Archive | novembre, 2014

Voyage jusqu’à la fin du monde

26 Nov

Je remercie très chaleureusement l’ami qui m’a offert ce livre !

Soie, Alessandro Baricco

A la fin de XIXème siècle, le jeune Hervé Joncour gagne sa vie en achetant et revendant des vers à soie dans le midi de la France. Il mène une vie parfaitement paisible aux côtés de sa femme, Hélène, qu’il aime tendrement. En 1861, une terrible épidémie ravage tous les élevages de vers européens et se propage jusqu’en Afrique et en Inde. Lavilledieu, qui compte plusieurs filatures et est devenue l’un des plus grands centre de sériciculture en Europe depuis que l’arrivée du charismatique Baldabiou quelques années plus tôt, se retrouve au bord du gouffre. Mais Baldabiou pense détenir la solution. Envoyer Hervé Joncour récupérer des oeufs sains au Japon, à l’autre bout du monde, dans cette île totalement close sur elle-même.

Hervé Joncour, qui ne sait rien refuser à Baldabiou, accepte la mission qui lui est confiée afin de sauver sa ville. Il se lance alors à l’aventure, parcourant le monde pendant plusieurs mois en quête des vers sacrés. Il découvre au Japon un univers totalement différent du sien et tombe sous le charme d’une belle et mystérieuse inconnue. Une histoire d’amour aussi fine qu’un fil de soie va alors se tisser entre eux. Hervé renouvellera l’expédition encore trois fois après celle-ci, allant jusqu’à risquer sa vie alors que la guerre fait rage, non seulement pour acquérir de nouveaux oeufs mais surtout inexorablement attiré par celle dont il ignore tout mais qui occupe de plus en plus de place dans ses pensées.

Ce petit roman a tout du chef-d’oeuvre. Avec une grande poésie, l’auteur prend le temps de tisser les fils ténus d’un amour qui ne se dit pas mais qui se ressent, à travers les saisons et les années. Mais si la lenteur joue un rôle primordial  – les années passent, se ressemblent, les voyages interminables se répètent au même rythme que les saisons -, le lecteur ne s’ennuie à aucun moment. Au contraire, nous prenons ici le temps de ressentir la légèreté, la beauté voire l’érotisme de chaque mot, de chaque phrase aussi savamment tissés que les magnifiques voiles de soie nippons. Un très joli texte, à déguster lentement, accompagné d’un très bon thé.

Histoire de dingues !

23 Nov

Je remercie vivement l’amie qui m’a prêté ce livre génial !

La conjuration des imbéciles, John Kennedy Toole

Ignatius Reilly, obèse trentenaire possédant une très haute estime de ses capacités intellectuelles, passe la plupart de son temps allongé dans son lit sale à recouvrir des cahiers de pensées à l’encontre du monde moderne entre deux flatulences. Sa mère, alcoolique, chez laquelle il réside, aimerait beaucoup qu’il trouve enfin un travail pour subvenir à ses besoins, d’autant qu’elle vient de contracter une dette importante suite à un accident de voiture des plus improbables. Depuis toujours, Ignatius s’est refusé à s’abaisser à chercher un emploi, d’autant qu’il est persuadé qu’une quelconque activité serait des plus nuisibles à sa santé fragile, notamment en raison d’importants problèmes d’anneau pylorique qui se ferme à la simple évocation du mot travail !

Bien malgré lui, notre ami va donc être contraint de trouver un employeur. A partir de là, tout va se détraquer. Il va déjà se faire embaucher chez les Pantalons Levy, usine de textile en déclin, dirigée par M. Gonzales, bien gentil mais parfaitement crétin, assisté par Miss Trixie, une vieille secrétaire aussi aigrie que dérangée qui n’attend qu’une chose : qu’on la mette enfin à la retraite ! Après avoir tenté de retourner tous les employés contre leur patron, Ignatius est mis à la porte. Il trouve alors un improbable poste de vendeur de saucisses ambulant et doit se déguiser en pirate pour attirer de potentiels clients qu’il fait inexorablement fuir… Evidemment, il avale plus de hot-dogs qu’il n’en vend. Et tout ne va plus aller que de mal en pis pour lui, à commencer par son anneau pylorique !

