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Entre ciel et sable

Bonjour ! Qui dit mercredi dit jour des petits ! Aujourd’hui, je vous présente un album paru en février aux éditions HongFei.

Les mots sont des oiseaux, Marie Sellier et Catherine Louis

les-mots-sont-des-oiseauxPetit frère est heureux : il part se promener à la plage avec Grand frère. Sur le rivage, ils retrouvent Shu, l’amoureuse de Grand frère. Petit frère aurait bien aimé qu’elle lui raconte des histoires, mais les amoureux ne s’occupent que d’eux-mêmes, c’est ennuyeux. Alors Petit frère va créer ses propres histoires en regardant les oiseaux qui volent dans le ciel. Il se met à tracer des signes dans le sable pour relater les aventures qu’il imagine.

Ce très bel album donne la part belle à l’imaginaire et à la poésie. Les illustrations en noir et blanc, ponctuées de rouge, sont peu communes dans un album destiné aux jeunes enfants mais viennent accentuer avec brio l’onirisme du texte. Normalement conseillé à partir de 7 ans, les plus jeunes lecteurs – j’ai testé sur mon petit de 20 mois qui l’a tout de suite adopté – apprécient l’histoire et les graphismes et se reconnaissent dans le personnage de Petit frère qui découvre le monde et la nature qui l’entourent. Le petit garçon fait l’apprentissage de la solitude et parvient à trouver les ressources dans son imaginaire pour occuper le temps. Cette histoire permet donc d’expliquer aux enfants qu’ils peuvent se nourrir de tout ce qui se trouve autour d’eux pour laisser libre court à leur créativité. Petit coup de cœur pour cet album qui nous fait nous envoler au doux pays de l’enfance.

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Avis de tempête domestique

Bonjour à tous ! J’espère que vous gardez un bon moral… La chronique du jour s’adresse à celles et ceux qui ont des enfants puisque je vais vous présenter un album jeunesse devait sortir le 3 avril aux éditions Joyvox. La sortie ayant été reportée, l’intégralité du conte musical est à présent disponible et en libre accès sur toutes les plateformes digitales depuis le début de la semaine, sur Deezer, Spotify et bien d’autres. Exemple https://www.deezer.com/fr/album/136799272?app_id=140685&utm_source=partner_linkfire&utm_campaign=2a727982a4a477967c7860d154765714&utm_medium=Original&utm_term=objective-stream&utm_content=album-136799272 , le livre audio peut s’acheter à moitié prix (4,99 au lieu de 9,99€) sur les plateformes d’achat type Google Play, Apple Store. 

L’Orage à la maison, Catherine Verlaguet

couvoragepoursite_256x256Dans la maison d’Arthur, l’orage gronde. Ses parents ne cessent de se disputer et l’enfant le vit très mal. Pour s’extraire de ce climat tempétueux, il se réfugie dans un monde marin imaginaire en appelant à l’aide un coquillage qui aspire les tempêtes pour en trouver un autre qui pourrait avaler celle qui éclate chez lui. Au cours de son voyage chaotique, le jeune garçon va faire de multiples rencontres, d’un vieux poulpe savant à un Bernard l’Hermite friand de pensées ventouses…

« Dans une autre fenêtre, il voit son père avaler des couleuvres. L’orage danse autour de sa figure en un brouillard noir d’électricité. En face de lui, sa mère pleut en silence; elle arrose ses pensées. Arthur est fatigué. Il voudrait rentrer chez lui, quitte à retrouver sa tempête ! Mais alors il se rappelle du vieux Poulpe qui lui a dit qu’après ses marécages, il trouverait son coquillage ».

