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Vers l’infini et l’au-delà !

24 Avr

Attention, chaud devant ! Amateurs de science-fiction/fantasy et de loufoquerie, ce roman fleuve est fait pour vous ! Il vient tout juste de sortir aux éditions Aux Diable Vauvert que je remercie pour leur confiance renouvelée.

Théâtre des Dieux, Matt Suddain

couv-suddain-thecc81acc82tre-des-dieux-pl1site-2Pas simple de résumer un livre de plus de 700 pages et encore moins celui-ci qui n’est vraiment pas commun.

Vous tenez entre vos mains le journal d’un grand voyageur interstellaire, M. Francisco Fabrigas. Cet écrit volumineux, qui conte les exploits de son auteur, a été retrouvé et publié par Blacklist Publishing, une maison d’édition sauvant de l’oubli les oeuvres perdues ou censurées. C’est Matt Suddain, un employé-éditeur de la maison, qui a mis la main sur cette fantastique histoire et vous la rapporte présentement.

Cette histoire, la voici. Il s’agit donc de celle de M. Francisco Fabrigas, explorateur, philosophe, physicien et hérétique de son état, qui embarque à bord d’un vaisseau spatial aux allures de navire pour un voyage terrible vers une autre dimension. Avec lui, l’accompagnent, entre autres, : un jeune capitaine, un brave garçon garçon sourd, une petite fille aveugle mais très perspicace, une botaniste sensuelle. Tout ce beau monde est poursuivi par le Pape de l’Univers, un magnétiseur coquet et une pieuvre géante…

Moult complots sombres et obscurs, cultes démoniaques, traversées de jungles meurtrières, pagaille quantique, naissance de la Création et mort du Temps : voici tout ce qui vous attend et bien davantage encore dans cette fresque spatio-fantastique. Laissez-vous entraîner derrière le voile de la réalité pour découvrir les mystères les plus secrets – et déjantés – du cosmos…

Difficile de faire plus court ou plus simple. Vous l’aurez compris, vous vous trouvez devant un véritable OVNI littéraire, une pièce rare, fabuleusement mise en page dans une édition reliée sous jaquette, agrémentée d’affiches d’époque. L’auteur, qui signe ici son premier roman, maîtrise en tout point l’art de la mise  en abîme, c’est-à-dire du roman dans le roman, et nous entraîne avec brio dans un univers totalement décalé mais d’une richesse incroyable, aussi historique que littéraire. On retrouve ici tout ce qui fait la force des plus grands romans d’aventure de Jules Verne et de Stevenson corrélé à la puissance imaginative de la science-fiction de ce roman se déroulant dans un moyen-âge spatial futuriste. Le tout saupoudré d’une bonne dose d’humour satirique. Alors, si vous n’avez pas peur de vivre une expérience littéraire hors du commun, si vous aimez les textes innovants, légèrement hallucinés, ne manquez sous aucun prétexte cette magnifique épopée à la croisée des genres.

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Objet littéraire non identifié

19 Jan

Je remercie de tout cœur Alexandra pour ce cadeau et ces moments de lecture surprenants.

S. – Le Bateau de Thésée, J.J. Abrams et Doug Dorst

wp_20160708_004Jennifer, étudiante en lettres, ramasse un livre égaré à la bibliothèque. A l’intérieur, de nombreuses notes laissent découvrir un lecteur captivé. Intriguée, elle écrite à son tour dans l’exemplaire puis le replace à l’endroit initial. Ainsi va étrangement débuter une relation particulière entre Jennifer et Eric – étudiant plus âgé, interdit de séjour à l’université par son ancien directeur de thèse.

