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Sur la route

Bonjour à tous ! Hé bien, la bonne nouvelle si l’on veut prendre le bon côté de cette situation peu commune, c’est que tout le monde ou presque va avoir davantage de temps pour lire ! Le livre que je vous présente devait normalement aujourd’hui aux éditions Mu. Apparemment, sa sortie sera repoussée. Je vous tiendrai au courant si j’ai des nouvelles.

Walter Kurtz était à pied, Emmanuel Brault

walter-kurtz-etait-a-piedDany et sa petite sœur Sarah vivent à bord du véhicule de leur père, une Peugeot 203. La petite famille n’a qu’un seul but en tête : parcourir le plus de k-plat chaque jour pour accumuler des points qui leur permettront de subvenir aux dépenses quotidiennes (alimentation, réparations du véhicule). Comme tous les Roues, leur unique univers est celui de l’asphalte et des stations services. Le soir, quand est venue l’heure de s’arrêter de rouler pour se détendre un peu, les jeunes gens se retrouvent dans des bars autour d’une bière. Des liens se tissent aussi rapidement qu’ils se dénouent à la reprise de la route le lendemain. Un peuple, considéré comme arriéré par les Roues, vit au ban de cette société motorisée. Les Pieds occupent de manière disparate les terres qui ne sont pas recouvertes par le bitume. Ils continuent à cultiver le sol, à vivre en communautés quasi silencieuses, hors des contraintes de la route. Les Pieds sont perçus comme des barbares par les Roues qui les craignent et les écrasent parfois sans se retourner. Un jour, Dany, Sarah et leur père sont victimes d’un accident…

« Nos vies brillaient puis s’éteignaient dans le sillage de nos routes. Nous étions libres, d’autres voies étaient possibles. Mais une fois la route prise, nous ne pouvions plus la quitter. La ligne blanche nous happait, l’horizon nous appelait, nous étions redevenus des nomades, incapables de dormir sous un vrai toit. Notre tente, c’était notre Peugeot. »

Au début, j’ai été quelque peu déroutée – sans mauvais jeu de mots – par cet univers étrange fait de bitume et de kilomètres parcourus, à une époque indéfinie (on ne sait pas si c’est un passé ou un futur proche, toutes les voitures citées sont vraiment d’anciens modèles). Un monde dans lequel l’homme ne fait plus qu’un avec son véhicule, dans lequel le seul but est d’avaler de la distance pour gagner des points et consommer, dans lequel toute conscience de soi finit par être annihilée avec une concentration portée uniquement sur le goudron. Ceux qui restent à pieds, ceux qui sont encore libres de leurs mouvements, de respirer autre chose que l’air confiné des habitacles surchauffés des automobiles sont considérés comme des rustres antisociaux. Mais peu à peu, je me suis laissée entraîner dans cette histoire familiale tragique et surtout par la réflexion sur notre civilisation, sur nos servitudes volontaires, sur le prix à payer pour être libre. En cette période étrange qui est la notre, beaucoup gagneraient à lire ce roman et à s’interroger sur leur mode de vie. Il me semble qu’on est beaucoup plus libre à faire un pas de côté, à s’arrêter plutôt que d’avancer toujours, à ne pas être sans cesse tête dans le guidon pour accumuler de l’argent et consommer des choses seulement utiles à combler un vide intérieur. Tant de choses sont plus importantes… Je vous laisse méditer là-dessus et vous invite à découvrir ce beau roman d’Emmanuel Brault, une saine occupation en ces temps de confinement.

 

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La douceur

J’étais impatiente de le découvrir et je suis heureuse de vous présenter ce dernier tome de cette série post-apocalyptique parue chez Syros (chroniques des tomes 1 et 2 ici).

