Un peu d’amour…

28 Jan

La semaine dernière, en me baladant dans les rayons de la médiathèque, je me suis dit : « Tiens, je n’ai jamais lu de Houellebecq ! » Ayant quelques préjugés (négatifs) sur cet auteur, j’ai jeté mon dévolu sur un petit roman, remettant la lecture de La possibilité d’une île à plus tard…

Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq

Le héros est un jeune cadre en informatique de trente ans. On ne connaîtra pas son nom. Mais ce n’est pas important. Ni pour lui, ni pour personne. S’il gagne très bien sa vie, il ne sait pas vraiment à quoi ça lui sert puisqu’il n’a pas vraiment de vie à côté du travail. Après une histoire d’amour malheureuse, voilà plus de deux ans qu’il est célibataire et qu’il n’a eu de rapport avec aucune femme.

Sa vie lui apparaît donc foireuse mais pas davantage que celle de son binôme de travail, un pauvre type de vingt-huit ans, toujours puceau, qui recherche désespérément à rencontrer une femme avec qui passer la nuit voire plus si affinités.

D’entrée de jeu, on sait que l’auteur ne fera pas dans le pathos. En effet, le narrateur prévient, en parlant de la psychologie des personnages dans les romans : « Toute cette accumulation de détails réalistes, censés camper des personnages nettement différenciés, m’est toujours apparue, je m’excuse de le dire, comme une pure foutaise. […] Pour atteindre le but autrement philosophique, que je me propose, il me faudra au contraire élaguer. Simplifier. Détruire un par un une foule de détails. »

Tout est dit. Le narrateur va porter un regard froid et distant sur une société capitaliste glaciale dans laquelle les rapports humains sont purement factices. Tout n’est que course à la réussite (financière, sexuelle…) mais cette réussite apparente n’est là que pour combler la vacuité des existences.

Notre anti-héros se distancie de plus en plus de cette société où tous ceux qui l’entourent semblent encore lutter, du moins s’agiter, pour un peu d’amour, d’argent et de sexe. Peu à peu, il devient incapable de rester dans la course, il ne parvient plus à lutter et sombre dans la dépression, en marge de toute cette activité vaine de sens.

J’ai vraiment apprécié ce texte à l’écriture minimaliste, froide, qui cadre vraiment bien avec le personnage principal, mais qui peut faire froid dans le dos à certains moments du roman. Une bonne surprise ! En recherchant l’image de la couverture, j’ai d’ailleurs appris qu’un film avait été réalisé en 1999 par Philippe Harel.

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