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Au pays des pharaons

28 Nov

Je remercie les éditions Privat pour l’envoi de cet album jeunesse qui nous entraîne aujourd’hui au pays des pharaons.

Doudou et la déesse des Chats, Amandine Marshall et Vinciane Schleef

doudou-et-la-deee-des-chatsDoudou est contrarié, il vient de se faire disputer par son maître car il a du mal à écrire son prénom en hiéroglyphes. Alors qu’il rentre chez lui, il croise le chemin d’une étrange chatte noire qui parle. Il s’agit en fait de la déesse Bastet qui voulait observer comment les hommes de sa cité traitaient les chats, ses protégés. Hélas, elle a été capturée. Si elle a réussi à se sauver, dans sa fuite, elle a perdu l’amulette qui lui permet de retrouver son aspect de déesse. Doudou lui propose son aide pour la retrouver.

Voilà un album qui initiera vos enfants à partir de 5 ans à la civilisation égyptienne. On suit avec plaisir les aventures de Doudou et de la déesse Bastet à la quête de l’amulette et on découvre les hiéroglyphes en s’amusant. Une égyptologue vient apporter des enseignements à la fin de ce livre qui permet de se divertir tout en se cultivant. Le tout est très joliment illustré. Coup de cœur à ajouter sous le sapin !

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« On a toujours besoin… »

25 Nov

Désolée de ne pas être plus présente mais bébé ne me laisse pas trop le temps de lire ! Je me rattrape aujourd’hui avec un bel album jeunesse et en profite pour remercier les éditions Syros pour cet envoi.

Les poulets guerriers, Catherine Zarcate et Elodie Balandras

conte_poulets_guerriersCet album nous emmène dans un village en Afrique où des poulets adolescents ont décidé de partir à la guerre. Un jeune poussin souhaite les accompagner mais les poulets le rejettent, le jugeant trop petit pour se joindre à eux. Qu’importe, le poussin les suit. C’est alors que la troupe tombe nez à nez avec un chat sauvage tigré…

Très joliment illustré, cet album aux couleurs éclatantes, accompagné d’un CD audio, est une libre adaptation d’un conte africain. Destiné aux enfants dès 5 ans, il met parfaitement en scène le célèbre adage de La Fontaine : « On a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Le texte, à la fois drôle et intelligent, ravira les petits et leurs parents qui pourront leur expliquer que la ruse peut l’emporter sur la force. Si vous manquez d’idées pour vos chères têtes blondes pour Noël qui approche, n’hésitez pas ! Coup de cœur !

Défaire ses chaînes

23 Avr

Aujourd’hui, je vais vous présenter un petit livre à mettre entre toutes les mains, enfants comme adultes, il ravira tous les lecteurs.

Le chevalier à l’armure rouillée, Robert Fisher

le-chevalier-a-l-armure-rouilleeDans un passé lointain, un valeureux chevalier qui se trouvait « bon, gentil et plein d’amour » combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait les demoiselles en détresse. Lorsqu’il n’avait pas de bataille à livrer, il vivait dans son château avec sa femme Juliette et son fils Christophe. Il passait aussi énormément de temps à contempler et à s’occuper de son armure, jusqu’au jour où il décida de ne plus la retirer, même pour manger ou aller dormir. Sa femme lui fit remarquer que vivre avec un époux sans cesse caché derrière une armure n’était vraiment pas agréable. Son fils ne savait même plus à quoi ressemblait son père sans sa protection d’acier ! L’ambiance dans la famille ne cessait de se détériorer jusqu’au jour où Juliette lança un ultimatum : soit il la choisissait elle, soit il choisissait son armure. Bien que le chevalier préférât sa femme et voulût se défaire de son armure, il ne parvint pas à la retirer. Il resta misérablement coincé à l’intérieur…

Pour se défaire de ce qui était pour lui devenu une prison, il partit en quête du magicien Merlin, afin qu’il l’aide dans son cheminement. Seule la réelle connaissance de lui-même lui permettrait de se défaire de cette armure qui l’empêchait de se montrer tel qu’il était vraiment. Bien entendu, la quête de sa véritable identité ne se fera pas sans heurts mais l’enjeu vaudra toutes les peines du monde et il sera accompagné dans ce parcours initiatique par des auxiliaires très sages et bienveillants.

