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Magique !

21 Oct

J’ai testé – et approuvé ! – une nouveauté du CDI.

Oksa Pollock – L’Inespérée – tome 1, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Oksa Pollock a 13 ans. Elle vient d’emménager à Londres où son père, Pavel Pollock, a décidé d’ouvrir un restaurant avec son fidèle associé Pierre Bellanger. Alors qu’elle fait sa rentrée dans un lycée français, elle ne rêve que d’une chose : se retrouver dans la même classe de 4ème que son meilleur ami, Gus, le fils de Pierre. La chance est du côté des deux ados fous de joie d’être ensemble. Mais ce bonheur ne sera qu’éphémère. En effet, leur prof de maths-science, le détestable M. McGraw, semble avoir décidé de leur pourrir l’existence. Et dans les couloirs, une grosse brute de 3ème les a choisi comme souffre-douleur.

Mais les choses ne sont pas si noires dans la vie d’Oksa. A la maison, elle peut compter sur ses parents et son extravagante grand-mère, la pétulante Dragomira, pour lui remonter le moral. Et puis, ces derniers temps, il se passe des choses bizarres : une partie de son bureau a étonnamment pris feu et des objets semblent se déplacer sans qu’elle ne les touche ! Dans le même temps, une étrange étoile vient se tatouer sur son ventre. Terrifiée, elle cache cette découverte…

Bientôt, Oksa comprend qu’elle est dotée de pouvoirs magiques. Mais ce qui la stupéfait le plus, c’est qu’elle n’est pas la seule : sa grand-mère, son père et une bonne partie de sa famille le sont aussi ! Pendant des années, tout son entourage lui a menti. A peine remise de ces découvertes, sa grand-mère lui révèle toute la vérité concernant ses origines : la famille Pollock vient d’Edéfia, un monde invisible, caché, dont on a perdu l’entrée. Oksa est une Gracieuse, c’est-à-dire qu’elle appartient en quelque sorte à la famille royale (comme sa grand-mère). Elle est leur Inespérée, leur seul espoir de pouvoir un jour regagner Edéfia…

Forcément, à partir de là, la vie d’Oksa va se trouver totalement bouleversée ! Elle va devoir conjuguer sa vie de collégienne ordinaire et sa vie de magicienne « élue » soit jongler entre devoirs de maths et cours de granokologie et de volticalage (en français courant : lancer des sorts à l’aide d’une sorte de baguette magique et voler dans les airs). Ses pouvoirs sont immenses : elle peut déplacer des objets à distance, créer des tempêtes, s’envoler ou marcher sur les murs, envoyer les gens valser à l’autre bout d’une pièce sans les toucher… mais ils lui seront bien plus que nécessaires pour affronter le terrible complot qui la menace…

J’ai littéralement dévoré ce roman ! Et je n’ai apparemment pas été la seule puisque après avoir été auto-édité, ce livre a connu un tel succès auprès des jeunes lecteurs que ses auteures ont pu publier chez un vrai éditeur. Un vrai conte de fée pour elles donc ! Certes, ça rappelle grandement Harry Potter, magie, bestioles farfelues et enfant « marqué » obligent. Mais le roman réussit à s’en détacher avec l’histoire de la quête pour retrouver le pays perdu et surtout son côté délirant, façon famille Foldingue (grâce aux Foldingots justement, des créatures bizarres qui ont une façon de s’exprimer des plus étonnantes). La seule chose qui m’a perturbé est la débauche de néologismes, certes nécessaires pour créer un univers, mais parfois si envahissants que le texte en devient confus. Mais je pense que les jeunes lecteurs ne se focaliseront pas sur ce genre de détails, au contraire !  J’attends donc de lire la suite avec impatience, car le premier tome se clôt sur un suspens insoutenable !

Faërique !

10 Août

Je reviens de vacances avec une nouveauté, fraîchement parue hier et récompensée par le Prix de l’Imaginaire 2016.

