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Amour de jeunesse

13 Oct

Ma reprise de la lecture ne pouvait être exempte de littérature nippone. Une petite chronique avant de vous quitter quelques jours – je pars me ressourcer un peu après les terribles épreuves que nous venons de traverser. Mais promis, je reviens très très vite !

Azami, Aki Shimazaki

Mitsuo a la trentaine, il est rédacteur dans une revue culturelle et est marié avec Atsuko, la mère de ses deux enfants avec laquelle il s’entend bien. Toutefois, depuis la seconde grossesse de son épouse, Mitsuo s’est mis à fréquenter des salons érotiques pour palier à ses besoins. Depuis, il n’a plus jamais eu aucun rapport intime avec sa femme. Cela le contrarie bien sûr d’être un couple sexless alors qu’il est encore jeune mais il ne recherche toutefois pas de relation extraconjugale.

Un jour, Mitsuo rencontre tout à fait par hasard un ancien camarade de classe, Gorô, devenu président d’une importante entreprise, qui le convie dans un club branché. Là, il découvre à son grand étonnement que son tout premier amour – qui remonte à l’école primaire -, la belle et mystérieuse Mitsuko, opère comme entraîneuse. Sous le choc de cette apparition, Mitsuo ne sait d’abord comment réagir, avant d’être envahi par un désir intense de retrouver son amour de jeunesse…

Voilà un court roman qui traite d’un sujet délicat tout en finesse. Shamizaki (dont j’avais déjà chroniqué Tonbo) évoque les problèmes de couple et plus précisément l’absence de rapports sexuels par le biais d’un personnage masculin qui, loin des stéréotypes misogynes, s’il s’attriste de ce manque avec celle qu’il aime ne court pas le combler avec les premières venues alors qu’il en aurait l’occasion. D’ailleurs, on sent qu’il méprise Gorô qui entretient trois maîtresses et considère les femmes comme de vulgaires objets de consommation. Il faudra l’arrivée de son tout premier amour pour qu’il commette un écart et cette relation est évoquée avec beaucoup de retenue et de poésie. Voilà une auteure qui me plaît de plus en plus.

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Printemps des libellules

19 Jan

Je continue ma découverte de la littérature nippone..

Tonbo, Aki Shimazaki

Nobu fonde son juku (établissement privé donnant des cours du soir pour préparer les concours d’entrée dans les écoles souhaitées – très répandus au Japon où il n’est pas rare pour les enfants et adolescents d’enchaîner presque deux journées d’études en une) spécialisé dans le kobuko (langue nationale) après avoir été poussé à quitter un emploi bien rémunéré au sein d’une prestigieuse entreprise. Il n’a toutefois pas à regretter son changement de vie forcé dans la mesure où son juku attire de plus en plus d’élèves.

Quelques années après le lancement de son école (qu’il a nommée Tonbo (libellule) parce que sa fille le lui a demandé), Nobu reçoit la visite inattendue d’un homme qui va raviver de vieilles plaies, Jirô Tanaka. On apprendra alors que le père de Nobu – qui donnait des cours dans un teijisei (lycée du soir) – s’est suicidé après avoir été accusé à tort d’avoir provoqué la mort d’un élève. Jirô expliquera à Nobu qu’il était présent lors de l’altercation et lui révélera les causes sous-jacentes au décès de son père.

Ce court roman est très bien mené. On adhère d’autant plus facilement à l’intrigue que l’écriture est fluide et poétique et les personnages dépeints avec soin. L’édition enrichie d’un glossaire permet de se familiariser avec le vocabulaire japonais laissé tel quel. Le lecteur est ainsi happé dans la culture nippone et s’imagine entouré de cerisiers en fleurs et de libellules rouges aux côtés du personnage.

Une jolie découverte.