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Un psy dans la tourmente

19 Mai

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter une nouveauté polar parue au Seuil.

Les Sœurs ennemies, Jonathan Kellerman

131528_couverture_hres_0Alex Delaware, psychologue expert auprès des tribunaux, est en bien mauvaise posture. Une de ses clientes, Constance Sykes, qu’il est chargé d’évaluer dans un procès qui l’oppose à sa sœur, le menace de le tuer…

Il faut dire que dès le départ, l’affaire Sykes contre Sykes était mal partie. La cadette, Chery, hippie au grand coeur mais sans le sou, avait laissé son bébé à son aînée, Constance, médecin spécialiste plus qu’antipathique, afin de partir en tournée avec un groupe. L’absence qui ne devait pas durer plus de quelques jours s’est prolongée trois longs mois pendant lesquels Constance, en mal d’enfant, s’est attachée à la petite Rambla. Lorsque Chery vient récupérer sa fille, c’est la crise. Constance engage un procès à son encontre, cherchant à la destituer des ses droits maternels en soutenant qu’elle mène une vie dissolue et qu’elle est incapable de s’occuper de son enfant. Le docteur Delaware est appelé en tant qu’expert pour juger de la situation. Son avis penche en faveur de Chery, la mère biologique, ce qui engendre un profond sentiment de colère de la part de Constance qui jure de se venger. Jusqu’à ce que cette dernière soit retrouvée assassinée dans sa villa. La première sur la liste des suspects est bien entendu Chery. Le lieutenant Milo Sturgis, ami d’Alex Delaware, est chargé de l’enquête et est persuadé de la culpabilité de la jeune sœur. Mais le psychologue est certain que les apparences sont trompeuses. Qui des deux a raison ? Je vous laisse le découvrir…

C’est la première fois que je lis une enquête de Delaware et Sturgis. J’avais lu assez récemment Que la bête s’échappe que Jonathan Kellerman avait coécrit avec son fils Jess mais ne connaissais pas sa série de thrillers psychologiques (plus de trente livres !). Ce roman est donc pour moi une découverte et je dois bien avouer qu’elle est très bonne puisque j’ai très envie de découvrir les précédents ouvrages. On sent, dans la plume de Kellerman, toute la précision du psychologue dans la construction de chacun des personnages. Chaque profil est parfaitement soigné, nuancé. Le lecteur qui ne connait pas le couple d’enquêteur n’est pas perdu car l’auteur maîtrise à merveille l’art de la description en action ce qui permet de cerner la personnalité de chaque personnage principal très rapidement, sans lourdeur. Malgré des sujets abordés qui peuvent paraître un peu pesant, le ton reste léger, teinté d’humour, ce qui est fort appréciable.  Les rebondissements et les fausses-pistes sont multiples ce qui ne laisse pas une seconde d’ennui au lecteur. Je recommande ce thriller psychologique qui a été pour moi un très bon moment de lecture. Coup de cœur !

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Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

Futur or no futur ?

22 Avr

Je tiens à remercier le collectif des Artistes fous associés et notamment Sébastien Parisot alias Herr Mad Doktor pour m’avoir confié leur dernier né après Sales Bêtes, Fins du monde et Folies.

L’homme de demain – 16 récits de l’utopie au cauchemar, Les artistes fous associés

Grande amatrice de récits d’anticipation, j’attendais beaucoup de ce recueil. Si j’avoue n’avoir pas accroché à toutes les nouvelles, j’ai néanmoins pris grand plaisir à lire ces textes qui évoquent des thèmes d’actualité poussés à leur paroxysme qui fait souvent froid dans le dos. On retrouve ainsi le problème de l’intelligence artificielle et de l’homme augmenté non seulement physiquement mais intellectuellement qui finira sans doute par se faire happer par la machine ou par le flux des médias omniprésents, les questions d’écologie et de ce qu’il adviendra de notre planète si nous continuons à la polluer de la sorte ou encore celle de la mutation génétique… Plus que d’utopies, il s’agit pour la plupart de récits dystopiques assez effrayants. Si vous avez tendance à angoisser en songeant au futur, passez votre chemin ! Au contraire, si comme moi vous adorez envisager les hypothèses les plus farfelues, ce livre est fait pour vous !

Comme à mon habitude lorsqu’il s’agit de recueils de nouvelles, je ne vais en sélectionner que quelques-unes – mes préférées ! Cela ne signifie pas que j’ai détesté les autres ! loin de là !

La frontière des rêves, Tesha Garisaki : Dans le monde de la narratrice, une jeune anthropologue, tout le monde est en permanence connecté à l’Omn-IA, une intelligence artificielle qui vient suppléer les utilisateurs et qui serait même dotée d’une conscience… La narratrice, un peu inquiète mais totalement dépendante de l’IA, décide de partir à la découverte d’une civilisation préservée de l’IA et donc de déconnecter quelques temps. Cette nouvelle liminaire met tout de suite dans l’ambiance et nous fait réfléchir sur l’hyper-connectivité dans un style tout à fait agréable.

Paradise4, Emilie Querbalec : J’avais déjà adoré sa nouvelle Coccinelles dans l’anthologie Folies. Il s’agit là de ma nouvelle préférée de l’ouvrage. Une nouvelle à la fois sombre et lumineuse, qui évoque le sacrifice de parents pour leur enfant alors qu’un dangereux virus condamne à terme l’humanité. Un texte d’une puissante délicatesse dans le thème abordé, centré sur le personnage du père en proie à un choix cornélien.

Le coeur sous la cloche, Ludovic Klein : Là encore, il s’agit d’un auteur dont j’avais déjà apprécié les nouvelles dans les anthologies précédentes. Dans le monde de la petite fille de huit ans qui est le personnage principal, les enfants n’ont pas le droit de sortir des chemins balisés. Ils sont perpétuellement placés sous étroite surveillance. La liste des règles à ne pas enfreindre est interminable et difficile à comprendre pour la petite fille qui, un jour, désobéit… Encore un texte d’une grande puissance poétique et allégorique.

Les héritiers, Anthony Boulanger : Après que la Terre a subi de nombreuses radiations, les humains qui ont survécu ont muté. Tous sont maintenant Augmentés, en quête de nouvelles planètes susceptibles de les accueillir. Tous sauf un, qui est resté un homme ordinaire et qui va voir la Terre se vider de ses derniers habitants. Une jolie réflexion sur les questions de différence et de solitude.

Poogle Man, Herr Mad Doktor : Dans un monde hyper-connecté, le géant Poogle est omniprésent et les citoyens ne peuvent plus faire un pas sans les notifications incessantes émises par la multinationale. Poogle s’est tellement rendu indispensable que les hommes n’arrivent plus à penser par eux-mêmes et se retrouvent totalement perdus en l’absence de connexion. Et si quelqu’un avait l’outrecuidance de vouloir échapper au système, nul doute que la Poogle-police le retrouverait… J’ai beaucoup aimé le principe de cette nouvelle interactive (avec des liens sur lesquels cliquer) peu commun, et surtout la réflexion sur notre société contrôlée/manipulée par un géant omnipotent… A méditer !

Changez d’air, Arnaud Lecointre : Le narrateur travaille et vit près d’une usine dont s’échappent d’étranges fumées. Après un repas chez des amis munis d’un système de traitement de l’air dans leur habitat (les gens doivent porter des masques toutes la journée pour respirer un air pur), il est convaincu que c’est la seule solution pour survivre à la pollution de l’usine. Mais tout cet équipement coûte cher, très cher… Une nouvelle agréable à lire à la chute assez terrible !