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Quand tombe la nuit…

16 Nov

Vous souhaitez faire plaisir à votre enfant et faire une bonne action, n’hésitez pas à mettre ce magnifique album au pied du sapin. Un joli moyen de soutenir l’Unicef à l’occasion des 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant. Vous le trouverez en librairie chez Flammarion Jeunesse ou sur la boutique solidaire Unicef.

Bonne nuit Planète, Liniers – Trad. Olivia Ruiz

9782081489431Une petite fille passe une journée bien remplie à jouer avec son doudou, Planète, qu’elle traîne partout. Le soir venu, elle lui souhaite une bonne nuit et s’endort contre lui. Mais pour le doudou, c’est le début de nouvelles aventures ! Vite, il rejoint le petit chien pour s’amuser et s’empiffrer de cookies. Puis une souris vient à leur rencontre leur promettant de leur montrer le plus gros gâteau de l’univers. Il est vraiment énorme et brille dans le ciel en pleine nuit. Planète monte tout en haut d’un arbre avec la souris et saute pour tenter de l’attraper. Le doudou n’arrivera pas à croquer la lune et retournera se coucher à côté de la petite fille, ni vu, ni connu.

Voilà un très bel album sous forme de bande dessinée qui offre une vision poétique du monde qui nous entoure. Les dessins sont d’une finesse et d’une beauté incroyable. C’est un vrai régal pour les yeux des petits et des grands. L’intrigue, semblable à celle de Toy story avec le jouet qui prend vie et part à l’aventure, ravira les plus jeunes enfants qui s’identifieront à la petite fille. Pour l’anecdote, mon petit Jules, 13 mois, ne s’en lasse pas ! Traduit de l’espagnol par la chanteuse et comédienne Olivia Ruiz, très engagée dans l’humanitaire, l’album est dessiné par Liniers, un artiste qui réalise des couvertures pour The New Yorker et dont les livres sont publiés dans de nombreux pays. Un vrai petit coup de cœur !

Les femmes, les vieux et les robots d’abord !

26 Mai

Cette chronique et la suivante vont être consacrées à un futur que l’on imagine proche. Dans des styles tout à fait différents. Il s’agit d’un pur hasard, mais en même temps, pour vous qui me suivez depuis un moment, vous savez que je suis friande de de dystopies. Voici tout d’abord la version BD.

Mamma m’I.A., Anne-Caroline Paucot et Olivier Pelletier

mamma-m-ia-bienvenue-dans-la-realite-augmentee-220x300Cette bande dessinée est constituée de huit petites histoires abordant des thèmes centraux du monde de demain. L’humour, omniprésent, permet d’interroger sur la question de l’Intelligence Artificielle. Est-elle bénéfique ou au contraire nous promet-elle un avenir cadenassé ? Parmi les sujets traités : les relations amoureuses, la santé, la parité hommes-femmes, les personnes âgées, les études, les robots…

J’ai particulièrement apprécié la première historiette qui permet de voir la ville « en beau » grâce à des lunettes de réalité augmentée qui deviennent presque une drogue tant l’univers qui nous entoure à toutes les raisons de nous rendre maussade. Très drôle aussi l’histoire sur l’hypocondrie suscitée par nos objets connectés qui permettent de vérifier à chaque seconde si nous sommes en bonne santé. Et si nous vivions plus tard dans une société où les robots nous piquaient nos emplois, où les vieux faisaient régner la terreur, et où, pire, les femmes prenaient le pouvoir ?! Autant de sujets qu’abordent avec humour l’auteure Anne-Caroline Paucot et l’illustrateur Olivier Pelletier. Une bande dessinée fine, tout en ironie et en décalage qui posent des questions réalistes sur le monde de demain. A mettre d’urgence dans les mains de vos ados geeks ! Merci à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions Massot pour cette découverte.

Survivor

12 Oct

Un très très grand merci à l’Agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux Editions de La Martinière qui me permettent de vous présenter ce livre aujourd’hui.

Chroniques d’une survivante, Catherine Bertrand

faf6b2c64c46164c5c651d76849c36Avant le 13 novembre 2015, Catherine Bertrand était une personne comme les autres, avec ses joies et ses tracas quotidiens. Mais tout a basculé ce soir où elle assiste au désormais tristement célèbre concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Dès lors, sa vie est bouleversée.

