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Anonyme

22 Sep

Je vous présente aujourd’hui un roman atypique paru récemment aux éditions L’esprit du temps.

Pseudocryme, Philipe Brenot

pseudocrymeLe narrateur, Philip Brontë, est le descendant de Brandwell, le frère des célèbres Charlotte et Emilie Brontë. Écrivain lui-même, l’homme était devenu fou suite aux succès de Jane Eyre et des Hauts de Hurlevent. Notre narrateur, Philip, s’est naturellement destiné à l’écriture. Malheureusement, il vient de s’apercevoir qu’un livre vient d’être publié sous son nom. Or, il n’est pas l’auteur de ce livre ! Quelqu’un s’est emparé de son identité. Le voilà donc dépossédé de son nom en pleine crise existentielle. Le seul moyen pour lui de renaître à lui-même : prendre un pseudonyme. Il en rêve depuis sa plus tendre enfance, supportant difficilement les quolibets liés à son véritable nom. En outre, il est bien résolu à se débarrasser de l’importun qui lui a subtilisé son identité…

Pseudocryme n’est pas un livre comme les autres. En effet, Philipe Brenot nous offre à la fois un thriller psychologique, une réflexion sur l’identité proche de la psychanalyse et un essai sur l’utilisation des pseudonymes dans la littérature. J’ai aimé le jeu de chat et de la souris entre le narrateur et l’autre personnage dont je ne veux pas trahir l’identité ici. Le texte est très intelligemment mené, un peu loufoque et surtout fort bien documenté. J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce court roman qui fait voyager autant dans les rues parisiennes que dans l’histoire de la littérature. Une jolie surprise.

 

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Un contre tous

31 Août

C’est l’heure de la rentrée ! Je reviens avec une nouveauté des éditions du Murmure.

Je m’appelle Herschel Grynszpan, Morgan Poggioli

21245595_10213789112542632_1629115071_nJuif polonais vivant en Allemagne, le jeune Herschel Grynszpan choisit de s’exiler vers la Palestine après ses études en théologie, dans la contexte plus que sombre de l’Allemagne des années 30. Après une escale en Belgique, c’est en France qu’il atterrit finalement en septembre 1936, recueilli chez son oncle et sa tante à Paris. Très rapidement, il s’aperçoit que les démarches administratives seront très compliquées pour obtenir carte de séjour et permis de travail. En 1938, Herschel n’a pas pu obtenir les papiers qu’il désire. Pire, le 31 mars, le gouvernement polonais légifère sur le retrait de la nationalité installés à l’étranger depuis plus de 5 ans. Alors qu’il suit avec crainte la progression du régime nazi, sa situation se détériore et il se retrouve clandestin à Paris. En novembre, une lettre de sa sœur l’avertit que ses parents font partie des milliers de juifs expulsés d’Allemagne et refusés en Pologne, apatrides, contraints de survivre misérablement dans un no man’s land. Enragé face à cette situation insoutenable, le jeune Herschel Grynszpan décide de se venger et de tuer un Allemand pour faire entendre la colère des Juifs d’Europe. Le 7 novembre, il se rend à l’ambassade d’Allemagne, armé d’un revolver et tire sur Ernst vom Rath, un secrétaire de l’ambassadeur. Le crime servira de prétexte au Troisième Reich pour la nuit de Cristal. Emprisonné, Herschel Grynszpan incarnera aux yeux de l’Allemagne nazie la personnification du « complot juif international ».

Pour être honnête, je ne suis pas une grande amatrice de biographies ni de romans historiques. Mais après avoir lu et apprécié Hhh de Binet il y a quelques années, j’étais intriguée par ce récit biographique à paraître en septembre aux éditions du Murmure dont j’ai déjà chroniqué plusieurs ouvrages. Je n’ai pas été déçue. Outre ses qualités d’historien, Morgan Poggioli réussit à mener son récit – premier roman – quasiment à la manière d’un polar. Les rebondissements s’accumulent et on ne se décide pas à lâcher l’ouvrage avant de connaître la suite. Le fait que tous les éléments du récits soient vrais ou presque a également encore davantage piqué ma curiosité. Dans un style accessible et agréable, l’universitaire convie son lecteur à découvrir une aventure humaine surprenante tout lui permettant de se replonger dans les grandes dates de la seconde Guerre Mondiale. Amateurs d’Histoire ou de bons polars, ce récit biographique est fait pour vous !

