Archive | janvier, 2018

Toxique

17 Jan

Avant de commencer, un grand merci aux éditions Don Quichotte qui m’ont fait parvenir le roman que je vais vous présenter aujourd’hui.

Ariane, Myriam Leroy

ph_couv_159Notre narratrice est une collégienne belge, issue d’une famille modeste qui se rêve bourgeoise. Elle est complexée par ses fesses qu’elle trouve énormes et surtout par son statut social. En effet, ses parents l’ont inscrite dans un établissement privé où l’immense majorité de ses condisciples, très riches, lui font sentir son infériorité. Longtemps exclue par ses pairs, elle finit par se lier d’amitié avec Ariane, une magnifique adolescente, sûre d’elle et dont les parents sont, qui plus est, remarquablement riches. Néanmoins, alors que tout semble les opposer, les deux jeunes filles vont bientôt devenir inséparables. Cette amitié exclusive, dévorante, va se faire aux dépens des camarades qui entourent le duo. En effet, les deux amies s’amusent à persécuter leur entourage, à humilier ceux et celles qu’elles jugent plus faibles qu’elles afin de se mettre en valeur. Ariane agit comme une drogue dure pour la narratrice qui n’a que très peu confiance en elle. Elle n’existe plus que par le prisme de son amie qui l’entraîne toujours plus loin dans ses provocations malsaines. Tout bascule pour elle le jour où Ariane choisit d’intégrer une troisième fille au groupe. L’exclusivité n’est plus de mise, notre narratrice se sent rejetée, la jalousie s’empare d’elle alors qu’Ariane se plaît à la voir et à la faire souffrir. La narratrice ressent alors un vide immense, un manque qu’elle ne peut combler auquel se mêlent haine et fascination pour celle qui va devenir son bourreau…

Ce roman de Myriam Leroy est véritablement hypnotisant. Dès les premières lignes, j’ai été transportée par cette histoire d’amitié toxique entre deux adolescentes. L’auteur dépeint à la perfection le mal-être de la narratrice à laquelle elle s’identifie, le besoin profond de reconnaissance par les pairs, l’abandon d’une identité et d’une réflexion propre pour plaire à la personne aimée, l’état de dépendance à l’autre. Les deux personnages principaux, malgré un traitement qui pourrait sembler, a priori, exagéré, reflète au contraire de manière très réaliste la violence et même la cruauté de ce que peuvent être les relations entre adolescents, une période au cours de laquelle émotions et sentiments sont souvent exacerbés d’autant plus dans l’environnement aussi terne et étouffant de cette petite ville de province. Inutile d’en dire plus, je vous recommande chaudement de roman aux airs de thriller psychologique qui vient tout juste de paraître aux éditions Don Quichotte.

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Tous toqués !

6 Jan

Merci aux Ateliers Henry Dougier qui m’ont sympathiquement fait parvenir l’ouvrage que je vais vous présenter aujourd’hui.

L’homme qui courait après son nez, Gérald Cahen

l-homme-qui-courait-apres-son-nezJe ne suis pas une grande adepte des recueils de nouvelles mais le titre pour le moins délirant de celui-ci a piqué ma curiosité.

Les 17 nouvelles de ce recueil sont réparties en cinq chapitres correspondant chacun à un caractère : les grands timides, les délirants, les rieurs, les mal élevés et les mal aimés. Elles mettent chacune en scène des personnages souffrant de troubles plus ou moins envahissants qui leur empoisonnent le quotidien.

Avec un humour pour le moins décalé, l’auteur nous entraîne dans son univers fantaisiste, parfois terrifiant (comme dans la nouvelle « Le Chat ») mais souvent amusant (ma partie préférée est celle des mal élevés). Si vous cherchez une lecture qui vous pousse à vous moquer tendrement de vos contemporains ou de vous-même, laissez-vous tenter par cet homme qui courait après son nez.