Lou après tout – La bataille de la Douceur, Jérôme Leroy

51dnx0rkzml._sx340_bo1204203200_Nous retrouvons notre héroïne, Lou, de nouveau face aux Cybs, aux Bougeurs et au Délégué Sanders toujours à ses trousses dans un hiver terrible qui n’en finit pas. Alors que trois jeunes musiciens de la Douceur découvre la Mélodie, un air de musique qui semble avoir un mystérieux impact sur les Cybs, une véritable marée de Bougeurs aussi vaste qu’un pays est en train de déferler sur tout le nord du pays. Lou, Amir, Maria et la jeune Césaria parviendront-ils à échapper aux entre-deux et surtout réussiront-ils à sauver la Douceur d’un anéantissement certain si la horde de morts-vivants arrivait à destination ?

Nous retrouvons dans ce dernier opus tous les ingrédients qui ont fait le succès des tomes précédents. De l’action, une réflexion sur le climat et sur la société. On ne voit absolument pas passer les 550 pages de ce roman. Mais, quelque chose m’a fortement embêtée dans ce tome. La quasi absence de suspens. En effet, sans rien « divulgâcher » dans la mesure où on l’apprend dans les tout premiers chapitres, Lou est devenue une vieille dame maintenant, elle vit dans la Douceur depuis de longues années et raconte la façon dont se sont déroulés les événements qui ont précédé son arrivée dans ce havre de paix. Dès lors, nous savons que l’héroïne ainsi que ses proches et la société paisible dans laquelle ils évoluent depuis de longues années ont survécu aux assauts potentiels. Alors forcément, il est bien difficile de craindre le pire pour les protagonistes lors des scènes de combat lorsque l’on sait d’entrée de jeu qu’ils finiront par couler des jours heureux. Le seul suspens réside sur le sort de quelques personnages secondaires et sur la façon dont Lou et ses camarades parviendront à leurs fins. Du coup, j’ai été un peu déçue de ce point de vue. Par contre, la psychologie du personnage éponyme est approfondie avec une épreuve particulièrement intime à laquelle elle devra se confronter. L’histoire s’enrichit de nouveaux personnages mais qui restent en filigrane, jouant seulement un rôle d’adjuvants. En conclusion, si ce livre est, à l’instar des précédents, un vrai « page-turner » avec des scènes de combat toujours aussi réalistes et si l’on prend plaisir à découvrir la fin des aventures de nos héros, je suis un peu restée sur ma faim en matière d’intensité dramatique par rapport aux deux premiers tomes. Je conserve un avis très favorable sur l’ensemble destiné aux adolescents qui se laisseront facilement happer par l’intrigue et qui pourront réfléchir sur des sujets très actuels comme la montée des populismes, les inégalités sociales, le réchauffement climatique et l’enfermement dans le monde virtuel.

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L’arbre de vie

Bonjour à tous ! Pour terminer ce mois de janvier, je vous présente un roman jeunesse mais qui peut s’adresser vraiment à tous les publics. Il vient de paraître aux éditions Flammarion Jeunesse.

Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko

et-le-desert-disparaitraA une époque indéterminée mais qu’on soupçonne proche de la nôtre, la jeune Samaa grandit au sein d’une petite communauté au milieu du désert. Elle vit seule avec sa mère depuis que son père est mort à la « chasse ». Son unique horizon est le désert. Le sable a, en effet, dévoré la quasi totalité de la surface de la Terre. Le seul moyen de survie pour son peuple est de « chasser » les derniers arbres pour les vendre à la ville et gagner de quoi subsister : bouteilles d’oxygène, eau gélifiée, barres protéinées… Samaa rêve de devenir une chasseuse, comme son ami Solas et son père avant elle. Mais cette fonction est réservée aux hommes, plus résistants en forts pour transporter les troncs. Un jour pourtant, elle désobéit et suit les chasseurs en cachette. Mais le danger menace de toutes parts dans cet univers inhospitalier. Elle fait une mauvaise chute et tout au fond d’une trouée, contre un arbre gigantesque. Alors qu’elle est blessée et que ses réserves de nourriture s’amoindrissent de jour en jour et que tous ses efforts pour sortir de la cavité demeurent vain, l’adolescente va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croyait jusqu’à présent est faux. Au fond, peut-être que la vieille femme au ban de la tribu avait raison. Peut-être que les arbres sont sources de vie…