Gossip mums

5 Juin

Me voici de retour avec un livre décapant sur les dessous très chics de la maternité dans l’Upper East Side. Je remercie l’agence Anne et Arnaud ainsi que les Editions Globe  pour cette savoureuse découverte.

Les Primates de Park Avenue, Wednesday Martin

martin_wednesday_lesprimatesdeparkavenue_couverture_web-200x300Wednesday est anthropologue. Originaire du Midwest, elle s’installe dans l’Upper East Side – le quartier le plus huppé de Manhattan – alors qu’elle vient de mettre au monde son premier enfant. Ce qui ressemblerait à un privilège pour beaucoup va cependant bien vite tourner au cauchemar. Dans ce microcosme hyper privilégié, Wednesday est considérée comme un intrus par les femmes au foyer richissimes, surdiplômées et très influentes qu’elle va être amenée à rencontrer en emmenant son jeune fils à la maternelle. Outre ses difficultés à nouer des liens avec ses congénères, notre jeune scientifique va se trouver confronter à toutes les difficultés extrêmes que rencontrent les mères de l’Upper East Side : l’inscription des enfants dans les meilleures écoles, la quête d’un appartement bien situé, l’obligation de conserver un corps mince sans aucune imperfection après plusieurs grossesses… Pour faire face à l’hostilité du milieu, Wednesday choisit d’observer le milieu dans lequel elle est obligée d’évoluer avec son regard d’anthropologue. Elle va ainsi consigner puis analyser, à la manière de la célèbre primatologue Jane Goodall, les rites, les mœurs, les contradictions et les peurs de ces mères richissimes en quête obsessionnelle de perfection. Parviendra-t-elle à s’acclimater ? Je vous le laisserai découvrir par vous-même.

En attendant, voici mon avis sur ce livre qui mélange autobiographie et analyse sociologique satirique. Je suis véritablement tombée sous le charme de cet ouvrage à la fois intelligent, drôle, parfois cruel, tout en étant extrêmement touchant. Wednesday nous entraîne dans son quotidien de femme, de mère et nous donne à voir l’extrême difficulté de ce dernier rôle dans un des quartier les plus huppés de la planète où tout ne semble être que compétition. Difficile de croire que des femmes puissent faire montre d’une telle violence entre elles dans le but de favoriser au maximum leur progéniture. Pourtant, tout est réel. Mais il ne s’agit pas d’un simple témoignage ou tranche de vie. Ce livre est un traité aussi érudit que mordant, qui permet à la fois de s’enrichir intellectuellement et de rire face à des comportements que l’on jugera absurdes de l’extérieur mais qui on une réelle signification. La fin du livre est particulièrement bouleversante et tranche ainsi avec le début qui nous montre un univers très froid et hostile de prime abord. Le ton général est très enlevé et enjoué, ce qui fait de cette réflexion sur la maternité et sur la vie des femmes de Manhattan une lecture pétillante. Un très joli coup de cœur pour moi !

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir un petit extrait :

« S’il existe un endroit où l’enfance et la maternité ont évolué de façon flagrante, c’est bien l’Upper East Side de Manhattan. Au sein de cette niche où le relâchement des pressions de compétition interspécifique est extrême, au sein d’une culture hautement compétitive, avoir une progéniture « qui réussit » est gage de statut social, les enfants étant des miroirs de nos propres aspirations. Les soutenir et travailler d’arrache-pied pour eux est devenu une véritable profession. Ici, la maternité est une carrière semée d’embûches et de coups-bas, où les enjeux sont colossaux. L’activité y est stressante et anxiogène précisément parce que c’est aux mères qu’incombe la réussite ou l’échec de cette entreprise, dont dépendra la réussite ou l’échec de leur progéniture. Et donc des leurs. Un circuit d’une fluidité remarquable et, comme j’allais l’apprendre, quasi inexorable. »

Winnie au pays de la sagesse

8 Mai

Je tiens à remercier chaleureusement les éditions Synchronique pour m’avoir permis de découvrir l’ouvrage que je vais vous présenter aujourd’hui.

