Amis des mots

14 Déc

Un prêt surprise découvert dans mon casier le jour de la reprise !

Moi, Ambrose, roi du Scrabble, Susin Nielsen

Ambrose a 12 ans. Il vit seul avec sa mère et n’a jamais connu son père, décédé avant sa naissance. Le jeune garçon n’a pas vraiment confiance en lui – il faut dire qu’il déménage tous les trois ans maximum en fonction du travail de sa mère, professeur en université – et se fait harceler dans son nouveau collège. Un jour, ses bourreaux ajoute une cacahuète dans son sandwich. Rien de bien grave a priori. Sauf qu’Ambrose est allergique à l’arachide. Après un violent choc anaphylactique, sa mère décide qu’il ne retournera pas au collège. Désormais, il étudiera par correspondance. Au début, notre ami est plutôt heureux de cette décision; mais bien vite, il finit par s’ennuyer ferme et par en avoir marre d’être aussi isolé. Jusqu’au jour où il fait la connaissance du fils de ses voisins – Cosmo, la vingtaine, sortant tout juste de prison…

Alors que tout les oppose et qu’Irène, la mère d’Ambrose, voit d’un très mauvais œil l’arrivée d’un délinquant à proximité de son foyer, les deux garçons vont se nouer d’amitié autour de leur passion commune pour le Scrabble. Les deux garçons décident de s’inscrire à un cercle de joueurs et de participer à des concours. Au fil du temps, notre jeune ami va reconnaître dans l’ex-taulard la figure paternelle qui lui a tant fait défaut et ainsi gagner en confiance. Seulement, il y a un hic, Ambrose n’a pas parlé de cette amitié à sa mère. Et si elle découvrait son secret ?

Si on se laisse porter par l’histoire et l’écriture fluide de Susin Nielsen, j’ai trouvé l’intrigue un peu trop « gentillette » et peu crédible. En effet, on peut croire qu’un enfant de 12 ans se passionne pour le Scrabble mais pas qu’un cambrioleur drogué récidiviste trouve la rédemption en prison grâce à ce jeu. Et encore moins qu’il s’attache à son petit voisin. A moins que je ne porte un regard trop pessimiste sur notre monde… Mis cela de côté, j’ai apprécié le thème de la mère surprotectrice qui ne vit que pour et par son enfant sans se rendre compte à quel point elle finit par l’étouffer et l’empêcher de vivre. Je regrette cependant que cet aspect ait été trop mis de côté et soit si peu développé, se résumant presque à cette réflexion d’Ambrose à sa mère à la fin du livre : « Tu sais ce que je crois ? Je crois que tu préfères que je n’aie pas d’amis, parce que comme ça je n’ai que toi, et on est tous les deux contre le mode entier. […] Parce que c’est le seul moyen, pour toi, de garder un peu de papa auprès de toi ». Les craintes apparentes de la mère (peur de l’intoxication, peur des mauvaises rencontres, peur du collège qui entraîne la déscolarisation…) ne sont en effet qu’un moyen de bâtir une forteresse autour de l’enfant, un moyen pervers de rester le centre du monde aux yeux de sa création au lieu de la pousser à vivre sa vie. Bien sûr, le jeune public auquel ce livre est adressé ne s’attachera sans doute pas à ce niveau de lecture. Les adolescents un peu en marge et peu sûrs d’eux se retrouveront sans doute dans le personnage d’Ambrose et trouveront un certain réconfort à voir que l’on peut réussir à grandir sans forcément ressembler à tout le monde, que chacun à le droit de vivre et qu’on peut s’enrichir des différences.

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