Edewenn, le monde des Faës, Charline Rose

10247.6_bandeauEdwenn, jeune femme rousse au tempérament aussi flamboyant que sa chevelure, vit dans un petit village au milieu des bois avec son frère qui l’a élevée après la disparition de leur père. Edwenn n’est pas comme les autres filles de son âge. Indépendante, elle refuse de se marier, préférant perfectionner ses aptitudes pour la chasse. Un jour, un être mystérieux, apparemment traqué et en mauvaise posture fait son apparition dans la forêt. Edwenn décide de lui venir en aide. La créature, Kadvael, a une apparence humaine mais dégage une beauté et une aura quasi surnaturelles. Il s’agit en fait d’un Faë traqué par des Chimères qui vient de franchir le voile magique qui sépare le monde des humains de la Féerie…

Bien vite, Edwenn va se retrouver mêlée à une histoire qui la dépasse et se voir propulsée dans un monde en tous points merveilleux. Recueillie dans la cité d’Alwena par le roi Jezekael, frère du prince Kadvael, la jeune humaine va découvrir un univers magique, d’une beauté à couper le souffle. Malheureusement, le côté enchanteresque du royaume va rapidement prendre des allures de cauchemar. La cité est attaquée par Camall, roi des Chimères. Ce dernier vient d’assassiner sa propre fille après avoir découvert qu’elle entretenait une liaison coupable avec Kadvael. Il a d’ailleurs finalement réussi à kidnapper ce dernier afin de le se venger en lui faisant subir un traitement des plus horribles. Mais Jezekael refuse de voir son ennemi réduire son royaume en poussières et compte bien retrouver son frère. Entre temps, le Faë et l’humaine ne cessent de se rapprocher malgré la désapprobation de la cour et l’ombre des Chimères qui se fait de jour en jour plus terrifiante…

Pour un premier roman, Charline Rose réussit à créer un univers d’une richesse incroyable. Les descriptions sont merveilleusement travaillées, permettant de projeter pleinement le lecteur dans le monde de la Féerie. L’intrigue, quant à elle, ne demeure pas en reste. Les personnages richement dépeints entretiennent des liens complexes qui seront à l’origine de nombreuses péripéties. Au-delà de banales histoires d’amours interdites et de vengeances, le roman donne à réfléchir sur la question de la différence et de l’intégration, sur la possibilité ou non de vivre en paix avec des personnes qui ne nous ressemblent pas forcément. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une oeuvre seulement psychologique. L’action est au rendez-vous et les scènes de combat sont relatées avec tant de précisions que l’on s’imagine presque au milieu des personnages. La fin du roman reste ouverte laissant la forte probabilité d’une suite que j’attends avec impatience !

Je remercie vivement France Loisirs et sa collection Nouvelle Plume pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première. Si vous aussi êtes amateur de fantasy et souhaitez pénétrer dans le monde fantastique de la Féerie aux côtés d’Edwenn, le roman vous est offert pour tout nouvel abonnement.Header-priximaginaire2016

 

Super-héros !

8 Jan

Trouvé dans le rayon nouveautés de la bibliothèque. Intriguée par le titre à rallonge. Et pas déçue – loin de là – par ce roman.

Comment Thomas Leclerc 10 ans 3 mois et 4 jours est devenu Tom L’Éclair et a sauvé le monde, Paul Vacca

104565012Thomas Leclerc, collégien dans une petite ville de banlieue parisienne, en plein cœur des années 60, n’est pas un petit garçon comme les autres. Autiste, il est incapable de ressentir ni de manifester la moindre émotion alors qu’il résout les problèmes mathématiques les plus complexes plus vite que quiconque. Alors que les autres enfants de son âge joue ensemble dans la cour de récré, lui, toujours positionné au même endroit se pose des questions existentielles quant au fonctionnement du monde, à la manière de se faire des amis ou à la méthode à adopter pour sourire.

Un jour, alors qu’il se rend à un énième rendez-vous médical et qu’il doit patienter dans la salle d’attente, il découvre un comic book dans la pile des revues. Intrigué puis captivé par ces histoires de super-héros, tous différents de l’ensemble de la population lamba, étrangers comme lui dans une société qui n’est pas faite pour eux, condamnés comme lui à la solitude, Thomas réalise que lui aussi pourrait bien avoir son rôle à jouer dans la bonne marche de l’univers. Le jeune garçon va alors s’inventer une vie de super-héros, celle de Tom L’Éclair, allant chaque jour à la découverte du monde, de ce monde qui l’entoure depuis tant d’années sans qu’il n’interagisse avec lui (ses parents, les collégiens, sa ville), afin de trouver des missions extraordinaires (sauver un chien par exemple), dignes de son nouveau statut et de sauver son univers.