Le Tao de Winnie, Benjamin Hoff

TaoWinnie Synchronique 001.JPGWinnie, mon ami Winnie ! Petit ourson, au regard polisson… Pour beaucoup ces quelques mots renvoient tout de suite au générique d’un dessin animé qui a bercé notre enfance : l’histoire d’une bande d’amis (animaux) qui se lient d’amitié avec un humain, Jean-Christophe.

Aujourd’hui, dans le livre que je vais vous présenter, il n’est pas question d’une nouvelle aventure de nos amis…quoique…ils sont au cœur (ou presque) de cet ouvrage. En effet, dans Le TAO de WINNIE, notre ourson, toujours friand de miel, et ses amis, nous présente les grands principes du TAO. Cela prend la forme d’une discussion entre notre héros et l’auteur, Benjamin HOFF (écrivain américain), qui est également le narrateur du livre.

Mais avant d’aller plus loin, qu’est-ce que le Tao ?

Remontant au IV e siècle avant JC., venant d’Asie, le Tao est un « principe transcendant et immanent d’où procède toute vie, qui est à l’origine de plusieurs religions, entre autres du taoïsme et du confucianisme. Il s’agit de vivre « naturellement » à un double point de vue : il faut adapter sa vie aux saisons, mais aussi suivre le tao, c’est-à-dire le droit chemin, en accord avec la loi divine de la nature. » (Doeblin, 1947).

Son fondateur est Lao Tseu et le texte de référence de cette philosophie – ou art de vivre – est le Tao te king, le Livre de la Voie et de la Vertu.

Cet ouvrage pourrait ressembler à une vulgarisation du livre de Lao Tseu mais en fait, c’est plus que cela. En effet, Winnie est un symbole parmi d’autres, de l’Occident ou plutôt des sociétés occidentales. Croiser cela apparaît surréaliste : une bande d’animaux candides, symbole d’une culture occidentale rencontrant une approche philosophique d’Orient…

TaoWinnie Synchronique 010.JPGEt pourtant, Benjamin HOFF arrive pleinement à marier ces deux univers, donnant par la même occasion au Tao une dimension universelle et accessible. En effet, prenant appui sur les aventures de Winnie, le narrateur aborde les grands enseignements de Lao Tseu ; ainsi, à travers les péripéties et anecdotes de Winnie, Porcinet, Cocolapin, Bourriquet, Maître Hibou et l’incontournable Tigrou, nous découvrons les grands principes issus du Tao comme le « Bloc de Bois Brut », « Nature Intérieure » …

Le tout se lit avec clarté, facilement. Il est vrai que ceux qui sont déjà initiés au Tao ou qui ne sont pas passionnés par les aventures de notre ours au T-Shirt rouge pourraient regretter la multiplication des références au personnage créé par Alan Alexander Milne.

Synchronique éditions a eu la riche idée de faire traduire et publier cet ouvrage, parsemé de jolis dessins de Winnie et de sa bande (réalisés par E.H. SHEPARD).625f66d10c9f2f92ea61aafc213b6ee5

Je les remercie de m’avoir fait découvrir cette œuvre originale, accessible et destinée aux grands enfants que nous sommes. Que vous soyez amoureux du plus célèbre des oursons ou que vous cherchiez une approche atypique du Tao, nul doute que vous prendrez plaisir à parcourir ces quelques 190 pages.

La Voie du Thé

13 Avr

Aujourd’hui, je vais vous présenter un magnifique classique qui m’a été offert au salon du livre de Paris par les très sympathiques Editions Synchronique que je vous invite vivement à découvrir.

Le Livre du Thé, Kakuzô Okakura

photos poches 004Par le biais de cet essai sur l’art du thé, l’auteur nous invite non seulement à découvrir ce qui constitue l’un d’un pilier majeur de la civilisation japonaise mais nous permet aussi de nous initier à la spiritualité orientale. Dès les premières pages, nous comprenons qu’à travers le partage de ce fantastique breuvage qui fait l’objet d’une préparation minutieuse, du choix de la feuille de thé au service dans le lieu bien spécifique qu’est la chambre à thé, c’est tout un art de vivre qui est à l’oeuvre. Celui du vécu du moment présent et de l’appréciation de chacune des petites choses de la vie, de la beauté partout présente. Autant vous dire qu’après ma formation en sophrologie, ce texte qui réfère directement aux grands courants spirituels orientaux a fortement résonné en moi.

