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Survivor

12 Oct

Un très très grand merci à l’Agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux Editions de La Martinière qui me permettent de vous présenter ce livre aujourd’hui.

Chroniques d’une survivante, Catherine Bertrand

faf6b2c64c46164c5c651d76849c36Avant le 13 novembre 2015, Catherine Bertrand était une personne comme les autres, avec ses joies et ses tracas quotidiens. Mais tout a basculé ce soir où elle assiste au désormais tristement célèbre concert des Eagles of Death Metal au Bataclan. Dès lors, sa vie est bouleversée.

C’est ce traumatisme et la reconstruction qui va devoir se faire peu à peu que Catherine Bertrand nous raconte dans ce témoignage dessiné. De manière simple et légère, sans jamais tomber dans le pathos, elle symbolise son trauma par un gros boulet qui se rappelle à elle dans toutes les situations du quotidiens et qui l’empêche dans un premier temps de se reconnecter à la vie. L’auteure évoque de nombreuses situations compliquées : difficultés pour obtenir un soutien psychologique, pour se faire comprendre par l’entourage, les collègues, pour se rendre dans les lieux publics… avec un humour qui met à distance l’horreur des faits. Si elle dédie bien sûr son livre à tous les rescapés et victimes des attentats, elles s’adressent aussi à tous ceux qui ont subi au cours de leur existence un traumatisme violent et à leur entourage. Je ne peux que vous encourager à vous procurer ce carnet dessiné qui vient de sortir. Encore une fois, loin d’être plombant grâce à la naïveté des dessins et à l’humour de l’auteure, vous découvrirez un témoignage courageux qui donne envie d’aller de l’avant. Coup de cœur !

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… rock toujours !

19 Sep

Voilà un petit moment que je l’attendais… et déjà, je l’ai terminé… Toutes les bonnes choses ont une fin ! 

Vernon Subutex – Tome 3, Virginie Despentes

51kjdnkp1jl-_sx342_bo1204203200_Au début de ce tome 3, Vernon et sa bande se sont organisés en une petite communauté autosuffisante qui parcourt la France en organisant des « convergences », des rassemblements musicaux qui s’apparentent à des rave privées. Tous ceux qui ont la chance d’y participer sont formels, ce qui se passe là-bas est presque irréel, relève de la transe. Mais bientôt, l’équilibre du groupe se voit anéanti avec l’obtention d’un important héritage, laissé par un ami de la bande. Accusé à tort de vouloir récupérer le pactole, Vernon, écœuré, s’en va sans prévenir… Dans le même temps, nous suivons les aventures d’Aïcha et Céleste respectivement exfiltrées en Allemagne et en Espagne par la Hyène après qu’elles ont agressé Dopalet. Ce dernier, après une bonne dépression, est bien décidé à se venger des deux jeunes filles…

Ce dernier opus est sans doute le plus survolté de la trilogie. Despentes poursuit sa chronique sociale sans concession, traitant de nombreux sujets d’actualité (attentats, homosexualité, dépendances, violences faites aux femmes…) sans jamais tomber dans le racolage, la facilité ou l’apitoiement. Chaque chapitre met l’accent sur un personnage donnant ainsi une vision kaléidoscopique de l’intrigue et permettant de conserver un rythme endiablé tout au long des 400 pages de ce tome 3. C’est bien simple, il est presque impossible de lâcher le livre une fois qu’on l’a commencé. Seul point négatif de cette trilogie de mon point de vue : la fin assez abrupte et qui part un peu dans le n’importe quoi. Mais bon, ça n’enlève en rien le plaisir que j’ai eu à savourer cette fresque sociale moderne qui demeure pour moi un gros coup de cœur.  Je vous invite à découvrir les chroniques des tomes 1 et 2.

« Argent, trop cher ! »

5 Sep

Merci à mon chéri qui m’a offert le livre que je vais vous présenter aujourd’hui.

