Archive | janvier, 2015

Rousses et blondes glorifiées !

31 Jan

Je tiens encore à remercier ici chaleureusement Sébastien Hubier, l’auteur de ce charmant essai, qui m’a fait parvenir tout récemment son ouvrage dédicacé.

Jeunes et blondes rousseurs, Sébastien Hubier

Après son excellent Sexy teddies, paru en 2013 dans la même collection Boderline aux éditions Le Murmure, Sébastien Hubier s’intéresse cette fois à la représentation de la blondeur et de la rousseur dans toutes leurs nuances à travers les époques et les arts. Si la blonde rousseur est souvent associée dans l’imaginaire collectif à la douceur, à l’enfance et par extension à un idéal de pureté, l’auteur nous montre – nombreux exemples à l’appui (de Messaline à Maryline Monroe) – qu’il ne faut pas se fier à cette apparence angélique. En effet, nous apprendrons que cette nuance serait apparue au cours de l’ère glaciaire du Quaternaire comme un moyen de séduction pour se démarquer et attirer les rares mâles disponibles en se démarquant de la coloration brune (selon Peter Frost). Depuis, cette couleur de cheveux n’a cessé de jouer son rôle de pôle d’attraction si je puis m’exprimer ainsi et les artistes de l’Antiquité à nos jours se sont plu à chanter les louanges tantôt de blondes innocentes tantôt de rousses mutines. Ces dernières n’ont par ailleurs pas toujours été en odeur de sainteté, notamment au Moyen-âge où la rousseur était non seulement un signe de sorcellerie mais aussi de sexualité débridée. Ce qui donc était condamné en ces temps plus qu’obscurs placés sous le joug d’ecclésiastiques effrayés par le corps est au contraire mis en valeur et devient véritable phénomène de mode – voire une marchandise – dans notre société hypermoderne.

Les blondes ne sont-elles pas des anges ?

Un essai pour les blondes mais pas que !

Je mets fin ici à un résumé qui ne peut se révéler que médiocre en considération de la richesse de ce savoureux petit opuscule fort bien documenté. Blondes, rousses ou simples esthètes, vous apprendrez beaucoup sur ces colorations qui se révèlent en fait être bien davantage que de simples nuances capillaires.

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De l’autre côté du tableau

30 Jan

Les insomnies possèdent une vertu : donner du temps pour lire…

Oksa Pollock – La forêt des égarés – Tome 2, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Dans le tome 1, L’Inespérée, nous avions fait la connaissance d’Oksa, une ado a priori comme les autres qui découvrait coup sur coup non seulement qu’elle possédait des pouvoirs magiques mais qu’en plus elle était la Jeune Gracieuse, promise à diriger le royaume d’Edéfia, dont toute sa famille avait été chassée des années plus tôt.

Nous la retrouvons dans ce tome 2 dans une situation bien embarrassante : son meilleur ami, Gus (un Du-Dedans ou un humain si vous préférez) s’est malencontreusement fait entableauter à sa place. Alors que la mère d’Oksa est au plus mal, victime d’un sort lancé dans le précédent tome par l’horrible Orthon, fils du Grand Félon qui rêve lui aussi de retourner à Edéfia et d’en prendre le contrôle. Malgré ses craintes de laisser sa mère seule, Oksa n’a pas le choix. Elle doit au plus vite sauver son ami prisonnier du tableau. Accompagnée par son père ainsi que par l’Homme-Fé Abakoum et le sombre Tugdual (sans oublier les Foldingots), la jeune fille pénètre dans un étrange univers parallèle…

J’avoue tout de suite, j’ai eu beaucoup de mal à me replonger dans l’univers du roman (il faut dire que j’ai laissé passer beaucoup de temps depuis le tome 1). Heureusement qu’un résumé de la première partie est prévu au début du livre ! L’univers de ce deuxième tome est bien plus sombre que dans le précédent (dont la fin le laissait néanmoins présager). La psychologie des personnages secondaires est approfondie tout comme celle de l’héroïne, et devient beaucoup moins manichéenne que dans le premier tome où nous avions les bons et les méchants. Là, chacun découvre ses failles et sa part d’ombre qu’il leur faudra apprendre à maîtriser. Dès lors, une question se pose : peut-on se fier aux autres, même à ceux que l’on considère comme ses plus proches amis ? Ce roman me semble en cela plus mature que le premier tome et davantage destiné à de bons lecteurs de fin de 5ème voire 4ème alors que le précédent s’adressait plutôt aux 6èmes. On retrouve néanmoins l’univers étrange et loufoque qui fait le succès de la saga. Mais là encore, je trouve que les néologismes omniprésents finissent par polluer la lecture, ce qui est dommage car l’intrigue est plutôt bonne (même si encore une fois, les sources littéraires des auteures sont facilement perceptibles : De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, Harry Potter et même les Contes de Perrault). Je pense que je m’arrêterai ici mais quatre autres tomes sont sortis après celui-ci !