Ce roman de Paul Vacca est magique. C’est simple, dès les premières lignes, je me suis dit : « Voilà le roman que j’aurais voulu écrire ! ». Mais un autre l’a fait, et vraiment très bien fait. L’auteur nous plonge dans la tête et l’univers de ce petit garçon différent, à la fois surprotégé et incompris par sa maman qui l’aime pourtant plus que tout au monde. A travers le regard de Tom s’ouvre un monde magique que malheureusement beaucoup d’adultes ont perdu de vue, on monde dans lequel tout est possible, pour peu que l’on y croie. Ce qui m’a beaucoup plu dans ce roman, c’est que tout en abordant des sujets parfois très sensibles (hors autisme qui l’est déjà suffisamment) – disparition d’une fillette, problèmes de couple, tentative de suicide… – la tonalité reste toujours emprunte d’humour. Et sous-couvert d’un texte léger et facile d’accès – de jeunes collégiens peuvent le lire et le comprendre sans problème – se dévoile une émotion permanente ainsi qu’une vision très subtile et poétique de la vie. Le rôle de super-héros que le petit Tom s’est inventé va ainsi non seulement lui permettre de grandir et d’apprendre à se lier et à communiquer avec le monde qui l’entoure, mais aussi permettre à tous les lecteurs de ce que je qualifierais presque de fable philosophique d’ouvrir davantage leurs yeux et leur cœur sur ce qui les entoure. Énorme coup de cœur !

Ne plus avoir peur

5 Nov

Je remercie vivement Aurélie pour sa délicate attention.

Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne, Antoine Paje

Paul Lamarche a 27 ans. Il a repris l’agence de voyage léguée en partie par sa tante décédée. Son meilleur ami Benoît est médecin, parce que son père était médecin avant lui. Mais au fond, il déteste son métier. Au cours d’une soirée alcoolisée pendant laquelle les deux amis refont le monde après que Paul a lâchement mis un terme à sa dernière relation amoureuse, une idée saugrenue germe en eux : monter une entreprise de tourisme médical.

Le projet se concrétise bientôt et Paul part à San Francisco afin de tenter de décrocher l’investissement d’une banque. Il est bien évidemment terrorisé de se voir refuser le prêt. Tout se passe bien au final, mais notre jeune ami va profiter un peu trop bien de la soirée après avoir décroché un avis favorable et se retrouver derrière les barreaux. Mis en cellule avec une terrifiante armoire à glace, il ne sait encore pas à quel point ce compagnon de l’ombre va bouleverser le reste de son existence…

Ce roman est tout simplement magique. Il compte parmi les quelques livres qui ont le pouvoir de vous faire voir le monde autrement, qui vous permet de vous remettre profondément en question et de vouloir changer, simplement pour vous trouver vous-même.

Ce court roman est une parabole sur la peur que nous portons en nous et qui finit par nous détruire alors que nous pensons qu’elle nous protège. Le personnage principal, Paul, double littéraire de l’auteur qui explique que son roman est amplement autobiographique, va faire la rencontre de plusieurs personnes, des Yodas comme il les nomme, qui vont venir semer leurs graines en son esprit. Peu à peu – il lui faudra du temps; car oui, même si l’on sait que certaines choses ne vont pas, il faut un certain temps pour accepter de les changer et plus encore pour effectuer ces changements -, Paul va se rendre compte que toute son existence a jusque ici été contrôlée par la peur, une fausse peur qui l’a fait se sentir inférieur ou qui l’a poussé à écraser les autres afin que ces derniers ne ressentent pas sa peur. Il finira par comprendre – et nous faire comprendre – que c’est celui qui ne craint plus les peurs qu’il s’est créées ou que la société a créées pour lui qui vit pleinement en accord avec lui, et que c’est cela la vraie force.

Encore une fois, un de ces livres bouleversants, véritable allégorie ou fable philosophique, que l’on peut lire et relire à différentes périodes de sa vie et qui donne envie d’aller de l’avant.

Je ne résiste au plaisir de partager un petit extrait :

 » J’ai fait des choses que je n’aurais pas dû faire, certaines dont j’ai honte aujourd’hui. J’en ai éviter d’autres auxquelles j’aurais dû m’accrocher, tout cela parce que j’avais peur, une peur si insidieuse mais si constante qu’il m’était facile de prétendre qu’elle n’existait pas. Peur de ne pas être à la hauteur, peur qu’on ne m’aime pas – même lorsque je n’aimais pas les gens -, peur de me planter, peur du futur, peur du passé, peur de tout.