Voilà un magnifique conte fantastique et initiatique, très joliment mis en voix et en musique par Mélanie Doutey et Marc Demais. Le texte est d’une richesse poétique incroyable, ce qui est remarquable pour un livre qui s’adresse aux enfants à partir de 6 ans. L’autrice s’amuse avec les mots et nous transporte dans un univers maritime onirique qui n’est pas sans rappeler le monde imaginaire d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll. On suit les péripéties du jeune Arthur qui sont autant d’étapes émotionnelles qu’il devra franchir pour comprendre qu’il n’est pas la tempête de ses parents. Parce que le thème central de ce conte est bien là : la dispute entre les parents et sans doute la séparation et l’impact sur leur enfant. Pas évident de traiter de ce sujet complexe avec un jeune public mais le défi est réussi. L’idée de la pensée-ventouse qui reste accrochée à l’esprit de l’enfant est très explicite pour faire comprendre aux enfants combien certaines pensées peuvent être envahissantes et qu’il faut parvenir à s’en défaire pour aller mieux. Le texte est agréablement interprété par Mélanie Doutey et l’accompagnement musical est très réussi, les airs sont à la fois mélancoliques et entraînants. Un gros coup de cœur pour ce magnifique album qui séduira les plus jeunes et sera un bel outil pour les parents.

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Magie nippone

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, c’est mercredi et c’est le jour des enfants. Voilà donc de quoi ravir vos jeunes lecteurs. Vous pourrez vous procurer ce livre aux éditions Ynnis. Et pour le résumé du premier tome, c’est ici.

Kiki la petite sorcière – Les racines de la magie, tome 2, Eiko Kadono

kiki-la-petite-sorciere-2Dans ce deuxième tome, nous retrouvons Kiki, notre petite sorcière coursière, pour de nouvelles aventures. Voilà déjà un an que la jeune fille s’est installée dans la ville de Koriko avec son fidèle chat noir Jiji afin d’exercer son métier de coursière. Quoi qu’on lui demande, Kiki répond toujours présente ! Que ce soit pour transporter une simple pomme ou carrément un hippopotame. La petite sorcière est débordée ! Qui plus est, peut-être en raison de la fatigue, la jeune fille perd peu à peu confiance en elle. Voilà que son balai lui joue des tours et est de moins en moins fiable, au point que Kiki n’ose plus voler…

« En quoi consistait son travail, au juste ? Était-ce vraiment une bonne idée d’être une sorcière coursière ? Kiki était aux prises avec un problème difficile, bien différent de tous ceux qu’elle avait affrontés jusqu’alors. Ce problème semblait même lié à la question de savoir si rester une sorcière était une bonne chose ou non ».

J’avais adoré le premier tome et j’ai tout autant apprécié celui-ci. Notre sorcière gagne en maturité et de nouveaux sentiments apparaissent : amour, jalousie, regard des autres,  problème de confiance en soi, doute… De quoi faire réfléchir les plus grands. Chaque chapitre correspond à une aventure ce qui est bien pratique pour les plus jeunes lecteurs qui ne verront ainsi pas passer les 350 pages. Chaque petite histoire offre une leçon ce qui permettra aux enfants de mieux comprendre leurs propres émotions et combien il est important de se remettre en question pour continuer à progresser et à grandir. D’ailleurs, Kiki se demande si elle ne devrait pas s’essayer à une autre forme de magie au lieu de se contenter de voler. Pour rappel, ce conte japonais est à l’origine du film d’animation éponyme de Hayao Miyazaki. Un petit coup de cœur pour ce deuxième tome qui ravira toute la famille.

 

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Sur la route

Bonjour à tous ! Hé bien, la bonne nouvelle si l’on veut prendre le bon côté de cette situation peu commune, c’est que tout le monde ou presque va avoir davantage de temps pour lire ! Le livre que je vous présente devait normalement aujourd’hui aux éditions Mu. Apparemment, sa sortie sera repoussée. Je vous tiendrai au courant si j’ai des nouvelles.

