Un meurtre presque parfait !

30 Août

J’avais entendu parler de ce livre dont le titre avait retenu mon attention à sa sortie. Je suis tombée dessus par hasard à la médiathèque. 

J’en profite pour vous annoncer que le blog va être en pause quelque temps en raison de la rentrée des classes – hé oui, il faut bien reprendre ! – et de mes activités annexes. Je pense espacer mes chroniques dans les mois à venir pour me consacrer davantage à l’écriture. Mais, cela ne va pas m’empêcher de lire !

Le Tueur hypocondriaque, Juan Jacinto Muños Rengel

Monsieur Y. exerce la profession peu commune de tueur à gage. Forcément, le métier requiert patience, méthode mais aussi forme physique. La patience, notre (anti-)héros n’en manque pas. Voilà très exactement un an et deux mois qu’il poursuit sa cible, Eduardo Blaisten. Idem pour la méthode, il connait mille et une techniques pour achever ses victimes et toutes les astuces pour les suivre des mois sans se faire repérer. Le seul hic, et non des moindres, c’est bien la santé…

En effet, notre tueur se réveille chaque matin avec l’intime conviction qu’il mourra avant la tombée de la nuit. Atteint de toutes sortes de maladies rares mais surtout très imaginaires (narcolepsie, strabisme, allergies multiples, crampe du tueur professionnel et j’en passe !), pas facile pour lui de concilier son métier et les exigences de soins que lui imposent ses (pseudo-)souffrances. Mais il y a pire que cela. Monsieur Y. a clairement la poisse !

Chaque jour, sans bien comprendre pourquoi il est encore en vie, il s’acharne, en homme de devoir kantien, à exécuter sa victime. Mais celle-ci – qui va pourtant mettre un certain temps avant de se rendre compte qu’elle est suivie – reste insaisissable. Après de multiples échecs dans ses tentatives d’assassinat, notre criminel en vient à établir des liens entre tous les symptômes et la malchance qui l’accablent et les souffrances que connurent Proust, Descartes, Swift, Poe, Voltaire, entre autres illustres hypocondriaques. Mais, l’unique question qui taraude le lecteur est : parviendra-t-il à tuer Blaisten avant de mourir lui-même ???

J’ai A-D-O-R-E ! Pour qu’un livre me fasse rire à voix haute et non seulement intérieurement, il faut y aller ! Pari réussi pour Muñoz Rengel, philosophe qui signe avec Le Tueur hypocondriaque son premier roman. Et non seulement ce livre est parfaitement hilarant, mais il est également d’une rare intelligence, très bien documenté. Une professeure de lettres ne peut que s’enthousiasmer en découvrant ou redécouvrant les nombreuses anecdotes sur des auteurs tous plus célèbres les uns que les autres qui viennent ponctuer et enrichir le récit initial. On ne peut que s’attacher et prendre pitié de ce personnage pathétique souffrant de maux tordus (jusqu’à une espèce d’aphasie surréaliste qui le fait parler et comprendre d’autres langues que la sienne !) Une véritable réussite ! Excellent remède en cas de coup de blues !!

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2 Réponses to “Un meurtre presque parfait !”

  1. mandybule août 30, 2014 à 9:26 #

    « Excellent remède en cas de coup de blues » ? Une raison (de plus) pour l’ajouter à ma to-read list ! 😉

    Aimé par 1 personne

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