En bref, je n’ai jamais vraiment vécu, me contentant d’exister, de passer d’une peur à l’autre, d’un mauvais remède à l’autre. Surtout la peur de me retrouver face à moi-même parce que, inconsciemment, je savais que je n’aimerais pas ce que je découvrirais. Je me suis, au fond, détesté, méprisé, sans trop savoir pourquoi, mais en sentant que je méritais mon mépris.

La fausse peur ne me fera plus jamais chanter.

La fausse peur est comme un mauvais sort jeté par un sorcier de pacotille. Elle n’a de pouvoir que si l’on y croit. Elle est alors plus dévastatrice qu’un tsunami. Elle pourrit chaque moment, chaque acte, nous poussant à des actions irréfléchies, destructrices, génératrices de malheur pour nous et pour les autres mais dont on pense sur le moment qu’elles sont de bons remèdes. […] »

Mondes parallèles

30 Mar

Voilà deux ans et demi, la personne qui me connaît sans doute le mieux après moi m’avait prêté ce roman, 1Q84 de Haruki Murakami. A l’époque, je ne lisais quasiment plus. Il ne m’avait pas fallu plus de deux jours pour dévorer ce volumineux premier tome et je me souviens avoir regretté ne pas avoir la suite sous la main et surtout fulminé de devoir attendre une semaine avant de me la voir remettre. C’est donc grâce à ce roman que j’ai repris goût à lire, goût à vivre aussi. Et c’est grâce à ce roman que l’idée de ce blog est née. Je lui avais donc consacré mon tout premier article. Mais n’ayant pas encore la pratique du blog ni même l’idée de ce que je souhaitais faire de ce support, cette chronique était très courte, minuscule même car quelques lignes seulement relataient les trois tomes. Mes frères m’ont offert la trilogie, que je ne possédais donc pas, pour mon trentième anniversaire. J’en entreprends donc la relecture, en en savourant chaque ligne cette et donc à un rythme bien moins frénétique. J’espère vous transmettre au mieux ma passion pour ce livre.

1Q84 – Livre 1 – Avril-Juin, Haruki Murakami

Un jour de printemps 1984, alors qu’elle se trouve prisonnière à bord d’un taxi bloqué dans les embouteillages monstres du périphérique de Tokyo, Aomamé se laisse happer par la Sinfonietta de Janacek dont une version enregistrée sort de l’autoradio. Quelques instants plus tard, le chauffeur, après qu’elle lui a dit qu’elle ne pouvait en aucun cas arriver en retard pour son travail – d’un genre tout à fait particulier -, lui conseille de sortir de la voiture et de traverser la voie express aux milieu des autres véhicules afin de rejoindre un escalier de service qui lui permettra de rejoindre la gare. Après avoir pesé le pour et le contre de cette étrange possibilité, Aomamé se décide. Mais telle la chute d’Alice dans le terrier, la descente de ce fameux escalier n’est sans doute que le premier pas vers une réalité quelque peu modifiée à moins que la jeune femme n’ait tout simplement pas remarqué de subtiles bouleversements intervenus dans son environnement ces derniers temps…

Tengo enseigne les mathématiques dans une classe préparatoire. En parallèle, il écrit des romans mais n’a toujours pas eu la chance de se voir publié malgré de cordiales relations avec Komatsu, un éditeur renommé. Il est également membre d’un comité de lecture chargé de sélectionner des romans à soumettre pour le prix des nouveaux auteurs. Il vient d’ailleurs de lire un manuscrit écrit par une jeune lycéenne de 17 ans. Charmé par l’histoire de la Chrysalide de l’air mais totalement décontenancé par le style maladroit, enfantin de l’auteur, Tengo décide quand même de le présenter à son ami afin qu’il puissent concourir. Après quelques minutes de réflexion, Komatsu accepte à une condition : que Tengo réécrive l’oeuvre de la jeune Fukaéri afin d’en faire le roman parfait aussi bien d’un point de vue narratif que technique. Le jeune professeur imagine d’emblée les conséquences de ce projet fou mais ne peut s’empêcher de l’accepter…

Evidemment, nous nous en doutons dès le départ, les destins de ces deux trentenaires finiront par se croiser et se retrouver inextricablement liés. Mais il faudra plus d’un tome pour cela et donc poursuivre la lecture. Je ne veux pas trop dévoiler le texte ici. D’ailleurs, l’intrigue est si riche (à la fois roman d’anticipation dans le passé, roman d’amour et conte philosophique) qu’il me faudrait des pages et des pages rien que pour la résumer et sans doute la dénaturer. Il n’en est donc pas question ! Par contre, je peux évoquer les thèmes abordés. Et maintenant que je commence à avoir une bonne connaissance de l’oeuvre de Murakami, je suis en mesure de vous dire que l’on retrouve ici à grande échelle de nombreux ingrédients et réflexions distillés dans ses autres écrits.