Walter Kurtz était à pied, Emmanuel Brault

walter-kurtz-etait-a-piedDany et sa petite sœur Sarah vivent à bord du véhicule de leur père, une Peugeot 203. La petite famille n’a qu’un seul but en tête : parcourir le plus de k-plat chaque jour pour accumuler des points qui leur permettront de subvenir aux dépenses quotidiennes (alimentation, réparations du véhicule). Comme tous les Roues, leur unique univers est celui de l’asphalte et des stations services. Le soir, quand est venue l’heure de s’arrêter de rouler pour se détendre un peu, les jeunes gens se retrouvent dans des bars autour d’une bière. Des liens se tissent aussi rapidement qu’ils se dénouent à la reprise de la route le lendemain. Un peuple, considéré comme arriéré par les Roues, vit au ban de cette société motorisée. Les Pieds occupent de manière disparate les terres qui ne sont pas recouvertes par le bitume. Ils continuent à cultiver le sol, à vivre en communautés quasi silencieuses, hors des contraintes de la route. Les Pieds sont perçus comme des barbares par les Roues qui les craignent et les écrasent parfois sans se retourner. Un jour, Dany, Sarah et leur père sont victimes d’un accident…

« Nos vies brillaient puis s’éteignaient dans le sillage de nos routes. Nous étions libres, d’autres voies étaient possibles. Mais une fois la route prise, nous ne pouvions plus la quitter. La ligne blanche nous happait, l’horizon nous appelait, nous étions redevenus des nomades, incapables de dormir sous un vrai toit. Notre tente, c’était notre Peugeot. »

Au début, j’ai été quelque peu déroutée – sans mauvais jeu de mots – par cet univers étrange fait de bitume et de kilomètres parcourus, à une époque indéfinie (on ne sait pas si c’est un passé ou un futur proche, toutes les voitures citées sont vraiment d’anciens modèles). Un monde dans lequel l’homme ne fait plus qu’un avec son véhicule, dans lequel le seul but est d’avaler de la distance pour gagner des points et consommer, dans lequel toute conscience de soi finit par être annihilée avec une concentration portée uniquement sur le goudron. Ceux qui restent à pieds, ceux qui sont encore libres de leurs mouvements, de respirer autre chose que l’air confiné des habitacles surchauffés des automobiles sont considérés comme des rustres antisociaux. Mais peu à peu, je me suis laissée entraîner dans cette histoire familiale tragique et surtout par la réflexion sur notre civilisation, sur nos servitudes volontaires, sur le prix à payer pour être libre. En cette période étrange qui est la notre, beaucoup gagneraient à lire ce roman et à s’interroger sur leur mode de vie. Il me semble qu’on est beaucoup plus libre à faire un pas de côté, à s’arrêter plutôt que d’avancer toujours, à ne pas être sans cesse tête dans le guidon pour accumuler de l’argent et consommer des choses seulement utiles à combler un vide intérieur. Tant de choses sont plus importantes… Je vous laisse méditer là-dessus et vous invite à découvrir ce beau roman d’Emmanuel Brault, une saine occupation en ces temps de confinement.

 

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Prise au piège

Aujourd’hui, je vous présente un roman jeunesse qui aborde le sujet sensible de la perversion narcissique. Il est paru le 6 février aux éditions Syros.

Je te plumerai la tête, Claire Mazard

cvt_je-te-plumerai-la-tete_3605Lilou a 16 ans au début de l’histoire. Depuis l’enfance, elle voue un véritable culte à son père au détriment de sa mère dont elle ne se sent pas du tout proche. Alors que cette dernière est en phase terminale de cancer, hospitalisée, Papa Lou conseille à sa fille de ne plus aller lui rendre visite. Mieux vaut que Lilou consacre son temps à ses révisions pour le bac de français et nul besoin de se faire du mal. La jeune fille obtempère dans un premier temps. Mais ses amis la poussent à profiter des derniers instants avec sa maman. Peu à peu, Lilou apprend à la connaître, se rapproche d’elle. Tout cela, elle le fait en cachette de son père, de plus en plus suspicieux, à l’humeur changeante. Insidieusement, il la culpabilise et dénigre celle qui partageait sa vie. Lilou découvre une nouvelle facette de ce père qu’elle admire tant et commence à se méfier…

 