Le fameux roman dans lequel échangent les deux étudiants s’intitule Le Bateau de Thésée. Il a été rédigé par un certain V.M. Straka, un auteur pour le moins énigmatique. Disparu en 1946, personne n’a jamais réussi à découvrir sa véritable identité et cette quête perdure dans le monde universitaire. Jennifer et Eric sont bien décidés à percer le mystère grâce à ce roman – le dernier de l’auteur – qui conte l’histoire de S., un homme qui a perdu la mémoire. Embarqué de force sur une sorte de vaisseaux fantôme peuplé de marins monstrueux, son seul désir est de retrouver qui il est et pour cela il est prêt à endurer toutes les épreuves. img_20161228_170121

Jennifer et Eric se lance donc à la quête de l’identité de Straka par le biais de son ultime roman et des notes de bas de page laissées par la traductrice qui les emmènent sur diverses pistes. Ils ne tarderont pas à s’apercevoir qu’ils ne sont pas les seuls à vouloir percer le mystère et que certains sont prêts à tout pour y parvenir.

Voilà pour le résumé. J’ai tenté de faire simple. Parce qu’en réalité c’est extrêmement complexe, tortueux, voire tordu. J’ai été vraiment fascinée par l’objet livre en tant que tel (livre présenté dans un écrin, fausses référenciations de bibliothèque, notes des étudiants, lettres et documents insérés entre les pages…) et la mise en abîme très travaillée : nous lisons le livre d’un auteur que d’autres ont lu et annoté et nous lisons donc également ces notes. De ce point de vue là, rien à dire. Jolie mise en scène, conception expérimentale réussie de la part du réalisateur de la série Lost et de Mission Impossible, J.J. Abrams. Si j’ai été séduite par la forme totalement atypique de cet ouvrage et par les intrigues superposées qu’il propose – perso, j’ai lu toutes les intrigues en même temps mais on peut déjà lire Le Bateau de Thésée intégralement puis lire seulement les notes dans l’ordre chronologique, selon les couleurs d’encre – je n’en ai été que plus déçue par le fond. L’histoire avait a priori tout pour me plaire : personnage en quête d’identité, à la recherche d’un passé qui lui rendrait son présent et la possibilité d’un futur, étudiants tentant de découvrir la vérité sur leur auteur fétiche, intrigue dans le milieu universitaire… bref, des thèmes qui m’attirent. Oui. Mais. Le roman Le Bateau de Thésée et donc le récit concernant S. se révèle rapidement un faire-valoir. Se voulant érudite et obscure, l’intrigue finit par devenir si complexe qu’elle en perd son sens. Quand à l’histoire annexe des étudiants – qui m’a au final davantage intéressée – elle demeure hélas tristement incomplète. En conclusion, ce livre fait malheureusement « pschitt ». Le projet est certes ambitieux – pour ne pas dire prétentieux -, le concept est vraiment intéressant et original, la supercherie fonctionne très bien mais littérairement parlant, ça ne suit pas et c’est fort dommage. Il n’en demeure pas moins que S. demeure une expérience à part entière si vous avez le temps et le courage de vous y consacrer (je lis assez rapidement en temps normal, mais là, j’ai atteint mon record de lenteur avec 2-3 pages au 1/4 d’heure tant le nombre d’infos par page est élevé… je vous laisse calculer le nombre d’heure de lecture pour ce livre de presque 500 pages…).img_20161228_163602

Cold case

27 Nov

Je poursuis dans ma série polar avec une autre nouveauté parue au Seuil.

Que la bête s’échappe, Jesse et Jonathan Kellerman

130609_couverture_hres_0Jacob Lev, inspecteur à Los Angeles, se remet difficilement d’une enquête qui l’a traumatisé. Afin de calmer ses angoisses, il s’adonne à la boisson dans l’entrepôt désaffecté où l’ont cantonné les agents des Projets Spéciaux. L’homme, au bout du rouleau, passe donc ses journées à archiver de vieilles affaires non résolues. Ce n’est pas a priori le genre de travail susceptible de lui redonner le moral. Toutefois, alors qu’il effectue son travail de classification, il tombe sur le dossier du meurtre non résolu d’une femme et de son fils. Une affaire parmi d’autres pensez-vous ? Non. Car le double crime a été mis en scène. Et en effectuant des recherches pour tenter de faire la lumière sur cette horreur, il apprend qu’un cas similaire vient d’être rencontré à Paris dans le bois de Boulogne. Sans attendre, il décide de se rendre dans la capitale française afin d’élucider l’énigme. Flanqué d’un membre des Projets Spéciaux qui l’accompagne dans l’espoir de mettre la main sur la mystérieuse Mai, incarnation contemporaine du Golem, Jacob va devoir jouer de finesse afin d’obtenir des informations de ses homologues français.

