Prime enfance

2 Mar

Un livre conseillé par quelqu’un qui me connait bien.

Métaphysique des tubes, Amélie Nothomb

La narratrice raconte le tout début de sa vie. De sa naissance à l’âge de 2 ans, le bébé n’est qu’une masse inerte. Les médecins diagnostiquent une « apathie pathologique » et le bébé se considère comme un tube qu’on nourrit, qui digère et finit par évacuer ce qu’on lui a donné d’un côté par une autre extrémité. Ses parents la surnomme « la plante ». Elle ne témoigne d’aucun sentiment ni d’aucune attention pour le monde qui l’entoure. Le tube ne parle pas, n’émet pas même le moindre son, et ne bouge pas. Un jour pourtant, le tube se met à hurler et rien ne peut plus l’arrêter de crier pendant 6 mois.

C’est grâce à sa grand-mère ou plutôt grâce à un bâton de chocolat blanc belge que cette dernière lui tend que le tube va prend conscience de l’intérêt du monde et quitter enfin, à 2 ans et demi, son état végétatif. La petite fille rattrape vite le temps perdu et se met rapidement à parler et à marcher. Si elle prononce ses premiers mots en français, elle veille néanmoins à ne pas révéler ses progrès trop vite à ses parents et communique en attendant en japonnais avec sa nourrice nippone. Car l’enfant vit au Japon où son père – belge – exerce l’étrange profession de consul. Nous suivrons ensuite les progrès et les réflexions de la petite jusqu’à ses 3 ans dans ce Japon qui ressemble pour elle à un véritable jardin d’Eden.

J’ai adoré ce roman autobiographique !  Techniquement, on passe de la 3ème personne du singulier avec la narratrice qui parle d’elle-même en se surnommant Dieu d’abord puis « tube ». La scène du chocolat met un terme à l’utilisation de la 3ème personne. La narratrice goûte au plaisir, peut enfin se considérer comme un être en tant que tel et donc utiliser le « je ».

L’humour mordant point pratiquement à chaque phrase. J’ai vraiment ri à la lecture de certaines scènes notamment celles des carpes « de tous les poissons, le plus nul – le seul à être nul- […] les Japonais avaient eu raison de choisir cette bête pour emblème du sexe moche » (les parents, croyant faire plaisir à leur fille pour son 3ème anniversaire, lui offriront 3 carpes Koï ce qui donne lieu à un épisode vraiment jubilatoire) et un paragraphe dans lequel elle évoque son grand frère :« je tenais mon frère pour la pire des nuisances. L’unique ambition de son existence semblait de me persécuter : il y prenait un tel plaisir que c’était pour lui une fin en soi. Quand il m’avait fait enrager pendant des heures, il avait réussi sa journée. Il paraît que tous les grands frères sont ainsi : peut-être faudrait-il les exterminer. » Le récit alterne entre le regard de l’enfant sur son entourage (vraiment très drôle) et des réflexions métaphysiques sur l’existence, l’utilité de vivre, de communiquer et la mort. A lire de toute urgence si ce n’est pas déjà fait !

 

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2 Réponses to “Prime enfance”

  1. Gaëlle mars 8, 2014 à 6:23 #

    Je l’ai lu et découvert ce samedi et j’ai vraiment beaucoup apprécié le style et l’humour d’Amélie Nothomb ! Un bon moment pour moi aussi ! Bon dimanche, Laurine !

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    • naurile mars 9, 2014 à 7:45 #

      Contente que ça t’aies plu ! Bon dimanche à toi aussi !

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