Nouvelles·psychologie

La valse des émotions

Bonjour ! Pour varier les plaisirs, voici un petit recueil de nouvelles paru aux éditions Le Lys Bleu.

De la folie pure, Andy Marks-Amstrong

924Le père de William est un monstre domestique, alcoolique, qui maltraite sa femme verbalement et physiquement et qui offre à son jeune fils depuis sa plus tendre enfance l’horrible spectacle de sa « puissance » masculine. Arrive l’âge de lycée et le voilà devenu interne. Chaque semaine, il craint de ne pas revoir sa mère en vie. Mais il ne parle à personne de ses craintes et préfère s’intéresser aux filles. Comment nouer le contact ? Un jour, Hélène lui adresse la parole…

« Papa ne me regardait qu’après avoir violé et frappé maman sur le visage. Il se sentait si fort, et devait prolonger ce sentiment de puissance en regardant avec le sourire maman gisant sur le sol de la cuisine. Je restais effrayé au début, puis habitué à ce genre de scène ».

Ce recueil est composé de quatre nouvelles intitulées « Un penchant irrationnel », « Amnésie », « Histoire d’un abandon » et « L’Indésirable » qui traitent de sujets tels que les violences domestiques, l’alcoolisme, la monoparentalité, l’abandon, la quête d’éternité. L’autrice, docteure en psychologie, met en valeur les émotions ou leur absence et leur rôle dans la trajectoire des personnages. Au cœur des textes, se retrouvent des enfants ou jeunes adultes perdus, en quête d’une identité difficile à trouver à cause de parents maltraitants, déficients ou au contraire trop exigeants ou encore totalement absents. Les schémas narratifs de chaque nouvelle se rapprochent en donnant la parole aux divers protagonistes, nous permettant ainsi de bien cerner la psychologie des personnages et d’avoir une vision complète de la situation. Pour ma part, c’est la première nouvelle dont j’ai parlé en début de chronique qui est ma préférée et sans doute la plus cruelle. Elle traite des rapports hommes/femmes, parents/enfants, des violences conjugales, de l’absence de communication. Je n’ai malheureusement pas retrouvé la puissance de celle-ci dans les suivantes, si ce n’est peut-être dans la dernière qui m’a cependant laissé un peu sur ma faim. Un avis plutôt mitigé donc.

nouveauté·Nouvelles

A la recherche de la chanson perdue

Bonjour à tous ! Aujourd’hui, je vous présente une nouvelle parue dans la collection Poche des éditions Au Diable Vauvert que j’affectionne particulièrement.

Dark was the night, Grégoire Hervier

couv-poche-dark-was-the-night-pl1siteUn historien du blues à l’université du Missippi passe la plus grande partie de sa vie à la recherche de la trentième chanson de Robert Johnson, un bluesman mort à l’âge de vingt-sept ans et laissant derrière lui vingt-neuf titres répertoriés, d’une grande qualité. Notre narrateur nous raconte ses recherches, ses rencontres, ses espoirs, depuis le début de sa quête alors qu’il n’est encore que thésard en histoire contemporaine à l’université de Berckeley en 1966 jusqu’à sa retraite.

Mêlant polar et histoire de la musique, cette nouvelle nous emmène à la découverte du blues, un monde qui m’était totalement inconnu en dehors des chanteurs célèbres. L’historien se fait enquêteur et on se prend d’intérêt pour cette recherche hors du commun : parviendra-t-il, oui ou non, à trouver cette trentième chanson ? Existe-t-elle réellement ? Au-delà du texte, l’auteur présente l’histoire de douze titres de blues qu’il apprécie particulièrement ce qui permet de se familiariser avec des morceaux peu connus, tous antérieurs aux années 70. Pour celles et ceux que ça intéresse, la collection Poche du Diable est disponible au format numérique (voir lien dans l’introduction), ce qui est bien pratique en ce moment !

