Archive | octobre, 2014

Les lutins sont de retour !

28 Oct

Je tiens à remercier Renaud Marhic et les éditions P’tit Louis pour l’envoi de ce livre-voyageur !

Les Lutins urbains – Le dossier Bug le Gnome – Tome 2, Renaud Marhic

Dans ce deuxième opus de la série des Lutins urbains, nous retrouvons notre jeune ami Gustave Flicman, policier de son état, en piteux état après l’affaire du Pizz’raptor (voir ici pour la chronique). Encore sous le choc de sa rencontre avec un affreux Troll à l’odeur de pieds plus que suspecte, notre héros est bien décidé à ne plus croire aux Lutins urbains afin de ne plus les voir. Oui mais voilà, c’était sans compter l’arrivée de Bug le Gnome dans la Grosse Cité !

Effectivement, force est de constater qu’un nouveau lutin maléfique menace la ville. Rien ne va plus : tous les ordinateurs sont détraqués, les smatphones envoient des messages bizarres, les feux tricolores semblent fous… La panique générale menace ! Gustave ne peut plus nier la réalité, d’autant que le Professeur B a réapparu comme par magie. Ensemble, ils vont devoir au plus vite mettre Bug le Gnome hors d’état de nuire, surtout qu’il vient de s’introduire dans le Laboratoire d’Etude et de Recherche Nucléaire de la Grosse Cité…

J’ai vraiment apprécié ce tome 2 dans lequel on retrouve pleinement l’esprit du premier. Le style de Renaud Marhic est reconnaissable entre mille et je suis certaine que les jeunes lecteurs apprécieront de renouer avec une écriture qu’ils connaissent. Toujours une écriture rimée et très rythmée. On ne s’ennuie pas une seconde ! J’apprécie toujours autant les interventions directes de l’auteur dans le récit grâce à ses petits « Psiiiiit » qui ponctue le texte, apportant de plus amples informations ou interpellant le lecteur pour l’inviter à imaginer certaines scènes par exemple. Je trouve vraiment cette idée – qui rappelle un peu les livres dont vous êtes le héros – géniale ! J’émettrai peut-être un seul petit bémol : je pense que ce livre est plutôt à réserver à des bons lecteurs de 8 à 12 ans, qui parviennent facilement à rentrer dans un monde imaginaire décalé et surtout qui sont capables de suivre un récit malgré des digressions. Personnellement, je suis friande de ces dernières d’autant qu’elles sont très amusantes et richement documentées (excellente référence au Boson de Higgs !), mais je crains que certains enfants qui peinent avec la lecture perdent de vue l’intrigue principale. Pour conclure, une très bonne lecture, mélange de conte folklorique et de roman policier complètement foutraque qui réjouira petits et grands !

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A fleur de peau

22 Oct

Dernier article avant une semaine de vacances bien méritée ! 

Skin, Mo Hayder

Le commissaire Jack Caffery est sur les nerfs après une affaire de trafic de membres humains sur fond de croyances vaudou. C’est à ce moment que des étranges cas de suicides font leur apparition. Pour Caffery, il s’agit de meurtres déguisées mais personnes ne semble prêt à le croire. Il enquête aussi sur la mystérieuse disparition d’une starlette…

En parallèle, le sergent Flea, plongeuse au sein de la brigade subaquatique, est dans de sales draps. Alors qu’elle vient de passer une journée atroce – victime d’une narcose pendant une plongée -, une odeur nauséabonde se dégage de son coffre de voiture. Elle ne peut que constater, horrifiée, qu’il s’agit d’un cadavre !