Out of Africa

28 Jan

Petite pépite dans les rayons du CDI.

L’enfant noir, Camara Laye

Notre enfant noir est l’aînée d’une famille africaine. Il vit en Haute-Guinée et occupe ses journées à se rendre à l’école et observer son père forgeron. Sa destinée semble toute tracée : prendre la relève à la forge et perpétuer les traditions de sa caste au sein de son village. Toutefois, notre ami n’entend pas se contenter du parcours prévu par ses parents. Bon élève, il se rend à la ville, à Conakry chez un oncle pour poursuivre ses études. Il parviendra à obtenir son CAP, chose rare pour un enfant noir de la campagne à cette époque. dès lors, d’autres horizons, plus lointains, s’offriront à lui. Mais parviendra-t-il à faire accepter ses choix à ses parents, à sa mère surtout pour laquelle son fils aîné compte plus que tout ?

Camara Laye livre un récit personnel riche de ses années d’enfance et d’adolescence. Il parvient, grâce à un langage simple mais emprunt de poésie, à transporter son lecteur dans ce petit village d’Afrique. On retrouve évidemment les griots, les marabouts, les bêtes sauvages, les légendes le tout au rythme des tam-tams. tout ce qui fait l’Afrique dans notre imaginaire. Cependant, l’auteur ne nous donne pas une vision idéalisée de son enfance. Au contraire, il raconte la maltraitance scolaire (les grands qui rackettent et maltraitent les plus petits sans que les instituteurs n’interviennent), l’injustice sociale et raciale aussi (Camara n’a accès qu’à un collège technologique à Conakry – qui destine ses élèves à devenir ouvriers -, il ne peut se rendre au collège général qui donne un passeport pour des études longues à Dakar), les différents rites de passage (de la simple veillée terrifiante avec des jeunes hommes qui imitent des cris de bêtes féroces à la terrible cérémonie de la circoncision). Dans cette autobiographie, Camara délivre aussi un message d’amour à sa mère, une femme influente dans le village, très aimante, mais qui ne comprend pas pourquoi son fils veut absolument partir vivre sa vie loin d’elle.

Camara Laye finira par devenir ingénieur en France et publiera ce premier livre en 1953. Pourtant, le texte n’a absolument pas vieilli, chacun peut s’y reconnaître, parce que d’une manière ou d’une autre, nous avons tous à franchir des étapes plus ou moins difficiles pour grandir. Je recommande particulièrement ce livre à mes 3èmes.

Rancoeurs

22 Jan

Un des livres gentiment mis à disposition par ma chef d’établissement en salle des profs.

Impardonnables, Philippe Djian

Francis, la soixantaine, est un écrivain à succès qui n’a pas été épargné par la vie. Sa femme et l’une de ses deux filles ont péri sous ses yeux dans l’explosion de leur voiture. Des années après, malgré un remariage avec Judith, agent immobilier, et son déménagement sur la côte basque, il ne parvient toujours pas à effacer les terribles images de son esprit. D’autant que la soudaine disparition de sa fille Alice, actrice en vogue, ex-junkie mère de jumelles, va raviver la douleur de plaies loin d’être refermées et mettre à mal l’équilibre précaire qu’il était parvenu à construire.

Ce roman psychologique, aux fausses allures de huis-clos, plonge le lecteur dans un univers oppressant. Dès le départ, la disparition inexpliquée de la fille bouleverse le père et c’est bien normal. Mais l’obsession et les efforts qu’il mène pour la retrouver vont vite gagner du terrain dans sa vie amoureuse. Bientôt, il soupçonne sa femme de le tromper et s’engouffre plus ou moins dans la paranoïa. Dans le même temps, les souvenirs refont surface et s’insinuent de manière confuse dans la narration. On se perd parfois entre les différentes époques mais c’est justement en cela que le roman est réussi puisque l’auteur parvient à nous projeter dans l’esprit quelque peu malade du personnage principal. Non pas qu’il soit fou – à bien y regarder, il est sans doute celui qui a le plus les pieds sur terre avec Judith – mais il s’agit de l’esprit d’un homme en perte de repères, qui doute de tous ceux qui l’entourent parce qu’il doute d’abord de lui, qui refuse de pardonner à ses proches parce qu’il ne parvient pas lui-même à se pardonner. le roman a fait l’objet d’une adaptation cinématographique par André Téchiné avec André Dussollier, Carole Bouquet et Mélanie Thierry. J’avoue que je suis assez curieuse de savoir ce que ça donne.