Dans le même temps, l’agent Mancuso est à la recherche d’un individu louche. Mais comme il ne parvient pas à mettre la main dessus, son supérieur le rétrograde en lui ordonnant de revêtir chaque jour un costume plus ridicule que le précédant (style tutu rose !) pour mieux se fondre dans la population. Forcément, ça ne marche pas – Mancuso n’arrête que des innocents voire se fait interpeller par des confrères à cause de son accoutrement – et notre policier se retrouve à faire le planton dans les toilettes de la gare.

J’arrête là pour le résumé car je pourrais en écrire des pages et des pages tant ce livre est foisonnant de personnages tous plus délirants les uns que les autres (je passe la gérante de bar perverse, la danseuse idiote, le concierge noir, Mme Levy, Myrna Minkoff, la seule véritable amie d’Ignatius qui pense que seul le sexe pourrait l’aider à se sortir de ce bourbier, et bien d’autres cinglés en tout genre !). Les intrigues s’entremêlent mais finissent toutes par se rejoindre dans un magnifique cafouillis grand-guignolesque.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : il s’agit sans doute de la meilleure comédie qu’il m’ait été donnée de lire jusqu’à ce jour ! Le simple décalage entre les niveaux de langue (particulièrement châtié pour Ignatius et très familier pour tous les autres personnages issus des basses couches sociales de la Nouvelle-Orléans – ambiance de la ville rendue à la perfection soit dit en passant !) est à mourir de rire ! On suit ce pauvre hère d’Ignatius qui a tout pour déplaire – horriblement laid, puant au sens propre comme au sens figuré, intellectuel méprisant, seul contre tout et tous – avec une fascination sans bornes tant son potentiel comique est hors-norme. Hors-norme, voilà bien ce qui définit le mieux ce roman aussi génial qu’inclassable. Et dire que son auteur s’est suicidé à l’âge de 32 ans alors qu’il se croyait un écrivain raté et que le livre édité 11 ans plus tard grâce à sa mère a été récompensé par le prix Pulitzer un an après sa parution ! Quelle ironie du sort ! Surtout quand on lit la phrase de Swift qu’avait placée l’auteur en exergue de son oeuvre : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaitre à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui. » Une pépite ! Ce roman rentre indéniablement dans mon top ten !

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer un petit extrait (le livre fait presque 500 pages en caractères minuscules…). il s’agit de l’accident de voiture qui va impliquer bien des soucis à notre cher Ignatius par la suite…

« Je crois bien que tu as entièrement démoli la petite auto que quelqu’un a imprudemment garée derrière ce mastodonte. Tu as intérêt à quitter cet endroit avant le retour de son propriétaire.

– Tais-toi, Ignatius, tu m’énerves ! dit Mme Reilly avec un coup d’oeil à la casquette de chasse dans le rétroviseur.

Ignatius se redressa sur son siège et regarda par la lunette arrière.

– Cette malheureuse auto est une épave. Ton permis de conduire, si tant est que tu en possèdes vraiment un, sera immanquablement suspendu. Et ce sera justice, je n’y peux rien.

– Allonge-toi et fais un petit somme, dit sa mère tandis que l’auto bondissait de nouveau vers l’arrière.

Tu crois sincèrement que je pourrais dormir ? Je crains pour ma vie. Tu es sûre que tu tournes le volant dans le bon sens ?

Brusquement, la voiture bondit hors du créneau, dérapa en travers de la chaussée mouillée et alla heurter un pilier qui soutenait un balcon de fer forgé. Le pilier s’abattit de côté et l’auto s’écrasa contre le bâtiment.

– Oh, mon Dieu ! hurla Ignatius à l’arrière. Mais qu’as-tu fait, voyons ?

– Vite, un prêtre.

– je ne crois pas que nous soyons blessés, maman. Mais tu m’as mis l’estomac sens dessus dessous pour les quelques jours à venir.

Ignatius baissa la vitre d’une portière arrière et examina l’aile encastrée dans le mur.

– J’imagine qu’il va nous falloir un nouveau phare de ce côté.

– Qu’est-ce qu’on va faire?

– Si je conduisais, je passerais gracieusement la marche arrière et je m’éloignerais discrètement. tu peux être assurée qu’il va y avoir des poursuites. Le gens qui possèdent cette ruine branlante devaient attendre cette occasion depuis des années et des années. Je ne serais pas étonné d’apprendre qu’ils répandaient chaque soir de la graisse sur la chaussée dans l’espoir du passage d’un automobiliste tel que toi.

Il rota.

