ses deux fils, Jason et Benjy et Quentin, la petite fille que Candace a abandonnée. Benjamin est très attardé mentalement. A la suite d’une tentative de viol sur une fillette, ses parents l’ont fait castrer. Depuis, il ne s’exprime plus que par des cris et des gémissements. Jason lui est complétement sadique. Il ne cesse de persécuter les nègres qui le servent et sa nièce qui a 17 ans au moment où se déroule l’intrigue. Comme l’a fait sa mère à son âge, elle ne cesse de se donner à tous les hommes de passage dans la ville, ce qui rend fou de rage Jason.

Voilà pour le résumé. Maintenant, prenez tous ces éléments et mettez-les dans un shaker, agitez bien pour que tout se mélange et vous obtiendrez encore quelque chose de plus simple que ce qui vous est donné à lire. Effectivement, la chronologie va être complètement brouillée. Le livre est divisé en 4 parties. La première se passe le 7 avril 1928, la deuxième le 2 juin 1910, la troisième le 6 avril 1928 et la dernière le 8 avril 1928. La narration est également très complexe. Les trois premières parties sont des monologues intérieur des trois frères: d’abord Benjy, puis Quentin et Jason. Seule la dernière partie est un récit direct, bien plus simple d’accès que les deux premières surtout. Effectivement, les monologues intérieurs nous permettent de suivre les flux de pensées des personnages qui s’entrechoquent et se mélangent. L’écriture est très fragmentaire Ainsi, une même phrase dépourvue de ponctuation peut commencer à évoquer une époque pour dévier sur une autre provoquant une sérieuse confusion pour le lecteur. Mais des thèmes réapparaissent, et l’ on voit peu à peu se dessiner un portrait de chaque personnage.

J’arrête ici mais il y aurait encore tant à dire tellement cette oeuvre est riche. Malgré la difficulté d’accès, j’ai vraiment aimé ce livre, se faire violence a parfois du bon, et je retranscrit un passage que j’ai particulièrement apprécié et qui vous donnera une idée de la beauté mais aussi de la complexité du style. Il s’agit de deux extraits du monologue de Quentin, quelques minutes avant son suicide.

« je dus m’arrêter et fermer la grille elle continua dans la lumière grise l’odeur de pluie et il ne pleuvait toujours pas et le chèvrefeuille commençait à monter de la haie du jardin commençait elle pénétra dans l’ombre je pouvais entendre ses pas

Caddy

je m’arrêtai aux marches je ne pouvais plus entendre ses pas

Caddy

j’entendis ses pas puis ma main toucha la sienne ni chaude ni froide simplement calme sa robe un peu humide encore

l’aimes-tu maintenant

respiration lente comme une respiration lointaine

Caddy l’aimes-tu maintenant

je ne sais pas »

« J’étais en train de me peigner quand j’entendis sonner la demie. Mais j’avais encore jusqu’à moins le quart sauf si par hasard ne voyant sur les ténèbres en fuite que son visage à lui pas de plume brisée à moins qu’il n’y en ait eu deux mais pas deux comme ça allant à Boston le même soir puis mon visage et son visage à lui un instant dans le bruit de casse quand surgies de l’obscurité deux fenêtres éclairées se heurtent dans leur fuite rigide disparu son visage et le mien plus que moi qui vois ai vu ai-je vu pas adieu la verrière où plus personne ne mange la route vide dans les ténèbres dans le silence le pont arqué dans le silence obscurité sommeil l’eau paisible et vive pas adieu »

Etranges nouvelles

9 Déc

On entend beaucoup parler de Stephen King ces derniers temps à l’occasion de la sortie de son nouveau roman Doctor Sleep. N’ayant jamais lu cet auteur, je me suis dit que je trouverais peut-être Shining à la médiathèque mais non. Je me suis rabattue sur ce livre, attirée par le titre.

Juste avant le crépuscule, Stephen King

Dès l’ouverture du livre, je suis un peu déçue… Je m’attendais à un roman et je tombe sur un recueil de nouvelles. Soit. Mais quand l’auteur explique dans sa préface qu’il a commencé sa carrière en tant que nouvelliste je me dis que mon choix était peut-être judicieux…

Ce recueil comporte 13 nouvelles. Je n’en ai lu que 6. Pourquoi ? Parce que je n’ai absolument pas accroché au style. Pourtant, les thèmes des histoires, pour la plupart fantastiques, m’ont plu : deux jeunes amants qui découvrent qu’ils sont morts, une jeune femme qui se met à la course à pied après la mort de sa fille et qui se fait poursuivre par un fou-furieux, un trentenaire qui décide de faire du vélo d’appartement après avoir reçu des analyses sanguines plus que mauvaises et qui tombe dans une psychose paranoïaque… C’est sûr, c’est bien du King et pour ça, je ne suis pas déçue !