Ce Chevalier à l’armure rouillée est une véritable petite pépite. Conte philosophique à la portée de tous, dans la lignée du Petit Prince de Saint-Exupéry, il peut se lire et se relire à tous les âges de la vie selon des axes différents. Il permet une réflexion d’une grande richesse sur ce qui fait notre identité, sur les prisons internes que l’on peut se construire en croyant se protéger mais qui ne font en réalité que nous éloigner de notre véritable identité. Réflexion également sur le rôle attribué au regard de l’autre – à qui nous cherchons à plaire – bien souvent à l’origine de la construction de cette carapace qui finit par nous étouffer et effacer notre personnalité. A l’image du prisonnier de la caverne de l’allégorie de Platon, notre chevalier devra surmonter différentes étapes, symbolisées par le Chemin de la Vérité, les Châteaux du Silence, de la Connaissance et de la Volonté et de l’Audace, pour parvenir au but ultime du Sommet de la Vérité, et se libérer de ses chaînes en se trouvant enfin. Et ce n’est qu’en se connaissant et en s’aimant lui-même qu’il pourra porter un amour sincère à ses proches et aider ceux qui pourraient avoir besoin de lui : « Il pleura encore plus amèrement en se rendant compte que s’il ne s’aimait pas lui-même, il ne pouvait pas aimer les autres, car le besoin qu’il avait d’eux se mettrait toujours en travers ». Ce ne sera qu’en prenant conscience de ses erreurs et en ayant suffisamment confiance en lui qu’il pourra se jeter dans l’inconnu, ne plus avoir peur du jugement et se sentir complètement libre et lui-même. Nul besoin de détailler davantage ce chef-d’oeuvre à la portée universelle, accessible à tous et plein d’humour. Je vous laisse le savourer et sans doute vous y trouver. Coup de cœur !

La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

Le terrible pouvoir des jeux vidéo

14 Sep

Une grande première sur ce blog : un album pour enfants !

la_sorci_re_des_ecrans_330La sorcière des écrans, écrit et conté par Pauline Pucciano, illustré par Laura Giraud et mis en musique par Philippe Guerrieri

Un jour, la maman de Théo, un jeune garçon qui passe tant de temps devant les jeux vidéo qu’il en oublie le monde qui l’entoure, décide de lui raconter une histoire pour le mettre en garde contre les méfaits des écrans.

Toutes les fées se sont penchées sur le berceau du prince Léo afin qu’il possède tous les talents physiques, intellectuels et moraux dont un enfant puisse rêver. Mais après leur passage, la sorcière des écrans – folle de rage de ne pas avoir été conviée aux festivités organisées en l’honneur de sa naissance – jette une malédiction sur le garçon : lorsque Léo aura atteint ses 6 ans, Léo se laissera envoûter par les écrans, ne fera rien de ses talents et ne verra plus le temps passer…

Je remercie d’abord chaleureusement les Editions VOolume pour l’envoi de ce conte moderne qui m’a permis d’occuper un moment de détente et d’apprentissage avec les deux petits monstres que je gardais cet après-midi. J’ai donc pu tester ce livre avec deux garçons de 5 et 7 ans, l’histoire étant destinée à des enfants à partir de 7 ans.

En recevant l’album, j’ai été d’emblée conquise par les illustrations. Douces et oniriques, les couleurs bleutés nous convient à pénétrer dans un univers féerique. Mais sous la douceur de ce bleu se cache également la froideur des écrans et la terrible Mort qui guette sans que l’on y prête attention, absorbés que nous sommes par l’univers numérique dans lequel nous baignons et qui finit par tout absorber sur son passage.

Le texte, lui, est très bien rédigé, modernisant l’histoire de la Belle au bois dormant. Ce conte amène les enfants – et les adultes – à réfléchir sur la nocivité de l’omniprésence des écrans qui empêche de vivre pleinement, de prendre conscience de tout ce qui fait la richesse d’une vie. La richesse du vocabulaire employé permet aux enfants de découvrir des mots qu’ils n’ont pas l’habitude ni d’entendre, ni d’employer.

Je n’ai malheureusement pas eu le temps d’utiliser le CD avec les enfants mais l’ai écouté avec attention. La musique accompagne parfaitement le texte et les images, des sonorités à la fois douces et inquiétantes au fur et à mesure de l’avancée du conte.

Pour conclure, cet album est parfaitement adapté aux enfants dès 7 ans (avant, c’est trop tôt, le plus jeune a décroché). On peut à la suite de la lecture aborder le sujet des jeux vidéo et surtout des autres loisirs et activités à pratiquer. Mon jeune lecteur a globalement apprécié le livre. Son seul défaut selon lui : la mort. Pour ma part, j’ai adoré ! Coup de cœur !

