nouveauté·Roman

Insensible

Voici aujourd’hui un court roman paru aux jeunes éditions Sans Escales

L’exquise sensation du rejet, Valéry Zabdyr

ob_83a20c_l-exquise-sensation-du-rejet-couverturLe narrateur, un homme qui a plutôt correctement réussi sa vie, revient sur sa jeunesse après le délitement de son mariage. Il porte un regard acerbe et cynique sur ses jeunes années et sur l’humanité de manière plus générale. Incapable de la moindre émotion, il s’est marié à une femme qui n’éprouvait guère plus de sentiments que lui. C’est donc l’histoire d’une vie morne, ponctuée de beuveries et de mauvaises blagues adolescentes que nous raconte cet homme, totalement désabusé.

« Hélène me regardait souffrir : je sus qu’elle ne m’avait jamais aimé. J’avais mis de la distance dans notre amour, par bêtise mais elle en avait mis par nécessité génétique. Elle possédait le chromosome du non-amour ».

Voilà un court roman que l’on pourrait qualifier de chronique de la haine ordinaire. Bien difficile de se prendre de sympathie pour le narrateur qui n’en éprouve aucune pour ses congénères et qui contemple avec une distance à la fois ironique et blasée le petit monde qui l’entoure. Notre homme est odieux et le revendique. Si le texte est bien rédigé, j’avoue que je reste perplexe devant tant de négativité et surtout j’ai eu la désagréable sensation que l’auteur se regardait écrire. Le point positif, c’est que fond et forme coïncident parfaitement. Pour ceux qui me connaissent, je suis très branchée humour noir et il m’arrive bien souvent de faire preuve de cynisme moi-même donc, détestant les romans à l’eau de rose, je pensais vraiment accrocher à ce livre. Mais force est de constater que ça n’a pas vraiment été le cas, je n’ai vraiment pas été transportée et ce n’est pas le fond de critique sociale qui relève de l’anecdote qui permet de relever l’ensemble. Et pour couronner le tout, j’ai relevé quelques fautes d’orthographe au fil texte…