– Ma digestion est compromise. je crois que je suis en train d’enfler ! « 

la chute de l’empire américain

18 Nov

Voilà longtemps que je ne m’étais pas attelée à Paul Auster. Très sincèrement, je recule depuis quelques jours le moment de rédiger ma chronique car résumer une telle oeuvre sera forcément réducteur. Je tente de faire au mieux.

Leviathan, Paul Auster

Peter Aaon, écrivain, vient d’apprendre dans le journal la mort pour le moins explosive de son ami Ben Sachs, écrivain lui-aussi. Ce dernier, dont le cours de la vie s’est trouvé brutalement bouleversé le jour où il a tué un homme, s’est engagé dans une action terroriste destinée à détruire les reproductions de la Statue de la Liberté pour remettre en cause le système américain. S’attendant à recevoir la visite de FBI et afin d’éviter tout détournement de la réalité, Peter décide de reconstituer le plus fidèlement possible la vie de Sachs et de le consigner dans un livre auquel il donnera le titre de l’oeuvre inachevée de Sachs : Leviathan.

J’ai raccourci autant que faire ce peut le synopsis de ce pavé de 400 pages. Aaron, en racontant la vie de Sachs, nous parle aussi de lui, de la difficulté d’écrire, et d’une myriades de personnages tous plus étranges les uns que les autres mais surtout de l’évolution d’une société américaine en perte constante de repères. Si l’on ne saura jamais ce qui se cache derrière le titre de Leviathan de Sachs, celui d’Auster renvoie sans doute au monstre institutionnel, à cet Etat gigantesque et monstrueux que représentent les Etats-Unis (ce titre nous rappelle forcément Hobbes dans son ouvrage éponyme qui évoquait l’Etat despotique en reprenant le nom du monstre mythologique du Livre de Job) On retrouve dans cette oeuvre foisonnante, bien que moins complexe que bien des romans du célèbre auteur américain (toutes mes chroniques concernant cet auteur sont à retrouver ici), le procédé de la mise en abîme puisque le narrateur est en train de rédiger le livre que nous lisons. Le récit est, comme d’habitude, mené d’une main de maître et nous sommes jusqu’aux toutes dernières pages curieux d’apprendre comment ce brave écrivain a bien pu se retrouver mêlé à une telle histoire. On comprendra que chaque personnage est à voir comme une pièce d’un immense puzzle, non seulement celui d’une vie mais celui d’une nation. Un grand livre  donc, qui avait reçu le prix Médicis étranger en 1993.

Que le spectacle finisse !

15 Nov

J’ai terminé ce livre il y a plus d’une semaine donc je vais tenter de faire au mieux pour le résumé…

7, Richard Montanari

Alors que les inspecteurs Byrne et Balzano suffoquent dans la chaleur estivale de Philadephie, ils sont appelés sur une scène de crime peu commune : une jeune fille est morte, noyée, enfermée dans une vitrine de verre, assise sur une chaise, au fin fond d’un sous-sol d’un bâtiment abandonné dans les Badlands, une zone désolée du nord de la ville. Au regard de la mise en scène, les deux agents sont plus qu’inquiets, le meurtre a tout l’air de la mise en scène, ce qui signifie que le tueur a envie de jouer et qu’il est sans doute prêt à recommencer…

Et leur hypothèse va très vite se révéler exacte. D’autres jeunes victimes sont retrouvées dans la ville. Tous les meurtres sont mis en scène de façon différente mais de manière très spectaculaire à chaque fois. Le seul point commun à toutes les victimes : être des jeunes filles en fugue. Un bien maigre indice pour espérer coincer le sadique qui rôde dans la cité de l’amour fraternel…

Je ne connaissais pas cet auteur et ai choisi le livre un peu au hasard dans le rayon thriller chez mon libraire. J’avoue que j’ai été bluffée ! L’intrigue est vraiment prenante et à vous glacer le sang. J’ai particulièrement apprécié le fait que certains chapitres mettent directement le tueur en scène. On se retrouve donc dans sa tête, on comprend peu à peu ce qui l’a amené à en arriver là. La tension dramatique est à son comble lorsqu’on le voit kidnapper des jeunes filles et le sort qu’il leur fait subir. On aimerait pouvoir les sauver mais ce n’est pas le cas. Ce qu fait particulièrement froid dans le dos est de constater à quel point ce personnage complètement sadique se cache sous une apparence totalement inoffensive et que les futures victimes ne se méfient absolument pas de lui. Pire, au départ, grâce à des tours de passe-passe plus qu’élaborés (notre homme est magicien, il est donc maître en l’art de manipuler son monde), les jeunes filles le prennent pour un bon samaritain. Même les enquêteurs vont se laisser berner ! Sincèrement, alors que mes capacités d’attention ne sont pas à leur maximum en ce moment, je n’ai eu aucun mal à accrocher à l’histoire et j’ai dévoré ce pavé de plus de 500 pages. Il faudra donc que je renouvelle l’expérience avec cet auteur qui possède plus d’un tour dans son sac !

