Derrière la toile

7 Fév

Encore un livre récupéré en salle des profs, puisque mes collègues ne semblent pas se presser pour faire diminuer la pile !

Groom, François Vallejo

Véra Carmi vient de recevoir un coup de fil peu banal : le musée national d’Art Moderne lui a téléphoné pour lui annoncer que son mari a fait un malaise devant une toile. Mais le temps qu’elle arrive au Centre Pompidou, Antoine s’est envolé et les agents de surveillance sont bien embêtés. Quant à Véra, elle ne peut s’expliquer la soi-disant présence de son mari en ce lieu pendant ses heures de bureau et encore moins ce malaise étrange alors qu’il semble en bonne santé. La jeune femme aimerait tirer l’histoire au clair. Mais plutôt que de demander simplement des explications au principal intéressé, elle va se rendre chaque jour au musée pour tenter de trouver une explication plausible à cette étrange affaire. Il faut dire qu’entre elle et son mari – cadre commercial dans une grande société, très souvent en déplacements – le dialogue est quasiment inexistant. Difficile dès lors d’entamer une réelle discussion sans provoquer de soupçons ou une dispute. Alors que Véra penche pour une liaison, il n’en est en fait rien. Antoine doit passer beaucoup de temps auprès de Melle Rotheim, une vieille femme à la tête d’une pension de famille digne de Balzac, et se livrer pour elle à un dangereux trafic dont il ne souhaite parler à sa femme…

Si l’intrigue du roman est intéressante et le caractère des personnages très bien brossé, j’ai trouvé ce roman un peu longuet, voire ennuyant par moment. Bien sûr, en apprendre davantage sur la vie de cette étrange Melle Rotheim permet au lecteur de mieux cerner le personnage et ce qui la pousse à agir. Mais ces voyages dans le temps finissent par trop l’emporter sur l’intrigue de base et nous en détourner par la même occasion, ce qui est fort dommage je trouve. J’aurais aimé que la narration s’attache davantage à ce couple en perdition, rongé par les mensonges et les non-dits (en même temps, plus facile à suggérer qu’à mettre en pratique… écrire un livre sur le silence n’est sans doute pas la chose la plus évidente qui soit !) Par contre, j’ai beaucoup apprécié la sensation d’étouffement que l’auteur parvient à créer autour de ce couple et surtout autour d’Antoine Carmi, dont le destin semble tout tracé et qui ne peut échapper à sa condition. Dans le même genre d’idée, la pension de famille prend une place telle que l’on peut la considérer comme un personnage à part entière, ce qui est à mon sens un sérieux tour de force narratif. Un bilan mitigé donc pour ce roman qui n’en reste pas moins très bien rédigé.

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