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Familles en folie !

Bonjour ! Aujourd’hui, ce n’est pas un mais deux livres que je vous présente. Les deux sont des bandes dessinées pour enfants parues aux éditions Slalom dans une nouvelle collection Tuschuss !

Camille pétille – « Cap ou pas cap ? » – tome 1, Camille Osscini et Sess

9782375542101oriUne nouvelle année scolaire commence pour Camille, une petite fille philosophe, et sa grande sœur Pauline, beaucoup plus terre à terre et blasée. C’est l’occasion de suivre mois après mois la vie et l’évolution de leur vie avec leurs parents et leurs animaux de compagnie. Un père et une mère bien souvent dépassés, et pas forcément à l’aise face aux réflexions parfois déroutantes de leurs progénitures. Mention spéciale au papa, plus vrai que nature, grand enfant devant l’éternel qui initie ses filles à Star Wars et Jurassic Park. Un univers un peu loufoque mais qui reflète bien la vie de famille au quotidien de nos jours je trouve avec les remarques des enfants pleines de naturel. C’est frais et drôle, les dessins sont colorés et permettent de se projeter facilement dans l’univers de cette famille qui nous ressemble. Je pense que les enfants apprécieront dès qu’ils sont en âge de savoir lire et même avant car on peut leur lire les historiettes qui font une ou deux pages. Si vos enfants ont le sens de sens de l’humour, n’hésitez pas !

La famille Au poil – « Bienvenue à bord »– tome 1, Ingrid Chabbert et Joëlle Dreidemy

9782375542088oriNous suivons ici la vie d’une famille pas comme les autres. En effet, les parents avec leurs trois enfants, leurs deux chien et leur chat sont prêts à accueillir encore davantage de petits compagnons ! Ils deviennent famille d’accueil pour les  animaux du refuge de la ville avant qu’ils ne soient définitivement adoptés. Bêtises en pagaille au programme et beaucoup d’amour dans cette famille au grand cœur. J’avoue avoir été un peu moins fan de cet ouvrage que du précédent mais c’est surtout parce qu’il est destiné aux plus jeunes. Facile d’accès, cette BD repose davantage sur les images que sur les textes. Les animaux font les quatre cents coups pour le plus grand bonheur des enfants. Un bon moyen pour les parents d’expliquer les notions de solidarité, d’amour et de respect de l’espèce animale aux plus jeunes. Mon petit garçon de 14 mois apprécie déjà beaucoup regarder les images.

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Ado’ptée

C’est avec plaisir que je découvre avec vous la maison d’édition jeunesse Slalom que je ne connaissais pas jusqu’à présent et qui m’a fait la gentillesse de me confier une de leurs nouveautés.

Aurore, Jérémie Kisling

9782375540480oriAurore est une ado de 15 ans tout ce qu’il y a de plus ado. Pas très à l’aise dans son corps, les émotions à vif mais bien entourée par ses parents et sa petite sœur. Elle mène sa petite vie tout à fait normalement jusqu’au jour où elle surprend une discussion entre ses parents et comprend qu’elle a été adoptée. Le monde semble alors s’écrouler autour d’elle. Ses repères volent en éclats et en veut à l’univers entier, et surtout à ses « faux » parents. C’est alors qu’elle va croiser le chemin de Sliman, un jeune migrant. A ses côtés, elle va partir en quête de ses racines…

Voilà un roman qui se dévore ! Le rythme est soutenu et la fraîcheur de l’écriture ravira les jeunes adolescent auxquels le livre s’adresse. Entre journal intime, roman d’aventure et roman d’apprentissage, l’histoire ne manque pas d’humour avec les apartés d’Aurore, directement adressés au lecteur et les nombreux jeux de langage qui parsèment le texte : « Bon, allez, c’est la fin des cours, vous me suivez ? On rentre à la maison. Mais traînez pas trop, je mords de faim. (Un autre de mes penchants, c’est de jouer avec les mots. Si ça vous embêtes, vous me dites, mais bon, c’est mon livre un peu quand même). » L’auteur, qui est à la base chanteur-auteur-compositeur (et qui a d’ailleurs spécialement composé une chanson pour Aurore, à écouter grâce à un QR Code à la fin du livre), parvient grâce à son style original et à ses personnages attachants à délivrer plusieurs messages sur la quête d’identité, le regard de l’autre, la différence, l’acceptation de soi et le lien familial. Je suis certaine que ce livre saura séduire les jeunes collégiens. Et pour info, la jolie couverture colorée est de Zep, le célèbre papa de Titeuf !

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Hold-up littéraire

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

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La galette des lutins

Avant de commencer, mes meilleurs voeux livresques pour cette année 2019 ! Et mea culpa pour l’absence mais mon petit Jules très éveillé ne me laisse que très peu de temps pour lire et encore moins pour rédiger les chroniques ! Mais promis, je vais me rattraper !!

Et je reprends du service avec un auteur qui me tient à coeur et que je remercie vivement pour sa confiance renouvelée, j’ai nommé Renaud Marhic alias Le petit reporter de l’imaginaire.

Les Lutins urbains – Korrigans et Grosse Galette, tome 5, Renaud Marhic

les-lutins-urbains-tome-5-korrigans-et-grosse-galette-9782373730579_0-1Rien ne va plus à l’Université d’Onirie, la BRO (Brigade de Répression de l’Onirisme) vient de trouver le moyen de chasser tous nos amis lutins. Heureusement, le Professeur B. a de la ressource et part avec ses lutins urbains en Bretagne, afin de demander l’aide du Professeur Le Brac, lutinologue à Carnac. Bientôt, ils découvrent l’existence d’un talisman, la Grosse Galette, qui leur permettrait de mettre en déroute leurs persécuteurs.

Pendant ce temps, le jeune policier Gustave Flicman pensait se reposer tranquillement et se remettre de ses précédentes aventures (découvrez-les ici) en passant ses vacances en Bretagne. Evidemment, il ne va pas tarder à se retrouver mêler à l’affaire. De mystères en magie, les folles péripéties des lutins urbains et de leurs cousins bretons les Korrigans ne font que commencer !

Qu’ajouter de plus si ce n’est que comme pour tous les tomes précédents, j’ai pris plaisir à découvrir de nouvelles lutineries toujours pleines d’humour et de dérision. Plaisir décuplé encore par le fait de retrouver nos héros en Bretagne, une région que j’apprécie particulièrement*Psiiiiit. C’est toujours aussi bien écrit et l’auteur vient même faire un petit coucou sur ses terres, mais chut ! Je ne veux pas risquer de tout spoiler non plus ! Vous l’avez compris, vous vous devez de procurer à vos enfants très rapidement ce cinquième tome des Lutins urbains. Et pour le faire, c’est ici.

*Psiiiiit ! Renaud, ne m’en voulez pas, j’utilise votre fameux Psiiiiit, pour un petit coucou à mon petit frère Jérôme, installé non loin de Morlaix, et j’en profite pour lui faire de la pub : si vous voulez tester l’aviron de mer, c’est lui le président du club – et si vous connaissez une jeune et jolie bretonne, n’hésitez pas à la lui présenter !

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Ensemble, c’est tout

Je n’ai pas pu me retenir très longtemps avant de me lancer dans le deuxième tome de la trilogie de Virginie Despentes …

Vernon Subutex – Tome 2, Virginie Despentes

9782246857365-tA la fin du tome 1, nous avions laissé notre ex-disquaire dans de sales draps. Nous le retrouvons au début de ce deuxième opus, à la rue, toujours aussi paumé. Ses amis et connaissances, aux personnalités plus hétéroclites les unes que les autres, sont à sa recherche non seulement pour le retrouver lui mais pour mettre la main sur les fameux enregistrements d’Alex Bleach, le chanteur décédé dans le premier tome. Les retrouvailles vont provoquer chez chacun un étrange bouleversement et la bande va prendre l’habitude de se rencontrer, au parc ou dans un bistrot, pour passer du temps ensemble, autour d’un Subutex faisant l’effet d’un doux euphorisant…

Je n’en dévoile pas davantage volontairement afin de ne pas vous retirer le plaisir de découvrir toutes la myriade de personnages extravagants et pourtant proches de nous que nous décrit Virginie Despentes dans cette chronique sociale désenchantée. J’ai tout autant apprécié ce deuxième volet que le premier et je me suis même prise à sourire voire à rire à plusieurs reprises de situations cocasses, de répliques acerbes et d’un humour noir décapant. Si l’auteur nous dresse un portrait tristement réaliste et donc sombre de la société, elle ne plonge néanmoins pas ses lecteurs dans la morosité et le pessimisme. Au contraire, Vernon Subutex tome 2 est un roman lumineux, qui donne foi en l’humanité tout en la critiquant. Du grand art ! Je ne regrette qu’une chose : il me faudra attendre avant la sortie du tome 3 en poche !

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Bonnie and Clyde

Par ce temps maussade, je vous invite à découvrir un polar bourré d’humour. Histoire d’illuminer votre week-end !

Demain c’est loin, Jacky Schwartzmann

137086_couverture_hres_0François Feldman porte le même nom que le chanteur. Il a grandi aux Buers, une cité difficile de Lyon. Depuis tout petit, on le prend, au choix, pour un Arabe à cause de sa tête ou pour un Juif à cause de son nom. Sauf qu’il n’est ni l’un ni l’autre. C’est juste un mec normal comme il aime à le dire. Dans la vie, il tient une boutique de tee-shirt sur lesquels sont inscrites de fausses citations d’hommes célèbres, censées être humoristiques. Le problème, c’est que ça ne fait rire que lui. Et ça ne plaît pas du tout à sa conseillère financière. Il faut dire que Juliane Bacardi est un peu coincée et en a surtout marre de concéder des prêts à son client. François est au point mort côté finances quand l’improbable se produit. Alors qu’il se rend aux Buers, il est témoin d’un accident de voiture. Au volant : Juliane. Elle vient d’écraser le cousin du plus gros caïd de la cité. Autant dire que sa tête est mise à prix et que François n’est pas mieux loti. Le couple le moins assorti du monde se retrouve en cavale fuyant forces de l’ordre et terreurs des quartiers. Pour s’en sortir, ils vont devoir avancer ensemble et laisser de côté leurs préjugés…

J’ai adoré ce livre au langage souvent imagé voire cru, très décalé mais profondément humain. L’auteur dresse avec un humour corrosif le tableau de notre société post-attentats en s’attachant particulièrement aux différences de classes sociales. L’intrigue est quant à elle menée tambour battant. Les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et le livre se dévore trop rapidement. Pour ne rien vous cacher, j’ai ri ou souri à quasiment chaque page ! Autant dire que c’est appréciable de pouvoir se divertir autant à la lecture d’un polar. Je recommande donc chaudement cette nouveauté parue au Seuil – que je remercie au passage pour l’envoi. Coup de cœur !

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Gossip mums

Me voici de retour avec un livre décapant sur les dessous très chics de la maternité dans l’Upper East Side. Je remercie l’agence Anne et Arnaud ainsi que les Editions Globe  pour cette savoureuse découverte.

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

martin_wednesday_lesprimatesdeparkavenue_couverture_web-200x300Wednesday est anthropologue. Originaire du Midwest, elle s’installe dans l’Upper East Side – le quartier le plus huppé de Manhattan – alors qu’elle vient de mettre au monde son premier enfant. Ce qui ressemblerait à un privilège pour beaucoup va cependant bien vite tourner au cauchemar. Dans ce microcosme hyper privilégié, Wednesday est considérée comme un intrus par les femmes au foyer richissimes, surdiplômées et très influentes qu’elle va être amenée à rencontrer en emmenant son jeune fils à la maternelle. Outre ses difficultés à nouer des liens avec ses congénères, notre jeune scientifique va se trouver confronter à toutes les difficultés extrêmes que rencontrent les mères de l’Upper East Side : l’inscription des enfants dans les meilleures écoles, la quête d’un appartement bien situé, l’obligation de conserver un corps mince sans aucune imperfection après plusieurs grossesses… Pour faire face à l’hostilité du milieu, Wednesday choisit d’observer le milieu dans lequel elle est obligée d’évoluer avec son regard d’anthropologue. Elle va ainsi consigner puis analyser, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. Parviendra-t-elle à s’acclimater ? Je vous le laisserai découvrir par vous-même.

En attendant, voici mon avis sur ce livre qui mélange autobiographie et analyse sociologique satirique. Je suis véritablement tombée sous le charme de cet ouvrage à la fois intelligent, drôle, parfois cruel, tout en étant extrêmement touchant. Wednesday nous entraîne dans son quotidien de femme, de mère et nous donne à voir l’extrême difficulté de ce dernier rôle dans un des quartier les plus huppés de la planète où tout ne semble être que compétition. Difficile de croire que des femmes puissent faire montre d’une telle violence entre elles dans le but de favoriser au maximum leur progéniture. Pourtant, tout est réel. Mais il ne s’agit pas d’un simple témoignage ou tranche de vie. Ce livre est un traité aussi érudit que mordant, qui permet à la fois de s’enrichir intellectuellement et de rire face à des comportements que l’on jugera absurdes de l’extérieur mais qui on une réelle signification. La fin du livre est particulièrement bouleversante et tranche ainsi avec le début qui nous montre un univers très froid et hostile de prime abord. Le ton général est très enlevé et enjoué, ce qui fait de cette réflexion sur la maternité et sur la vie des femmes de Manhattan une lecture pétillante. Un très joli coup de cœur pour moi !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un petit extrait :

« S’il existe un endroit où l’enfance et la maternité ont évolué de façon flagrante, c’est bien l’Upper East Side de Manhattan. Au sein de cette niche où le relâchement des pressions de compétition interspécifique est extrême, au sein d’une culture hautement compétitive, avoir une progéniture « qui réussit » est gage de statut social, les enfants étant des miroirs de nos propres aspirations. Les soutenir et travailler d’arrache-pied pour eux est devenu une véritable profession. Ici, la maternité est une carrière semée d’embûches et de coups-bas, où les enjeux sont colossaux. L’activité y est stressante et anxiogène précisément parce que c’est aux mères qu’incombe la réussite ou l’échec de cette entreprise, dont dépendra la réussite ou l’échec de leur progéniture. Et donc des leurs. Un circuit d’une fluidité remarquable et, comme j’allais l’apprendre, quasi inexorable. »