Les salauds devront payer, Emmanuel Grand

9782253086079-001-tNord de la France. La jeune Pauline est retrouvée morte dans un terrain vague. Quelques jours avant, des usuriers aux méthodes pour le moins musclées étaient venus la menacer si elle ne payait pas les traites d’un emprunt contracté quelques mois plus tôt. Hé oui, dans cette région sinistrée où le chômage atteint des records et où les jeunes se partagent entre jobs sous-payés et trafic de drogues, nombreux sont ceux qui succombent aux mirages de l’argent facile des prêts à la consommation. Peu, par contre, se rendent compte de leurs taux exorbitants. Et quand le piège se referme, impossible d’en sortir… Après ce meurtre, tout accuse donc les usuriers. Mais bientôt, d’autres crimes seront commis et le commandant Eric Buchmeyer pense que quelque chose de bien plus profond se cache derrière.

Si j’avoue avoir été un peu déstabilisée par le début du roman – scènes de la guerre d’Indochine puis d’Algérie – qui n’avaient pas grand chose à voir a priori avec le propos du roman, j’ai très vite accroché à l’écriture sans concession d’Emmanuel Grand et à ce que je nommerais ce polar social. En effet, l’auteur nous plonge avec brio dans l’atmosphère aussi austère que chaleureuse du Nord de la France et parvient à dresser un tableau juste des problèmes sociétaux de cette région sans tomber dans le misérabilisme. Ce décor étant dressé, l’intrigue policière est captivante, pleine de rebondissements jusqu’à la toute fin du roman. On comprend au fil des pages la présence du chapitre initial se rapportant aux guerres passées et on est très rapidement absorbé par cette histoire de vengeance pour le moins tordue. A découvrir d’urgence pour les amateurs du genre d’autant que vous pouvez vous le procurer en format poche.

Aux armes !

24 Août

C’est déjà l’heure de la rentrée littéraire ! Aujourd’hui, sort le premier roman de Marie-Fleur Albecker aux éditions Aux forges de Vulcain. Avant de vous présenter cet ouvrage, je tenais à remercier tout particulièrement l’auteure pour la dédicace et l’agence Anne et Arnaud pour cette belle découverte.

Et j’abattrai l’arrogance des tyrans, Marie-Fleur Albecker

et-j-abattrai-l-arrogance-des-tyransFin du XIVème siècle. Nous sommes en Angleterre. La grande peste et la guerre de Cent ans ont laissé le royaume dans la misère la plus totale. Seuls les nobles tirent leur épingle du jeu, taxant toujours davantage les paysans. Le roi, Richard II, n’a que 14 ans. Le pays est donc gouverné par ses conseillers qui cherchent à s’enrichir au détriment du peuple. Jusqu’au jour où la révolte gronde. Les hommes n’en peuvent plus de payer et de mourir de faim. Parmi le groupe d’insurgés qui partira de l’Essex pour se rendre à Londres afin de réclamer justice, une femme. Johanna. Elle refuse de rester au village avec les autres à se tourner les pouces pendant que se joue l’avenir des siens. Rebelle dans l’âme, elle veut participer et tenter de changer le monde. Pour ne plus subir. Pour être libre. En tant que femme.

