Mort à l’écran

18 Jan

Je tiens encore à remercier les éditions du Murmure et Libfly pour m’avoir fait parvenir ce livre !

Snuff movies – Naissance d’une légende urbaine, Antonio Dominguez Leiva et Simon Laperrière

« Qu’est-ce qu’un snuff movie? » vous demanderez-vous tout comme moi avant d’ouvrir ce petit opuscule. Du vieil anglais snithan qui veut dire massacrer ou démembrer, to snuff deviendra tuer en argot américain. Le snuff movie serait un film montrant des vrais meurtres. J’emploie le conditionnel puisqu’en réalité, on apprendra à la fin de l’essai qu’aucune enquête policière n’a jamais été capable de prouver que de tels films aient réellement existé – d’où la mention de « légende urbaine » dans le sous-titre.

Les auteurs dressent donc la genèse de ce « genre » cinématographique. Je ne mentionnerai ici que quelques-uns des faits les plus marquants afin de vous laisser le plaisir d’en apprendre bien davantage dans cet essai très détaillé. Dès les débuts de l’histoire du cinéma les distributeurs ont voulu relayer des morts véritables à l’écran sous couvert de documentaires (nombreuses exécutions filmées au début du 20ème siècle) afin d’assouvir la soif de sensations fortes du public. Mais bientôt, la censure va oeuvrer, interdisant (en France notamment) « tous spectacles cinématographiques publics de ce genre troublant l’ordre et la tranquillité publics ». A la fin des années 60, l’Amérique est épouvantée par les meurtres de Charles Manson et de ses disciples, et notamment par celui de l’actrice Sharon Tate, enceinte (épouse de Roman Polanski). Selon Ed Sanders, auteur de The Family (1971), un petit film montrant un corps décapité existerait. Selon d’autres sources, « une bobine contiendrait les images d’assassinats perpétrés entre 1968 et 1969 et pourrait être enterrée dans le désert de Mojave ». Ajouté au meurtre de la star, il n’en fallait pas moins pour faire naître une légende. En 1971, en Argentine, est tourné un navet, The Slaughter, surfant sur la vague de la « mansonsploitation. Le film est racheté quelques temps plus tard par Shakelton qui en effectue un remontage en ajoutant le pseudo vrai meurtre d’une actrice à la fin. Intitulé Snuff, le long-métrage fait scandale lors de sa sortie et donc salles combles.

Voilà donc un bref résumé de cet opuscule je le répète très documenté qui m’a permis de me familiariser avec un genre que je ne connaissais absolument pas. Le pari est donc réussi pour cette collection Boderline qui permet de faire découvrir de façon intelligente des sujets parfois pointus de la pop culture au grand public. Vous pouvez d’ailleurs retrouver les excellentes chroniques d’Antonio Dominguez et d’autres sur le blog pop-en-stock et dans l’émission du même nom sur Choq-fm.

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