Ce livre du thé, inspiré donc du zen et du Tao, nous propose de nous plonger dans l’instant et de nous libérer d’un matériel qui finit par encombrer notre esprit afin de nous retrouver, pleinement conscience, dans un espace qui laisse place au raffinement. Certains propos décrivent tellement bien notre époque qu’il est presque incroyable de savoir que ce classique a été rédigé voilà plus d’un siècle, en 1906 ! Face à notre société d’ultra-consommation perpétuellement agitée, l’auteur prône calme et simplicité. Je ne résiste pas au plaisir de vous faire découvrir cet extrait qui témoigne de la grande modernité du texte : « Dans cette époque démocratique qui est la nôtre, les hommes réclament à grands cris ce que la foule porte au pinacle, sans prêter attention à leurs propres émotions. Ils désirent le coûteux et non le raffiné; ce qui est à la mode et non ce qui est beau. […] Le nom de l’artiste est plus important à leurs yeux que la qualité de l’oeuvre. « 

Le texte est joliment illustré par les estampes du peintre japonais Katsuchika Hokusai qui s’harmonisent pleinement avec les considérations de l’auteur et viennent mettre en valeur ses propos. Dans la même collection, je possède également le grand classique de Lao Tseu, le Tao Te King, ainsi qu’une version moderne du Tao, rédigée par Benjamin Hoff, Le Tao de Winnie, textes que je vous ferai découvrir dans de prochaines chroniques.06 - Synchro Poches 2 061

En attendant, n’oubliez pas le plus important : profiter de l’instant présent.

Malaise au collège

23 Fév

Je remercie très chaleureusement les éditions Le Muscadier pour l’envoi de ses dernières parutions. Je commence mes lectures par ce court roman jeunesse évoquant le sujet sensible de la phobie scolaire.

Phobie, Fanny Vandermeersch

9791090685789-754x1024Sophia vient de rentrer en 6ème. Brillante, elle a toujours obtenu d’excellentes notes sans efforts. Mais son arrivée au collège va bientôt se révéler un véritable calvaire. Ses meilleures amies la délaissent peu à peu pour se lier à des filles plus « populaires » ; son esprit étant préoccupé, ses notes baissent, malgré un travail soutenu ; le moindre contrôle et le simple fait d’aller en classe devient une source d’angoisse intense… Bientôt, elle ne parvient plus à se rendre au collège. Plusieurs mois vont passer avant qu’elle n’ose mettre des mots sur son mal-être et que son entourage décèle qu’elle souffre de phobie scolaire.

Je vais être très franche. Lorsque j’ai découvert ce roman, j’étais vraiment sur la réserve. A cause du titre. A cause de ce symptôme auquel on a donné le nom de « phobie scolaire » alors que l’école n’est pas, à mon sens, le véritable centre du problème. Heureusement, ce livre rédigé par une collègue de français et qui se clôt par une annexe très bien renseignée montre à quel point ce trouble que développent de nombreux adolescents ne résulte pas tant d’un problème avec l’école que de divers facteurs dont le harcèlement et les problèmes familiaux. L’école n’est que le lieu où se manifeste le malaise et qui agit comme un révélateur des maux de l’adolescent. Comme dans toute problématique, le meilleur moyen de trouver une solution reste la parole. Et c’est là que les adultes ont un rôle à jouer dans l’attention qu’ils portent aux enfants et surtout en faisant en sorte que ceux-ci puissent venir se confier sans crainte d’être jugés. Un ouvrage à mettre entre toutes les mains, adolescents, parents, professeurs, afin de mieux déceler et prendre en compte ce trouble qui demeure encore tabou.

Je communique donc je suis

11 Déc

Je casse le rythme des nouveautés avec ce livre débusqué cet été au cours d’un vide grenier. Pour tout vous dire, les livres sont ma seule et unique motivation lorsque que je fréquente ce genre de manifestations…

Une vie à se dire, Jacques Salomé

518w9j4eapl-_sx195_Pour le propos du roman, ça va être du rapide ! -autant vous prévenir vu que ce n’est pas franchement dans mes habitudes.