Nouvelles

Quand tout bascule

Pour changer des romans, je vous propose aujourd’hui un petit recueil de nouvelles paru il y a quelques mois chez Souffle court éditions.

L’erreur de trop, Michel Brignot

lerreur-de-trop_1re-couv_2Ce recueil, composé de dix nouvelles, met en avant des personnages complexes. Certains sont englués dans un quotidien paralysant, d’autres essaient de s’en échapper parfois au péril de leur vie. L’auteur, Michel Brignot, est un médecin qui aime la mer et les voyages et l’on retrouve dans ces textes ces deux passions qui viennent poser les décors de ses intrigues. Ces dix nouvelles assez tragiques ne sont pas pour autant forcément tristes car elles nous font voyager et réfléchir sur l’existence humaine, sur les choix qui se proposent à chaque être humain au cours de sa vie, bons ou mauvais et ces erreurs qui finissent parfois par tout faire basculer.

Si j’ai pris plaisir à chaque texte, mes préférés sont « Entre les doigts » qui raconte le destin d’une trapéziste, paralysée après une terrible chute; « Un œil triste », premier texte du recueil, qui nous emmène dans un village reculé de Sardaigne plongé dans la tourmente après la découverte de trois cadavres de jeunes hommes à quelques jours d’intervalle et « Bain à Budapest » qui nous conduit dans la capitale hongroise avec deux hommes dont le séjour ne sera pas des plus calmes et nous pousse à réfléchir sur le respect des règles… Je vous laisse le plaisir de découvrir les autres textes pour voyager à votre guise.

Nouvelles·Roman

Seul

L’automne s’installe et avec lui les jours raccourcissent, laissant cette légère mélancolie s’insinuer dans les foyers. Le court roman que je vous présente aujourd’hui, paru aux éditions L’âge d’homme, colle très bien à la saison ! 

Minuit blanc, Maxence Marchand

ob_5ca5e3_minuit-blanc-marchandUn jeune homme, approchant la trentaine, vient d’être quitté par celle qu’il aimait. Bien que sachant que la rupture menaçait, difficile pour lui d’encaisser le choc et de se retrouver seul dans l’appartement au double vitrage dans lequel ils avaient choisi de s’installer ensemble. Bientôt, des angoisses surgissent et il lui devient difficile de se mouvoir dans le monde qu’il entoure. L’hiver est là, et comme la nature, les sens du jeune homme sont engourdis.

Ce court roman – ou longue nouvelle – de Maxence Marchand a des allures de balade nocturne, hors de toute temporalité. Le lecteur est invité à suivre le jeune protagoniste dans ses réflexions, dans la tristesse langoureuse qui l’habite, dans ses tentatives pour se rattacher au monde alors qu’il ne trouve plus aucune prise. Son cœur et son âme frigorifiés dans le froid hivernal cherchent en vain le réconfort et les questionnements sur la vie et son sens se multiplient. L’écriture poétique nous plonge dans des limbes oniriques et nous invite à laisser errer nos pensées.

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Éloge des petits riens

Voilà un auteur qu’il est bon de savourer tranquillement en ces premiers jours d’automne.

L’extase du selfie et autres gestes qui nous disent, Philippe Delerm

l-extase-du-selfie-et-autres-gestes-qui-nous-disentJe ne résumerai pas ce livre puisqu’il s’agit de quarante-sept instants de vie, de gestes apparemment anecdotiques mais qui en disent tellement sur notre façon d’être au monde. En enchanteur du quotidien et de l’instant présent, Philippe Delerm célèbre, avec toute la poésie et la finesse qui le caractérisent, tous ces petits riens, ces petites manies et rituels gesticulatoires auxquels nous n’accordons pas forcément d’attention mais qui révèlent bien des choses sur notre société. Qui n’a jamais souri et ne s’est jamais étonné en regardant des jeunes filles prendre la pose avec un regard boudeur devant leur propre objectif ? Que cela signifie-t’il donc ? Et que peuvent bien dire de nous nos façons de faire les carreaux, de conduire notre caddie ou de tenir notre verre en société sans le boire ? Les amoureux de Philippe Delerm seront sans doute, comme moi, conquis par cet ouvrage qui vient de paraître au Seuil.

nouveauté·Nouvelles

Tous toqués !

