Instantanés

21 Fév

Je remercie chaleureusement Michel Brignot, dont le dernier ouvrage Humeurs d’alambic vient de paraître, pour m’avoir fait découvrir le recueil dont je vais vous parler aujourd’hui.

Renaissances, recueil collectif – Souffle court éditions

couv-renaissances1Toujours délicat de présenter un recueil de nouvelles, surtout lorsqu’il s’agit d’un recueil collectif. Car même si souvent – et c’est le cas ici – un thème est imposé, chaque auteur possède son propre style, un univers personnel bien défini. Renaissances n’échappe pas à la règle. Vingt deux auteurs ont été conviés à laisser libre cours à leur imagination à partir de cinq clichés choisis par cinq femmes photographes. La volonté de l’éditeur était de célébrer les 250 ans de la naissance de Nicéphore Niepce, l’inventeur de la photographie, par le biais de cette expérience artistique peu commune. Pour reprendre les termes de Philippe Vieille, l’éditeur, en quatrième de couverture : « Une photographie c’est bien plus qu’une image, c’est un jalon posé sur le rebord du temps. C’est beaucoup. Le temps d’un cliché, le futur se conjugue au passé. Il y aura un avant et il y eut un après. Prendre, regarder, afficher une photo c’est se jouer du temps qui passe, c’est à la fois conserver la fugacité de l’instant et le concentrer en émotions. L’écriture elle aussi permet de faire renaître le temps, de le réanimer, de le sublimer […] » La nouvelle, par sa brièveté, me semble la forme littéraire la plus apte à capter l’instantanéité de la photographie. Le thème de la renaissance choisi ici est également porteur de cette idée d’instant. Car s’il existe différents moyens de renaître, que certains peuvent apparaître comme de lents processus, le résultat est quant à lui instantané. Que ce soit cette femme qui découvre que son mari la trompe avec sa meilleure amie et qui emploie toute sa douleur et sa colère à s’effacer du monde avant de renaître sous l’objectif d’un photographe ou ce jeune Steve qui prend conscience après des nuits d’errance, perdu dans les abîmes de la drogue, que sa vie peut encore avoir un sens, chaque personnage de ces vingt deux nouvelles va renaître à lui, éclore à la vie, à l’amour. Mon seul regret : que les clichés qui ont initié les nouvelles ne soient pas présents dans le recueil. Cela dit, cette absence m’a permis de faire travailler mon imagination pour tenter de concevoir à quoi pouvait ressembler les photographies d’origine. Je vous invite à découvrir et à savourer ce recueil inspiré et inspirant – qui n’est pas sans me rappeler Les vies minuscules, un roman de Pierre Michon – , dans un format très agréable à manipuler.

 

 

 

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