Ainsi, l’auteur creuse la question des sectes qui l’avait tant marqué dans Underground et celle de la filiation et notamment de la quête du père – qui se développe surtout dans les tomes suivants et que l’on rencontre dans Kafka sur le rivage. Si l’auteur nous entraîne peu à peu avec lui dans l’univers parallèle d’1Q84, il parvient donc à conserver un pied dans le réel pour aborder et dénoncer des sujets graves notamment celui des femmes victimes de violences conjugales et s’interroger une nouvelle fois sur la société japonaise. Et c’est justement cette capacité à mêler onirisme et réalisme que j’admire chez Murakami, ce pouvoir presque magique de transporter son lecteur dans un univers dont chacun possède sa propre clé. Ce livre est un véritable voyage à lui-seul, un voyage après lequel je suis revenue une nouvelle fois différente. Sans doute l’un de mes meilleurs moments littéraires. Je vais donc savourer à nouveau les deux autres tomes ces prochains mois et vous les présenterai bien entendu !

Je laisse maintenant parler le texte de Murakami :

 » Il ne faut pas se laisser abuser par les apparences. Il n’y a toujours qu’une réalité »

« La scène, qui durait environ dix secondes, lui revenait sans avertissement dans toute sa clarté. […] Comme un raz de marée silencieux qui déferlait violemment sur lui, le laissant groggy après son passage. le cours du temps se figeait. L’air environnant se raréfiait, il respirait mal. il perdait tout lien avec les gens et les choses alentour, tout devenait étranger. Cette paroi liquide l’engloutissait tout entier. Malgré sa sensation que le monde s’était fermé et assombri, sa conscience ne s’était pas diluée. Simplement, un aiguillage avait changé »

« Devenir libre, qu’est- ce que cela veut dire finalement ? s’interrogeait-elle bien souvent. Est-ce que cela signifie réussir à s’échapper d’une cage pour s’enfermer dans une autre, beaucoup plus grande ? »

« Dépouiller l’Histoire de sa vérité, c’est comme dépouiller quelqu’un d’une partie de sa personnalité. C’est un crime. »

« Soudain, elle remarqua qu’il y avait quelque chose de différent dans le ciel nocturne. Quelque chose qui différait du ciel nocturne qu’elle voyait ordinairement. Quelque chose avait changé. Il était apparu une discordance subtile mais indéniable. […] Dans le ciel brillaient deux lunes. Une petite et une grande. Deux lunes se côtoyaient. La grande était la lune de toujours. Presque pleine, de couleur jaune. Mais à côté il y en avait une autre. Une lune au contour inhabituel. Légèrement déformée. Et d’un vert tendre comme des jeunes mousses. »

De l’autre côté du tableau

30 Jan

Les insomnies possèdent une vertu : donner du temps pour lire…

Oksa Pollock – La forêt des égarés – Tome 2, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Dans le tome 1, L’Inespérée, nous avions fait la connaissance d’Oksa, une ado a priori comme les autres qui découvrait coup sur coup non seulement qu’elle possédait des pouvoirs magiques mais qu’en plus elle était la Jeune Gracieuse, promise à diriger le royaume d’Edéfia, dont toute sa famille avait été chassée des années plus tôt.

