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Homo homini lupus est

22 Oct

Bonjour ! C’est avec grand plaisir que je retrouve les aventures post-apocalyptiques de Lou dans ce deuxième tome qui vient de paraître aux éditions Syros. (Chronique du tome 1 ICI)

Lou après tout – La communauté, Jérôme Leroy

9782748526448Nous retrouvons Lou en bien mauvaise posture, seule, le moral au plus bas, décidée à se laisser mourir sur la plage où Guillaume lui avait appris à nager quelques années plus tôt. Lassée de cette existence faite de lutte incessante pour rester en vie, pour ne pas se faire dévorer par les Bougeurs ou les Cybs, pour trouver de quoi se nourrir, pour échapper aux hommes parfois pires que les Entre-Deux, la jeune femme n’a plus envie de se battre.

Pourtant, des rencontres inattendues vont la pousser à ne pas totalement baisser les bras. Une petite fille qu’elle prendra sous son aile, comme Guillaume l’avait fait pour elle, et un jeune homme, Amir, qui ne la laisse pas indifférente. Pour eux, elle s’installera chez les Wims, une communauté prônant la fraternité, gouvernée de main de fer par le Délégué. Avec l’espoir d’un futur plus paisible, Lou va baisser la garde… Elle le savait pourtant, c’est impossible quand le danger rôde partout…

J’ai retrouvé dans ce deuxième tome tout ce qui faisait la force du premier : un rythme soutenu qui fait qu’on a envie d’enchaîner les chapitres, de l’action (les Bougeurs et les Cybs sont plus nombreux que jamais mais les hommes ne sont pas en reste), un personnage principal en proie à des sentiments divers. Comme dans le tome précédent, ce n’est pas spécialement le début – principalement axé sur l’action – qui m’a convaincue. J’ai davantage apprécié la seconde partie, centrée sur la communauté de Wims, qui donne à réfléchir sur les comportements humains complexes. De la même façon, j’ai apprécié les flash-back sur la vie avant le Grand Effondrement, vision catastrophique hyper-réaliste de ce que pourrait être notre futur si rien n’est fait rapidement pour sauver la planète et si le repli sur soi communautaire et les pouvoirs autoritaires continuent à prendre de l’ampleur. Bref, un roman d’action qui donne à réfléchir, destinés aux ados à partir de 14 ans et à leurs parents !

Au cœur de soi

1 Août

Ce livre s’était perdu dans ma PAL. Je l’ai retrouvé avant de partir en vacances.

L’appel de l’âme, Virginie Tanguay

41ldoereyul._sx327_bo1204203200_Je ne vous ferai pas de résumé détaillé de ce livre qui est à la fois témoignage, ouvrage de développement personnel et guide spirituel. L’auteure raconte comment les premières années de sa vie ont été compliquées, notamment dans son rapport aux monde et aux autres. Après avoir été membre des Forces Armées Canadiennes, elle décide de se reconnecter à elle-même en se plongeant dans la spiritualité. Elle nous raconte ici ce chemin de vie en nous apportant des conseils et des exercices pour parvenir à éveiller son âme au maximum, à réussir à être davantage bienveillant envers nous-même pour l’être vis-à-vis des autres.

Globalement j’ai apprécié ce livre, paru en septembre dernier aux éditions Flammarion, que j’avais longtemps mis de côté – je ne suis pas une grande liseuse de témoignages et la couverture ne m’inspirait pas spécialement. Je me suis retrouvée dans bien des situations décrites et nombres d’exercices, conseils en matière de développement personnel et spiritualité ne me sont pas inconnus. En tant que sophrologue et ayant suivi diverses thérapies, j’ai emmagasiné de nombreuses connaissances en la matière. Ce livre est plutôt destiné aux néophytes, à celles et ceux qui sont en quête de quelque chose qui puisse révéler leur être profond. Si j’ai accroché à la majeure partie des propos tenus – à savoir que l’auteur n’a pas suivi de formation en psychologie mais s’appuie sur son expérience de vie, ses recherches en la matière – je suis plus réservée quant à la partie beaucoup plus spirituelle avec la notion d »anges ». N’en demeure pas moins que l’ensemble est bien rédigé et très intéressant pour qui s’intéresse à ces questions. Parfait si vous cherchez à commencer un travail sur vous-même.