Contre toute attente, cette enquête va le conduire sur la piste du passé de sa mère, placée en institution depuis de nombreuses années pour une démence survenue à la suite d’un voyage en Tchécoslovaquie au début des années 80. Lev va se retrouver confronter à une histoire familiale très obscure en lien avec ses origines juives et et d’horribles expériences réalisées dans l’ancien bloc de l’Est.

Même si j’ai mis un peu de temps à terminer ma lecture, j’ai réellement été bluffée par ce polar mêlant fantastique et histoire. Le personnage principal – archétype du flic à la dérive de prime abord – est particulièrement bien dessiné avec tout le travail réalisé sur son ascendance. Si je n’ai pas lu le premier roman de cette série – Le Golem d’Hollywood, je n’ai pas du tout été déstabilisée par les références qui y sont faites car les auteurs se sont débrouillés pour évoquer l’intrigue précédente de manière discrète afin que ceux qui avaient lu le premier thriller n’aient pas l’impression d’une redite et que les nouveaux lecteurs pénètrent facilement dans l’intrigue. J’ai apprécié le petit côté fantastique, extrêmement léger qui confère à ce roman une atmosphère paranormale délicate. J’ai surtout aimé que l’emploi du fantastique ne vienne pas combler un manque au niveau de l’intrigue. Intrigue très bien menée au demeurant, mêlant la reprise de l’enquête par Jacob, ses problèmes familiaux et professionnels et surtout l’histoire de sa mère lorsqu’elle était jeune, ce qui nous permettra de comprendre la raison pour laquelle son état de santé a été très tôt fragilisé. Outre les multiples énigmes à résoudre, Jesse et Jonathan Kellerman nous offre un voyage allant de Los Angeles à Paris en passant par Israël et Prague. Les amateurs de voyages ne bouderont pas leur plaisir ! Si vous avez envie d’un bon polar pour accompagner vos soirée d’hiver, n’hésitez pas !

Je remercie Anne de l’agence Anne et Arnaud pour m’avoir fait découvrir ces auteurs.

La maison du diable

8 Nov

Je remercie Le Verger Éditeur pour l’envoi surprise de ce roman.

Le couloir, Jean-Louis Marteil

arton542-fcd57Alors qu’ils viennent de commettre un double meurtre lors du braquage d’un bistrot, Frank et Anne prennent la fuite en voiture. Bientôt, contre toute attente en plein mois de septembre, ils se retrouvent coincés dans une tempête de neige. Alors qu’ils sont bloqués dans le véhicule, la jeune femme aperçoit une lumière au loin…

Inès et Bruno viennent de se marier. Ils sont en route pour la mer. Mais Bruno se trompe de chemin. Eux aussi vont se perdre et se faire absorber par une phénoménale tempête de neige empêchant toute circulation. Eux aussi distingue une lueur à l’horizon…

Les deux couples vont se retrouver dans une immense demeure, meublée d’objets hétéroclites, l’apparentant à un musée ou à un cabinet de curiosités gigantesque. Là, il vont faire la rencontre d’un vieillard qui semble posséder d’étranges pouvoirs. Dès lors, va commencer un angoissant huis-clos qui va révéler les plus bas instincts de chacun, exacerber chaque réaction, du désir charnel à la violence en passant par la terreur, l’amour et la haine.

Par quel coup du sort sont-ils arrivés dans cet endroit ? Pour quelle raison le vieillard les empêchent-ils de se rendre au fond du couloir ? Quel est le sens de tout cela ? Vous le saurez en lisant ce roman oppressant, déroutant, mêlant fantastique, réflexion philosophique et histoire. Un conte cruel qui donne à réfléchir sur la nature humaine même si, pour ma part, j’ai trouvé l’évolution du texte assez déroutante par moments avec des éléments paranormaux qui ne servent pas forcément le message de l’auteur.

Jour sans fin

23 Août

Roman trouvé lors d’une flânerie dans une adorable librairie de Honfleur.

Le rêve de l’homme lucide, Philippe Ségur

1631119_6_f9e0_couverture-de-l-ouvrage-de-philippe-segur-le_ac0fba6791c3b65d00e129848862c861Simon Perse est écrivain, divorcé, père des deux enfants. Insomniaque de longue date, il a usé et abusé de tous les somnifères et anxiolytiques possibles pour tenter de remédier à son mal, en vain. Une fois par semaine, il se rend chez son psychanalyste. Un jour, en sortant d’une séance, une idée lumineuse lui vient : pourquoi chercher absolument à dormir alors que manifestement son corps refuse le sommeil ? Une solution radicale s’impose dès lors à lui : il va cesser de dormir.

Après avoir lutté cette fois de nombreux jours pour ne pas céder au sommeil et consommé à outrance bon nombre de stimulants, Simon atteint son but. Il ne dort plus. Mais rapidement cet état de conscience permanent va avoir des effets inattendus. Sa lucidité face au monde qui l’entoure va s’accroître – ce qui n’améliorera pas sa tendance dépressive. Vu qu’il s’agissait d’un objectif recherché, pas de problème. Mais bientôt, il va se trouver confronter à d’étranges hallucinations et traverser des époques différentes. Happé par des aventures cauchemardesques qui lui font oublier des pans entiers de sa vie réelle, perdu dans un univers constitué de faux-semblants auquel il refuse d’appartenir, Simon se lance sans le savoir dans une quête d’identité douloureuse.

Pour être honnête, je ne connaissais absolument pas cet auteur. Ce sont la couverture et l’extrait proposé au dos du livre qui m’ont attirée. Un extrait teinté d’un humour grinçant et cynique comme je l’aime ! Je n’ai pas été déçue ! Moi-même grande insomniaque par périodes, j’ai été happée par ce roman autobiographique complètement halluciné et n’en ai fait qu’une bouchée. Partant d’une trame qui pourrait apparaître somme toute pauvre  – un insomniaque décide de s’arrêter totalement de dormir -, l’auteur parvient à dresser un portrait corrosif de notre société post-moderne basée sur le mensonge, l’apparence et la consommation tout en se livrant à une véritable quête d’identité ainsi qu’à une réflexion sur la nécessité d’une évasion spirituelle. Un petit bijou tant sur le fond que sur la forme avec une écriture aussi maîtrisée qu’incisive, l’auteur mêlant brillamment des instants de poésie cauchemardesque à sa prose dotée d’une ponctuation démente. Coup de cœur !

Un petit extrait – qui n’est pas celui de la 4ème de couverture – pour vous donner le ton !

« Il faut le savoir, l’intérêt de la zopiclone n’est pas tant de vous assommer que de vous poser des questions philosophiques essentielles. Avec elle, vous dormez, certes. Pas longtemps, mais vous dormez. Et quand vous vous réveillez, vous êtes une créature de science-fiction, un croisement entre le zombi et l’huître. Il vous faut deux heures, trois douches, quatre cafés et une surdose de vitamine C pour récupérer un état de vigilance plus développé, vous hissant du rang de mollusque à celui du crustacé (du moins cela vous rend-il dans un premier temps une certaine faculté de déplacement, même en crabe, c’est déjà appréciable).

Une fois que vous redevenez capable 1) de vous souvenir du prénom de votre femme, des vos enfants, de votre canari ou de votre poisson rouge; 2) de le prononcer avec une élocution qui ne rappelle plus que de très loin l’état du grand alcoolique à langue pâteuse, alors vous savez que vous êtes sorti de la phase purement chimique de cotre nuit d’amour avec la zopiclone.

Vous entrez maintenant dans sa phase dite métaphysique, la plus sophistiquée et la plus intéressante, celle qui vous place devant la grande question, la question centrale de votre existence d’insomniaque : à quoi cela sert-il de dormir, nom de Dieu, si c’est pour vous réveiller encore plus démoli qu’avant de vous être couché ? »

La bibliothèque infernale

12 Août

Un tout petit Murakami, parce que ça faisait longtemps !