Merci aux Ateliers Henry Dougier qui m’ont sympathiquement fait parvenir l’ouvrage que je vais vous présenter aujourd’hui.

L’homme qui courait après son nez, Gérald Cahen

l-homme-qui-courait-apres-son-nezJe ne suis pas une grande adepte des recueils de nouvelles mais le titre pour le moins délirant de celui-ci a piqué ma curiosité.

Les 17 nouvelles de ce recueil sont réparties en cinq chapitres correspondant chacun à un caractère : les grands timides, les délirants, les rieurs, les mal élevés et les mal aimés. Elles mettent chacune en scène des personnages souffrant de troubles plus ou moins envahissants qui leur empoisonnent le quotidien.

Avec un humour pour le moins décalé, l’auteur nous entraîne dans son univers fantaisiste, parfois terrifiant (comme dans la nouvelle « Le Chat ») mais souvent amusant (ma partie préférée est celle des mal élevés). Si vous cherchez une lecture qui vous pousse à vous moquer tendrement de vos contemporains ou de vous-même, laissez-vous tenter par cet homme qui courait après son nez.

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Ados d’Orient

De retour avec de la littérature jeunesse engagée et une petite maison d’édition qui me tient à cœur : Le Muscadier.

Orient Extrême, Mireille Disdero

9791090685765-165x250Ce petit ouvrage regroupe cinq nouvelles, dont deux longues et trois très courtes, fonctionnant comme des instantanés. Le point commun ? Toutes se déroulent dans l’Asie du Sud-Est (Vietnam, Cambodge, Malaisie, Indonésie, Thaïlande) et mettent en scène de jeunes adolescents. Tous ces récits m’ont pris aux tripes. En particulier le plus long d’entre eux, intitulé : « Do you want a cup of tea ? ». Une adolescente cambodgienne est envoyée en Malaisie comme domestique. Ses parents sont persuadés d’avoir trouvé une bonne place pour leur fille. Malheureusement, elle revient quelques mois plus tard en catastrophe au domicile familial. En état de choc, la jeune fille n’est plus que l’ombre d’elle-même. Ses employeurs l’ont plus que maltraitée…

Si les sujets abordés sont difficiles (maltraitance, esclavage moderne, prostitution…), ils le sont de façon délicate, parfois sous-entendue, afin de ne pas heurter le jeune lectorat auquel les textes s’adressent mais de le faire réfléchir au statut des enfants dans le monde et surtout à la nécessité d’agir et de s’engager pour faire respecter les droits de tous et de construire un monde plus juste. Une fois encore, la collection « Rester Vivant » des éditions Le Muscadier propose un ouvrage jeunesse engagé, qui cherche à donner un sens à l’acte de lecture et surtout à insuffler un réaction chez les jeunes lecteurs. A mettre entre toutes les mains.

 

Nouvelles·Roman

Instantanés

Je remercie chaleureusement Michel Brignot, dont le dernier ouvrage Humeurs d’alambic vient de paraître, pour m’avoir fait découvrir le recueil dont je vais vous parler aujourd’hui.