La sorcière coursière

4 Juin

C’est un conte que je vais vous présenter aujourd’hui. Mais il ne s’agit pas de n’importe quel conte puisqu’il a inspiré le plus grand maître de l’animation japonaise : Hayao Miyazaki. Je remercie très chaleureusement les éditions Ynnis pour leur confiance. C’est une joie pour moi, amoureuse de la culture japonaise, de découvrir l’oeuvre d’Eiko Kadono.

Kiki la petite sorcière, Eiko Kadono

kiki_la_petite_sorciere_coverKiki serait presque une jeune adolescente comme les autres si elle n’était pas la fille d’une sorcière. A l’âge où les jeunes filles commencent à penser aux garçons, elle s’entraîne à voler sur un balais et se prépare, à 13 ans seulement, à quitter le foyer familial pour partir à l’aventure, comme toutes les sorcières de son âge. Très enthousiaste à l’idée de ce premier grand voyage, notre petite aventurière n’en est pas moins angoissée. Heureusement, son fidèle chat noir, Jiji, l’accompagnera. Elle choisit de s’installer dans une grande ville, près de la mer. Mais dans la ville de Koriko, elle découvre qu’elle n’est pas forcément la bienvenue. Elle va donc devoir tenter de s’intégrer. C’est ainsi qu’elle va créer un service de livraison très particulier, aidée par Osono, une adorable boulangère.

Voilà un très joli conte d’Eiko Kadono qui a reçu le prix Andersen en 2018. Le jeune lecteur s’attachera très vite à la petite Kiki, symbole de liberté mais aussi d’ambition, de courage, de curiosité et d’indépendance. Un récit initiatique ensorcelant qui me donne envie de voir le film de Miyazaki (qui est bien au chaud dans ma vidéothèque). J’ai apprécié l’écriture qui n’est pas manichéenne, chose assez rare dans les contes et qui permet de s’identifier d’autant plus aux personnages. On retrouve bien sûr tous les éléments du conte traditionnel : la quête, les péripéties, les adjuvants et les opposants. La morale est très positive : il faut avoir confiance en soi, en ses propres capacités et réussir sa vie. Les parents sont là pour accompagner leurs enfants à prendre leur envol sans les étouffer, à les rendre responsables et sûrs d’eux sans les faire grandir trop vite non plus.

Voilà une bien jolie idée cadeau pour de bons lecteurs à partir de 9 ans. La jaquette du livre est en plus vraiment jolie. Vous pouvez faire une place dans votre bibliothèque pour ce roman ensorcelant qui a inspiré les célèbres studios Ghibli. Coup de cœur !

Walking-dead

27 Mai

Je continue mon aventure dans un futur proche où la planète n’a plus rien à voir avec celle que vous connaissez actuellement. Malheureusement, vu ce que nous en faisons actuellement, il se pourrait malheureusement que la fiction devienne réalité. Merci à Syros pour cette découverte.

Lou après tout – Le grand effondrement, Jérôme Leroy

cvt_lou-apres-tout-tome-1-le-grand-effondrement_8599Avant la Grande Panne, en juin 2040, Guillaume était un adolescent presque comme les autres. Il découvrait l’amour avec Charlotte, son amie de toujours, avec laquelle il essayait tant bien que mal de concevoir un avenir commun. Mais la société dans laquelle ils vivaient se délitait tellement autour d’eux qu’il leur était bien difficile de se projeter bien loin. En effet, la pollution est devenue telle à cause du réchauffement climatique qu’il sera bientôt impossible de circuler en ville sans porter un masque en permanence. Les différents pays du monde tombent aux mains de partis nationalistes qui prônent le repli sur soi et instaurent des gouvernements dictatoriaux. Pour essayer de s’échapper de la tristesse ambiante, les gens se réfugient de plus en plus dans le monde virtuel grâce aux écrans-feuilles et aux lunettes de réalité augmentée et/ou absorbent chaque jour un peu plus de pilules censées leur faire voir la vie en rose… Mais bientôt, une terrible épidémie éclate. Ceux qui prenaient ces médicaments miracles deviennent incontrôlables et ne meurent plus que s’ils reçoivent une balle dans la tête, quant aux jeunes cyber-autistes, ils deviennent de plus en plus violents… Jusqu’à la panne d’électricité mondiale qui va plonger le monde dans le noir et le chaos. C’est à ce moment que Guillaume rencontrera Lou, une gamine d’environ 4 ou 5 ans, avec laquelle il va tenter de survivre pendant une dizaine d’années…

Voilà un petit moment que je ne m’étais pas laissée autant happer par un roman. En effet, presque impossible de lâcher celui-ci des mains une fois qu’on l’a commencé. Au début, j’avoue que j’étais un peu perplexe car j’avais l’impression d’être devant un épisode de la série « Walkind-dead » avec les deux protagonistes, Lou (environ 15 ans) et Guillaume (environ 30 ans), occupés à dégommer des espèces de zombies. Mais c’est plus que ça. D’abord, il y a les sentiments complexes tissés entre ces deux-là. Guillaume qui voit Lou comme sa petite sœur mais qui lui rappelle terriblement Charlotte, son amour perdu. Et puis Lou, qui grandit, qui le considère désormais avec un regard de femme. Mais la partie la plus intéressante à mon sens, c’est le retour en arrière sur le monde avant la Grande Panne. Terriblement réaliste. A en frémir d’angoisse. Si finement décrit que l’on s’y projette sans mal car tous les faits concordent avec notre société actuelle. La fin du roman est particulièrement haletante car l’on suit heure par heure les derniers jours de notre monde et les premières heures post-apocalyptiques.

Je pourrais encore développer tant j’ai adoré ce roman « young adult ». Le début prometteur de cette trilogie va rendre addict les ados amateurs du genre (et leurs parents qui le liront peut-être en cachette !). Ce livre n’est pas un simple divertissement mais une réflexion profonde sur l’évolution de notre société. Et si l’on veut changer quelque chose avant d’en arriver là, il faut le faire maintenant ! Coup de cœur !

Tasmania

12 Mai

Aujourd’hui, je vous présente, grâce à l’agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux éditions Les Escales, le dernier roman de Karen Viggers, l’auteure du best-seller La Mémoire des embruns.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

le-bruiement-des-feuillesLéon, jeune garde forestier, vient de s’installer dans une petite ville de Tasmanie. Mais pour lui, difficile de faire sa place dans cet endroit où la plupart des hommes est bûcheron. Bien qu’il fasse des efforts pour s’intégrer en prêtant main forte à l’équipe de footie , ses coéquipiers ne cessent de le chambrer et il demeure au ban de la société locale. Les rares personnes à se montrer agréables avec lui sont son très jeune voisin, Max, un gamin d’une dizaine d’années pas très bien dans ses baskets; Miki, la serveuse du fast-food, enfermée la plupart du temps par son frère Kurt; et la vétérinaire qui a sauvé la chienne du jeune Max. De temps en temps, il passe rendre visite à son grand-père à la maison de retraite et tente d’apprendre à mieux le connaître. Une vie assez morne s’offre à Léon, chargé essentiellement de ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes de la forêt, jusqu’au jour un des plus vieux arbres et les aigles de la forêt sont menacés par le travail des bûcherons. Miki et Léon vont se rencontrer et essayer de préserver ce coin de nature des méfaits des hommes.

