Archive | avril, 2016

Correspon-danse

24 Avr

Je remercie l’adorable amie qui m’a offert ce livre.

Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat

1507-1Le célèbre écrivain Pierre-Marie Sotto n’a pas pour habitude de répondre aux nombreux courriers que lui adressent ses lecteurs. Pourtant, un jour, un mail attire son attention. Celui d’Adeline Parmelan, une jeune femme qui vient de lui adresser une mystérieuse enveloppe que l’auteur n’a nullement l’intention d’ouvrir. Après un échange de mails un peu forcé et pas très amical, le prix Goncourt va peu à peu se laisser prendre au jeu d’une relation épistolaire avec cette jeune lectrice qui lui raconte son quotidien avec une plume qui le ravit. Chacun va se dévoiler tout en conservant sa part d’ombre et de mail en mail, et les vérités falsifiées vont bientôt laisser apparaître un secret partagé…

Je ne vais pas y aller par quatre chemins : j’ai adoré ce livre ! Déjà par sa forme. L’épistolaire n’est que trop rarement mis à l’honneur par les romanciers. Or là, véritable bonheur puisque le livre est réellement écrit à deux mains et nous imaginons d’emblée les deux écrivains correspondre à but fictif. D’une écriture légère, ce roman n’en est pas moins chargé d’une profonde réflexion sur la solitude et sur la difficulté d’écrire, du risque de dévoiler trop de soi-même derrière des mots même romancés ou bien de ne plus réussir à produire la moindre ligne après un accident de la vie qui nous la rend tout à coup insipide. J’ai vraiment aimé cette joute verbale, ce partage quotidien et les liens qui se tissent entre les protagonistes. Ce mélange de légèreté du quotidien, d’humour mais aussi d’émotions qui font de ce roman un excellent moment de lecture. Un livre d’une fraîcheur remarquable, dans le meilleur sens du terme, qui donne envie de sourire à la vie. Coup de cœur !!

Un monde parfait ?

23 Avr

Je reviens avec de la littérature jeunesse et une nouveauté de chez Syros.

Les effets du hasard, Marie Leymarie

9782748520941Dans un futur qui nous semble proche, Maïa, une adolescente de 15 ans, aux yeux noisette, aux cheveux châtains et au QI de 117, tombe sous le charme d’Anthony, un magnifique jeune homme qui lui semble trop intelligent pour s’intéresser à elle. Mais bientôt, leurs sentiments prennent le dessus, malgré les avertissements des adultes qui ne cessent de répéter à Maïa que l’amour est une maladie dangereuse qu’il faut soigner au plus vite avec quelques comprimés de Deluvio 300.

Dans le même temps, les parents de Maïa veulent s’offrir un nouvel enfant. Un garçon plus beau et plus intelligent qu’elle. La jeune fille, jalouse de ce futur frère qui risque d’attirer davantage l’attention de ses parents, commence à se rebeller contre eux et à s’interroger sur ses origines et la façon dont sont créés les humains.

Grâce à des références à notre quotidien, Maire Lemeyrie, plonge le lecteur dans une société futuriste mais qui pourrait être la nôtre. Dans ce monde aseptisé, où les risques sont minimisés au possible, les enfants ne sont plus directement conçus par un couple d’adultes qui s’aiment mais sont commandés sur catalogue et dispose chacun d’un prix selon leur beauté ou leurs capacités intellectuelles. Ce roman jeunesse n’est pas sans nous rappeler Le meilleur des mondes qu’Aldous Huxley avait imaginé en 1932 ou le plus récent film Bienvenue à Gattaca qui évoquent également des sociétés dans lesquelles les bébés sont produits à la chaîne et sur-mesure.

L’auteur, grâce à une écriture dynamique, offre ainsi aux adolescents la possibilité d’accéder facilement aux questions éthiques que posent les deux œuvres de science-fiction citées ci-dessus. Ils pourront en effet réfléchir à la notion de société utopiste, hyper-contrôlée, dans laquelle tout risque et toute surprise sont abolis mais qui ignore au final la liberté individuelle. L’héroïne, à laquelle ils pourront s’identifier aisément, leur permettra aussi de se rendre compte qu’ils ne sont pas les seuls à se poser des questions du type : « Mes parents m’aiment-ils malgré mes défauts ? Une vie sans amour, sans exprimer ses sentiments vaut-elle la peine d’être vécue ? »

Pour conclure, ce roman qui allie anticipation et questionnement sur l’identité et les sentiments ravira aussi bien les amateurs de science-fiction que ceux qui aiment les histoires d’amour. Mais loin d’être un roman à l’eau de rose, on les jeunes lecteurs découvriront que le sentiments amoureux est synonyme de risque car il entraîne bien souvent la déception. Mais encore une fois, une vie sans risque et sans émotion est-elle vraiment enviable ?

Drame familial

10 Avr

Je remercie mon amoureux qui m’a offert ce roman pour mon anniversaire.