Dès le départ, l’auteure nous plonge dans une ambiance bien lugubre en compagnie du sergent Flea alors qu’elle est en train de sonder les eaux d’une caverne et croit avoir aperçu un pied à plus de 50 mètres de profondeur. Brrr, ça me colle des frissons rien que d’y repenser. Les enquêtes des deux personnages vont vite s’entremêler même si l’intrigue concernant Flea prend le dessus au début – c’est d’ailleurs celle que j’ai préférée, j’avoue que je n’ai pas accroché au début à l’histoire vaudou (j’ai cru comprendre que ça renvoyait à un autre livre, ce qui explique sans doute ma difficulté). Le rythme est soutenu, on ne s’ennuie pas notamment grâce à de très courts chapitres. Par contre, je suis un peu restée sur ma faim quant au titre. Je m’imaginais déjà devant des scènes de crimes à la Silence des agneaux avec des écorchés vifs et des lambeaux de peau accrochés dans un sous-sol – bref, un truc bien glauque ! – mais il n’en est rien ou presque. Un peu déçue de ce côté-là donc mais l’ensemble reste tout à fait divertissant et bien écrit.

Au nom du père

20 Oct

Voilà plus d’un an et demi que je voulais lire ce témoignage mais que je préférais m’abstenir afin de ne pas influencer l’écriture du mien et surtout de peur de me sentir ridicule à côté de la philosophe Michela Marzano. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’étais « contentée » de la lecture – très intéressante par ailleurs – de sa Philosophie du corps il y a quelques mois.

Légère comme un papillon, Michela Marzano

La philosophe Michela Marzano évoque avec délicatesse et pudeur ses années d’anorexie. Au-delà des symptômes physiques – partie émergée de l’iceberg – elle nous livre les raisons qui l’ont conduite à annihiler son corps, à se rêver pur esprit, âme parfaite.

J’ai littéralement « dévoré » ce livre si je puis m’exprimer ainsi. Non seulement en raison du thème traité qui m’est cher mais surtout pour la qualité de l’écriture et de la réflexion sur l’humain, sur les liens qui nous relient au passé et nous empêchent – parfois – d’imprimer notre marque dans le présent.

Je ne peux qu’être admirative devant le courage, la force dont à fait preuve l’auteur en se dévoilant à ce point. Si j’ai choisi pour ma part d’évoquer surtout les symptômes dans mon récit – pas parce que je n’ai pas réfléchi sur les causes profondes mais parce que traiter du fond aurait révélé une intimité que je n’étais pas tout à fait prête à partager (d’ailleurs, ce qui peut choquer et paraître impudique dans mon ouvrage ne l’est en aucun cas pour moi car pratiquement tout ce dont je traite n’est encore une fois que symptôme même si je laisse transparaître des bribes d’explications) – Michela Marzano a choisi de raconter les tenants et aboutissants de sa maladie. Elle nous raconte donc ce père, qu’elle idéalise autant qu’elle craint, à qui elle ne veut surtout pas déplaire, à qui elle eut renvoyer l’image de fille modèle, parfaite. Cette quête de perfection qui va pousser la jeune femme à entreprendre des études de philosophie et à réussir brillamment son concours d’entrée à Normale Sup et sa thèse de doctorat. Cette quête de perfection qui va la pousser à ne plus se nourrir, en pensant que devenir aussi légère qu’un papillon la fera devenir plus libre – justement sans doute pour échapper à ce père tout-puissant à ses yeux en face duquel elle ne parvient à trouver les mots. Mais ce témoignage n’est pas le récit d’une maladie mais d’une guérison ou plutôt d’un chemin vers la vie, vers la liberté et la parole retrouvée avec le départ pour la France dont elle a dû apprendre la langue et lâcher prise, ce fameux lâcher prise, clé de la guérison de ce mal du contrôle.

Comme je l’ai dit auparavant, autant que le fond, c’est la forme que j’ai appréciée, avec une écriture fragmentaire, par bribes, qui permet l’évocation du passé pour expliquer le présent, un passé étouffant qui empêche de vivre même quand, après plusieurs années d’analyse, on croit finir par en comprendre chaque parcelle mais qui continue inconsciemment à nous hanter et à nous ramener à l’état d’enfant sans défense. Michela a sans doute, après de longues années, réussi à se libérer de son père, de son passé et appris à dire oui à la vie. Je ne peux que la féliciter pour cela et pour ce message d’espoir qu’elle apporte à toutes celles et ceux qui souffrent de ces maux – anorexiques ou pas. Quand je regarde mon texte, je me sens minuscule par rapport à cette grande dame (même si je suis persuadée qu’elle ne voudrait pas que je me dévalorise) et me rend compte combien il me reste de chemin à faire, dans l’écriture comme dans la vie.