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami

9782714459558Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale pour rendre des livres. Souhaitant en emprunter d’autres, la dame à l’accueil – qu’il n’a jamais vue – lui dit de descendre les escalier, puis de tourner à droite et de continuer tout droit pour se rendre à la salle 107. L’enfant s’exécute. Arrivé au bon endroit, un vieillard l’accueille. Dès lors, plus rien ne va se dérouler normalement…

Cette nouvelle de Murakami bascule très vite dans un univers aussi étrange qu’inquiétant. Ici, l’onirisme devient cauchemardesque. Le lecteur se perd dans les dédales de cette terrifiante bibliothèque labyrinthique et se retrouve emprisonné aux côtés du jeune narrateur, d’un homme-mouton et d’une magnifique petite fille. Sans être la meilleure oeuvre du japonais, cette nouvelle cristallise plusieurs thèmes récurrents de l’auteur (enfermement, solitude, quête de soi…) tout en dévoilant un aspect poético-fantastique bien plus sombre qu’à l’habitude. Le tout est très joliment et psychédéliquement illustré par Kat Menschik.

Faërique !

10 Août

Je reviens de vacances avec une nouveauté, fraîchement parue hier et récompensée par le Prix de l’Imaginaire 2016.

Edewenn, le monde des Faës, Charline Rose

10247.6_bandeauEdwenn, jeune femme rousse au tempérament aussi flamboyant que sa chevelure, vit dans un petit village au milieu des bois avec son frère qui l’a élevée après la disparition de leur père. Edwenn n’est pas comme les autres filles de son âge. Indépendante, elle refuse de se marier, préférant perfectionner ses aptitudes pour la chasse. Un jour, un être mystérieux, apparemment traqué et en mauvaise posture fait son apparition dans la forêt. Edwenn décide de lui venir en aide. La créature, Kadvael, a une apparence humaine mais dégage une beauté et une aura quasi surnaturelles. Il s’agit en fait d’un Faë traqué par des Chimères qui vient de franchir le voile magique qui sépare le monde des humains de la Féerie…

Bien vite, Edwenn va se retrouver mêlée à une histoire qui la dépasse et se voir propulsée dans un monde en tous points merveilleux. Recueillie dans la cité d’Alwena par le roi Jezekael, frère du prince Kadvael, la jeune humaine va découvrir un univers magique, d’une beauté à couper le souffle. Malheureusement, le côté enchanteresque du royaume va rapidement prendre des allures de cauchemar. La cité est attaquée par Camall, roi des Chimères. Ce dernier vient d’assassiner sa propre fille après avoir découvert qu’elle entretenait une liaison coupable avec Kadvael. Il a d’ailleurs finalement réussi à kidnapper ce dernier afin de le se venger en lui faisant subir un traitement des plus horribles. Mais Jezekael refuse de voir son ennemi réduire son royaume en poussières et compte bien retrouver son frère. Entre temps, le Faë et l’humaine ne cessent de se rapprocher malgré la désapprobation de la cour et l’ombre des Chimères qui se fait de jour en jour plus terrifiante…

Pour un premier roman, Charline Rose réussit à créer un univers d’une richesse incroyable. Les descriptions sont merveilleusement travaillées, permettant de projeter pleinement le lecteur dans le monde de la Féerie. L’intrigue, quant à elle, ne demeure pas en reste. Les personnages richement dépeints entretiennent des liens complexes qui seront à l’origine de nombreuses péripéties. Au-delà de banales histoires d’amours interdites et de vengeances, le roman donne à réfléchir sur la question de la différence et de l’intégration, sur la possibilité ou non de vivre en paix avec des personnes qui ne nous ressemblent pas forcément. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une oeuvre seulement psychologique. L’action est au rendez-vous et les scènes de combat sont relatées avec tant de précisions que l’on s’imagine presque au milieu des personnages. La fin du roman reste ouverte laissant la forte probabilité d’une suite que j’attends avec impatience !