Le livre des Baltimore, Joël Dicker

512bp4sqz2bbl-_sx343_bo1204203200_Marcus Goldman, auteur de La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, est, en 2012, une célébrité. Mais depuis huit ans, il est hanté par le Drame qui a bouleversé le destin de sa famille. Il décide donc de quitter New-York pour s’installer en Floride afin de s’atteler à son prochain roman qui racontera l’histoire de sa famille, ou plutôt de ses familles : les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair.

Marcus est le fils des Goldman-de-Montclair, une famille de la classe moyenne, vivant dans une petite maison du New-Jersey, à Montclair.

Tous les ans pendant son enfance et son adolescence, Marcus part pour les vacances chez son oncle et sa tante, les Goldman-de-Baltimore, une famille extrêmement riche, vivant dans une somptueuse maison près de Baltimore, pour retrouver son cousin Hillel et Woody, un enfant laissé à lui-même, recueilli par le père de famille, Saul Goldman.

Marcus se souvient et raconte son admiration pour les Goldman-de-Baltimore, leur réussite et leur richesse alors que lui n’est qu’un médiocre Goldman-de-Monclair. Mais à mesure que ses souvenirs lui reviennent et que ses recherches sur sa famille progressent, Marcus perçoit que l’image de la famille modèle se ternit lentement et qu’en filigrane se profile le Drame. Et c’est à cette question qui le hante depuis des années : qu’a-t-il bien pu arriver aux Goldman-de-Baltimore ? que Marcus va tenter de répondre en écrivant son roman familial.

J’avais adoré La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert et j’ai littéralement dévoré ce nouveau roman de Joël Dicker mettant en scène les destins croisés d’une même famille scindée en deux branches que tout semble opposer. Chaque personnage est peint avec une minutie si rigoureuse qu’à la fin nous parvenons presque à nous sentir de la famille et avoir assisté avec Marcus, de loin, au règne puis à la chute des Goldman-de-Baltimore. Mais attention, ce n’est pas parce que je parle de peinture qu’il s’agit d’un récit contemplatif et descriptif ! Aucunement ! Il s’agit d’un portrait de famille en action. Les dialogues sont en effet largement privilégiés par l’auteur, laissant entrevoir des scènes de vie dynamiques et souvent très humoristiques. Et même si certains événements racontés sont extrêmement graves – je pense au harcèlement que subit le frêle Hillel à l’école – ils sont toujours présentés avec une distanciation humoristique, à tel point que je n’ai pu contenir mon rire à plusieurs reprises. Alors si vous aussi vous voulez savoir quel est ce Drame qui a frappé les Goldman-de-Baltimore et passer un magnifique moment de lecture, n’hésitez pas ! Coup de cœur pour moi !

La fille au sang chaud

9 Avr

Une lecture pour mon ancien collège. Allez d’ailleurs jetez un œil sur le super blog très fourni en nouveautés littérature jeunesse Les lectures d’Arsène

Margot d’Anvers, Jean-Claude Van Rijckeghem et Pat Van Beirs

9782874230851Alors qu’elle n’a que cinq ans, la jeune Margot est abandonnée par sa mère au foyer des orphelines d’Anvers. La petite grandit dans un univers où il lui faut se débrouiller seule. Malgré quelques amies, elle ne peut compter que sur elle-même. Alors que toutes ces dernières sont placées comme servantes dans de riches familles, Margot refuse ce destin tout tracé. Depuis son plus jeune âge, elle est en effet persuadée que sa véritable vie n’est pas celle-ci. En elle coule du sang espagnol. A 15 ans, elle quitte l’orphelinat pour travailler auprès d’un apothicaire qui parcourt les foires avec une troupe de voleurs professionnel. Qu’importe. Margot est prête à tout pour partir en Espagne et tenter de retrouver son père, un célèbre duc. Mais un jour, elle est prise la main dans le sac et se retrouve dans une terrible posture…

D’une densité et d’une richesse extrême, ce roman d’aventure, d’amour et d’espionnage saura séduire les très bons lecteurs amateurs d’Histoire. En effet, les auteurs livrent ici un ouvrage très documenté sur l’invasion des Pays-Bas par l’Espagne, sur la vie dans ces deux pays à la fin du 16ème siècle et sur la découverte du Nouveau Monde. On plonge véritablement dans cette époque qui semble revivre sous nos yeux. Seul petit bémol, le livre a les défauts de ses qualités, on a parfois la sensation de lire un livre d’Histoire.

Du point de vue de l’action, rien à redire. Les aventures de Margot sont palpitantes et tous les personnages sont peints avec finesse et possèdent des caractères très nuancés. Alors que l’on croit pouvoir compter sur quelqu’un, voilà qu’un retournement de situation s’opère et nous dévoile le vrai visage de la personne. Tout n’est pas tout blanc ou tout noir et c’est cela qui est vraiment intéressant car comme dans la vraie vie, il faut apprendre à se fier aux bonnes personnes qui ne sont pas toujours celles que l’on croit.

Je conseille ce livre à partir de la 5ème pour les excellents lecteurs amateurs d’Histoire et pour tous ceux qui ne redoutent pas les lectures longues (plus de 500 pages tout de même !) Coup de cœur inattendu en ce qui me concerne !