Ado en crise

19 Oct

Je profite des vacances pour prendre le temps de lire une nouveauté du CDI.

Le retour de Cherokee Brown, Siobhan Curham

Claire s’apprête à fêter ses 15 ans mais est loin d’être joyeuse. Au lycée, depuis le déménagement de sa meilleure amie, elle se sent complètement isolée. Pire, elle est devenue – du fait qu’elle boite en raison d’une jambe plus petite que l’autre – un véritable souffre-douleur de la terreur de l’établissement, l’infâme Tricia. Du coup, Claire fait tout pour éviter de la croiser dans les couloirs, jusqu’à sécher les cours. Honteuse de sa situation, elle n’a pas le cœur d’en avertir sa mère, et encore moins son beau-père donneur de leçons. Au fond d’elle, Claire se rêve courageuse et se met en tête d’écrire un roman dont elle serait l’héroïne. Oui mais voilà, qui voudrait lire l’histoire d’une pauvre fille soumise comme elle ?

Le jour de ses 15 ans, elle reçoit une carte mystérieuse adressée à Cherokee Brown. Malgré les efforts de sa mère pour l’empêcher de la lire, la jeune fille parvient à s’en emparer. L’expéditeur indique un lieu de rendez-vous. Exaltée, la jeune fille décide de s’y rendre. Elle y découvre un beau chanteur de rock au milieu d’un groupe de passants. Instinctivement, le père et sa fille se reconnaissent. Elle apprend qu’elle s’appelle en réalité Cherokee Brown. Un vrai nom d’héroïne. Peut-être que finalement sa vie va prendre une tournure plus romanesque…

Je dois tout d’abord avouer que la couverture n’avait rien pour m’attirer avec une grosse tache rose bonbon et la photo un peu tarte d’une ado accoudée à une guitare. Mais j’ai été très agréablement surprise. Le style de l’auteur est très fluide et percutant. La construction du livre sous forme de mise en abîme (roman dans le roman) avec les réflexions de la jeune fille qui cherche à écrire son histoire le mieux possible est très réussie – on peut apprécier les références à Agatha Dashwood, pseudo auteure d’un best-seller intitulé « Alors comme ça, vous voulez écrire un roman ? », avec un conseil d’écriture en exergue de chaque chapitre. Quant à l’histoire elle-même, bien qu’il n’y ait rien de très novateur – ado en crise, persécutée, qui se cherche et finit par se trouver en retrouvant son géniteur -, on appréciera quand même le fait que l’auteur traite avec finesse du sujet du harcèlement scolaire et de la loi du silence qui l’entoure. La lecture encouragera sans doute les enfants qui en souffre à parler et à ne pas continuer à se laisser martyriser même si évidemment, nous sommes ici dans un roman et que tout est bien qui finit bien ! Je conseille ce livre à partir de la classe de 5ème.

Papi fait de la résistance

18 Oct

Je remercie très chaleureusement l’amie qui a eu la gentillesse de me prêter ce livre !

Vieux, râleur et suicidaire – La vie selon Ove, Fredrik Backman

Ove, 59 ans, mène une vie aussi insipide que parfaitement réglée jusqu’au jour où il perd son emploi. Dès lors, il se sent inutile. Pire, un poids pour la société. Ses rondes pour surveiller le lotissement dans lequel il vit depuis quarante et sa traque aux voisins qui ne respectent pas l’interdiction de rouler dans le quartier ne parviennent plus à le divertir. Passer son temps à mettre en oeuvre des plans machiavéliques pour se débarrasser du roquet de sa stupide voisine ne l’intéresse plus non plus. Ove n’a donc plus qu’une chose valable à faire : se suicider.

