Autobiographie / mémoires·coup de cœur

Les jours d’après

Pas de nouveauté aujourd’hui mais un livre qui m’a été offert par une amie très chère il y a un peu plus de trois ans. Pourquoi ne pas l’avoir lu plus tôt me demanderez-vous ? Parce que le sujet m’était encore trop douloureux à l’époque. Ceux qui me connaissent comprendront. Chronique un peu spéciale aujourd’hui. Chronique pour se souvenir.

Camille, mon envolée, Sophie Daull

MLS_2009CAMILLE.JPG_c.livolantLe résumé ne sera que trop rapide et simple : Sophie Daull, la maman de Camille, raconte la mort de sa fille, emportée la veille de Noël après quatre jours d’une fièvre venue de nulle part. Quelques semaines après, cette mère prend la plume pour faire le récit de ces quatre journées cauchemardesques puis des jours qui ont suivi jusqu’aux obsèques, entrecoupé de pensées quelques semaines, mois plus tard, au moment de l’écriture.

« Depuis mon cœur crevé je vais faire ça, raconter ta mort, ta maladie, ton agonie. Du jeudi 19 au lundi 23 décembre; quatre jours, trois p’tits tours et puis s’en vont. Je vais raconter dans le détail ta lutte, ton combat, ta blitzkrieg, parce que, putain, qu’est-ce que tu as été forte dans cette traversée de la fièvre et de la douleur. »

Ce livre m’a bouleversée. Profondément. De par son thème forcément, mais je ne m’attarderai pas dessus davantage, tout est dit plus haut. Mais surtout de par la puissance de l’écriture. La force de vie de cette mère – comédienne de son état – qui transcende la douleur par les mots, qui fait vivre sa petite Camille de la plus belle des façon qui soit. Son texte n’est jamais larmoyant malgré la détresse immense de la perte de son unique enfant. Des touches d’humour font leur apparition, ça et là, distillées avec finesse, « politesse du désespoir ». Avec ses mots, Sophie Daull construit un magnifique palais des souvenirs dans lequel elle peut retrouver son enfant et survivre à la cruauté de la réalité d’un monde sans elle. Alors, si un jour vous lisez cette chronique Madame Daull, je voudrais vous dire merci pour vos mots, pour la vie et la force qu’ils insufflent.

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Au cœur de soi

Ce livre s’était perdu dans ma PAL. Je l’ai retrouvé avant de partir en vacances.

L’appel de l’âme, Virginie Tanguay

41ldoereyul._sx327_bo1204203200_Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de ce livre qui est à la fois témoignage, ouvrage de développement personnel et guide spirituel. L’auteure raconte comment les premières années de sa vie ont été compliquées, notamment dans son rapport aux monde et aux autres. Après avoir été membre des Forces Armées Canadiennes, elle décide de se reconnecter à elle-même en se plongeant dans la spiritualité. Elle nous raconte ici ce chemin de vie en nous apportant des conseils et des exercices pour parvenir à éveiller son âme au maximum, à réussir à être davantage bienveillant envers nous-même pour l’être vis-à-vis des autres.

Globalement j’ai apprécié ce livre, paru en septembre dernier aux éditions Flammarion, que j’avais longtemps mis de côté – je ne suis pas une grande liseuse de témoignages et la couverture ne m’inspirait pas spécialement. Je me suis retrouvée dans bien des situations décrites et nombres d’exercices, conseils en matière de développement personnel et spiritualité ne me sont pas inconnus. En tant que sophrologue et ayant suivi diverses thérapies, j’ai emmagasiné de nombreuses connaissances en la matière. Ce livre est plutôt destiné aux néophytes, à celles et ceux qui sont en quête de quelque chose qui puisse révéler leur être profond. Si j’ai accroché à la majeure partie des propos tenus – à savoir que l’auteur n’a pas suivi de formation en psychologie mais s’appuie sur son expérience de vie, ses recherches en la matière – je suis plus réservée quant à la partie beaucoup plus spirituelle avec la notion d »anges ». N’en demeure pas moins que l’ensemble est bien rédigé et très intéressant pour qui s’intéresse à ces questions. Parfait si vous cherchez à commencer un travail sur vous-même.

