Education sentimentale

9 Sep

J’ai choisi ce livre à la médiathèque en raison de son auteur d’abord qui est un grand monsieur de la littérature américaine et de son titre ensuite qui, d’une certaine façon, a pu et peut encore me correspondre.

A moi seul bien des personnages, John Irving

Bill, adolescent, vit au sein d’une famille peu banale. Son grand-père maternel s’occupe d’une troupe de théâtre dans une petite ville des Etats-Unis. Il se plaît à s’attribuer les rôles de femmes afin de se travestir à son gré. Sa tante est elle aussi actrice tandis que sa mère est souffleuse. Il ne connaît pas son père mais bientôt, un magnifique acteur prénommé Richard fait son entrée dans la troupe. Dès que Bill l’aperçoit pour la première fois, il en tombe amoureux. Bientôt, Richard devient son beau-père et le présente à la sculpturale Miss Frost, une bien singulière bibliothécaire. Le garçon conçoit immédiatement pour elle aussi ce qu’il nomme un « béguin contre nature »…

Dans ce roman à la fois drôle et profondément tragique, Irving nous invite à suivre le destin de Bill, le narrateur, qui revient, au crépuscule de sa vie, sur ce qu’a été son existence. Il nous explique comment très jeune, il fut troublé par des figures marquantes adultes des deux sexes et comment s’est ainsi fondée son identité sexuelle. Après avoir refoulé ses béguins pour ses camarades de classe garçons et dissimulés ses désirs par craintes de contrevenir à l’ordre social, Bill va peu à peu s’émanciper de sa mère et envoyer balader les idées puritaines putrides de soi-disant médecins qui voudraient le « guérir » de ses maux. Une fois adulte, il parviendra à assumer son statut de bisexuel, s’affichant tour à tour avec des hommes, des femmes ou des transgenres.

A moi seul bien des personnages est aussi une réflexion sur le pouvoir de l’art – la littérature et le théâtre en particulier – qui joue un rôle majeur dans l’apprentissage et la construction du narrateur en lui permettant de se rendre compte qu’il n’est pas le seul à douter de ses sentiments, de ses désirs.

Enfin, le roman, et c’est sans doute ce qui m’a le plus marquée, est un véritable hymne à la tolérance et à la liberté de penser et d’aimer. J’ai trouvé la fin – qui se passe dans les années 80 – à la fois très dure avec la progression et les ravages du SIDA dans les milieux gays mais en même temps porteuse d’espoir avec ce cri d’amour et de vie des personnages qui se battent pour rester avant tout humains. Excellent !

Publicités

3 Réponses to “Education sentimentale”

  1. monaventurelitteraire septembre 10, 2014 à 6:40 #

    Je constate que tu as su mieux apprécier l’écriture de John irving que moi et c’est tant mieux 😉 sur le fond en revanche je suis complètement de ton avis 😉

    J'aime

    • naurile septembre 10, 2014 à 12:25 #

      J’avoue avoir eu un peu de mal à m’y mettre mais j’ai surtout attribuer ça à des conditions de lectures peu optimales… une fois dedans, j’ai vraiment adoré ! Tout le monde ne peut pas plaire à tout le monde et c’est tant mieux ! 😉

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :