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Romance made in Japan

14 Fév

Inutile et beau

8 Fév

Je poursuis dans ma découverte de l’univers manga

L’homme sans talent, Yoshiharu Tsuge

Un homme d’une quarantaine d’années tente de faire vivre sa femme et son fils en vendant des pierres trouvées dans la rivière qui coule juste derrière son étale. Bien entendu, après plusieurs mois à passer ses journées à attendre désespérément un client, un passant lui fait remarquer que personne n’ira jamais payer pour quelque chose qu’il peut trouver gratuitement à deux pas. Mais cela ne semble pas tracasser notre homme qui décide d’aller chercher des pierres ailleurs, persuadé que son commerce a de l’avenir.

Sa femme, elle, n’en peut plus de cette situation. Exaspérée, elle passe ses journées à le traiter d’incapable et à lui demander de reprendre son ancien métier, dessinateur de bandes dessinées. Mais notre homme ne veut pas s’abaisser à des œuvres de commandes et s’entête dans la vente infructueuse de pierres tout en se remémorant diverses rencontres marquantes dans sa vie. La plupart de ces personnes ont pour point commun d’être un peu en marge de la société, à l’image de l’étrange bouquiniste Yamaï, qui passe ses journées à errer dans les rues et dont on ne sait quasiment rien si ce n’est qu’il a peut-être fuguer de son ancienne vie.

Yoshiharu Tsuge livre ici l’histoire tragique d’une société japonaise régentée par le dieu argent où tout rêve est exclu. Notre anti-héros, symbole de l’artiste incompris, rêve d’une vie facile où il pourrait gagner de quoi nourrir sa famille en faisant ce qui lui plaît (bande dessinée, réparateur d’appareil photo, vendeur de pierres…). Malheureusement, tout son enthousiasme et toute sa capacité de rêver seront anéantis par sa femme et quelques-uns des autres personnages qu’il va croiser qui représentants d’un pragmatisme dénué de sensibilité. Une jolie réflexion sur l’art et le rêve.

Miam !

22 Jan

Pris un peu au hasard dans le rayon manga de la médiathèque…

Le gourmet solitaire, Jirô Taniguchi et Masayuki Kusumi

Un homme, dont on ne sait pas grand chose si ce n’est qu’il vit seul, qu’il doit avoir la quarantaine et qu’il travaille dans le commerce, arpente les rues de Tokyo et de quelques autres villes japonaises dont Osaka pour son travail. Mais contrairement aux commerciaux pressés, lui aime prendre son temps. Surtout pour manger.

Chaque histoire va l’amener dans un nouveau lieu, et sera l’occasion de découvrir un nouveau restaurant, de goûter à des plats typiquement japonais qui vont lui faire revivre des souvenirs ou de faire des rencontres furtives. Chaque repas est observé à la loupe si bien que l’on a l’impression de goûter à chaque bouchée avec notre personnage.

Les dessins sont bien réalisés mais j’ai trouvé les paroles trop répétitives et le scénario un peu simpliste – je n’attendais pas un déploiement de souvenirs façon Proust à chaque bouchée de riz, mais cet aspect de l’histoire aurait gagné à être développé. Par contre, grâce aux déambulations du gourmet, j’ai appris beaucoup de choses sur la culture culinaire nippone. A vos baguettes !

 

Un corps pour deux

23 Déc

J’ai emprunté ce livre dans le rayon mangas de la médiathèque en pensant qu’il se lisait comme un vrai manga… et bien non, il se lit à l’occidentale !

Un ciel radieux, Jirô Taniguchi

Une nuit, Takuya Onodéra, un jeune motard de 17 ans, est violemment percuté par une voiture. Le conducteur, Kazuhiro Kubota, père de famille surmené par son travail décède très rapidement. Takuya, lui, s’en sort miraculeusement après quelques jours de coma.