Légende Personnelle

15 Juil

Je me rattrape pour ce roman qui j’aurais dû lire il y a bien longtemps. Mais sans doute est-ce un signe que je le découvre justement maintenant.

L’Alchimiste, Paulo Coelho

51kyryol2bil-_sx307_bo1204203200_Un jeune berger andalou fait, à deux reprises, le rêve de trouver un trésor près des pyramides d’Egypte. Dès lors, il va rencontrer des personnages qui vont le guider afin qu’il réussisse à accomplir sa Légende personnelle. La route sera longue, jonchée d’épreuves (voleurs, traversée du désert, guerre…), et nombreuses seront les envies, pour le jeune homme, de renoncer à son rêve pour mener une vie plus facile. Mais grâce au roi de Salem puis à l’Alchimiste, notre berger poursuivra sa quête, le chemin qu’a dessiné pour lui l’Univers. Et seule la découverte de son trésor pourra faire de lui un homme complet.

Impossible de décrire la puissance philosophique de ce livre de Coelho qui parle un langage universel. Je comprends maintenant pour quoi il a connu un tel succès planétaire. Il nous fait non seulement rêver mais surtout réfléchir à notre propre existence. A ce qui doit compter plus que tout. Nous réaliser. Quelles que puissent en être les conséquences dans un premier temps. Si l’on désire quelque chose plus que tout, on trouvera au fond de nous les ressources pour accomplir notre rêve : « Lorsque tu veux vraiment une chose, tout l’Univers conspire à te permettre de réaliser ton désir, avait dit le vieux roi ». Coelho nous donne ici une véritable leçon de vie par le biais du voyage initiatique du jeune berger. Réaliser ses rêves, avoir toujours son objectif en tête et essayer de ne pas s’en laisser détourner par les aléas de la vie. Autre point important, savoir repérer et s’appuyer sur des personnes de confiance. Car certaines rencontres peuvent réellement changer nos vie (cf : l’excellent Et il me parla de cerisiers, de poussières et d’une montagne d’Antoine Paje). Vous l’aurez compris, un immense coup de cœur, un livre à avoir absolument dans sa bibliothèque et à lire et à relire tout au long de son existence.

Métamorphose

7 Mar

Un peu de littérature jeunesse fournie par mon ancienne collègue.

Animale – La malédiction de Boucle d’Or, Victor Dixen

106715918_oBlonde, une magnifique jeune femme de 17 ans dotée d’une extraordinaire chevelure dorée, a passé sa vie dans un couvent. Pensionnaire depuis son plus jeune âge, recueillie par les ursulines, elle est la risée de ses consœurs issues de familles très aisées et notamment de Bérénice qui ne cesse de se moquer de sa maladresse et de son aspect maladif. Le fait est que la pauvre Blonde est affublée de lunettes aux verres teintés et qu’elle est obligée de rester à l’abri de la lumière après des malaises à répétitions dès son plus jeune âge. Mais un jour, la jeune fille va pouvoir révéler toute sa beauté en pausant pour le séduisant Gaspard, un apprenti tailleur de pierre venant rénover une statue au couvent. Les deux jeunes gens tombent immédiatement sous le charme l’un de l’autre…

Dans le même temps, Blonde a reçu la visite dans sa chambre, en pleine nuit, d’un homme inconnu qui lui a fourni un dossier d’enquête qui semble la concerner. Il évoque un épisode marquant de la vie de Gabrielle de Brances. 17 ans plus tôt, la jeune femme relate un événement incroyable à savoir comment elle s’est égarée dans une forêt avant de se retrouver enfermée dans une chaumière au fond des bois, séquestrée par des créatures à peine humaines…

J’avoue que j’étais un peu réticente avant d’entreprendre la lecture de cette réécriture du célèbre conte Les Trois Ours de Robert Southey plus communément connu sous le titre de Boucle d’Or. Mais j’ai très vite été happée par la narration au rythme soutenu qui ne laisse pas au lecteur un instant d’ennui. J’ai aussi apprécié le fait qu’il y ait un véritable travail de recherche historique effectué pour insérer le conte dans la période pour le moins chamboulée des guerres napoléoniennes mais également dans la mythologie des pays nordiques ainsi que dans les secrets du Vatican.

A la fois conte fantastique et roman d’amour et d’aventure, Animale réussit le coup double de divertir le lecteur tout en livrant une réflexion sur les questions d’humanité et d’animalité. La Belle et la Bête ne pourraient bien se révéler être qu’une seule et même personne et l’amour ne saurait se contenter de s’en tenir aux apparences.  Un roman palpitant qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2014

Mondes parallèles – suite

18 Juin

Je poursuis dans ma relecture du chef-d’oeuvre de Murakami.

1Q84 – Livre 2 – Juillet-Septembre, Haruki Murakami

Nous retrouvons Aomamé et Tengo qui poursuivent leurs itinéraires toujours séparément. Chacun des jeunes gens voit sa vie se complexifier.

Aomamé doit accomplir un dernier travail qui pourrait lui coûter la vie. Elle devra, une fois son rôle accompli, disparaître de la circulation et changer complètement d’existence pour avoir une chance de survivre.

Dans le même temps, les problèmes autour de Tengo et de son roman La Chrysalide de l’air ne cessent de s’accumuler. La jeune auteur, Fukaéri, a mystérieusement disparu et un inquiétant personnage rôde autour de notre professeur de mathématiques.

Dans le monde extérieur, les étrangetés se multiplient. Aomamé, Tengo et Fukaéri voient deux lunes, exactement les mêmes que celles qu’a décrites Tengo dans le roman. Un énorme orage inonde le métro de Tokyo et les Little People font entendre leurs voix…

Avec ce deuxième tome, nous pénétrons davantage encore dans un monde parallèle, à la frontière du réel et de l’imaginaire. La trajectoire des deux protagonistes se rapproche de plus en plus et le mystère pèse sur la manière dont ils pourront –  ou non – enfin se rencontrer. L’auteur approfondit sa peinture des caractères, mettant à nu les failles de chacun. Plus on tourne les pages, plus on est happé par le monde à la fois envoûtant et angoissant de 1Q84. Et surtout, à l’image des personnages principaux, nous nous posons de très nombreuses questions auxquelles nous n’aurons pas de réponses pour l’instant même si certains aspects du tome 1 s’éclaircissent. Pour cela, il faudra patienter jusqu’à la lecture du dernier tome. Le thème de la secte est cette fois beaucoup plus approfondi et joue un rôle central. En ce qui me concerne, si je considère ce tome comme moins poétique dans le style que le premier, je trouve que l’auteur parvient avec brio à kidnapper son lecteur dans ce monde onirique. Le suspens s’accroît aussi intensément avec l’étau qui se resserre inexorablement sur les personnages. Une excellente suite donc !

« La Belle au Bois Dormant »

12 Avr

Merci encore à ma collègue et amie documentaliste qui m’a fait parvenir ce livre.

Carabosse – La légende des cinq Royaumes, Michel Honaker

Alors qu’il revient d’un rude combat contre les Dongles, le prince Florestan, accompagné de son fidèle fou et conseiller le nain Trublion, décide de se reposer une nuit dans la demeure du comte Vituperi qui lui offre l’hospitalité. Il va alors faire la connaissance de ses filles, la ténébreuse et sensuelle Cara, qui aurait été la beauté incarnée si elle n’avait pas été affublée d’une horrible bosse dans le dos, et la magnifique et douce Léonore. Le jeune prince tombe immédiatement sous le charme de cette dernière. Il propose au comte et à ses filles de venir passer quelques jours en sa compagnie à Bois-Dormant. Le comte décline l’invitation tout comme Cara, folle de rage et de jalousie envers Florestan et Léonore. Concluant un pacte avec les forces obscures, elle qui se passionnait pour les potions devient une véritable fée maléfique. Avec ses nouveaux pouvoirs, elle jure de se venger : le fruit de l’amour du prince et de la princesse mourra le jour de ses dix-huit ans. Heureusement, la bonne fée Lilas, marraine de la jeune Aurore détourne le sort. La jeune femme ne mourra pas mais tombera dans un sommeil profond que seul le baiser d’un prince à l’amour pur pourra interrompre.

