Archive | novembre, 2016

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

Circus crime

15 Nov

Et c’est reparti pour une petite série polars… Pour mon plus grand plaisir !

Cinq lames d’acier, Cilla et Rolf Börjlind

9782021093933fsSuède. Olivia rentre tout juste d’Amérique du Sud où elle était partie plusieurs mois sur les traces de sa mère biologique assassinée vingt ans plus tôt quand un horrible événement se produit non loin de chez elle. Le père de Sandra, une adolescente, qu’Olivia gardait quand elle était plus jeune vient d’être retrouvé pendu chez lui. La jeune fille est sous le choc, c’est elle qui a trouvé son père. Olivia l’accueille en attendant que de la famille proche puisse s’occuper d’elle. En discutant avec Sandra, Olivia se met à douter que le père de l’adolescente se soit suicidé… En douce, elle commence à mener son enquête. Effectivement, avant son break à l’autre bout du monde, la jeune femme venait de terminer l’école de police. Mais son année sabbatique a quelque peu émoussé son envie de faire carrière dans les forces de l’ordre, au grand désespoir de Mette Olsäter, une inspectrice qui l’avait pris son son aile pendant ses études.

Tom Stilton, ex-flic devenu clochard en quête de vengeance est contacté par Abbas el Fassi, un ami qui l’a aidé lorsqu’il était au plus bas, à propos d’un meurtre commis à Marseille. La victime, découpée en morceaux, était non seulement son ancienne assistante en tant que lanceur de couteaux mais surtout son grand amour de jeunesse.Les deux hommes partent pour la cité phocéenne, bien déterminés à mettre la main sur le coupable de cet acte horrible.

Chacun de son côté va tenter de résoudre son affaire et va devoir se confronter à la pire des perversités et au pouvoir de l’argent. Bientôt, aussi étrange que cela puisse paraître, les deux intrigues vont se trouver mêlées, obligeant Olivia et Tom – qui se connaissaient et n’étaient pas en bons termes – à faire équipe et à affronter leurs vieux démons.

Voilà un petit moment que je n’avais pas lu un polar venu du froid et c’est avec plaisir que je découvre le travail de Cilla et Rolf Börjlind qui sont apparemment les scénaristes de polars les plus célèbres de Suède. J’en profite pour remercier les éditions du Seuil qui m’ont fait parvenir cet ouvrage sorti le 3 novembre. En tant qu’amatrice du genre, je n’ai pas été déçue. Les intrigues sont très bien ficelées et se rejoignent parfaitement, avec beaucoup de naturel. J’ai trouvé plaisant le fait de se retrouver à Marseille tout en suivant une enquête se déroulant en Suède, le contraste climatique fonctionne à merveille. En ce qui concerne les personnages, tous sont très travaillés. Apparemment, ils intervenaient déjà dans un précédent roman, Marée d’équinoxe, mais bien que ne l’ayant pas lu je n’ai pas du tout été perdue. Si les personnages principaux, Olivia et Stilton, font l’objet de davantage de précisions, les personnages secondaires ne sont pas en reste. Le récit enchâssé concernant le passé d’Abbas El Fassi est franchement très réussi et permet de donner une jolie profondeur à ce personnage plutôt discret. J’ai également apprécié le fait que ce polar reste assez lumineux malgré quelques scènes assez glauques ce qui est rarement le cas.

Pour conclure, j’ai passé un très bon moment de lecture avec ce roman que je recommande aux amateurs du genre. Coup de cœur !

Amour, toujours ?

12 Nov

Entre deux romans noirs, voici un livre dont le thème est bien plus léger. Parlons donc un peu d’amour plutôt que de meurtres en ces temps moroses.