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Survivor

Un très très grand merci à l’Agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux Editions de La Martinière qui me permettent de vous présenter ce livre aujourd’hui.

Chroniques d’une survivante, Catherine Bertrand

faf6b2c64c46164c5c651d76849c36Avant le 13 novembre 2015, Catherine Bertrand était une personne comme les autres, avec ses joies et ses tracas quotidiens. Mais tout a basculé ce soir où elle assiste au désormais tristement célèbre concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Dès lors, sa vie est bouleversée.

C’est ce traumatisme et la reconstruction qui va devoir se faire peu à peu que Catherine Bertrand nous raconte dans ce témoignage dessiné. De manière simple et légère, sans jamais tomber dans le pathos, elle symbolise son trauma par un gros boulet qui se rappelle à elle dans toutes les situations du quotidiens et qui l’empêche dans un premier temps de se reconnecter à la vie. L’auteure évoque de nombreuses situations compliquées : difficultés pour obtenir un soutien psychologique, pour se faire comprendre par l’entourage, les collègues, pour se rendre dans les lieux publics… avec un humour qui met à distance l’horreur des faits. Si elle dédie bien sûr son livre à tous les rescapés et victimes des attentats, elles s’adressent aussi à tous ceux qui ont subi au cours de leur existence un traumatisme violent et à leur entourage. Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce carnet dessiné qui vient de sortir. Encore une fois, loin d’être plombant grâce à la naïveté des dessins et à l’humour de l’auteure, vous découvrirez un témoignage courageux qui donne envie d’aller de l’avant. Coup de cœur !

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Un contre tous

C’est l’heure de la rentrée ! Je reviens avec une nouveauté des éditions du Murmure.

Je m’appelle Herschel Grynszpan, Morgan Poggioli

21245595_10213789112542632_1629115071_nJuif polonais vivant en Allemagne, le jeune Herschel Grynszpan choisit de s’exiler vers la Palestine après ses études en théologie, dans la contexte plus que sombre de l’Allemagne des années 30. Après une escale en Belgique, c’est en France qu’il atterrit finalement en septembre 1936, recueilli chez son oncle et sa tante à Paris. Très rapidement, il s’aperçoit que les démarches administratives seront très compliquées pour obtenir carte de séjour et permis de travail. En 1938, Herschel n’a pas pu obtenir les papiers qu’il désire. Pire, le 31 mars, le gouvernement polonais légifère sur le retrait de la nationalité installés à l’étranger depuis plus de 5 ans. Alors qu’il suit avec crainte la progression du régime nazi, sa situation se détériore et il se retrouve clandestin à Paris. En novembre, une lettre de sa sœur l’avertit que ses parents font partie des milliers de juifs expulsés d’Allemagne et refusés en Pologne, apatrides, contraints de survivre misérablement dans un no man’s land. Enragé face à cette situation insoutenable, le jeune Herschel Grynszpan décide de se venger et de tuer un Allemand pour faire entendre la colère des Juifs d’Europe. Le 7 novembre, il se rend à l’ambassade d’Allemagne, armé d’un revolver et tire sur Ernst vom Rath, un secrétaire de l’ambassadeur. Le crime servira de prétexte au Troisième Reich pour la nuit de Cristal. Emprisonné, Herschel Grynszpan incarnera aux yeux de l’Allemagne nazie la personnification du « complot juif international ».

Pour être honnête, je ne suis pas une grande amatrice de biographies ni de romans historiques. Mais après avoir lu et apprécié Hhh de Binet il y a quelques années, j’étais intriguée par ce récit biographique à paraître en septembre aux éditions du Murmure dont j’ai déjà chroniqué plusieurs ouvrages. Je n’ai pas été déçue. Outre ses qualités d’historien, Morgan Poggioli réussit à mener son récit – premier roman – quasiment à la manière d’un polar. Les rebondissements s’accumulent et on ne se décide pas à lâcher l’ouvrage avant de connaître la suite. Le fait que tous les éléments du récits soient vrais ou presque a également encore davantage piqué ma curiosité. Dans un style accessible et agréable, l’universitaire convie son lecteur à découvrir une aventure humaine surprenante tout lui permettant de se replonger dans les grandes dates de la seconde Guerre Mondiale. Amateurs d’Histoire ou de bons polars, ce récit biographique est fait pour vous !

