Vie libre

28 Fév

Aujourd’hui, je vous présente le deuxième des quatre romans que m’ont gentiment fait parvenir les éditions du Muscadier.

Les mains dans la terre, Cathy Ytak

9791090685703_frame-165x250Mathias est un jeune homme qui a tout pour être heureux, en apparences du moins : étudiant brillant, parents très aisés qui financent ses études supérieures et lui offrent des vacances à l’autre bout du monde dans des hôtels luxueux… Cependant, Mathias ne se sent pas à sa place dans cette vie que lui ont tracée ses parents, dans cet univers superficiel où l’argent règne en maître et où tous les coups sont bons pour écraser son prochain afin de s’enrichir davantage. Lors d’un voyage au Brésil, il se rend compte à quel point il refuse de participer à accroître les inégalités en reprenant l’entreprise de son père qui profite de la crise pour générer des bénéfices records sur le dos des plus pauvres. Grâce à une statuette en terre cuite rapportée de son séjour, il va trouver le courage de s’affirmer contre la volonté de ses parents, le courage de choisir de mener sa vie comme il l’entend et d’acquérir une richesse qui ne s’acquiert avec aucune monnaie : le bonheur.

Je n’irai pas par quatre chemins : j’ai adoré ce court roman. Vraiment. Par tous les messages qu’il parvient à faire passer en cinquante pages. Ça commence par un message de tolérance et d’ouverture d’esprit. Mathias est homosexuel. Même si ce thème demeure assez sous-jacent, on sent que le personnage a dû se battre pour faire accepter cette différence à ses parents, pour imposer ce choix qui ne va pas forcément dans le sens de ce que la société juge moral ou convenu. Un message économique et politique ensuite. Avec une critique du système capitaliste où des patrons richissimes sont prêts à tout pour étendre leur fortune et n’hésitent pas à piétiner ceux qui n’ont déjà que peu de choses pour ce faire. Une véritable leçon de vie et de courage enfin. Avec le refus de Mathias de prendre l’orientation professionnelle qui a été choisie pour lui. Avec sa prise de conscience sur la réalité de la vie hors de sa prison dorée. Prise de conscience également que l’argent ne fait pas le bonheur, loin de là. Que la véritable richesse est celle du cœur et de l’âme. Que vivre de ses passions – même si elles rapportent peu d’argent – rend immensément riche car cette vie apporte un bonheur inestimable. Que vivre avec le strict minimum dans une vieille bicoque mais entouré d’amour, en assumant ses convictions, en existant en parfaite harmonie avec ses choix et sa morale, vaut largement plus que tout l’or du monde qui n’est que richesse superficielle et qui recouvre bien souvent d’un film doré une grande pauvreté spirituelle et un cœur immensément vide. Gros coup de cœur !

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