J’ai bien dit l’amour, Danièle Sastre

004427433La narratrice, auteure, évoque, dans une première partie de son livre, sa réflexion sur ce qu’est l’amour après soixante ans. Quel genre de relation peut-on entretenir à cet âge de la vie ? Peut-on encore rencontrer l’amour ? Que va-t-il arriver ? Autant de questions auxquelles la narratrice essaie d’apporter des réponses. Au fil de ses interrogations, lui reviennent les souvenirs de ses amours passées et des livres qui ont jalonné sa vie, des livres qui ont eu un impact sur les personnes qui ont partagé sa vie de près ou de loin. Puis, l’écrivain veut attaquer son roman, quitter l’emploi du « je » pour accorder du temps aux autres personnages, mais les souvenirs amoureux refont surface, aboutissant au récit d’un voyage effectué dans sa jeunesse avec un amant. Enfin, nous quittons Danièle pour Félix, la soixantaine passée, qui évoque sa relation actuelle avec une trentenaire et sa crainte permanente de se retrouver seul du jour au lendemain.

J’ai lu ce livre en fil rouge, en parallèle avec ma lecture du moment – un polar dont je vous donnerai bientôt des nouvelles ! – car, après l’avoir commencé comme n’importe quel roman, je me suis aperçue qu’il s’agissait bien davantage d’une méditation sur le sujet de l’amour après 60 ans. On retrouve donc ici une démarche quasi philosophique – en tout état de cause, l’auteure est philosophe – avec une réflexion portant aussi bien sur le sentiment amoureux que sur notre évolution en tant qu’individu et notre rapport aux autres à chaque étape de notre vie.

J’ai apprécié le style de l’auteure, fait de petites touches qui finissent par composer à la manière d’un impressionniste en tableau que chacun peut admirer avec son propre regard. Pas forcément facile d’accès pour ce qui pourrait apparaître comme décousu, j’ai pour ma part savouré ce récit entre roman, autobiographie et essai. Un grand merci à Danièle Sastre et aux éditions L’Harmattan pour ce joli moment de lecture.

 

La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

Mad Max

5 Nov

Bonjour à tous ! Désolée pour l’attente mais un emploi du temps chargé ces dernières semaines ne m’a pas laissé beaucoup de temps pour lire. Mais ça y est, je suis de retour, et préparez-vous à découvrir pas mal de nouveautés.

Water Knife, Paolo Bacigalupi

water2bknife2bvfDans un futur que l’on imagine plus proche qu’on ne le souhaiterait, l’eau est devenue denrée rare et une véritable guerre fait rage entre les états du sud des Etats-Unis autour du fleuve du Colorado. Dans un univers asséché par un soleil de plomb, Le Nevada, l’Arizona et la Californie se livrent à une lutte sans pitié pour l’or bleu. Dans ce monde aux allures d’apocalypse, Angel Velasquez, à la fois détective, espion et tueur employé par Catherine Case, la présidente de la Southern Nevada Water Authority, est chargé de « couper l’eau » aux états voisins afin d’assurer la survie des arcologies (architectures écologiques) de Las Vegas. Alors qu’il doit se rendre à dans une Phoenix réduite à l’état de cendres pour récupérer des droits très anciens sur l’eau, Angel fait la rencontre de Lucy Monroe, une journaliste acharnée qui tente de montrer au monde entier le désastre en train de se produire, et de la jeune Maria, une jeune texane qui rêve de fuir vers le Nord. Au milieu de ce chaos, Angel va bientôt découvrir qu’il ne pourra compter que sur lui-même pour mettre la main sur les fameux documents.

Voilà une belle découverte que ce thriller SF dont j’imagine très bien une adaptation cinématographique tant Bacigalupi dépeint avec une extrême précision et un réalisme glaçant – ou devrais-je dire brûlant –  les états du sud des Etats-Unis dévastés par la sécheresse, en proie à une sanglante guerre de l’eau. Et c’est sans doute en cela que réside le coup de maître de l’auteur. A l’heure où gagne le réchauffement climatique, la vision de cette apocalypse caniculaire, d’un monde où l’eau se fait si rare nous paraît plus que jamais une représentation plus que crédible de notre futur et confère ainsi au lecteur la sensation véritablement oppressante de connaître un jour ce terrifiant désastre. Dystopie très bien ficelée, ce roman d’anticipation donne à réfléchir sur l’impact que chacun peut avoir sur l’environnement. Coup de cœur !