S’il fallait résumer ce roman en un mot, je dirais : manichéen. Les personnages sont soit bons soit mauvais, rares sont les exceptions. Les bûcherons sont des brutes qui ne supportent pas les amis de la nature qu’ils accusent de les empêcher de travailler. Ils sont tous plus ou moins alcooliques, aiment se cogner dessus lors des matchs le week-end, et maltraitent leur femme à divers degrés. L’autre grand méchant, c’est Kurt, le grand frère de Miki. S’il lui a sauvé la vie quelques années plus tôt lors de l’incendie qui a ravagé la ferme où ils avaient grandi et tué leurs parents, il la garde enfermée dans le restaurant où il en fait son esclave. Du côté des « gentils » nous avons donc Léon, toujours prêts à aider son prochains même si ce dernier veut sa peau; Miki, en quête de liberté grâce aux quelques livres qu’elle possède et à ceux que lui prêtera la dame de l’office de tourisme et Max, seul véritable ami de Léon au début, qui se fait persécuter par Jaden, le fils du policier. Pour faire bref, on trouve les méchants oppresseurs et les gentils oppressés. J’ai du coup eu beaucoup de mal à me détacher de cette approche simpliste des personnages. Alors certes, chaque personnage principal est finement travaillé dans sa psychologie mais ils manquent de nuances, d’un peu de noirceur pour les uns et d’humanité pour les autres. Et même si je ne suis pas féministe, l’image donnée de la femme est assez triste : au foyer, à s’occuper des enfants, à supporter des maris odieux, à leur servir des bières et surtout à avoir le droit de se taire ! Alors malgré le message adressé par le biais de Miki qui est de se libérer du joug de son frère, représentatif des autres hommes, l’ensemble me laisse tout de même un goût assez amer.

Néanmoins, ce roman est agréable à lire et nous plonge au cœur des somptueuses forêts de Tasmanie. Les adeptes d’histoires humaines se déroulant à l’autre bout du monde et les amoureux de la nature seront sans doute ravis. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis assez mitigée. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

Carpe diem

20 Jan

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de vous présenter un magnifique roman pour adolescents mais qui peut tout à fait être lu par des adultes. Merci aux éditions Syros pour leur confiance renouvelée.

21 printemps comme un million d’années, Camille Brissot

21-printemps-comme-un-million-d-anneesLa meilleure amie de Victor, Juliette, ne tient pas en place. Toujours prête à partir à l’aventure, on ne sait jamais si elle sera encore là le lendemain. Elle vit sa vie à cent à l’heure, bien décidée à en cueillir les fruits avant qu’ils ne soient trop mûrs. Bien souvent, elle se brûle les ailes mais Victor n’est jamais bien loin pour lui venir en aide. Juliette vit dans l’instant, elle n’a plus trop le choix depuis qu’elle sait. Elle veut juste profiter au maximum de tout ce que la vie peut lui offrir. C’est son histoire et ses multiples aventures que Victor raconte à un groupe de jeunes filles qui ont connu Juliette à l’hôpital et qui la prennent pour un exemple.

J’ai été très touchée par ce roman d’une grande maturité. La jeune auteure dépeint des personnages à la fois entiers et tout en nuances, chacun avec ses forces et ses faiblesses. Le thème de la maladie est abordé avec beaucoup de pudeur et de finesse. En effet, grâce au choix narratif – l’histoire de Juliette racontée par son meilleur ami – ce n’est pas la mort qui est placée au centre de l’histoire mais la vie car Victor devra avancer, continuer à tracer son propre chemin, quoiqu’il arrive. Ainsi, ce n’est jamais larmoyant. Au contraire, il se dégage de cette histoire un puissant souffle de vie. Si vous avez aimé Nos étoiles contraires de John Green, vous serez conquis par ce roman qui traite de la puissance de l’amitié, l’importance de profiter de la vie, l’entrée dans le monde des adultes et la perte d’un être cher. Gros coup de cœur pour ce récit qui vient tout juste de paraître.

Sous contrôle

26 Sep

C’est mercredi et je vous propose de découvrir une nouveauté jeunesse.

Kaplan, Sébastien Gendron

9782748524826Dans un avenir proche, une dictature – le Cushinberg – et une démocratie hyper-contrôlée – Leeton – se côtoient. Kaplan, tueur professionnel de la police politique de la dictature est envoyé en mission suicide afin d’affaiblir Leeton. Tout ne va cependant pas se passer comme prévu. Après une entrée fracassante dans la ville-état, il est réceptionné par Rimbolt, un adolescent peu ordinaire qui semble très mature pour son âge. Au fur et à mesure de son séjour dans la cité, Kaplan a l’étrange impression de ne pas en être totalement étranger…