A vrai dire, je craignais un peu la lecture de ce texte à sa réception. De nombreuses réécritures du conte de Perrault existent déjà et j’avais peur que celle-ci ne soit adaptée à la sauce Twilight. Hé bien je me suis trompée et ai été agréablement surprise par ce conte aux allures de roman d’aventures que j’ai dévoré en deux jours à peine. La première partie est totalement nouvelle. L’auteur dresse le portrait des personnages en insistant sur celui de Cara qui deviendra Carabosse. Il explique comment le jeune femme a basculé du côté obscur de la force si je puis m’exprimer ainsi. Si l’explication est un peu simpliste (en gros, le mal se nourrit du mal : rejetée et moquée à cause de sa difformité, le jeune femme va vouloir se venger), elle a au moins le mérite d’être bien traitée et devra inviter à la réflexion des plus jeunes sur la question de la différence. La seconde partie du texte constitue la véritable réécriture du conte originel. Les principaux éléments sont conservés mais largement développés et la fin est modernisée. L’auteur apporte en effet une petite réflexion féministe sur le droit à aimer l’être que l’on choisit et pas celui qui a été désigné pour vous, même si cette personne ne correspond pas aux « critères » exigés par la famille.

Je pense que les adolescents (à partir de la 6ème pour les bons lecteurs) apprécieront ce roman dont l’intrigue leur est familière. Tout le monde y trouvera son compte car l’action est très présente tout au long du livre et laisse peu de temps-morts. Le petit côté heroic fantasy est appréciable dans la mesure où l’on ne tombe pas dans l’excès. Le tout est bien évidemment saupoudré d’une bonne dose d’amour et de magie et forme un ensemble agréablement divertissant.

Féérique

11 Avr

Voilà un auteur de littérature jeunesse qu’il me pressait de retrouver. C’est chose faite grâce à ma merveilleuse amie documentaliste qui vient de me faire porter son dernier roman.

Le livre de Perle, Timothée de Fombelle

Trois destins sont intimement noués dans ce livre. Celui de l’auteur, garçon rêveur passionné de photographie, bouleversé à 14 ans par un chagrin d’amour, qui deviendra écrivain. L’histoire de d’un jeune garçon débarqué de nulle part, qui prendra le nom de Joshua Perle après avoir été recueilli en 1936 par le couple Perle, marchands de guimauves renommés de la capitale. Quelques temps après son arrivée, il sera obligé de partir sur le front puis s’engagera dans la Résistance en découvrant que ses parents adoptifs ont été raflés. Enfin la vie torturée d’Ilian, un jeune prince pourchassé par son frère, amoureux d’une fée, Olia, dont il est cruellement séparé mais qu’il tentera à tout prix de retrouver.

Je ne vais pas vous mentir, j’ai mis du temps à comprendre l’intrigue et à relier tous les fils de l’histoire tant les différents univers spatio-temporels sont imbriqués. Mais loin de me décourager, je me suis au contraire laissée porter par la magie d’un texte subtile, d’une poésie incroyable, aussi subtile qu’une perle de rosée sur un brin de muguet. Au fur et à mesure d’une lecture qu’il est impossible de lâcher, le mystère s’éclaircit pour laisser apparaître un véritable livre gigogne, un roman dans le roman qui conte et met en abyme l’histoire tragique d’un prince de conte de fées chassé de son royaume, qui devra affronter la barbarie humaine tout en souffrant la douleur de la perte de celle qu’il a tant aimée. Timothée de Fombelle (auteur des déjà très réussis Tobie Lolness et Vango) réussit l’exploit de réunir des univers très différents, le charme envoûtant du pays des fées et celui terrifiant de la seconde Guerre mondiale, en peignant des personnages d’une extraordinaire intensité car protéiformes. Il permet avec ce roman d’aventure proche du conte fondé sur un imaginaire d’une extrême richesse de procurer à la littérature jeunesse ses lettres de noblesse. Je conseille ce livre à partir de la 5ème pour les très bons lecteurs. En tout cas, il ne faut pas prendre peur devant la complexité de la construction. Laissez-vous conduire par la beauté des mots.

Un petit extrait pour le plaisir :

« Ilian eut alors l’impression qu’on lui attrapait la main et qu’on le tirait en arrière, entre les chênes verts. Olia pourtant n’avait pas bougé. Ses doigts restaient sur l’écorce de l’arbre. Ilian se sentait irrésistiblement emporté. il n’essayait d’ailleurs pas de résister. il courait au-dessus des ronciers. Une force inconnue animait son corps et sa volonté. Il voulut retourner un dernière fois vers elle, mais la forêt les masquait l’un à l’autre.

Une heure plus tard, Ilian arriva à la nage sous les pilotis du palais, se hissa sur une poutrelle pour reprendre son souffle. Il sentit se détacher le fil invisible qui l’avait fait courir.

Certaines forces sont pourtant plus puissantes que la magie. Un autre fil d’or restait attaché au centre de sa poitrine. Un fil dont il ne pourrait jamais se défaire. »