Amour maladif

10 Nov

Je savais que je ne pourrais pas tenir très longtemps sans écrire de chroniques après mes lectures. Me revoici donc !

Bye Bye Blondie, Virginie Despentes

Adolescente rebelle et surtout complètement paumée, Gloria est internée en hôpital psychiatrique après une violente incartade avec son père. Dans ce lieu hors du temps et du monde, presque dépourvu d’humanité, elle va faire la rencontre de sa vie. Celle d’Eric, jeune fils de bonne famille, aussi perturbé qu’elle. Bientôt, la punkette brut de décoffrage et le gentleman bourgeois deviennent, contre toute attente, inséparables. Quelques mois après leur sortie de l’HP, ils fuguent tous les deux pour vivre leur amour librement, de squats en squats, clochardisant, hors de tout préjugés sociaux. Mais voilà, la réalité les rattrape bientôt et la vie les sépare. Jusqu’à ce que leurs chemins se croisent vingt ans plus tard. Eric est devenu un présentateur télé célèbre tandis que Gloria, RMiste,végète et vient de se faire larguer une fois de plus, se retrouvant donc à la rue, une fois de plus…

Pas aisé de pénétrer dans l’écriture plus qu’agressive de Despentes qui semble vouloir faire fuir le lecteur. Pourtant, si l’on s’accroche, on est vite happé par ce style hargneux, sauvage, par cette écriture nerveuse et crue qui reflète magnifiquement le caractère de l’héroïne, personnage déchiré, aussi détestable qu’attachant. Gloria en veut à ses parents, à la société, aux bourgeois, au monde entier mais s’en veut à elle-même avant tout et ne parvient pas à sortir de sa spirale infernale d’autodestruction. La rencontre avec son amour de jeunesse, avec celui qu’elle a tant aimé mais qui l’a tant fait souffrir pourrait peut-être l’aider à trouver la voie de l’apaisement. Pourtant, ce bonheur retrouvé va se révéler de plus en plus précaire tant la jeune femme ne se sent pas à sa place dans un monde d’apparences où l’on ne peut se montrer sous son véritable jour. Eric sera-t-il assez fort pour contenir ses angoisses et l’empêcher de se jeter dans le gouffre tête la première ?

J’ai vraiment aimé ce roman d’amour et de quête personnelle, sorte de Roméo et Juliette grunge; Je vous livre ici deux extraits pour vous donner une idée du style et surtout envie de découvrir la fin ou le commencement de cette histoire de coeur, bien éloignée des contes de fée.

Gloria a 16 ans et attend désespérément des nouvelles d’Eric :

« Chaque réveil était insupportable, juste après la première minute d’inconscience. Puis, c’était devenu rituel, elle se faisait la réflexion, « Tiens, je vais bien ce matin » et aussitôt, ça lui revenait, pourquoi elle irait mal.Cadavre de bête pesant des tonnes couchée en travers de son corps, elle suffoquait tout en couvant une panique à griffes longues, bestiole pénétrée dans sa gorge et qui voulant sortir lui défonçait les parois intérieures. Accès de rage comme elle n’en avait jamais connu, qui la faisait grogner, animal blessé aveuglé par son sang, elle suffoquait renâclait crachait son manque et son angoisse, son dos brisé la clouait au lit. Ensuite, chaque fois qu’elle lirait le témoignage d’un junkie décrochant à la dure, ces jours-là se rappelleraient à elle. Sauf que dans les descriptions de sevrage, il n’y avait pas cette haine phénoménale, retournée contre elle-même aussi bien que le premier venu. »

Vingt ans plus tard, Gloria et Eric se sont retrouvés mais sauront-ils préserver leur amour ?