Tout d’abord, je tiens à préciser que je ne suis pas du tout fan des romans historiques. Pour preuve, depuis la création de ce blog, je ne suis pas sûre d’en avoir déjà chroniqué. Et pourtant, quand cette lecture m’a été proposée, j’ai tout de suite accepté. Quelque chose me disait qu’il ne s’agissait pas d’un simple roman historique. Je ne me suis pas trompée. Si les faits historiques sont là – et Marie-Albecker, professeur d’histoire, maîtrise son sujet -, le véritable sujet de livre n’est pas là mais bien dans le combat de cette femme, Johanna, que l’on pourrait qualifier de féministe avant l’heure. Refusant les préjugés et le regard des autres, elle se joint aux hommes et se trouve à la tête de la révolte. Personnage déterminé, elle ne recule devant rien pour faire entendre non seulement la voix du peuple mais la voix des femmes contre les injustices dont elles sont victimes. Ce que j’ai surtout apprécié, outre l’intrigue, c’est la révolte du langage dont fait preuve Marie-Fleur Albecker en utilisant un vocabulaire cru, ultramoderne, pour rendre compte de ces événements d’une autre époque mais qui semblent ainsi totalement d’actualité. La distance anachronico-ironique du narrateur est savoureuse et apporte à ce roman un rythme haletant et un ton acerbe auquel j’ai particulièrement accroché. Vous vous en doutez, je ne saurais que vous conseiller ce roman pour bien terminer les vacances ou aborder la rentrée. Coup de coeur !

Enfer nocturne

28 Mai

Comme je vous l’ai dit dans ma précédente chronique, je n’ai eu que très peu de temps ces dernières semaines pour rédiger mes chroniques ! Du coup, j’ai pris pas mal de retard ! Retard accru pour le roman que je vais vous présenter aujourd’hui car il s’était manifestement perdu en chemin ! Je remercie donc les éditions De Saxus pour l’envoi de ce roman sorti le 1er mars dernier. Il s’agit du tout premier titre de ces jeunes éditions à qui je souhaite toute la réussite qu’elles méritent !

Les Limbes, Olivier Bal

119420362L’intrigue débute en pleine guerre du Vietnam, en 1970. James Hawkins, un jeune américain jusque là sans histoire vient d’être recruté. Alors qu’il n’est sur le front que depuis quelques semaines, survivant comme il peut à l’enfer quotidien, il reçoit une balle en pleine tête. Contre toute attente, il réchappe à ses blessures et se réveille, quelques semaines plus tard dans un hôpital de Saïgon. Mais dès lors, sa vie a basculé. Il semble habité pas un étrange pouvoir qui le terrorise. Dès qu’il s’endort, il pénètre dans les rêves d’inconnus… Un an plus tard, alors qu’il est rentré au pays, il est contraint de gagner une base militaire secrète aux confins de l’Alaska. La CIA a besoin de lui pour mener à bien le projet Limbes sous la direction du professeur Kleiner. Le vieil homme mène des recherches sur les rêves depuis bien longtemps et le voilà sur le point de pouvoir concrétiser son souhait le plus profond : contrôler les songes d’autrui, les manipuler mais aussi découvrir cet univers encore trop peu connu que sont nos propres rêves. Malheureusement, les choses ne se passeront pas tout à fait comme prévu…

Pour une première publication, les éditions De Saxus tapent fort avec ce thriller aussi haletant que terrifiant. L’auteur nous entraîne dans un univers en vase clos (claustrophobes, s’abstenir !) qu’est la base secrète en Alaska. Si j’avoue avoir été sceptique au début de ma lecture – n’étant que très peu adepte de romans historiques ou évoquant les guerres, je n’étais pas forcément emballée après les premières pages concernant le Vietnam -, j’ai été agréablement surprise que l’intrigue prenne un tout autre chemin que celui dans lequel elle semblait lancée initialement. Mais une fois l’histoire principale lancée, impossible de m’arrêter de tourner les pages ! L’univers cauchemardesque mis en place par l’auteur est excellent et le côté gore à la « Walking Dead » à la fin du roman ravira les amateurs du genre. Si vous n’avez pas froid aux yeux, n’hésitez pas à vous procurer ce roman de toute urgence. Coup de cœur !

 

Psy-show !

2 Avr

Beaucoup de retard dans mes chroniques… Mea Culpa ! Les journées sont trop remplies !

Encore un grand merci aux éditions Tohu-Bohu qui me permettent de vous faire découvrir le roman du jour.