Tout pour la danse

19 Jan

Une BD prêtée par la Bibliothèque de la Nièvre dans le cadre de notre partenariat avec le CDI.

Polina, Bastien Vivès

La petite Polina est très stressée. Elle doit passer un test important pour entrer au pensionnat de la très sélecte Académie de danse. Malgré son manque de souplesse, le célèbre professeur Bojinski la recrute sur le champ, décelant en elle un très grand potentiel.

Les années passent, Polina consacre la plus grande partie de son temps à danser et à souffrir des remarques de son professeur plus que perfectionniste. Mais comme la danse est tout pour elle, elle serre les dents, réprime ses émotions, continue à s’accrocher et parvient à participer à un ballet. Elle est alors repérée par la directrice du Théâtre qui veut l’intégrer à sa troupe. Mais il sera bien difficile à la jeune femme de quitter son mentor et son enseignement très classique et formaté pour une danse plus contemporaine où le corps doit avant tout traduire des émotions…

Le sujet traité par cette bande dessinée m’intéressait. J’ai été assez vite happée par la lecture et les dessins – ou plutôt les esquisses – en noir et blanc. Pourtant, plus je tournais les pages, plus je restais sur ma faim. J’ai vite compris pourquoi. L’auteur ne va pas au fond des choses et c’est dommage. On reste en permanence à la lisière des personnages, on ne parvient jamais à déceler leurs émotions (d’accord, on voit bien que Polina a l’air de souffrir, qu’elle semble parfois perdue, mais ça ne va pas plus loin). Je pense que ce manque de profondeur tient au fait que les années passent très vite. Malgré un nombre de pages conséquent (206), les dessins laissent peu de place au texte. Alors oui, on parvient à suivre l’évolution et l’émancipation de la jeune femme mais il manque un peu de texte à mon goût pour que la BD soit totalement réussie. Je pense néanmoins qu’elle plaira beaucoup aux amateurs de danse.

Entreprise kafkaïenne

18 Jan

Une relecture d’un Nothomb pour le blog du CDI.

Stupeur et tremblement, Amélie Nothomb

Au début des années 1990, la jeune narratrice (qui n’est autre qu’Amélie), débarque de Belgique pour travailler comme traductrice chez Yumimoto, une gigantesque entreprise nippone. Débordante d’enthousiasme, elle ne tardera pas à se confronter à la rudesse et à la folie du monde du travail japonais.

Ainsi, la jeune Amélie va se voir confier des tâches de plus en plus ridicules et ingrates (rédiger la même lettre des dizaines de fois, apporter le café puis le courrier, mettre les éphémérides à jour, recompter les notes de frais, remettre du papier dans les toilettes..) tout en devant supporter les sautes d’humeur et colères apocalyptiques de ses supérieurs. Elle va faire, à ses dépens, connaissance avec les bizarreries hiérarchiques nippones (elle commettra bien souvent des bourdes auprès de ses supérieurs sans en avoir conscience sur le coup) mais surtout découvrir l’absurdité et la totale absence d’humanité de l’entreprise.

Ce petit roman autobiographique est une vraie pépite d’humour et d’autodérision en même temps qu’un pamphlet contre les règles de vie plus qu’étriquées régnant dans le monde du travail voire la société japonaise dans son ensemble (belle critique du peu de respect de la femme en tant qu’individu). On remarque à quel point la jeune Amélie est désarçonnée de retrouver sous un tel jour le paradis perdu de l’enfance (cf : Métaphysique des tubes – l’auteur a vécu les premières années de sa vie au Japon). Chaque jour passé dans cette société est un pas de plus dans l’enfer kafkaïen de l’entreprise, un pas de plus dans un abîme d’inhumanité absurde. Mais loin d’être anxiogène, ce roman doté d’une certaine force caricaturale – la bêtise et le physique des supérieurs s’y prêtant bien – fera très souvent sourire le lecteur. Je tiens à signaler que le livre a été (très bien) adapté au cinéma en 2003 par Alain Corneau, avec l’excellente Sylvie Testud dans le rôle d’Amélie.

Un petit extrait pour la route !

« – Photocopiez-moi ça.

Il me tendit une énorme liasse de pages au format A4. Il devait y en avoir un millier.