J’ai véritablement dévoré ce roman – 500 pages en moins de 4 jours, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu aussi rapidement ! Dès le départ, on est happé par l’intrigue et on tremble de voir à quel point la toile d’araignée tissée par le père de Lilou se resserre de plus en plus pour la rendre prisonnière. La psychologie des personnages principaux est finement détaillée. On ressent toute l’ambivalence de la jeune fille qui découvre peu à peu l’horrible vérité sur celui qu’elle considère comme un héros. Elle voit et comprend les choses mais ne veut pas les croire, la vérité est trop insoutenable à supporter. L’autrice parvient à transcrire les mécanismes de la perversion narcissique et de la manipulation avec brio à travers ce huis clos qui fait véritablement froid dans le dos. A ce propos, je conseille ce livre pour les ados déjà grands car j’avoue que son réalisme peut mettre mal à l’aise. Heureusement, les personnages secondaires – amis, famille (la relation mère/fille qui parvient à se tisser autour d’un amour commun pour la littérature) – permettent d’apporter une bouffée d’oxygène au lecteur en permanence sous tension. Ce suspens est renforcé par la narration. Le récit se fait à la manière d’un journal intime, au jour le jour et parfois heure par heure, transcrivant au plus près les émotions de la jeune fille. Aucun temps mort dans ce roman qui relève du thriller psychologique. Gros coup de cœur pour moi donc que je conseille pour les ados à partir de 14 ans et pour les adultes car le sujet les concerne aussi.

Pour information, les personnes perverses narcissiques présentent les symptômes suivants : absence totale de sentiment et d’empathie, orgueil démesuré, égocentrisme, charisme, capacités à charmer, mentir, manipuler, cherche à couper sa victime de son entourage et à la rabaisser pour se mettre en avant…

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L’arbre de vie

Bonjour à tous ! Pour terminer ce mois de janvier, je vous présente un roman jeunesse mais qui peut s’adresser vraiment à tous les publics. Il vient de paraître aux éditions Flammarion Jeunesse.

Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko

et-le-desert-disparaitraA une époque indéterminée mais qu’on soupçonne proche de la nôtre, la jeune Samaa grandit au sein d’une petite communauté au milieu du désert. Elle vit seule avec sa mère depuis que son père est mort à la « chasse ». Son unique horizon est le désert. Le sable a, en effet, dévoré la quasi totalité de la surface de la Terre. Le seul moyen de survie pour son peuple est de « chasser » les derniers arbres pour les vendre à la ville et gagner de quoi subsister : bouteilles d’oxygène, eau gélifiée, barres protéinées… Samaa rêve de devenir une chasseuse, comme son ami Solas et son père avant elle. Mais cette fonction est réservée aux hommes, plus résistants en forts pour transporter les troncs. Un jour pourtant, elle désobéit et suit les chasseurs en cachette. Mais le danger menace de toutes parts dans cet univers inhospitalier. Elle fait une mauvaise chute et tout au fond d’une trouée, contre un arbre gigantesque. Alors qu’elle est blessée et que ses réserves de nourriture s’amoindrissent de jour en jour et que tous ses efforts pour sortir de la cavité demeurent vain, l’adolescente va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croyait jusqu’à présent est faux. Au fond, peut-être que la vieille femme au ban de la tribu avait raison. Peut-être que les arbres sont sources de vie…

Voilà un petit moment que je voulais lire ce roman et je n’ai pas été déçue. Je l’ai littéralement dévoré, happée par l’histoire de cette jeune fille luttant pour sa survie et celle de l’arbre qui l’abrite au fond de son trou. On pourrait craindre l’ennui – la majeur partie du texte est consacrée à la survie de Samaa dans la trouée – mais il n’en est rien. Ce roman m’a fait l’effet d’une respiration, calme par moments, haletante à d’autres. L’écriture est fluide, poétique et violente à la fois. Et surtout, cette histoire, simple en apparence, fait beaucoup réfléchir sur différents sujets. La préservation de la nature est le thème central. En filigrane, l’autrice invite à lutter contre la déforestation qui accroît la désertification, amplifie le réchauffement climatique, tue de nombreuses espèces végétales mais aussi animales. L’autre thème majeur est celui de la transmission intergénérationnelle. Les anciens ont beaucoup à transmettre aux plus jeunes et ces-derniers doivent les écouter avec attention afin de ne pas reproduire les mêmes erreurs. Enfin, ce que j’ai apprécié dans ce roman d’anticipation qui est destiné aux jeunes adolescents, c’est qu’il est porteur d’espoir et que les enfants peuvent être pleinement acteurs du changement en portant leurs convictions même si certains adultes autour d’eux sont réfractaires à leur message. On ne peut pas faire plus d’actualité. Un joli coup de cœur pour terminer ce premier mois de l’année. Et mention spéciale aussi pour la fabrication de ce livre réalisé de la façon la plus écologique possible avec des résidus de bois certifiés PEFC avec une couverture non pelliculée et une encre végétale.