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Gossip mums

Me voici de retour avec un livre décapant sur les dessous très chics de la maternité dans l’Upper East Side. Je remercie l’agence Anne et Arnaud ainsi que les Editions Globe  pour cette savoureuse découverte.

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

martin_wednesday_lesprimatesdeparkavenue_couverture_web-200x300Wednesday est anthropologue. Originaire du Midwest, elle s’installe dans l’Upper East Side – le quartier le plus huppé de Manhattan – alors qu’elle vient de mettre au monde son premier enfant. Ce qui ressemblerait à un privilège pour beaucoup va cependant bien vite tourner au cauchemar. Dans ce microcosme hyper privilégié, Wednesday est considérée comme un intrus par les femmes au foyer richissimes, surdiplômées et très influentes qu’elle va être amenée à rencontrer en emmenant son jeune fils à la maternelle. Outre ses difficultés à nouer des liens avec ses congénères, notre jeune scientifique va se trouver confronter à toutes les difficultés extrêmes que rencontrent les mères de l’Upper East Side : l’inscription des enfants dans les meilleures écoles, la quête d’un appartement bien situé, l’obligation de conserver un corps mince sans aucune imperfection après plusieurs grossesses… Pour faire face à l’hostilité du milieu, Wednesday choisit d’observer le milieu dans lequel elle est obligée d’évoluer avec son regard d’anthropologue. Elle va ainsi consigner puis analyser, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. Parviendra-t-elle à s’acclimater ? Je vous le laisserai découvrir par vous-même.

En attendant, voici mon avis sur ce livre qui mélange autobiographie et analyse sociologique satirique. Je suis véritablement tombée sous le charme de cet ouvrage à la fois intelligent, drôle, parfois cruel, tout en étant extrêmement touchant. Wednesday nous entraîne dans son quotidien de femme, de mère et nous donne à voir l’extrême difficulté de ce dernier rôle dans un des quartier les plus huppés de la planète où tout ne semble être que compétition. Difficile de croire que des femmes puissent faire montre d’une telle violence entre elles dans le but de favoriser au maximum leur progéniture. Pourtant, tout est réel. Mais il ne s’agit pas d’un simple témoignage ou tranche de vie. Ce livre est un traité aussi érudit que mordant, qui permet à la fois de s’enrichir intellectuellement et de rire face à des comportements que l’on jugera absurdes de l’extérieur mais qui on une réelle signification. La fin du livre est particulièrement bouleversante et tranche ainsi avec le début qui nous montre un univers très froid et hostile de prime abord. Le ton général est très enlevé et enjoué, ce qui fait de cette réflexion sur la maternité et sur la vie des femmes de Manhattan une lecture pétillante. Un très joli coup de cœur pour moi !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un petit extrait :

« S’il existe un endroit où l’enfance et la maternité ont évolué de façon flagrante, c’est bien l’Upper East Side de Manhattan. Au sein de cette niche où le relâchement des pressions de compétition interspécifique est extrême, au sein d’une culture hautement compétitive, avoir une progéniture « qui réussit » est gage de statut social, les enfants étant des miroirs de nos propres aspirations. Les soutenir et travailler d’arrache-pied pour eux est devenu une véritable profession. Ici, la maternité est une carrière semée d’embûches et de coups-bas, où les enjeux sont colossaux. L’activité y est stressante et anxiogène précisément parce que c’est aux mères qu’incombe la réussite ou l’échec de cette entreprise, dont dépendra la réussite ou l’échec de leur progéniture. Et donc des leurs. Un circuit d’une fluidité remarquable et, comme j’allais l’apprendre, quasi inexorable. »

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Retour parmi les vivants

Je remercie Julie pour sa confiance et l’envoi de son ouvrage.