Complots, manipulations, mensonges sont les ingrédients de ce roman politique très bien mené, qui présente des rebondissements jusqu’à la dernière page. L’auteur donne à réfléchir non seulement sur les systèmes autoritaires mais aussi sur l’obéissance parfois aveugle aux ordres d’une hiérarchie dans laquelle on ne se reconnait pas forcément. Derrière la face sombre de ce roman d’espionnage se cache une relation amicale naissante inattendue et l’évolution de Rimbolt qui gagne en maturité au fur et à mesure de l’avancée du récit. Attention, s’il s’agit bien d’un roman jeunesse, je ne le conseillerais pas avant 13 ou 14 ans et pour des bons lecteurs car l’intrigue est assez complexe. Les adultes prendront d’ailleurs plaisir à le lire. Encore une fois, les éditions Syros propose une littérature de qualité, qui donne à réfléchir tout en étant passionnante.

« Heureux qui comme Ulysse… »

3 Sep

C’est la rentrée ! J’en profite pour vous présenter un roman qui traite essentiellement de l’enfance et donc de l’école. On ne saurait faire plus d’actualité ! Merci aux éditions Bergame pour leur confiance renouvelée, qui m’ont fait le plaisir de m’envoyer cette nouveauté.

L’improbable Ulysse – Tome 1, L’Enfance, William Bocq

9782372861724Une bien étrange scène de crime s’offre au commissaire.  Apparemment, tout porte à croire qu’il y a eu un acte de violence dans l’atelier du célèbre peintre Ulysse Blanchard car de nombreux tableaux sont éparpillés dans l’atelier et l’artiste est introuvable. Sauf qu’aucun indice ne prouve l’enlèvement, le meurtre ou le suicide. L’enquêteur, perplexe, tente de trouver des pistes, notamment dans la vie sentimentale tortueuse du peintre…

En parallèle de l’enquête qui n’est en fait ici que très secondaire, la narration porte sur la vie du disparu, de sa naissance au début de l’âge adulte. Fils d’un gendarme et d’une institutrice vivant dans un petit village non loin d’Annecy, le jeune Ulysse doit se confronter au monde qui l’entoure. Avec ses copains d’enfance, il vivra de nombreuses aventures plus ou moins périlleuses et connaîtra ses premiers émois tout en menant ses études à bien.

Dans ce premier tome, William Bocq se consacre donc à la prime jeunesse du héros disparu qui devient paradoxalement le personnage principal du roman. On assiste à l’évolution du personnage dans un récit qui s’apparente davantage à un roman d’apprentissage qu’à un polar. On sourit à l’évocation des bêtises enfantines et on prend plaisir à voir évoluer le héros, à le suivre dans ses choix comme dans ses incertitudes. L’auteur parvient donc à dessiner un portrait très complet de son personnage et de son proche entourage. Je reste par contre sur ma fin concernant la partie enquête qui ne progresse quasiment pas dans ce tome. Hâte donc de découvrir la suite !

Club des cinq

1 Juil

Les vacances approchent à grands pas ! Voici donc une bonne occasion pour vous faire découvrir un roman jeunesse, histoire d’occuper vos chères têtes blondes pendant les longs après-midis caniculaires. Merci aux éditions Privat pour cette découverte.

Pastelle et le club de la Violette – Le mystère de la fleur d’or, Marie-Constance Mallard

9782708963603_1_75Pastelle n’est pas tout à fait une adolescente comme les autres. Depuis son plus jeune âge, elle possède un don qui lui a été transmis par sa mère : concocter de savantes potions à l’aide de toutes les plantes existantes. A douze ans, elle maîtrise déjà tout son art qui lui permet, avec ses quatre amis et fidèles protecteurs Cassian, Amaury, Aubin et Antonin, de résoudre bien des énigmes. A eux cinq, ils forment le club de la Violette et œuvrent pour le bien, dans la droite ligne de leurs parents avant eux. Justement, un mystère assombrit l’esprit du père de Cassian, maire de Toulouse. Alors que la fête de la Violette doit se dérouler dans les prochains jours, le premier prix, une Violette d’or de grande valeur, vient d’être dérobé au sein même de l’Hôtel de Ville. Qui a bien pu dérober la statuette et comment la retrouver avant le concours ? Voilà les deux questions que devront résoudre la bande d’amis qui ne vont pas tarder à se lancer dans une exaltante chasse au trésor qui ne sera pas sans risque. En effet, l’ennemi surveille leurs moindres faits et gestes…