Une mère de famille, Anne, après avoir assisté à de nombreuses conférences et lu plusieurs livres, décide d’introduire, au sein de son environnement relationnel, la méthode ESPERE (Energie Spécifique Pour une Ecologie Relationnelle Essentielle) du psychosociologue Jacques Salomé. Nous suivons donc son quotidien, celui de ses trois enfants, de son époux et du groupe de femmes et d’hommes qui viennent partager leur expérience avec elle qui tentent de se former à un nouveau style de communication, fondé sur la bienveillance et la responsabilisation afin de remplacer notre langage souvent basé sur l’agressivité et la mauvaise foi.

A la lecture de ce court résumé, vous penserez sans doute comme moi : il a un sacré culot ce Jacques Salomé pour faire la pub de ses bouquins et de ses conférences dans un roman ! C’est certain. Mais à sa décharge, moi qui ne lit que très rarement des ouvrages de développement personnel j’ai bien accroché à cette méthode expliquée sous forme romancée. Si pas mal de discours sont totalement irréalistes – notamment ceux tenus par les enfants  qui s’expriment comme des chiens savants et qui ne sont que des J. Salomé version miniaturisée – le texte est globalement agréable à lire d’autant plus qu’il est bourré d’humour et que l’auteur ne manque pas d’autodérision. Une manière efficace d’illustrer de façon concrète et attrayante cette méthode que le spécialiste enseigne depuis des années. A vrai dire, j’ai eu la sensation de me retrouver comme un scientifique qui regarde ses rats de laboratoire derrière une vitre et constate les évolutions de ses spécimens. Ce livre permet aussi de nous rendre compte à quel point notre façon de communiquer possède une incidence sur notre relation non seulement aux autres mais à nous-mêmes. Mieux parler, c’est aussi mieux se comprendre. Je vous laisse méditer.

Amour, toujours ?

12 Nov

Entre deux romans noirs, voici un livre dont le thème est bien plus léger. Parlons donc un peu d’amour plutôt que de meurtres en ces temps moroses.

J’ai bien dit l’amour, Danièle Sastre

004427433La narratrice, auteure, évoque, dans une première partie de son livre, sa réflexion sur ce qu’est l’amour après soixante ans. Quel genre de relation peut-on entretenir à cet âge de la vie ? Peut-on encore rencontrer l’amour ? Que va-t-il arriver ? Autant de questions auxquelles la narratrice essaie d’apporter des réponses. Au fil de ses interrogations, lui reviennent les souvenirs de ses amours passées et des livres qui ont jalonné sa vie, des livres qui ont eu un impact sur les personnes qui ont partagé sa vie de près ou de loin. Puis, l’écrivain veut attaquer son roman, quitter l’emploi du « je » pour accorder du temps aux autres personnages, mais les souvenirs amoureux refont surface, aboutissant au récit d’un voyage effectué dans sa jeunesse avec un amant. Enfin, nous quittons Danièle pour Félix, la soixantaine passée, qui évoque sa relation actuelle avec une trentenaire et sa crainte permanente de se retrouver seul du jour au lendemain.

J’ai lu ce livre en fil rouge, en parallèle avec ma lecture du moment – un polar dont je vous donnerai bientôt des nouvelles ! – car, après l’avoir commencé comme n’importe quel roman, je me suis aperçue qu’il s’agissait bien davantage d’une méditation sur le sujet de l’amour après 60 ans. On retrouve donc ici une démarche quasi philosophique – en tout état de cause, l’auteure est philosophe – avec une réflexion portant aussi bien sur le sentiment amoureux que sur notre évolution en tant qu’individu et notre rapport aux autres à chaque étape de notre vie.

J’ai apprécié le style de l’auteure, fait de petites touches qui finissent par composer à la manière d’un impressionniste en tableau que chacun peut admirer avec son propre regard. Pas forcément facile d’accès pour ce qui pourrait apparaître comme décousu, j’ai pour ma part savouré ce récit entre roman, autobiographie et essai. Un grand merci à Danièle Sastre et aux éditions L’Harmattan pour ce joli moment de lecture.

 

Voyage initiatique

3 Juil

Voilà un moment que je désirais lire cet auteur dont tout le monde parle et dont un des romans traînait dans ma PAL. J’ai enfin trouvé le temps de le faire ! 