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La journée du câlin

Voilà encore un petit livre que Jules a reçu pour Noël et que vous pourrez trouver aux célèbres éditions L’école des Loisirs.

Copains-câlins, Frédéric Stehr

cover-copains-cadreA la crèche, un bébé hibou vient trouver du réconfort auprès de son doudou qui sent très bon et qui est aussi doux que sa maman. Quand un de ses copains lui demande ce qu’il fait avec son oreiller, il lui répond qu’il s’agit de son doudou et qu’il lui fait des câlins. Trois bébés oiseaux rejoignent notre petit hibou, chacun apportant son doudou. On assiste alors à une séance de câlins-doudous. Mais Piou-Piou arrive et n’a pas de doudou. Alors ses amis, pour le réconforter, viennent lui faire des câlins.

Voilà une jolie histoire, toute simple, illustrée par des dessins très doux aux tons pastel. Seuls les petits personnages et leurs doudous sont mis en avant par l’utilisation de la couleur ce qui permet de capter l’attention des plus petits. L’histoire permet d’aborder les notions de partage, de camaraderie et d’intégration. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas la même chose que les autres que ces derniers doivent le rejeter, au contraire ! Mon petit lecteur est totalement conquis par cet album dont il me réclame la lecture plusieurs fois par jour. Coup de cœur de Jules donc !

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L’amour toujours !

Bonjour et bon dimanche ! Aujourd’hui, je vous présente un très joli album pour enfants paru aux éditions Gautier Languereau.

Je t’aimerai toujours, quoi qu’il arrive…, Debi Gliori

61cttrc26pl._sx443_bo1204203200_Petit Renard est en colère. Rien ne va et il dit que personne ne l’aime. Sauf que ce n’est pas vrai. Sa maman ne cesse de lui répéter qu’elle l’aimera toujours, quoi qu’il arrive…

« Ecoute ma chanson, l’amour ne meurt jamais.             Quoi qu’il arrive, je t’aimerai. »

Voilà un très joli album destiné normalement aux 3-6 ans mais mon petit lecteur de 15 mois l’apprécie déjà beaucoup. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui permet de rassurer les petits quant à l’amour qu’on leur porte et qu’on leur portera malgré les changements, que ce soient des changements d’humeur, de physique ou les bouleversements de la vie comme l’éloignement ou même la mort. Ce dernier sujet est vraiment abordé en filigrane à la fin du livre, de façon très poétique pour pouvoir en discuter avec les plus jeunes. Les illustrations sont vraiment très jolies, à la fois douces et colorées. Un petit coup de cœur pour ce livre à lire avec son enfant blotti contre soi.

 

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Sages paroles

Bonjour à tous ! La fin de cette année 2019 approche à grands pas et pour la terminer en beauté littéraire et surtout en sagesse, je vous présente aujourd’hui un magnifique recueil paru chez Flammarion en novembre dernier.