Mais au réveil, Takuya, ne se souvient de rien et ne semble plus le même pour sa famille. Et pour cause, il est frappé d’une étrange amnésie. La conscience de Kasuhiro Kubota a pris place dans le corps du jeune homme. Mort physiquement, Kubota veut saisir cette chance qu’il lui est donnée de vivre encore dans le corps d’un autre pour faire comprendre à sa femme et à sa fille combien il regrette de les avoir délaissées pour son travail.

Mais le temps lui est compté. Takuya retrouve ses souvenirs peu à peu tandis que l’esprit de Kubota semble partir vers d’autres rives. Ce dernier doit donc absolument reprendre contact avec sa famille avant de mourir complètement. La cohabitation des deux âmes dans le corps de Takuya s’avère de de plus en plus difficile.

Ce manga en noir et blanc, qui se lit donc comme une BD traditionnelle, m’a vraiment plus alors que je ne suis pas une fan du genre. Les dessins sont soignés et l’histoire intéressante et émouvante. La dualité des esprits dans le même corps est bien rendue dans les dessins, grâce à un dédoublement des personnages, l’un semblant effacé derrière l’autre ou des bulles différentes, ce qui permet de bien toujours savoir qui s’exprime.

L’auteur, Jirô Taniguchi dessine depuis 1970 et a reçu de nombreux prix notamment l’Alph’Art du meilleur scénario au Festival d’Angoulème 2003 pour le premier volume de Quartier lointain. J’espère donc découvrir d’autres de ces oeuvres après cette bonne surprise.

Aventure délirante

24 Jan

J’ai de nouveau suivi les conseils de mes élèves en matière de lecture; sans grande illusion cette fois-ci… et j’ai eu bien raison. Voilà une lecture qui ne restera pas longtemps gravée dans ma mémoire !

One Piece – A l’aube d’une grande aventure, Eiichiro Oda

A vrai dire, je n’avais jamais lu de manga avant celui-ci. J’avais bien essayé, il y a quelques années, mais je m’étais arrêtée au bout de trois pages, épuisée par la pauvreté des textes et le style des dessins. J’en aurais bien fait de même pour celui-ci mais la curiosité professionnelle et l’envie d’essayer de monter un cours avec une lecture qui plaît aux élèves m’ont poussée  à terminer le tome 1 de cette série. Résultat : lecture totalement inexploitable en cours…

Le jeune héros, Luffy, n’a qu’un seul rêve depuis son plus jeune âge : devenir le seigneur des pirates. Il voue un véritable culte au capitaine Shanks, le capitaine d’un navire pirate. Un beau jour, le jeune Luffy mange par mégarde un « fruit du démon » que le capitaine conservait dans son butin. A partir de ce moment, il va acquérir un pouvoir extraordinaire : son corps devient totalement élastique ! En contre partie, Luffy ne pourra plus jamais nager… Mais qu’à cela ne tienne, il décide  de ne pas renoncer à son rêve !

Dix années passent. Luffy prend la mer seul à bord d’un canot pour devenir seigneur  des pirates et retrouver le « One Piece », un fabuleux trésor. Alors qu’il parcourt les mers à la recherche d’un équipage, Luffy croise la route d’un bateau pirate. Il vient à bout des méchants à force de nombreux coups de poings élastiques et délivre l’homme à tout faire, Kobby, qui souhaite entrer dans la marine mais va avant tout devenir son ami. Ce dernier lui parle de « Zorro le chasseur du pirate », dont l’ambition est de devenir le plus grand manieur de sabres au monde, mais qui, pour l’instant, est fait prisonnier par des militaires pour d’injustes raisons. Après avoir convaincu Zorro de faire partie de son équipage, Luffy le délivre une fois encore grâce à ses coups de poings élastiques. Le périple continue ainsi de suite. Les méchants sont à chaque fois terrassés par les super coups de poings du héros… à peu près toutes les deux pages !

Vous l’aurez compris, je ne suis absolument pas fan de ce livre. Si les dessins sont assez soignés dans leur genre, les textes n’ont pas grand intérêt, tout comme l’intrigue : des bagarres toutes les deux-trois pages, une nouvelle rencontre, de nouveau des bagarres… Et dire qu’il existe déjà plus de 70 tomes…!