Voilà un petit moment que je voulais lire ce roman et je n’ai pas été déçue. Je l’ai littéralement dévoré, happée par l’histoire de cette jeune fille luttant pour sa survie et celle de l’arbre qui l’abrite au fond de son trou. On pourrait craindre l’ennui – la majeur partie du texte est consacrée à la survie de Samaa dans la trouée – mais il n’en est rien. Ce roman m’a fait l’effet d’une respiration, calme par moments, haletante à d’autres. L’écriture est fluide, poétique et violente à la fois. Et surtout, cette histoire, simple en apparence, fait beaucoup réfléchir sur différents sujets. La préservation de la nature est le thème central. En filigrane, l’autrice invite à lutter contre la déforestation qui accroît la désertification, amplifie le réchauffement climatique, tue de nombreuses espèces végétales mais aussi animales. L’autre thème majeur est celui de la transmission intergénérationnelle. Les anciens ont beaucoup à transmettre aux plus jeunes et ces-derniers doivent les écouter avec attention afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Enfin, ce que j’ai apprécié dans ce roman d’anticipation qui est destiné aux jeunes adolescents, c’est qu’il est porteur d’espoir et que les enfants peuvent être pleinement acteurs du changement en portant leurs convictions même si certains adultes autour d’eux sont réfractaires à leur message. On ne peut pas faire plus d’actualité. Un joli coup de cœur pour terminer ce premier mois de l’année. Et mention spéciale aussi pour la fabrication de ce livre réalisé de la façon la plus écologique possible avec des résidus de bois certifiés PEFC avec une couverture non pelliculée et une encre végétale.

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Homo homini lupus est

Bonjour ! C’est avec grand plaisir que je retrouve les aventures post-apocalyptiques de Lou dans ce deuxième tome qui vient de paraître aux éditions Syros. (Chronique du tome 1 ICI)

Lou après tout – La communauté, Jérôme Leroy

9782748526448Nous retrouvons Lou en bien mauvaise posture, seule, le moral au plus bas, décidée à se laisser mourir sur la plage où Guillaume lui avait appris à nager quelques années plus tôt. Lassée de cette existence faite de lutte incessante pour rester en vie, pour ne pas se faire dévorer par les Bougeurs ou les Cybs, pour trouver de quoi se nourrir, pour échapper aux hommes parfois pires que les Entre-Deux, la jeune femme n’a plus envie de se battre.

Pourtant, des rencontres inattendues vont la pousser à ne pas totalement baisser les bras. Une petite fille qu’elle prendra sous son aile, comme Guillaume l’avait fait pour elle, et un jeune homme, Amir, qui ne la laisse pas indifférente. Pour eux, elle s’installera chez les Wims, une communauté prônant la fraternité, gouvernée de main de fer par le Délégué. Avec l’espoir d’un futur plus paisible, Lou va baisser la garde… Elle le savait pourtant, c’est impossible quand le danger rôde partout…

J’ai retrouvé dans ce deuxième tome tout ce qui faisait la force du premier : un rythme soutenu qui fait qu’on a envie d’enchaîner les chapitres, de l’action (les Bougeurs et les Cybs sont plus nombreux que jamais mais les hommes ne sont pas en reste), un personnage principal en proie à des sentiments divers. Comme dans le tome précédent, ce n’est pas spécialement le début – principalement axé sur l’action – qui m’a convaincue. J’ai davantage apprécié la seconde partie, centrée sur la communauté de Wims, qui donne à réfléchir sur les comportements humains complexes. De la même façon, j’ai apprécié les flash-back sur la vie avant le Grand Effondrement, vision catastrophique hyper-réaliste de ce que pourrait être notre futur si rien n’est fait rapidement pour sauver la planète et si le repli sur soi communautaire et les pouvoirs autoritaires continuent à prendre de l’ampleur. Bref, un roman d’action qui donne à réfléchir, destinés aux ados à partir de 14 ans et à leurs parents !