C’est ce traumatisme et la reconstruction qui va devoir se faire peu à peu que Catherine Bertrand nous raconte dans ce témoignage dessiné. De manière simple et légère, sans jamais tomber dans le pathos, elle symbolise son trauma par un gros boulet qui se rappelle à elle dans toutes les situations du quotidiens et qui l’empêche dans un premier temps de se reconnecter à la vie. L’auteure évoque de nombreuses situations compliquées : difficultés pour obtenir un soutien psychologique, pour se faire comprendre par l’entourage, les collègues, pour se rendre dans les lieux publics… avec un humour qui met à distance l’horreur des faits. Si elle dédie bien sûr son livre à tous les rescapés et victimes des attentats, elles s’adressent aussi à tous ceux qui ont subi au cours de leur existence un traumatisme violent et à leur entourage. Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce carnet dessiné qui vient de sortir. Encore une fois, loin d’être plombant grâce à la naïveté des dessins et à l’humour de l’auteure, vous découvrirez un témoignage courageux qui donne envie d’aller de l’avant. Coup de cœur !

Instant présent

22 Nov

Ce soir, je vous invite, par le biais d’un manga magnifique, à savourer l’instant présent, à prendre le temps de vous promener et d’ouvrir grand vos yeux afin de ressentir pleinement tout les bienfaits du monde qui vous entoure.

L’Homme qui marche, Jirô Taniguchi

lhomme-qui-marche-de-jiro-taniguchi-e1504419458406Un homme vient d’emménager avec sa femme dans un quartier résidentiel. Peu de temps après leur arrivée dans la maison, ils découvrent le chien de l’ancien propriétaire et l’adoptent aussitôt. De ce couple, nous ne sauront rien d’autre sinon que l’homme se plaît à se promener. En effet, au moment où tout le monde se presse au travail, il aime prendre le temps de marcher et d’observer toutes les petites choses du quotidien qui nous entourent, tout ce à quoi plus personne ne fait attention, trop accaparé par le rythme effréné de la vie citadine.

Voici un magnifique manga de Taniguchi, qui fut, à l’époque, son premier ouvrage à paraître en français. La beauté de ce livre ne réside pas seulement dans les dessins – d’une finesse et d’une qualité sans égale – mais aussi dans le message qu’il envoie. En effet, dans une société nippone du début des années 90 qui prône la valeur travail, Taniguchi se fait taiseux et invite ses lecteurs à prendre le temps. Très contemplatif, ce manga poétique – qui ne comporte quasiment aucun dialogue – est une ode à l’oisiveté, aux déambulations sans but, juste pour se faire plaisir. Un véritable petit bijou visuel et spirituel. Laissez-vous tenter et découvrez ici mes autres chroniques sur cet auteur.

 

Tout pour la danse

19 Jan

Une BD prêtée par la Bibliothèque de la Nièvre dans le cadre de notre partenariat avec le CDI.

Polina, Bastien Vivès

La petite Polina est très stressée. Elle doit passer un test important pour entrer au pensionnat de la très sélecte Académie de danse. Malgré son manque de souplesse, le célèbre professeur Bojinski la recrute sur le champ, décelant en elle un très grand potentiel.

Les années passent, Polina consacre la plus grande partie de son temps à danser et à souffrir des remarques de son professeur plus que perfectionniste. Mais comme la danse est tout pour elle, elle serre les dents, réprime ses émotions, continue à s’accrocher et parvient à participer à un ballet. Elle est alors repérée par la directrice du Théâtre qui veut l’intégrer à sa troupe. Mais il sera bien difficile à la jeune femme de quitter son mentor et son enseignement très classique et formaté pour une danse plus contemporaine où le corps doit avant tout traduire des émotions…

Le sujet traité par cette bande dessinée m’intéressait. J’ai été assez vite happée par la lecture et les dessins – ou plutôt les esquisses – en noir et blanc. Pourtant, plus je tournais les pages, plus je restais sur ma faim. J’ai vite compris pourquoi. L’auteur ne va pas au fond des choses et c’est dommage. On reste en permanence à la lisière des personnages, on ne parvient jamais à déceler leurs émotions (d’accord, on voit bien que Polina a l’air de souffrir, qu’elle semble parfois perdue, mais ça ne va pas plus loin). Je pense que ce manque de profondeur tient au fait que les années passent très vite. Malgré un nombre de pages conséquent (206), les dessins laissent peu de place au texte. Alors oui, on parvient à suivre l’évolution et l’émancipation de la jeune femme mais il manque un peu de texte à mon goût pour que la BD soit totalement réussie. Je pense néanmoins qu’elle plaira beaucoup aux amateurs de danse.