La fin des idoles, Nicolas Gaudemet

9782376220275_1_75Dans un futur extrêmement proche, une nouvelle chaîne de télévision cherche à augmenter son audience sous peine de disparaître. Lyne Paradis, neuroscientifique, propose un nouveau programme de téléréalité dans lequel les participants sont prêts à tout pour accéder à la « gloire » médiatique. La starlette Paloma, caricature de la bimbo siliconée, ira jusqu’à se faire tatouer une horreur pour s’attirer les cotes du public. Mais bientôt, cette émission qui déchaîne les passions touche à sa fin et Paloma retombe dans l’anonymat le plus total en proie à une violente dépression qui la plonge dans l’enfer des troubles alimentaires. Un célèbre psychanalyste, Gerhard Lebenstrie, fervent détracteur des neurosciences lui propose alors son aide…

Voilà pour résumer de façon très brève ce roman d’une incroyable richesse qui nous plonge dans la critique acerbe de notre société hypermédiatisée. L’auteur maîtrise son sujet à la perfection et le fait de mettre en scène des personnalités de notre quotidien médiatique offre une vision très réaliste. Si le côté stéréotypé pourrait éventuellement déplaire à certains, ce n’a pas été mon cas car on sent tout de suite où l’auteur veut nous conduire. Amatrice éclairée de psychologie, psychanalyse et neurosciences, je n’ai pas boudé mon plaisir à assister au combat entre les différents partis et apprécié les références parfois pointues. En filigrane, le roman s’attarde sur le problème des troubles alimentaires qui me tient particulièrement à cœur. J’avoue que pour le coup, la question est un peu raccourcie car elle est réduite ou presque au problème de la médiatisation des corps toujours plus maigres, mais comme cela cadre parfaitement au reste du sujet, ce n’est pas un problème. Ce roman est un véritable « page-turner », une fois commencé, difficile de s’arrêter ! Pour un livre qui traite en partie de l’addiction, c’est presque un comble ! Je ne peux que recommander La fin des idoles, en librairies depuis début mars. Coup de cœur !

A l’orée des souvenirs

11 Mar

Aujourd’hui, grâce à l’agence Anne et Arnaud et aux éditions Philippe Rey, je vous présente un premier roman qui, je l’espère, saura retenir votre attention.

La nuit introuvable, Gabrielle Tuloup

livre_moyen_370Nathan, jeune quadragénaire expatrié en Slovénie, reçoit un appel de France pour le moins déroutant. Une voisine de sa mère le presse de revenir au plus vite à Paris. La requête ne réjouit pas Nathan. En effet, depuis la mort de son père quatre ans auparavant, il a coupé tout lien avec sa génitrice. Il faut dire qu’elle n’a jamais témoigné à son enfant unique de beaucoup d’amour maternel. Pourtant, il décide de revenir à Paris pour en savoir plus. Le femme qu’il découvre a totalement changé. La maladie d’Alzheimer a pris possession de la vieille dame qui peine à reconnaître son fils. La voisine apprend à Nathan que Marthe a laissé huit lettres pour lui. Les missives ont été rédigées au début de la maladie, alors que Marthe possédait encore sa mémoire. Nathan pense récupérer les écrits sur le champ et repartir en Slovénie mais il se trompe. Sa mère souhaitait qu’il les reçoive une par une, à chacune de ses visites. Écœuré par un tel stratagème, il se résout néanmoins à accepter les règles du jeu après avoir ouvert la première lettre.

Voilà un premier roman emprunt d’une tendre délicatesse qui évoque avec finesse non seulement les troubles de cette terrible maladie qu’est Alzheimer mais aussi et surtout la complexité des rapports entre une mère et son fils. Les lettres permettent de remonter dans le temps et de comprendre pourquoi Marthe n’a pas réussi à créer de véritables liens avec Nathan. On découvre par ce biais une femme amoureuse, vivante, bien éloignée de la figure froide dépeinte par son fils. Au fur et à mesure qu’il découvre la vérité sur sa mère, Nathan va remettre en question sa propre existence, ressentir pleinement toute sa solitude et peut-être enfin pouvoir véritablement se construire et donner du sens à sa vie d’homme. Je vous conseille ce roman emplit d’une douce poésie. J’ai beaucoup aimé la sensibilité avec laquelle sont décrits les personnages et surtout la construction narrative avec les lettres que l’on attend de découvrir au fur et à mesure de l’avancée de l’intrigue.