Je livrai le paquet à l’avaleuse de la photocopieuse, qui effectua sa tâche avec une rapidité et une courtoisie exemplaires. J’apportai à mon supérieur l’original et les copies.

Il me rappela:

– Vos photocopies sont légèrement décentrées, dit-il en me montrant une feuille. Recommencez.

Je retournai à la photocopieuse en pensant que j’avais dû mal placer les pages dans l’avaleuse. J’y accordai cette fois un soin extrême : le résultat fut impeccable. Je rapportai mon oeuvre à M. Saito.

– Elles sont à nouveau décentrées, me dit-il.

– Ce n’est pas vrai ! m’exclamai-je.

– C’est terriblement grossier de dire cela à un supérieur.

– Pardonnez-moi. Mais j’ai veillé à ce que mes photocopies soient parfaites.

– Elles ne le sont pas. Regardez.

Il me montra une feuille qui me parut irréprochable.

– Où est le défaut ?

– Là, voyez : le parallélisme avec le bord n’est pas absolu.

– Vous trouvez ?

– Puisque je vous le dis!

Il jeta la liasse à la poubelle et reprit:

– Vous travaillez à l’avaleuse ?

– En effet.

– Voilà l’explication. Il ne faut pas se servir de l’avaleuse. Elle n’est pas assez précise.

– Monsieur Saito, sans l’avaleuse, il me faudrait des heures pour en venir à bout.

– Où est le problème ? sourit-il. Vous manquiez justement d’occupation.

Je compris que c’était mon châtiment pour l’affaire des calendriers.

Je m’installai à la photocopieuse comme aux galères. A chaque fois, je devais soulever le battant, placer la page avec minutie, appuyer sur la touche puis examiner le résultat. Il était quinze heures quand j’étais arrivée à mon ergastule. A dix-neuf heures, je n’avais pas encore fini […] »

Envol vers la vie

18 Jan

Je remercie les Editions Baudelaire pour l’envoi de ce joli album.

Le papillon à roulettes, Marie Garnier

Papa et Maman Papillon attendent avec joie un heureux événement : un bébé Papillon pousse dans le ventre de Maman. La famille Papillon est aux anges le jour de la naissance de bébé Papillon. Oui mais voilà, au bout d’un an, bébé Papillon ne vole toujours pas. Ses parents, inquiets, décident de l’emmener chez le grand papillon blanc pour comprendre ce qui ne va pas…

Avec simplicité et délicatesse, Marie Garnier réussit à expliquer le handicap aux plus jeunes lecteurs. Grâce à cet album, très joliment illustré par Jeanne Chapelle, les parents pourront aborder facilement le sujet avec les plus petits. L’auteure montre de manière claire la différence et les difficultés auxquelles doivent s’exposer les personnes souffrant d’un handicap moteur sans pour autant dramatiser ni tomber dans le pathos. Au contraire, le texte et les dessins sont porteurs d’un message d’espoir, de solidarité, de fraternité, d’ouverture et surtout de courage, car petit Papillon n’en manque pas ! Un bien joli album à découvrir.

David contre Goliath

17 Jan

Je découvre enfin le tout premier roman d’Amélie Nothomb !

Hygiène de l’assassin, Amélie Nothomb

Prétextat Tach, 83 ans, est un monstre dans tous les domaines. Physiquement, il est plus qu’obèse, son poids l’a rendu complètement impotent et l’oblige à se déplacer en fauteuil roulant et à recevoir sa toilette par une infirmière. Moralement, il est parfaitement imbu de sa personne, misanthrope et misogyne au plus haut point et d’un cynisme sans borne. Mais c’est aussi un monstre de littérature, récompensé par le prix Nobel. Et l’on vient d’annoncer que le vieillard, atteint d’une maladie rare, n’a plus que deux mois à vivre. Tous les journalistes se précipitent pour recueillir les dernières paroles du maître. Tous se font sauvagement éconduire.

Après que le quatrième interviewer se sauve horrifié et dégoûté par l’ignoble personnage, Nina, jeune journaliste téméraire à la répartie acerbe, décide de tenter sa chance et de faire avouer non seulement la supercherie littéraire de l’auteur mais son crime au bourreau, un crime qu’elle seule semble avoir débusqué sous les mots…

Grandiose ! L’auteure belge nous donne à lire une joute verbale d’une intensité remarquable. Nina, plus cynique encore que Tach, parvient à pousser l’horrible vieillard dans ses retranchements les plus profonds. Les dialogues, d’un raffinement et cruauté aussi admirables que pervers, se laissent déguster avec un contentement sans nom. Pas de temps mort dans ce huis-clos où la grande faucheuse se fait pourtant de plus en plus présente au fil des pages. Je ne pouvais qu’adorer ce chef-d’oeuvre d’humour noir et de cynisme érudit ! Un premier roman remarquable, dans lequel on perce déjà les thèmes de prédilection de Nothomb (la monstruosité de l’obésité notamment que l’on retrouvera notamment dans Les Catilinaires) qui avait largement mérité sa récompense au Grand Prix du roman de l’Académie française en 1999.