Mais c’était sans compter l’arrivée de nouveaux voisins et d’un vieux chat abandonné qui a bien l’intention de passer l’hiver au chaud. Sans le savoir, la sémillante et très enceinte Parvaneh, va interrompre plusieurs tentatives de suicide et redonner, peu à peu, le goût des autres et de la vie à notre sinistre collectionneur de Saab.

Ce roman mérite amplement l’énorme succès qu’il rencontre ! L’auteur parvient à réaliser la délicate alchimie d’évoquer de nombreux thèmes graves (accident, handicap, Alzheimer, solitude, suicide…) avec un humour détonnant. A aucun moment, on ne s’apitoie sur le sort pourtant sinistre du personnage principal – espèce de Tatie Danièle au masculin – qui ne supporte personne sans doute parce qu’il ne se supporte pas lui-même. Pourtant, impossible de le détester. Au contraire, alors que l’on rit au début de son côté « emmerdeur de première » on va peu à peu découvrir son passé et les raisons qui l’ont amené à être celui qu’il est devenu. D’abord antipathique au possible (on est presque triste au départ qu’il manque ses mises à mort pourtant programmées au millimètre), il devient bientôt plus qu’attendrissant et on espère sincèrement qu’un nouvel imprévu viendra déjouer ses plans.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous recommander ce roman d’une grande humanité, bourré d’humour, qui saura vous redonner le sourire en toutes circonstances ! Coup de coeur !

Mystère, mystère…

8 Oct

Un classique, pour le collège.

Le Mystère de la chambre jaune, Gaston Leroux

Voilà un crime bien mystérieux : Melle Stangerson a été victime d’une tentative d’assassinat  alors que sa chambre était fermée de l’intérieur, que toutes les fenêtres étaient closes et qu’il n’y avait aucune trappe dans la pièce permettant au malfrat de s’enfuir ! Qui a bien pu commettre le crime et surtout comment le coupable a-t-il pu déjouer l’attention de tous et s’enfuir de cet espace clôt ? Alors que la police, avec Fred Larsan à sa tête, peine à mettre la main sur un coupable, le jeune journaliste et détective Rouletabille décide de mener l’enquête.Les deux hommes vont mener un combat de réflexion pour résoudre cette énigme en apparence insoluble.

Qui n’a pas en tête cette célèbre histoire de meurtre commise en lieu clos, tout aussi fameuse que « Le double assassinat rue Morgue » d’Edgar Allan Poe ? Pour ma part, j’étais persuadée d’avoir déjà lu le roman tant j’en ai entendu parler depuis mon enfance. Ce n’est qu’après quelques pages que j’ai réalisé que ce n’était pas le cas ! J’ai donc pris plaisir à tenter de démasquer le coupable en même temps que Rouletabille. J’avoue avoir été très heureuse de le débusquer assez tôt et d’avoir confirmation de mon raisonnement à la fin (même si je ne possédais pas toutes les solutions propres à l’auteur). Je pense que le jeune lecteur se laissera prendre au jeu de ce roman policier à énigme, se laissera sans doute prendre au piège des apparences et sera fort étonné de découvrir le coupable à la fin. La langue de Leroux est accessible et l’humour, bien que discret, permet de s’attacher aux personnages, tout comme le fait de découvrir les éléments de l’enquête en même temps que les protagonistes. Un bon moyen pour les élèves d’exercer leur esprit de déduction tout en se distrayant. Seul bémol, le texte a quelque peu vieilli ce qui pourra peut-être rebuter les lecteurs fragiles. A partir de la classe de 5ème.

Le psychopathe s’habille en Valentino

3 Oct

Âmes sensibles, passez votre chemin…

American psycho, Bret Easton Ellis

Encore un roman culte de la littérature contemporaine que je n’avais jamais lu mais que je rêvais de découvrir. C’est chose faite et je n’ai pas été déçue !