L’homme qui voulait être heureux, Laurent Gounelle

41ndrvxq4bl-_sx303_bo1204203200_Julian, enseignant, est en vacances dans le petit paradis terrestre qu’est Bali.Quelques jours avant son retour en France, il décide de consulter un célèbre guérisseur, maître Samtyang. Notre narrateur ne souffre d’aucun maux spécifique si ce n’est qu’il ne se sent pas heureux dans sa vie. Comment accéder au bonheur ? C’est ce que Samtyang va tenter de lui faire découvrir au cours de leurs quelques entrevues. Dès lors, le voyage touristique de Julian va se transformer en une quête de soi passionnante, déroutante, mais très enrichissante.

Ce court roman de Gounelle fait presque office de petit traité de philosophie du bonheur. Il permettra en effet à ses lecteurs d’ouvrir les yeux sur leur propre existence et peut-être de modifier leur comportement et leur regard sur la vie pour accéder à une existence bien plus proche de celle dont ils peuvent rêver. Le vieux sage balinais – sartrien dans l’âme – nous apprendra que la vie est faite de choix, qu’absolument toutes les situations s’y prêtent et que ce sont ces choix qui impacteront notre existence. De même, le regard que l’on choisit de porter sur le monde, nos croyances même, peuvent induire la modification et la modélisation  de notre environnement à l’image de ce que l’on peut souhaiter. Notre comportement, nos attitudes influencent l’attitude des autres à notre égard. En bref, chaque être, s’il le décide au plus profond de lui même, s’il est intimement convaincu de pouvoir réaliser son projet quelques choix difficiles cela puisse lui en coûter peut réussir à vivre ses rêves. Personnellement, j’ai toujours été convaincue par cette théorie et je pense que c’est ce qui m’a sauvée dans les moments les plus critiques de ma vie. Alors si vous aussi voulez vous ouvrir à ce mode de pensée, si vous aussi voulez prendre le risque d’apprendre à vous connaître pour réaliser vos rêves les plus profonds, n’hésitez pas, lisez ce livre rapidement et partez comme Julian dans une quête spirituelle passionnante ! Coup de cœur !

Rousses et blondes glorifiées !

31 Jan

Je tiens encore à remercier ici chaleureusement Sébastien Hubier, l’auteur de ce charmant essai, qui m’a fait parvenir tout récemment son ouvrage dédicacé.

Jeunes et blondes rousseurs, Sébastien Hubier

Après son excellent Sexy teddies, paru en 2013 dans la même collection Boderline aux éditions Le Murmure, Sébastien Hubier s’intéresse cette fois à la représentation de la blondeur et de la rousseur dans toutes leurs nuances à travers les époques et les arts. Si la blonde rousseur est souvent associée dans l’imaginaire collectif à la douceur, à l’enfance et par extension à un idéal de pureté, l’auteur nous montre – nombreux exemples à l’appui (de Messaline à Maryline Monroe) – qu’il ne faut pas se fier à cette apparence angélique. En effet, nous apprendrons que cette nuance serait apparue au cours de l’ère glaciaire du Quaternaire comme un moyen de séduction pour se démarquer et attirer les rares mâles disponibles en se démarquant de la coloration brune (selon Peter Frost). Depuis, cette couleur de cheveux n’a cessé de jouer son rôle de pôle d’attraction si je puis m’exprimer ainsi et les artistes de l’Antiquité à nos jours se sont plu à chanter les louanges tantôt de blondes innocentes tantôt de rousses mutines. Ces dernières n’ont par ailleurs pas toujours été en odeur de sainteté, notamment au Moyen-âge où la rousseur était non seulement un signe de sorcellerie mais aussi de sexualité débridée. Ce qui donc était condamné en ces temps plus qu’obscurs placés sous le joug d’ecclésiastiques effrayés par le corps est au contraire mis en valeur et devient véritable phénomène de mode – voire une marchandise – dans notre société hypermoderne.

Les blondes ne sont-elles pas des anges ?

Un essai pour les blondes mais pas que !

Je mets fin ici à un résumé qui ne peut se révéler que médiocre en considération de la richesse de ce savoureux petit opuscule fort bien documenté. Blondes, rousses ou simples esthètes, vous apprendrez beaucoup sur ces colorations qui se révèlent en fait être bien davantage que de simples nuances capillaires.