Utopia

25 Fév

Afin de bien terminer les vacances (hé oui, c’est déjà fini par ici !), je vous présente un roman d’aventure qui mérite le détour. J’en profite pour remercier les éditions Tohu Bohu qui me permettent de vous faire découvrir ce bel ouvrage.

L’Odyssée d’Amos – Les chroniques d’Ataraxia, tome 1, Thierry Maugenest

517ilsmgr0l-_sx350_bo1204203200_La planète Ataraxia est un véritable havre de paix où tous les habitants vivent en harmonie les uns avec les autres et avec la nature, respectant des principes sacrés édictés par les pionniers arrivés 950 ans plus tôt. Amos de Slima, jeune et brillant ataraxien, est néanmoins persuadé qu’un danger risque de venir perturber ce bel équilibre. Mais dans cette société particulièrement paisible qui ne connaît pas la violence, fondée sur le respect, le partage, l’égalité et la liberté, le discours du jeune est mal perçu. Le voilà donc non seulement exclu mais aussi contraint de fuir sa communauté. Dès lors, il va se lancer dans un long voyage, aux confins de la planète, en quête de ce qu’il pense être la vérité. Il fera bientôt la connaissance d’Ezéa, une jeune femme solitaire et fougueuse, ayant grandi sur une île quasi déserte, loin des enseignements ataraxiens. Ensemble, ils tenteront de lutter contre un homme qui cherche à bouleverser l’univers utopique d’Ataraxia en réinstaurant l’utilisation de la monnaie et, par conséquent, en mettant fin à l’égalité régnant entre chaque individu depuis près d’un millénaire…

Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter dans un univers aussi riche et travaillé que celui dans lequel nous conduit Thierry Maugenest. Il faut dire que l’auteur a puisé son inspiration dans les travaux de François Bournaud qui s’est passionné pour le monde imaginaire qu’il a mis plus de 10 ans à créer. Dans une encyclopédie de près de 2000 pages, l’homme a compilé tout ce qui est en mesure d’établir un univers complet : cartographie, faune et flore, moyens de transports, habitations, éducation, culture… Rien n’a été laissé au hasard. Grâce à ce sens du détail, l’auteur de l’Odyssée d’Amos a pu poser un cadre rigoureux et très réaliste à son aventure. J’ai vraiment été séduite par ce roman utopique qui permet de réfléchir aux différents maux qui rongent notre société contemporaine et qui permet aussi de se questionner sur ce qui permettrait vraiment de l’améliorer car la société ataraxienne présente évidemment, elle aussi, ses propres limites. Ce premier tome pose les bases d’une aventure au long cours en mettant l’accent sur la description de ce monde idyllique et sur la personnalité des personnages clés. En outre, la lecture est rendue encore plus attrayante grâce aux nombreux croquis qui viennent illustrer le texte. Un vrai coup de cœur que je vous encourage à découvrir. En librairie depuis le 9 février.

Toxique

17 Jan

Avant de commencer, un grand merci aux éditions Don Quichotte qui m’ont fait parvenir le roman que je vais vous présenter aujourd’hui.