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Walking-dead

Je continue mon aventure dans un futur proche où la planète n’a plus rien à voir avec celle que vous connaissez actuellement. Malheureusement, vu ce que nous en faisons actuellement, il se pourrait malheureusement que la fiction devienne réalité. Merci à Syros pour cette découverte.

Lou après tout – Le grand effondrement, Jérôme Leroy

cvt_lou-apres-tout-tome-1-le-grand-effondrement_8599Avant la Grande Panne, en juin 2040, Guillaume était un adolescent presque comme les autres. Il découvrait l’amour avec Charlotte, son amie de toujours, avec laquelle il essayait tant bien que mal de concevoir un avenir commun. Mais la société dans laquelle ils vivaient se délitait tellement autour d’eux qu’il leur était bien difficile de se projeter bien loin. En effet, la pollution est devenue telle à cause du réchauffement climatique qu’il sera bientôt impossible de circuler en ville sans porter un masque en permanence. Les différents pays du monde tombent aux mains de partis nationalistes qui prônent le repli sur soi et instaurent des gouvernements dictatoriaux. Pour essayer de s’échapper de la tristesse ambiante, les gens se réfugient de plus en plus dans le monde virtuel grâce aux écrans-feuilles et aux lunettes de réalité augmentée et/ou absorbent chaque jour un peu plus de pilules censées leur faire voir la vie en rose… Mais bientôt, une terrible épidémie éclate. Ceux qui prenaient ces médicaments miracles deviennent incontrôlables et ne meurent plus que s’ils reçoivent une balle dans la tête, quant aux jeunes cyber-autistes, ils deviennent de plus en plus violents… Jusqu’à la panne d’électricité mondiale qui va plonger le monde dans le noir et le chaos. C’est à ce moment que Guillaume rencontrera Lou, une gamine d’environ 4 ou 5 ans, avec laquelle il va tenter de survivre pendant une dizaine d’années…

Voilà un petit moment que je ne m’étais pas laissée autant happer par un roman. En effet, presque impossible de lâcher celui-ci des mains une fois qu’on l’a commencé. Au début, j’avoue que j’étais un peu perplexe car j’avais l’impression d’être devant un épisode de la série « Walkind-dead » avec les deux protagonistes, Lou (environ 15 ans) et Guillaume (environ 30 ans), occupés à dégommer des espèces de zombies. Mais c’est plus que ça. D’abord, il y a les sentiments complexes tissés entre ces deux-là. Guillaume qui voit Lou comme sa petite sœur mais qui lui rappelle terriblement Charlotte, son amour perdu. Et puis Lou, qui grandit, qui le considère désormais avec un regard de femme. Mais la partie la plus intéressante à mon sens, c’est le retour en arrière sur le monde avant la Grande Panne. Terriblement réaliste. A en frémir d’angoisse. Si finement décrit que l’on s’y projette sans mal car tous les faits concordent avec notre société actuelle. La fin du roman est particulièrement haletante car l’on suit heure par heure les derniers jours de notre monde et les premières heures post-apocalyptiques.

Je pourrais encore développer tant j’ai adoré ce roman « young adult ». Le début prometteur de cette trilogie va rendre addict les ados amateurs du genre (et leurs parents qui le liront peut-être en cachette !). Ce livre n’est pas un simple divertissement mais une réflexion profonde sur l’évolution de notre société. Et si l’on veut changer quelque chose avant d’en arriver là, il faut le faire maintenant ! Coup de cœur !

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Le grand secret

C’est avec grand plaisir que je vous présente aujourd’hui ce deuxième tome des Chroniques d’Ataraxia que j’attendais impatiemment depuis ma lecture du premier, L’Odyssée d’Amos. Je remercie donc chaleureusement les éditions Tohu Bohu et Thierry Maugenest pour m’avoir fait parvenir cette suite dédicacée.

