A la vie, à la mort !

23 Déc

Depuis ma lecture de Nos étoiles contraires j’avais très envie de découvrir le premier roman de John Green. Le Père Noël étant passé en avance au CDI, j’ai pu satisfaire ma curiosité.

Qui es-tu Alaska ?, John Green

Miles Halter a 16 ans, n’a pas d’amis mais se passionne pour les biographies de personnages célèbres et en particulier pour leurs dernières paroles. Sa vie n’est donc pas très intéressante. Voulant à tout prix découvrir ce qu’il nomme son Grand Peut-Etre, il s’inscrit en classe de première en tant qu’interne au lycée de Culver Creek. Il ne tarde pas à faire la connaissance avec son camarade de chambre, Chip Martin, jeune homme extraverti et sûr de lui arrivé dans l’établissement trois ans auparavant. Ce dernier se fait appeler le Colonel et va très vite surnommer Miles le Gros en référence ironique à sa maigreur. A peine les présentations sont elles faites que le Colonel entraîne Miles dans la chambre de la sublime Alaska. Ce dernier tombe immédiatement sous le charme de la jeune fille aux courbes parfaites. Malheureusement pour lui, la belle a déjà un petit ami et le crie haut et fort. En outre, elle possède un caractère bien trempé et est capable de passer des rires à une humeur massacrante sans que rien ne l’explique ce qui ne manque pas de perturber grandement notre cher Miles.

Notre ami va très vite s’intégrer à la petite bande formée par le Colonel, Alaska et Takumi – le roi du rap – et vivre de nouvelles expériences « interdites » comme fumer et boire dans l’enceinte du lycée. Les quatre comparses passent la majorité de leur temps libre à inventer des blagues pour faire enrager celui qu’ils surnomment l’Aigle – à savoir le directeur de l’établissement – mais aussi leurs ennemis jurés, les weekendeurs – gosses de riches (le Colonel boursier ne les supporte pas) qui n’ont de cesse de leur rendre la vie insupportable en retour.

Quelques jours avec ses nouveaux amis suffisent à Miles pour se sentir enfin vivant. Une chose le chagrine pourtant. Il aimerait percer le mystère d’Alaska Young, découvrir qui se cache vraiment derrière cette fille aussi insaisissable qu’insoumise et qui le fascine tant mais qui demeure si silencieuse quant à sa vie en dehors du lycée…

Je ne vais pas cacher mon avis très longtemps : j’ai adoré ! J’ai littéralement dévoré les 400 pages de ce magnifique roman qui parvient à transcrire avec une grande justesse la complexité des émotions adolescentes. Nous suivons le jeune Miles dans son apprentissage de la vie, dans sa découverte de l’Autre, de l’amitié, de l’amour, de la transgression nécessaire à la formation de son être et surtout dans sa quête de sens, dans cette quête de lui-même qu’il cherche à découvrir par le biais d’Alaska. J’ai trouvé la construction du texte particulièrement intéressante avec un décompte de jours qui ménage le suspens de manière très efficace. Que nous réserve le jour J ? Je vous laisserai le soin de le découvrir ! L’auteur réussit aussi la performance de faire passer son lecteur du rire aux larmes dans la même page – et je peux vous assurer qu’il en faut beaucoup pour me faire pleurer en lisant ! – sans jamais tomber dans le sentimentalisme ni la mièvrerie. Tragique et comique se mêlent à la perfection et ne laissent aucun temps-mort dans ce texte qui se lit à cent à l’heure. Je comprends que John Green ait reçu le prestigieux M.L. Printz Award du meilleur livre pour adolescents à sa parution et que le roman soit devenu un véritable best-seller. Parce que toute sa force est justement de ne pas se restreindre à un public adolescent. Effectivement, le livre réveillera chez chaque adulte la part d’adolescence qui sommeille en lui, ce bout d’être en constante mutation, la part de révolte contre l’ordre établi, la part de crainte mais aussi d’espoir sans limite en l’avenir, l’étincelle, que dis-je, le feu d’artifice qui donne envie de brûler sa vie sans attendre que celle-ci ne vous consume. Un grand livre !

Un petit extrait de la fin du livre qui me fait un peu penser au Petit Prince de Saint-Exupéry :

« Lorsque les adultes disent avec un sourire imbécile et sournois : « Les adolescents se croient invincibles », ils ne se doutent pas à quel point ils ont raison. Inutile de perdre espoir car nous ne pouvons être brisés irrémédiablement. Nous pensons être invincibles parce que nous le sommes. Nous ne pouvons pas être nés ni mourir. Comme les énergies, nous changeons seulement de forme, de taille et de manière de nous manifester. Les adultes l’oublient en vieillissant.Ils sont gagnés par la peur de perdre et de décevoir. Mais cette partie de nous plus remarquable que la somme de nos parties n’a pas de commencement ni de fin, et par conséquent elle ne peut décevoir. »

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