Une phrase peut tout changer – Petite anthologie pour réenchanter le quotidien, Anne Ducrocq

41ygg0-9y4l._sx346_bo1204203200_Pas de grand discours pour vous parler de cette anthologie qui recueille des textes ou simples phrases de penseurs, sages, philosophes de toutes les époques. Construit en trois parties – la voie de la vie quotidienne, vers le meilleur de soi-même et être en relation – l’ouvrage donne la parole à de nombreuses personnalités venant témoigner d’une expérience et de la façon dont une phrase ou un texte a pu les aider à surmonter cette épreuve. Michael Lonsdale, Fabrice Midal, Christophe André, Alexandre Jollien et bien d’autres viennent confier à Catherine Ducrocq ce petit morceau d’intimité pour nous permettre d’enrichir notre réflexion et d’élargir notre esprit. Outre les extraits choisis par les personnalités, une multitude de pensées et textes philosophiques viennent nourrir notre pensée. D’Aristote, Nietzsche, Yourcenar, Saint Jean, Rilke, Epicure, Bauchau, Pessoa, Krishnamurti, Saint Augustin, Kierkegaard et des dizaines d’autres grands auteurs sont réunis ici.

J’apprécie beaucoup ce livre – je parle au présent car je ne l’ai pas encore terminé, je le savoure et laisse infuser les mots en moi – qui ne prône pas l’optimisme à tout prix et ne donne pas de leçon. J’avoue que j’ai du mal avec une certaine doctrine actuelle, assez culpabilisante selon moi, qui voudrait nous faire croire que si nous ne sommes pas continuellement heureux, en paix avec nous-mêmes, méditant à tout bout de champ, nous ne trouverons jamais le bonheur. J’aime qu’on ne me tienne pas par la main pour me guider, mais qu’on me laisse libre de choisir mon sentier pour me rendre vers ce qu’il y a de plus positif pour moi, tout en sachant que je rencontrerai des embûches. C’est ce que propose cette anthologie et c’est ce que nous rappelle la plupart des personnalités qui y ont collaboré. En outre, l’objet livre est vraiment beau : couverture cartonnée, enluminures, mise en page aérée agréable. Bref, une belle idée cadeau pour terminer l’année sur une touche de sagesse ou commencer 2020 en s’offrant la possibilité d’un regard différent sur le monde. Coup de cœur !

Voici un petit extrait, lu matin :

« Notre seul devoir sur terre est de nous nourrir de lumière pour la transmettre ensuite. Puisque rien ne dure, puisque la vie nous blesse, la seule issue est d’être soi-même une source. Les épreuves sont faites pour ranimer en nous cette soif. Et le seul moyen de rayonner, à mon avis, c’est être capable de voir cette magie qui opère tous les jours, sous nos yeux. » Blanche de Richemont

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L’étoile jaune

En ce premier dimanche des vacances de Noël, je vous propose un album que l’on pourra proposer aux enfants à partir de 6 ans. Il est paru à l’occasion des 35 ans de Syros dans une édition anniversaire.

La grande peur sous les étoiles, Jo Hoestlandt et Johanna Kang

la-grande-peur-sous-les-etoilesHélène, la narratrice, et Lydia, sa meilleure amie, ont huit ans et demi. Nous sommes en 1942 et le nord de la France est occupé par l’armée allemande. Elles vivent jusqu’à présent leur vie de petites filles, partagée entre l’école, les amusements et les broutilles. Un jour, alors qu’elles sont en train de s’amuser, la maman de Lydia coud une étoile jaune sur leurs vestes. Elle dit aux fillettes que les juifs doivent désormais obligatoirement porter. Au mois de juillet, au lendemain d’une soirée passée avec Hélène pour l’anniversaire de cette dernière, Lydia et sa famille seront raflées comme des milliers d’autres familles juives. Hélène ne reverra plus jamais son amie.

Edité pour la première fois en France en 1993, cet album aborde de façon délicate les questions de l’occupation et des rafles juives. Avec des illustrations douces, presque naïves, cet album permettra d’expliquer aux plus jeunes ce pan difficile de l’Histoire mais dont il est essentiel de faire perdurer la mémoire. La magnifique préface de Claude Roy résume parfaitement le but de cette histoire : « […] il n’est jamais trop tôt pour poser, se poser, les vraies questions, les interrogations premières, qui maintiennent le cœur en éveil, et empêchent de prendre son parti de l’injustifiable ». Tout est dit. Je n’ai rien à ajouter si ce n’est vous inviter à découvrir et à faire découvrir ce livre. Coup de cœur.

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