Je remercie vivement France Loisirs et sa collection Nouvelle Plume pour m’avoir permis de découvrir ce livre en avant-première. Si vous aussi êtes amateur de fantasy et souhaitez pénétrer dans le monde fantastique de la Féerie aux côtés d’Edwenn, le roman vous est offert pour tout nouvel abonnement.Header-priximaginaire2016

 

Naissance d’un papillon

20 Mar

Je remercie mes parents pour m’avoir prêté ce livre.

Les ailes d’émeraude, Alexiane de Lys

les-ailes-d-emeraude-tome-1-574746Alors qu’elle n’est encore qu’une petite fille, Cassiopée est victime d’un terrible accident de voiture dans lequel sa mère trouve la mort. Seule au monde, elle se retrouve dans un orphelinat. Bien qu’elle se sente heureuse auprès des autres enfants qui constituent sa famille, la jeune femme doit quitter les lieux à ses 18 ans, comme le stipule le règlement. Mais dès sa sortie, elle sent que quelque chose cloche. Elle a la désagréable impression d’être suivie…

Très vite, sa vie va basculer. De dangereux hommes sont à sa poursuite tandis qu’après être entrée en contact avec une mystérieuse plante Cassiopée se retrouve tout à coup métamorphosée. D’immenses ailes couleur d’émeraude lui poussent dans le dos et sa vue s’améliore considérablement. Sous le choc de cette étrange transformation, elle fait la connaissance du beau mais ténébreux Gabriel qui va lui révéler sa véritable identité. La jeune femme appartient au peuple des Myrnes, une communauté dotée d’étonnants pouvoirs sensoriels.Secouée par cette découverte, notre héroïne est pourtant loin d’être au bout de ses surprises…

Pour un premier roman et pour une auteure si jeune (19 ans), voilà qui est très prometteur. Alexiane de Lys parvient avec brio à prendre son lecteur par la main et à l’emmener dans un univers fantastique parfaitement décrit. La jeune femme maîtrise très bien l’art du rebondissement et du suspens. Il n’y a aucun temps mort dans ce roman pourtant très long (700 pages !). Ce qui fait l’attrait de l’histoire, c’est qu’elle n’est pas seulement un divertissement fantastique. Le livre se veut également quête personnelle – Cassiopée va découvrir qui elle est réellement, percer les mystères de son passé -, roman d’aventure voire thriller et éducation sentimentale pour la jeune fille qui va découvrir à la fois les charmes et les complications de l’amour. Si ce roman également plein d’humour me semble davantage destiné à un public adolescent, les adultes y trouveront leur compte et passeront un agréable moment de lecture. Seuls petits bémols à mon goût : des petits ressorts narratifs qui reviennent un peu trop souvent pour relancer l’histoire et qui finissent par lasser et quelques coquilles passées à la trappe lors de la relecture. A part ça, rien à redire, Alexiane de Lys nous offre ici un premier roman de qualité. J’ai appris que la suite est désormais disponible, j’ai hâte de la lire !

Métamorphose

7 Mar

Un peu de littérature jeunesse fournie par mon ancienne collègue.

Animale – La malédiction de Boucle d’Or, Victor Dixen

106715918_oBlonde, une magnifique jeune femme de 17 ans dotée d’une extraordinaire chevelure dorée, a passé sa vie dans un couvent. Pensionnaire depuis son plus jeune âge, recueillie par les ursulines, elle est la risée de ses consœurs issues de familles très aisées et notamment de Bérénice qui ne cesse de se moquer de sa maladresse et de son aspect maladif. Le fait est que la pauvre Blonde est affublée de lunettes aux verres teintés et qu’elle est obligée de rester à l’abri de la lumière après des malaises à répétitions dès son plus jeune âge. Mais un jour, la jeune fille va pouvoir révéler toute sa beauté en pausant pour le séduisant Gaspard, un apprenti tailleur de pierre venant rénover une statue au couvent. Les deux jeunes gens tombent immédiatement sous le charme l’un de l’autre…

Dans le même temps, Blonde a reçu la visite dans sa chambre, en pleine nuit, d’un homme inconnu qui lui a fourni un dossier d’enquête qui semble la concerner. Il évoque un épisode marquant de la vie de Gabrielle de Brances. 17 ans plus tôt, la jeune femme relate un événement incroyable à savoir comment elle s’est égarée dans une forêt avant de se retrouver enfermée dans une chaumière au fond des bois, séquestrée par des créatures à peine humaines…