« Et si c’était niais ? »

16 Jan

On continue dans les lectures pour le CDI !

Tugdual, Anne plichota et Cendrine Wolf

A Chicago, c’est la panique ! On vient de retrouver deux corps sans vie dans un hôtel. Particularité : les papiers d’identité son formels, ils s’agissait de jeunes gens. Pourtant, leurs corps morts ont l’aspect de vieillards…

Tugdual, un jeune adulte de 18 ans, ainsi que son frère Mortimer (17 ans) et sa soeur Zoé (16 ans) ne forment pas une famille comme les autres. Ils ont été les cibles d’une cruelle malédiction. Où qu’ils se rendent, toutes les personnes qu’ils croisent sont irrémédiablement attirées par eux. Cette attraction ne serait pas si grave si elle n’était pas mortelle…

Les adolescents sont donc obligés de vivre cachés loin du monde. Jusqu’au jour où le sorcier Abakoum qui leur sert de père leur offre des bracelets qui contrent les effets du poison. Enfin, ils vont pouvoir connaître les joies du lycée, à moins que ce ne soit que le début de nouveaux problèmes.

J’attendais beaucoup de ce roman rédigé à deux mains par les auteures d’Oksa Pollock, qui s’arrache au CDI. Eh bien j’ai été plus que déçue ! J’ai d’ailleurs arrêté ma lecture au premier tiers du pavé ne souhaitant pas m’infliger davantage de niaiseries. J’ai cru relire le début de Twilight ! Du grand n’importe quoi ! Pourtant, le début était plutôt prometteur avec les meurtres étranges et l’enquête. Mais passé les trente premières pages, on dévie sur ces pauvres ados beaux à s’en damner qui souffrent de faire tomber toutes les filles qu’ils croisent dans leurs lacs à cause de phéromones hyper-puissantes ! L’arrivée au lycée n’est qu’une succession de clichés et topoï de l’adolescent maudit et l’on retrouve presque les mêmes mots que chez Stephenie Meyer. Et pourtant, nos collégiens adorent ! L’explication de ce phénomène est simple : les auteures accumulent tous les thèmes qui les mettent en émois (beaux garçons, belles jeunes filles, attirance physique, amour, danger,mystère, magie…), saupoudrent tout cela de quelques pseudo-interrogations métaphysiques sur la vie et la mort, sur la différence et secouent le tout. Un seul mot d’ordre : si vous avez plus de 15 ans, passez votre chemin !!

Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air

7 Jan

C’est la rentrée ! On reprend les lectures en lien avec le CDI !

Décollage immédiat, Fabien Clavel

Lana Blum est une jeune lycéenne mal dans sa peau. Ses parents sont divorcés, sa mère – hôtesse de l’air – est très souvent absente. Le seul moyen de se faire remarquer est de rendre la vie de ses profs et de ses camarades infernale. Mais sa vie va basculer le jour où elle reçoit un coup de fil paniqué de sa mère qui lui dit de s’enfuir au plus vite de chez elle. A peine a-t-elle le temps de lui demander où elle se trouve que la ligne est coupée et qu’un homme fait irruption dans l’appartement…

A partir de là, une course poursuite à travers l’Europe va s’amorcer. Lana, aidée par Creep, un bel ado haker (vague connaissance de la mère), va tenter de percer le mystère qui entoure la disparition de sa maman tout en essayant d’échapper à ses dangereux poursuivants…

Je n’ai pas du tout, mais alors du tout accroché à ce thriller totalement improbable et plat. Rien n’est plausible là-dedans : la fille qui se fait passer pour la mère comme hôtesse, le fait qu’elle connaisse le numéro de carte bleue par coeur, que deux ados parviennent à acheter plusieurs billets d’avion au même moment à des tarifs exorbitants et qu’ils parviennent à échapper à un tueur professionnel… j’en passe et des meilleures ! Pourtant, quelque chose me dit que les collégiens apprécieront sans doute ce livre qui va à cent à l’heure et qui mêle action et suspens sur fond de romance. Sans doute suis-je une trop grande adepte du genre et donc très exigeante en la matière pour apprécier un texte aussi simpliste et peu crédible !