Nous la retrouvons dans ce tome 2 dans une situation bien embarrassante : son meilleur ami, Gus (un Du-Dedans ou un humain si vous préférez) s’est malencontreusement fait entableauter à sa place. Alors que la mère d’Oksa est au plus mal, victime d’un sort lancé dans le précédent tome par l’horrible Orthon, fils du Grand Félon qui rêve lui aussi de retourner à Edéfia et d’en prendre le contrôle. Malgré ses craintes de laisser sa mère seule, Oksa n’a pas le choix. Elle doit au plus vite sauver son ami prisonnier du tableau. Accompagnée par son père ainsi que par l’Homme-Fé Abakoum et le sombre Tugdual (sans oublier les Foldingots), la jeune fille pénètre dans un étrange univers parallèle…

J’avoue tout de suite, j’ai eu beaucoup de mal à me replonger dans l’univers du roman (il faut dire que j’ai laissé passer beaucoup de temps depuis le tome 1). Heureusement qu’un résumé de la première partie est prévu au début du livre ! L’univers de ce deuxième tome est bien plus sombre que dans le précédent (dont la fin le laissait néanmoins présager). La psychologie des personnages secondaires est approfondie tout comme celle de l’héroïne, et devient beaucoup moins manichéenne que dans le premier tome où nous avions les bons et les méchants. Là, chacun découvre ses failles et sa part d’ombre qu’il leur faudra apprendre à maîtriser. Dès lors, une question se pose : peut-on se fier aux autres, même à ceux que l’on considère comme ses plus proches amis ? Ce roman me semble en cela plus mature que le premier tome et davantage destiné à de bons lecteurs de fin de 5ème voire 4ème alors que le précédent s’adressait plutôt aux 6èmes. On retrouve néanmoins l’univers étrange et loufoque qui fait le succès de la saga. Mais là encore, je trouve que les néologismes omniprésents finissent par polluer la lecture, ce qui est dommage car l’intrigue est plutôt bonne (même si encore une fois, les sources littéraires des auteures sont facilement perceptibles : De l’autre côté du miroir de Lewis Carroll, Harry Potter et même les Contes de Perrault). Je pense que je m’arrêterai ici mais quatre autres tomes sont sortis après celui-ci !

Retour au bercail

10 Sep

Encore un exemplaire du CDI que je n’avais pas eu le temps d’ouvrir pendant les vacances.

Les enfants de la lune, Fabrice Colin

1942. Paris est occupée par les Allemands. Le jeune Adrien Berthelot, 13 ans, vit chez sa grand-mère et tente d’améliorer le quotidien par diverses combines. Deux jours avant Noël, il intercepte un message destiné à son grand-père décédé voilà 10 ans. Le courrier est aussi bref qu’étrange : « Aux temps maudits de l’Exode, vous avez aidé les nôtres. Une fois encore, nous faisons appel à vous… » Signé : Leydamoon du peuple Annwyn.

Adrien, très intrigué par la lettre, décide de se rendre au rendez-vous fixé par l’expéditeur. Quelle ne sera pas sa stupeur en découvrant trois êtres de sa taille, ressemblant à des elfes. Leur chef, Leydamoon, lui explique qu’ils sont de la famille des fées, qu’ils vivent depuis des siècles aux côtés des humains dont ils se nourrissaient des rêves. Mais depuis la 1ère Guerre Mondiale, les hommes rêvent de moins en moins et la situation s’aggrave avec la montée du nazisme. La plupart du peuple Annwyn a regagné son monde d’origine. Mais les portes magiques se sont refermées avant que les derniers ne puissent partir. Le grand-père d’Adrien avait conçu une machine leur permettant de rentrer chez eux mais les Siths – les ennemis des Annwyns qui ont pactisé avec les nazis et qui veulent envoyer sur la ville des ptésoriens (dinosaures volants) – l’ont tué avant que ses projets n’aboutissent. Leydamoon vient donc demander à Adrien son aide pour terminer l’oeuvre de son grand-père. Le jeune garçon va accepter et devoir affronter les terribles Siths et les nazis pour sauver ses compagnons.

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment accroché à cette histoire. Pourtant, ça partait bien. L’irruption du fantastique dans l’ambiance du Paris occupé était plutôt bien réussie. Mais plus on avance dans le texte et plus l’histoire devient abracadabrantesque, le summum étant atteint lors d’une chasse aux fantômes au cimetière du Père Lachaise qui se rapproche d’un épisode de Ghostbuster. J’ai eu bien du mal à me motiver pour terminer ce livre où les scènes d’affrontements entre les bons et les méchants s’enchaînent parfois sans véritables liens. Peut-être que l’association des nazis à des démons permettra aux élèves les plus faibles de mieux comprendre cette période de l’Histoire (même si j’ai plus peur que certains ne pensent que les dinosaures vivaient encore à cette époque…)