« Une fille qu’on rencontre en HP n’est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences, il pensait que c’était ça l’amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu’ils arrivent sur l’autre rive, sains et saufs. Mais il réussissent juste à s’entraîner au fond. Il est temps de renoncer… »

Le livre a été adapté au cinéma avec Béatrice Dalle et Emmanuelle Béart à l’affiche.

Pause

5 Nov

Un petit message pour vous informer que le blog est momentanément en pause.

Je lis toujours mais n’ai pas suffisamment de courage pour écrire mes chroniques en ce moment.

Je vous retrouve dès que possible ! 

Nouvelles niponnes

1 Nov

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu un petit Murakami !

Après le tremblement de terre, Haruki Murakami

Le tremblement de terre du titre est celui de Kobe, en 1995. La catastrophe est le point de départ des six nouvelles de ce recueil. Elle est à lire comme une métaphore du cataclysme interne que vont subir les protagonistes de chacun des textes. M’ai s’il est fait mention du tremblement de terre dans chacune des nouvelles, aucune ne se ressemble ni n’entretient d’autre point commun avec une autre. Murakami nous présente six destins différents, qui – selon moi – forment une espèce de puzzle, et sont à lire comme une biographie romancée et fragmentaire de l’auteur.

« Un ovni a atterri à Kishiro » : Cinq jours après le tremblement de terre, la femme de Komura le quitte subitement. A la suite de cette rupture, il se voit confier une étrange mission par un collègue de travail qui le charge de transporter une mystérieuse boite.

« Passage avec fer » : Trois amis se retrouvent devant un feu de camp sur la plage et sont complètement hypnotisés par les flammes…

« Tous les enfants de Dieu savent danser » : Yoshiya a été élevé par sa mère qui lui a toujours soutenu que sa conception a été l’oeuvre de Dieu. Mais le jeune homme ne croit guère à ces histoires et se met en quête de son père. Un jour, il croit le reconnaître dans le métro et se lance à sa poursuite.

« Thaïlande » : Satsuki – médecin spécialisé dans les problèmes de thyroïde – vient d’assister à un congrès médical en Thaïlande. Elle en a profité pour caler ses vacances à la suite et passer quelques jours à Bangkok. Elle va bientôt faire la connaissance de Nimit, chauffeur de limousine, qui va la guider dans des contrées bien plus lointaines qu’elle ne l’imaginait.

« Crapaudin sauve Tokyo » : Un jour qu’il rentre du travail, Katagiri qui se définit comme un « homme on ne peut plus ordinaire. Plus ordinaire que la moyenne, même« , découvre une grenouille géante dans son appartement qui parle, se fait appeler Crapaudin, et qui lui demande son aide pour aller battre Lelombric, un ver géant vivant sous terre, responsable des tremblements de terre.

« Galette au miel » : L’histoire aussi cruelle qu’attendrissante d’un trio amoureux entre trois amis de lycée. Junpei est amoureux de Sayoko depuis le début mais il est trop timide pour le lui avouer. Alors qu’il s’est absenté, son ami Takatsuki a tenté sa chance avec la jeune femme. Puis l’a épousée et ils ont eu une petite fille, Sara. C’est Junpei qui a choisi le prénom, c’est lui qui lui lit des histoires le soir quand son père n’est pas là… Ma nouvelle préférée.

J’annonce clairement la couleur, ce n’est pas mon Murakami préféré. Sans doute parce qu’il s’agit de nouvelles et que je ne suis pas une grand fan de ce genre littéraire. J’ai toujours l’impression qu’il me manque quelque chose, que je reste sur ma faim. J’ai le sentiment de ne jamais avoir le temps d’entrer réellement dans l’histoire. J’ai surtout eu l’étrange impression qu’aucun des textes n’étaient réellement terminé. Volonté de l’auteur de laisser à son lecteur la possibilité d’imaginer la suite. Ou lui-même ne savait-il pas clairement où il voulait en venir ? N’en demeure pas moins que j’ai retrouvé le style de Murakami, qui parvient à mêler onirisme et réalisme, tout en portant un regard distancié et plein de délicatesse sur la société japonaise. Le tremblement de terre intervient comme un élément perturbateur majeur dans ces vies bien rodées et va amener les personnages et les lecteurs à partir en quête de leur part d’ombre. On retrouve de nombreux thèmes chers à l’auteur dont le jazz, la quête du père, la question des sectes religieuses… Hâte de le retrouver en roman !