La forteresse du Tehama – Chroniques d’Ataraxia, Tome 2, Thierry Maugenest

couv-ataraxia-t2-la-forteresse-de-tehamaDans ce deuxième tome, nous retrouvons la farouche Ezéa d’Eraan et son compagnon Amos de Slima. Si ce dernier s’est remis de son combat contre Naxès, trois ans plus tôt, il reste néanmoins méfiant. Il appréhende en effet continuellement de perdre celle qu’il aime tant. Bientôt néanmoins, il devra accepter de laisser Ezéa se réaliser dans sa quête d’absolu. La jeune femme souhaite trouver des personnes qui, selon la légende, auraient des pouvoirs mentaux fabuleux qui pourraient l’aider à développer au mieux ses capacités. Elle ne se doute pas que le vieil archiviste Lœnim de Laan et son disciple Ysmäl de Kelm sont également à la recherche de la légendaire forteresse qui protégerait l’un des plus grand secrets d’Ataraxia.

Ce deuxième tome n’a rien à envier au premier. Quelques rappels à l’aventure initiale nous permettent de nous renouer contact facilement avec l’univers ataraxien. Les descriptions de la planète sont toujours extrêmement détaillées ce qui nous plonge aisément dans l’atmosphère de cette société utopiste. Au-delà de l’intrigue, de cette quête existentielle qui pousse chacun des personnages à se dépasser pour se réaliser pleinement, nous pouvons faire une lecture spirituelle de ce roman qui vient proposer une réflexion sur l’être humain, sur ce qui est essentiel ou non à son existence, sur les valeurs de respect d’autrui, d’accueil, du voyage comme apprentissage, du renoncement à la possession matérielle et de liberté. Et dans notre époque où tout va toujours plus vite, où le matérialisme règne, il est bon de se rappeler ce qui fait notre essence, de prendre le temps de se recentrer sur ce qui est vraiment important et prendre pleinement conscience de l’instant présent. Un grand coup de cœur ! Et toujours magnifiquement illustré, dans une très belle édition.

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A la lisière

Je poursuis dans mes lectures de littérature jeunesse et je remercie encore les éditions Syros qui me permettent de vous présenter cette jolie nouveauté.

Les yeux d’Aireine, Dominique Brisson

9782748526141Dans une époque indéterminée que l’on imagine proche, Aireine et sa meilleure amie Eli veulent profiter pleinement de leur adolescence et vivre le plus intensément possible. Seulement, un jour, le monde qui les entoure se détraque. Des milliers de coccinelles envahissent le ciel qui prend une teinte étrange. Bientôt, des adultes disparaissent sans laisser de trace, sans que personne n’en comprenne la raison. Des groupes d’aveugles commencent à déambuler dans les rues. Alors que l’univers d’Aireine semble se désagréger lentement sans qu’elle ne puisse agir, elle tombe amoureuse d’Aël, un jeune homme énigmatique. Mais très vite, tout s’écroule autour de la jeune fille.

Plusieurs décennies plus tard, son arrière-petite-fille, Achelle, qui souffre d’une sévère amnésie depuis sa plus tendre enfance hérite du journal dans lequel Aireine a consigné tous les événements étranges auxquels elle a dû faire face. La jeune fille fera tout pour découvrir la vérité et ne rien oublier de cet obscur passé.

Entre rêve et réalité, ce roman nous entraîne aux frontières du fantastique. En effet, jusqu’au bout du roman, impossible de démêler vraiment le vrai du faux. Il pose la question philosophique de ce qu’est la réalité, qui peut être perçue différemment selon les personnes. Outre cet aspect que j’ai particulièrement apprécié, il s’agit d’un récit sur la mémoire et les secrets de famille ainsi que sur la difficulté du passage de l’adolescence à l’âge adulte. Ce moment de tous les possibles où les choix peuvent déterminer le futur. Ce roman singulier, qui vire parfois au cauchemar, amène à se poser de multiples questions sur le monde qui nous entoure et sur ce que nous en percevons ou voulons en percevoir. A découvrir à partir de 15 ans.