Patrick Bateman, 26 ans, a tout pour lui : jeune, beau, intelligent et surtout très riche. Il travaille dans la finance, à Wall Street, mais semble passer le plus clair de son temps à chercher dans quel restaurant à la mode il doit dîner avec ses amis (tous aussi riches que lui) puis dans quel night club il trouvera la meilleure coke pour poursuivre sa soirée de la meilleure façon. Son divertissement préféré consiste à tourmenter les clochards qui jonchent les rues de new-yorkaises en leur tendant des billets pour les reprendre aussitôt. Pour ses amis et lui, la vie n’est que luxe et consommation. Les questions fondamentales qui les traversent sont de savoir quelle est la couleur de chaussettes la plus adaptée avec un costume gris et des chaussures noires. Quant à l’amour, ce sentiment leur est totalement étranger, puisqu’ils considèrent les femmes comme aussi interchangeables qu’un accessoire de mode…

Considérés ces fait, notre cher Patrick Bateman ne nous apparaît pas comme quelqu’un de particulièrement charmant. Mais ce n’est rien comparé à ce que l’on découvre au tiers du roman. Bateman est le pire psychopathe que l’Amérique ait pu enfanter. Sous des apparences de dandy respectable le jour, se cache un serial killer complètement sadique qui prend un plaisir pervers à tronçonner ses victimes dans son appartement et à en conserver des morceaux pour les déguster tranquillement devant le Patty Winters Show.

Il faut bien l’avouer, j’ai rarement lu de livre plus gore que celui-ci (et pourtant, je ne suis pas une oie blanche en la matière ! ) Les scènes de sexe et de crimes sont d’une rare violence, la mise en scène des meurtres étant très travaillée par l’auteur. Mais au-delà de ça, il faut surtout voir dans ce roman une satire acerbe de la société consumériste américaine du début des années 80, une critique contre cette société d’apparences, où l’argent règne en maître tout-puissant. D’ailleurs, les très nombreux détails donnés par l’auteur – qui virent à l’obsession – en ce qui concerne la façon de s’habiller ou de dépenser son argent – je confesse avoir sauter de nombreux passages d’accumulations de marques en tout genres – ne sont là que dans ce but : montrer à quel point tout cela est vain et qu’il s’agit peut-être là de la véritable violence : l’anéantissement de la pensée recouverte par des costumes Armani.

Outre le fond, j’ai vraiment apprécié le style de Ellis dans ce texte (style que m’avait assez déconcertée dans Moins que zéro – qui faisait partie de ma première chronique, très courte) qui nous plonge véritablement dans la tête du tueur grâce à la technique du journal de bord. Mais même si nous sommes au coeur des pensées de Bateman, impossible de s’attacher à lui tant la distance qu’il possède vis-à-vis de lui est grande. C’est presque comme si le personnage n’habitait pas son propre corps. Comme si nous assistions à une narration externe à la première personne ce qui ne fait que renforcer la froide cruauté du personnage et son aspect sociopathe. A la fin, je me suis tout de même interrogée : Bateman commet-il vraiment ces crimes ou ne fait-il que les fantasmer ? Le coup de génie réside sans doute dans le fait que les deux hypothèses puissent se défendre. En tout cas, une fois ce livre terminé, que l’on aime ou pas, on en conserve forcément une trace dans un coin de sa tête et c’est bien en cela qu’il s’agit d’un chef-d’oeuvre. A découvrir !

Un petit extrait qui reflète selon moi le mieux notre personnage principal :

 » … il existe une idée de Patrick Bateman, une espèce d’abstraction, mais il n’existe pas de moi réel, juste une entité, une chose illusoire et, bien que je puisse dissimuler mon regard glacé, mon regard fixe, bien que vous puissiez me serrer la main et sentir une chair qui étreint la vôtre, et peut-être même considérer que nous avons des styles de vie comparables, je ne suis tout simplement pas là. […] Je suis un moi-même préfabriqué, je suis une aberration. Un être non-contingent. Ma personnalité est une ébauche informe, mon opiniâtre absence profonde de coeur. Il y a longtemps que la conscience, la pitié, l’espoir m’ont quitté (à Harvard, probablement), s’ils ont jamais existé. »