L’auteure, jusqu’ici habituée à la rédaction d’albums pour enfants, livre ici son premier roman jeunesse avec les aventures de la jeune Pastelle et de ses amis. Il s’agit donc du premier opus de ce qui sera sans doute appelé à devenir une série. Ce roman mêle astucieusement magie, aventure et histoire. Les rebondissements sont nombreux, les héros sont attachants avec leurs qualités mais aussi leurs défauts et les jeunes lecteurs n’auront pas de mal à s’identifier à eux. On retrouve un petit côté Harry Potter avec les pouvoirs de la jeune Pastelle mais dans une version beaucoup plus réaliste. J’ai apprécié l’énorme travail de recherche historique de l’auteure qui dresse une toile de fond très précise à son intrigue. La ville de Toulouse est également à l’honneur dans ce roman, qui n’est pas sans rappeler les aventures du club des cinq de notre enfance mais dans une version beaucoup plus moderne et attrayante grâce notamment à cette pointe de magie savamment distillée. Un roman jeunesse distrayant et intelligent, qui plaira aux très bons lecteurs à partir de 9 ans et mais que je conseillerais à partir de la 6ème.

Utopia

25 Fév

Afin de bien terminer les vacances (hé oui, c’est déjà fini par ici !), je vous présente un roman d’aventure qui mérite le détour. J’en profite pour remercier les éditions Tohu Bohu qui me permettent de vous faire découvrir ce bel ouvrage.

L’Odyssée d’Amos – Les chroniques d’Ataraxia, tome 1, Thierry Maugenest

517ilsmgr0l-_sx350_bo1204203200_La planète Ataraxia est un véritable havre de paix où tous les habitants vivent en harmonie les uns avec les autres et avec la nature, respectant des principes sacrés édictés par les pionniers arrivés 950 ans plus tôt. Amos de Slima, jeune et brillant ataraxien, est néanmoins persuadé qu’un danger risque de venir perturber ce bel équilibre. Mais dans cette société particulièrement paisible qui ne connaît pas la violence, fondée sur le respect, le partage, l’égalité et la liberté, le discours du jeune est mal perçu. Le voilà donc non seulement exclu mais aussi contraint de fuir sa communauté. Dès lors, il va se lancer dans un long voyage, aux confins de la planète, en quête de ce qu’il pense être la vérité. Il fera bientôt la connaissance d’Ezéa, une jeune femme solitaire et fougueuse, ayant grandi sur une île quasi déserte, loin des enseignements ataraxiens. Ensemble, ils tenteront de lutter contre un homme qui cherche à bouleverser l’univers utopique d’Ataraxia en réinstaurant l’utilisation de la monnaie et, par conséquent, en mettant fin à l’égalité régnant entre chaque individu depuis près d’un millénaire…

Voilà bien longtemps que je ne m’étais pas laissée emporter dans un univers aussi riche et travaillé que celui dans lequel nous conduit Thierry Maugenest. Il faut dire que l’auteur a puisé son inspiration dans les travaux de François Bournaud qui s’est passionné pour le monde imaginaire qu’il a mis plus de 10 ans à créer. Dans une encyclopédie de près de 2000 pages, l’homme a compilé tout ce qui est en mesure d’établir un univers complet : cartographie, faune et flore, moyens de transports, habitations, éducation, culture… Rien n’a été laissé au hasard. Grâce à ce sens du détail, l’auteur de l’Odyssée d’Amos a pu poser un cadre rigoureux et très réaliste à son aventure. J’ai vraiment été séduite par ce roman utopique qui permet de réfléchir aux différents maux qui rongent notre société contemporaine et qui permet aussi de se questionner sur ce qui permettrait vraiment de l’améliorer car la société ataraxienne présente évidemment, elle aussi, ses propres limites. Ce premier tome pose les bases d’une aventure au long cours en mettant l’accent sur la description de ce monde idyllique et sur la personnalité des personnages clés. En outre, la lecture est rendue encore plus attrayante grâce aux nombreux croquis qui viennent illustrer le texte. Un vrai coup de cœur que je vous encourage à découvrir. En librairie depuis le 9 février.