Ariane, Myriam Leroy

ph_couv_159Notre narratrice est une collégienne belge, issue d’une famille modeste qui se rêve bourgeoise. Elle est complexée par ses fesses qu’elle trouve énormes et surtout par son statut social. En effet, ses parents l’ont inscrite dans un établissement privé où l’immense majorité de ses condisciples, très riches, lui font sentir son infériorité. Longtemps exclue par ses pairs, elle finit par se lier d’amitié avec Ariane, une magnifique adolescente, sûre d’elle et dont les parents sont, qui plus est, remarquablement riches. Néanmoins, alors que tout semble les opposer, les deux jeunes filles vont bientôt devenir inséparables. Cette amitié exclusive, dévorante, va se faire aux dépens des camarades qui entourent le duo. En effet, les deux amies s’amusent à persécuter leur entourage, à humilier ceux et celles qu’elles jugent plus faibles qu’elles afin de se mettre en valeur. Ariane agit comme une drogue dure pour la narratrice qui n’a que très peu confiance en elle. Elle n’existe plus que par le prisme de son amie qui l’entraîne toujours plus loin dans ses provocations malsaines. Tout bascule pour elle le jour où Ariane choisit d’intégrer une troisième fille au groupe. L’exclusivité n’est plus de mise, notre narratrice se sent rejetée, la jalousie s’empare d’elle alors qu’Ariane se plaît à la voir et à la faire souffrir. La narratrice ressent alors un vide immense, un manque qu’elle ne peut combler auquel se mêlent haine et fascination pour celle qui va devenir son bourreau…

Ce roman de Myriam Leroy est véritablement hypnotisant. Dès les premières lignes, j’ai été transportée par cette histoire d’amitié toxique entre deux adolescentes. L’auteur dépeint à la perfection le mal-être de la narratrice à laquelle elle s’identifie, le besoin profond de reconnaissance par les pairs, l’abandon d’une identité et d’une réflexion propre pour plaire à la personne aimée, l’état de dépendance à l’autre. Les deux personnages principaux, malgré un traitement qui pourrait sembler, a priori, exagéré, reflète au contraire de manière très réaliste la violence et même la cruauté de ce que peuvent être les relations entre adolescents, une période au cours de laquelle émotions et sentiments sont souvent exacerbés d’autant plus dans l’environnement aussi terne et étouffant de cette petite ville de province. Inutile d’en dire plus, je vous recommande chaudement de roman aux airs de thriller psychologique qui vient tout juste de paraître aux éditions Don Quichotte.

Ensemble, c’est tout

28 Déc

Je n’ai pas pu me retenir très longtemps avant de me lancer dans le deuxième tome de la trilogie de Virginie Despentes …

Vernon Subutex – Tome 2, Virginie Despentes

9782246857365-tA la fin du tome 1, nous avions laissé notre ex-disquaire dans de sales draps. Nous le retrouvons au début de ce deuxième opus, à la rue, toujours aussi paumé. Ses amis et connaissances, aux personnalités plus hétéroclites les unes que les autres, sont à sa recherche non seulement pour le retrouver lui mais pour mettre la main sur les fameux enregistrements d’Alex Bleach, le chanteur décédé dans le premier tome. Les retrouvailles vont provoquer chez chacun un étrange bouleversement et la bande va prendre l’habitude de se rencontrer, au parc ou dans un bistrot, pour passer du temps ensemble, autour d’un Subutex faisant l’effet d’un doux euphorisant…

Je n’en dévoile pas davantage volontairement afin de ne pas vous retirer le plaisir de découvrir toutes la myriade de personnages extravagants et pourtant proches de nous que nous décrit Virginie Despentes dans cette chronique sociale désenchantée. J’ai tout autant apprécié ce deuxième volet que le premier et je me suis même prise à sourire voire à rire à plusieurs reprises de situations cocasses, de répliques acerbes et d’un humour noir décapant. Si l’auteur nous dresse un portrait tristement réaliste et donc sombre de la société, elle ne plonge néanmoins pas ses lecteurs dans la morosité et le pessimisme. Au contraire, Vernon Subutex tome 2 est un roman lumineux, qui donne foi en l’humanité tout en la critiquant. Du grand art ! Je ne regrette qu’une chose : il me faudra attendre avant la sortie du tome 3 en poche !