Faim de vivre, Julie Martin

image_27569_1_20304_1_9323_1_38646_1_132216Je n’ai pas l’habitude de vous présenter des témoignages mais une fois n’est pas coutume.

Dans ce petit livre coup de poing, la jeune femme nous présente sa descente dans l’enfer de l’anorexie : les hospitalisations, les hallucinations dues à son poids extrêmement faible.

Mais plus qu’un simple témoignage, Julie apporte une lueur d’espoir. Aujourd’hui, la jeune a retrouvé sens à sa vie en s’investissant dans le bénévolat. La fin de son livre tente d’apporter des explications pour les personnes touchées de près ou de loin par ces troubles et tord le cou à certaines idées reçues. Il ne s’agit pas simplement d’une histoire de poids, de nourriture. Non. Il s’agit de l’histoire d’une vie. La reconstruction est longue, semée d’embûches mais elle est possible. Julie en est la preuve.

Je vous invite à suivre l’auteure sur sa page Facebook : Faim de vivre  et à vous procurer son ouvrage à ce lien s’il vous intéresse : Edilivre

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En quête de soi

Je remercie les éditions Flammarion qui me permettent de vous faire découvrir ce roman en avant-première.

Le Chercheur, Lars Mulh

unnamedLars Mulh est un musicien et auteur danois de renommée internationale. Après quelques années d’une vie d’artiste qui ne le satisfait pas pleinement, il prend conscience que sa voie n’est pas celle du star-system. Il va alors chercher ce pour quoi sa vie est vraiment faite.

Double voyage et double temporalité, Le Chercheur mêle en effet le récit de la première rencontre de l’auteur avec celui qu’il nomme le Voyant, sorte de guide spirituel, et celui du trajet qu’il effectue du Danemark au sud de l’Espagne en train pour achever son initiation avec le Voyant. Ce dernier est celui qui lui a permis d’effectuer les premiers pas sur le chemin de sa véritable identité lorsqu’ils se sont rencontrés à Montségur.

Le Chercheur, premier tome de la trilogie O’Manuscrit, déjà traduit en huit langues, est un roman initiatique à la fois autobiographique et fictionnel. Si j’avoue avoir d’emblée été attirée par le thème de la quête spirituelle et identitaire et avoir réellement été conquise par les premières pages, mon enthousiasme s’est quelque peu relâché par la suite. En effet, si le début du roman est assez entraînant et aiguise la curiosité vis-à-vis des personnages principaux, l’auteur ne soutient pas la cadence et le récit devient un peu poussif. C’est dommage car sur le fond, Lars Mulh propose une réflexion intéressante sur la vie bien que certaines conceptions se révèlent un peu trop new-age à mon goût. J’ai, par exemple, bien aimé ce passage dans lequel le Voyant charge des pierres dans le sac à dos du narrateur. Chacune symbolise un défaut, une angoisse… :

« Mon fardeau ne cessait de gagner en réalité. Je penchais tant en avant à présent que j’en vins presque à ramper. Je transpirais abondamment. Comme le Voyant l’avait promis, j’éprouvais désormais physiquement tout les poids psychologiques de ma vie. Parce que je les emportais sur la montagne, chaque défaut, chaque doute et chaque projection acquérait une réalité qui me forçait à les contempler. Parce qu’ils sciaient assez littéralement mes épaules, courbaient mon dos, faisaient vaciller mes jambes, il était impossible désormais de les refouler. Et tandis que je rampais, je commençais à comprendre la signification de cette tâche en apparence vaine. Je me sentis soudain responsable de toutes ces maladies. »

Voilà pour ce petit extrait qui me semble assez représentatif du message que souhaite apporter l’auteur : pour mener une vie plus apaisée, il faut ouvrir les yeux sur tout ce qui vient nous alourdir au quotidien, en prendre réellement conscience avant de parvenir à nous en libérer pour gagner en sérénité. Un livre à découvrir pour les amateurs de récits de vie et de spiritualité.