J’avoue que j’étais un peu réticente avant d’entreprendre la lecture de cette réécriture du célèbre conte Les Trois Ours de Robert Southey plus communément connu sous le titre de Boucle d’Or. Mais j’ai très vite été happée par la narration au rythme soutenu qui ne laisse pas au lecteur un instant d’ennui. J’ai aussi apprécié le fait qu’il y ait un véritable travail de recherche historique effectué pour insérer le conte dans la période pour le moins chamboulée des guerres napoléoniennes mais également dans la mythologie des pays nordiques ainsi que dans les secrets du Vatican.

A la fois conte fantastique et roman d’amour et d’aventure, Animale réussit le coup double de divertir le lecteur tout en livrant une réflexion sur les questions d’humanité et d’animalité. La Belle et la Bête ne pourraient bien se révéler être qu’une seule et même personne et l’amour ne saurait se contenter de s’en tenir aux apparences.  Un roman palpitant qui a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire 2014

La petite brodeuse

11 Fév

Dernière chronique avant un temps de pause. Je déménage donc je ne vais guère avoir loisir de lire et je serai privée d’internet pendant une petite quinzaine de jours. En attendant, je vous laisse avec un peu de littérature jeunesse.

L’Élue, Loïs Lowry

9782070538768La mère de Kira vient de mourir d’une maladie inconnue. La jeune fille, déjà orpheline de père, se retrouve confrontée à elle-même dans un environnement hostile. En effet, elle vit dans un village peuplé par des rustres qui ne supportent pas les personnes handicapées, inutiles à la société. Or, Kira est boiteuse et le village veut la chasser. Un procès est organisé, mais en raison de ses dons de brodeuse, le Conseil des Seigneurs décide de la prendre en charge dans son palais afin qu’elle restaure la merveilleuse robe du Chanteur, sur laquelle est inscrite toute l’histoire de son peuple. Rassurée au départ, Kira va bien vite se poser des questions quant aux véritables motivations des Seigneurs et devra aussi faire preuve de courage pour apprendre à réaliser les teintures qui lui permettront de colorer ses fils, techniques que sa mère n’a pas eu le temps de lui enseigner avant sa mort…

Uchronie dystopique, ce roman de Loïs Lowry se situe dans une époque archaïque et violente, un monde dans lequel les enfants sont traités et parqués comme du bétail, où le savoir est détenu par quelques privilégiés, où il est totalement interdit aux femmes d’apprendre à lire et où le handicap, vu comme une tare si horrible car ceux qui en souffrent ne peuvent pas travailler et deviennent un fardeau pour la société, est synonyme de mort dès la naissance. L’auteure pose ici selon moi les jalons de ce qui devrait composer une petite série car la fin de texte nous laisse réellement sur notre faim. Les personnages principaux comme secondaires sont peints avec beaucoup de précisions et plus nous avançons dans la lecture plus nous nous rendons compte que tout n’est pas aussi manichéen qu’il n’y paraît. Mais si le mystère devient de plus en plus opaque (nous obtenons quelques réponses à la fin, je vous rassure !), l’intrigue tarde à se mettre en place à mon goût et le tout manque un peu de piquant. L’univers est parfaitement décrit, la façon de parler des gens du peuple et surtout du petit Matt, le meilleur ami de Kira, vient apporter une bonne touche de réalisme à ce monde qui pourrait s’apparenter au Moyen-âge. Toutefois, je trouve qu’il manque un peu d’actions et c’est seulement lors des toutes dernières pages que la véritable aventure semble sur le point de commencer. Un peu frustrant ! J’attends donc de connaître la suite, si suite il y a ! Le tout forme néanmoins un bien joli roman d’apprentissage, à la fois sombre et féerique, qui permettra aux jeunes adolescents de réfléchir sur l’importance du savoir, de l’enseignement pour détenir un moyen de réflexion et de pouvoir alors que le manque de culture ne produit que violence et rejet de l’autre.