la chute de l’empire américain

18 Nov

Voilà longtemps que je ne m’étais pas attelée à Paul Auster. Très sincèrement, je recule depuis quelques jours le moment de rédiger ma chronique car résumer une telle oeuvre sera forcément réducteur. Je tente de faire au mieux.

Leviathan, Paul Auster

Peter Aaon, écrivain, vient d’apprendre dans le journal la mort pour le moins explosive de son ami Ben Sachs, écrivain lui-aussi. Ce dernier, dont le cours de la vie s’est trouvé brutalement bouleversé le jour où il a tué un homme, s’est engagé dans une action terroriste destinée à détruire les reproductions de la Statue de la Liberté pour remettre en cause le système américain. S’attendant à recevoir la visite de FBI et afin d’éviter tout détournement de la réalité, Peter décide de reconstituer le plus fidèlement possible la vie de Sachs et de le consigner dans un livre auquel il donnera le titre de l’oeuvre inachevée de Sachs : Leviathan.

J’ai raccourci autant que faire ce peut le synopsis de ce pavé de 400 pages. Aaron, en racontant la vie de Sachs, nous parle aussi de lui, de la difficulté d’écrire, et d’une myriades de personnages tous plus étranges les uns que les autres mais surtout de l’évolution d’une société américaine en perte constante de repères. Si l’on ne saura jamais ce qui se cache derrière le titre de Leviathan de Sachs, celui d’Auster renvoie sans doute au monstre institutionnel, à cet Etat gigantesque et monstrueux que représentent les Etats-Unis (ce titre nous rappelle forcément Hobbes dans son ouvrage éponyme qui évoquait l’Etat despotique en reprenant le nom du monstre mythologique du Livre de Job) On retrouve dans cette oeuvre foisonnante, bien que moins complexe que bien des romans du célèbre auteur américain (toutes mes chroniques concernant cet auteur sont à retrouver ici), le procédé de la mise en abîme puisque le narrateur est en train de rédiger le livre que nous lisons. Le récit est, comme d’habitude, mené d’une main de maître et nous sommes jusqu’aux toutes dernières pages curieux d’apprendre comment ce brave écrivain a bien pu se retrouver mêlé à une telle histoire. On comprendra que chaque personnage est à voir comme une pièce d’un immense puzzle, non seulement celui d’une vie mais celui d’une nation. Un grand livre  donc, qui avait reçu le prix Médicis étranger en 1993.

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