Miroir, mon beau miroir…

4 Juin

Je remercie chaleureusement celui qui m’a prêté ce livre !

Mercure, Amélie Nothomb

Sur une île isolée du reste du monde, au large des côtes Normandes, vit un couple bien étrange, dans une maison bien plus étrange encore, entouré par de fidèles serviteurs. Étrange en effet puisque Omer Loncourt vient tout juste de fêter ses soixante-sept ans tandis que sa compagne, Hazel, soufflera ses vingt-trois bougies dans quelques semaines. Etrange cette demeure dépourvue du moindre reflet…

Alors que le vieil homme se réjouit à l’idée de fêter leur centenaire à deux, la jeune fille tombe malade. Le vieillard engage alors Françoise, une charmante infirmière, à son service mais sous de bien sévères conditions : elle sera fouillée à chacune de ses venues sur l’île, ne devra rien laisser paraître de ses émotions en voyant la jeune fille et ne devra, sous aucun prétexte, poser la moindre question personnelle.  La jeune infirmière va d’emblée se lier d’amitié avec sa patiente et prétexter un état de santé préoccupant pour revenir à son chevet les jours suivants, non seulement dans le but de la soigner et discuter mais surtout pour percer le mystère de cette vie à l’abri de tout regard et comprendre pourquoi Hazel supporte de partager la couche du barbon chaque soir…

Bientôt, Françoise va mettre le doigt sur la vérité et comprendre le plan machiavélique mis en place par Omer pour assouvir son amour. Mais son employeur l’a à l’œil et ne compte pas la laisser détruire ce qu’il a mis tant de temps et d’énergie à concevoir…

Amélie Nothomb réussit un coup de maître avec ce huis-clos palpitant. Dès le départ, le lecteur est happé par la volonté de découvrir le fin fond de l’histoire. Pourquoi diable une jeune femme de 23 ans s’inflige-t-elle un tel calvaire ? Bientôt, on croit comprendre. Hazel a été défigurée et refuse d’offrir au monde l’horreur de son visage comme à elle-même. Sauf que… Sauf que le talent d’Amélie Nothomb est là : berner son lecteur en lui renvoyant, tel un mauvais miroir, une image déformée de la réalité. Ce dernier, à l’instar d’Hazel, est victime de la vaste supercherie, de l’infâme machination mise en place par Loncourt et la vérité ne lui sera révélée que dans les dernières pages ce qui ne sera pas forcément le cas pour la jeune recluse…

On retrouve ici les thèmes de prédilection de l’auteure belge : la laideur et la beauté mais aussi la passion liée à la perversité. Si j’avoue avoir été un peu moins séduite par celui-ci que par Les Catilinaires (quoique présent, l’humour est moins perceptible ici), je n’ai pas moins pris un réel plaisir à lire ce roman d’une remarquable intelligence narrative (même la conclusion est surprenante !)

 

 

 

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