Par contre, un je ne sais quoi dans l’écriture a fait que je n’ai pas été transportée dans son monde. A moins que je n’aie pas eu la tête à me plonger dans la lecture ce week-end… Pour tout dire, j’ai trouvé cela vulgaire. Je suis pourtant habituée à lire des oeuvres bien plus outrancières, mais là, j’ai eu l’impression d’une surenchère de vulgarité. Comme si c’était nécessaire pour plaire à la masse. Voilà l’effet que ça m’a fait et j’avoue que ça a occulté le fond.

Enfin, je ne crois pas que je resterai sur cette mauvaise impression. Un livre ne résumant en aucun cas une oeuvre. j’ai toujours envie de lire Shining, et Doctor Sleep si le premier ouvrage me plaît !

Traumas enfantins

6 Déc

Bon, alors là, si vous ne me suivez pas, je ne vous en voudrai pas du tout ! parce qu’il faut être tordue pour se lancer dans une lecture comme celle-ci, sachant que même les spécialistes en ont peur…

La psychanalyse des enfants, Melanie Klein

Je ne rentrerai pas dans les détails de ce livre théorique tout d’abord parce que je n’ai pas tout compris (et après consultation d’un spécialiste, il est difficile de tout comprendre à part être soi-même Mélanie Klein) ensuite parce que le contenu précis vous ferait sans doute fuir. Je vais donc faire des efforts de pédagogie.

Déjà, qui est cette mystérieuse Melanie Klein ??? Il s’agit d’une psychanalyste née à Vienne en 1882 et morte à Londres en 1960. Ses théories ont contribué à approfondir l’oeuvre de Freud. Elle a notamment bouleversé la compréhension et la pratique de la psychanalyse des enfants. Elle a été très controversée à l’époque car elle avait une manière très directe de dire les choses à ses petits patients et analysait leurs moindres faits, gestes et paroles. Or, la plupart des analystes d’inspiration freudienne pensaient qu’il fallait laisser le patient faire son analyse lui-même.

Revenons au livre. Il est divisé en deux grandes parties elles-mêmes subdivisées en chapitres.

La première partie est la plus accessible selon moi. L’auteure y décrit sa technique d’analyse des enfants selon les âges au moyen de cas concrets. Pour résumer de manière très grossière, la technique consiste à observer les enfants jouer afin de percer leurs névroses. Le jeu s’apparenterait pour l’enfant au rêve de l’adulte. Mais comme l’enfant ne dispose pas encore du vocabulaire nécessaire pour raconter ses rêves, il est plus simple pour l’analyste d’observer son comportement dans le jeu. Ensuite, l’analyste interprète chaque mouvement, chaque choix d’objet et fait part directement de son analyse à l’enfant.

La seconde partie est beaucoup plus théorique et difficile d’accès pour les néophytes en la matière. Elle porte sur les différentes situations anxiogènes et leur retentissement sur le développement de l’enfant. Je vous épargne les détails. Toujours est-il que les névroses et les psychoses remontent aux premiers mois de la vie, au moment où se créent le moi, le surmoi et le ça. La construction de l’enfant serait le fruit de nombreux processus psychiques relevant de fantasmes projetés sur les parents, fantasmes (rejet, dévoration, incorporation, castration…) le plus souvent source d’angoisse.

Pour Melanie Klein, le fait d’analyser les enfants en bas-âge, de les sortir de leurs névroses de façon satisfaisante, permettrait sans doute à l’adulte à venir d’éviter de tomber dans des troubles bien plus grands et préserverait non seulement l’individu mais aussi la société dans son ensemble qui se trouve totalement démunie face à ce que l’on a coutume de nommer la folie.

Une lecture très enrichissante, qui m’a donnée et me donnera encore à réfléchir bien que je n’adhère pas à tous les propos qui me semblent parfois capilotractés !

Glaciale

1 Déc

Après la Nouvelle-Zélande, sacré changement de climat avec la Norvège !

Le Livre de Dina – Les limons vides – tome 1, Herbjorg Wassmo

Dina n’est encore qu’une enfant lorsque, par accident, elle tue sa mère. Voilà de quoi marquer une vie toute entière. Repoussée par sa famille, Dina grandit loin de chez elle et reste mutique durant plusieurs années. De retour chez son père, la petite fille ne retrouvera l’usage de la parole qu’avec la découverte de la musique apprise avec son précepteur. Son père, lui, ne sait comment dompter la jeune fille terriblement sauvage qu’il vient de retrouver.

Dina grandit et est mariée à un ami de son père. Elle a 16 ans. Jacob en a 48 et est éperdument amoureux de l’enfant. Il se laisse dominer par la jeune femme qui n’a que faire des conventions sociales et qui se veut plus libre que l’air. Toutefois, ce besoin de liberté cache l’immense souffrance de la perte maternelle. Dina ne cesse de souffrir d’hallucinations et semble plongée dans un océan de solitude.

J’ai été plus que déroutée au début par le style très lapidaire de l’auteur. Les phrases très réduites, souvent parcellaires semblent traduire à la fois le manque maternel et la violence de Dina. Il en ressort une extrême froideur de l’ouvrage auquel j’ai eu bien du mal à adhérer.