Roulette russe

9 Fév

Vieux livre récupéré chez mon grand-père et qui traînait depuis longtemps dans ma bibliothèque… j’ai bien fait de passer outre l’immonde couverture et les pages jaunies !

Le joueur, Fedor Mikhailovotch Dostoievski

Alexeï Ivanovitch est employé comme précepteur par un général russe en villégiature à Roulettenburg, cité thermale allemande imaginaire manifestement plus attrayante pour son casino que pour ses bains. Alexeï est désespérément épris de Paulina Alexandrovna mais la jeune femme passe ses journées à la persécuter en témoignant des marques d’amour à l’obscure marquis Des Grieux, un français vivant aux crochets du général.

Ce dernier, proche de la ruine, vit, comme tous ceux qui l’entourent – Melle Blanche, une intrigante parisienne, dont il est follement amoureux en tête -, dans l’attente de la mort de sa tante, la Baboulinka, une vieille femme fortunée de laquelle il compte bien hériter. Mais cette dernière, loin d’être mourante, débarque à l’improviste provoquant la stupeur générale au milieu du roman.

Alexeï, qui va d’abord effectuer quelques parties de roulette pour Paulina, va ensuite jouer pour la Baboulinka mais contre son gré puisqu’il est convaincu qu’il ne parviendra à gagner que s’il joue pour lui. Tandis que la vieille femme dévorée par la folie du jeu dépense tout son argent au grand désespoir de sa famille, Alexeï va tenter sa chance pour son propre compte et, pour son malheur, va se mettre à gagner. Après avoir offert à Paulina ses gains, celle-ci le rejette. Il part alors à Paris avec Melle Blanche qui dépense son argent en un temps record. Alexeï ne voit qu’une solution pour se refaire une santé financière : retourner jouer à la roulette…

Outre une satire croustillante des sociétés européennes de la fin du 19ème siècle qui ne jurent que par l’argent, Le Joueur offre une description enfiévrée et méticuleuse de l’addiction au jeu. On sent que Dostoievski lui-même a été frappé par ce mal et c’est bien parce qu’il a lui-même connu les affres de la roulette qu’il en donne une vision si juste. Le lecteur est à la fois happé comme le personnage par le suspens et l’adrénaline que procure cette roulette tout en ayant la prescience que tout finira certainement très mal. Un texte d’autant plus magistral qu’il a été dicté en moins d’un mois pour répondre à une commande d’un éditeur crapuleux en pleine rédaction de Crime et Châtiment.

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