Renaissances, recueil collectif – Souffle court éditions

couv-renaissances1Toujours délicat de présenter un recueil de nouvelles, surtout lorsqu’il s’agit d’un recueil collectif. Car même si souvent – et c’est le cas ici – un thème est imposé, chaque auteur possède son propre style, un univers personnel bien défini. Renaissances n’échappe pas à la règle. Vingt deux auteurs ont été conviés à laisser libre cours à leur imagination à partir de cinq clichés choisis par cinq femmes photographes. La volonté de l’éditeur était de célébrer les 250 ans de la naissance de Nicéphore Niepce, l’inventeur de la photographie, par le biais de cette expérience artistique peu commune. Pour reprendre les termes de Philippe Vieille, l’éditeur, en quatrième de couverture : « Une photographie c’est bien plus qu’une image, c’est un jalon posé sur le rebord du temps. C’est beaucoup. Le temps d’un cliché, le futur se conjugue au passé. Il y aura un avant et il y eut un après. Prendre, regarder, afficher une photo c’est se jouer du temps qui passe, c’est à la fois conserver la fugacité de l’instant et le concentrer en émotions. L’écriture elle aussi permet de faire renaître le temps, de le réanimer, de le sublimer […] » La nouvelle, par sa brièveté, me semble la forme littéraire la plus apte à capter l’instantanéité de la photographie. Le thème de la renaissance choisi ici est également porteur de cette idée d’instant. Car s’il existe différents moyens de renaître, que certains peuvent apparaître comme de lents processus, le résultat est quant à lui instantané. Que ce soit cette femme qui découvre que son mari la trompe avec sa meilleure amie et qui emploie toute sa douleur et sa colère à s’effacer du monde avant de renaître sous l’objectif d’un photographe ou ce jeune Steve qui prend conscience après des nuits d’errance, perdu dans les abîmes de la drogue, que sa vie peut encore avoir un sens, chaque personnage de ces vingt deux nouvelles va renaître à lui, éclore à la vie, à l’amour. Mon seul regret : que les clichés qui ont initié les nouvelles ne soient pas présents dans le recueil. Cela dit, cette absence m’a permis de faire travailler mon imagination pour tenter de concevoir à quoi pouvait ressembler les photographies d’origine. Je vous invite à découvrir et à savourer ce recueil inspiré et inspirant – qui n’est pas sans me rappeler Les vies minuscules, un roman de Pierre Michon – , dans un format très agréable à manipuler.

 

 

 

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La bibliothèque infernale

Un tout petit Murakami, parce que ça faisait longtemps !

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami

9782714459558Un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale pour rendre des livres. Souhaitant en emprunter d’autres, la dame à l’accueil – qu’il n’a jamais vue – lui dit de descendre les escalier, puis de tourner à droite et de continuer tout droit pour se rendre à la salle 107. L’enfant s’exécute. Arrivé au bon endroit, un vieillard l’accueille. Dès lors, plus rien ne va se dérouler normalement…

Cette nouvelle de Murakami bascule très vite dans un univers aussi étrange qu’inquiétant. Ici, l’onirisme devient cauchemardesque. Le lecteur se perd dans les dédales de cette terrifiante bibliothèque labyrinthique et se retrouve emprisonné aux côtés du jeune narrateur, d’un homme-mouton et d’une magnifique petite fille. Sans être la meilleure oeuvre du japonais, cette nouvelle cristallise plusieurs thèmes récurrents de l’auteur (enfermement, solitude, quête de soi…) tout en dévoilant un aspect poético-fantastique bien plus sombre qu’à l’habitude. Le tout est très joliment et psychédéliquement illustré par Kat Menschik.

Littérature jeunesse·nouveauté·Nouvelles

Aux armes !

Je remercie les éditions Le Muscadier pour l’envoi de ce livre.

Contre courant, Florence Cadier

Le livre se compose de neuf nouvelles avec pour thème commun la lutte pour faire valoir le droit des femmes et des hommes à l’humanité.

Le premier récit, « Amar, rêve d’une terre d’asile« , narre l’histoire d’un jeune afghan de 15 ans qui a fui son pays dans l’espoir d’un avenir meilleur en France. Après un voyage long et pénible, l’accueil sur le sol français n’est pas des plus chaleureux. Lors d’une descente de police dans le camp, un homme étrange l’entraîne avec lui et lui permet d’échapper aux forces de l’ordre. Mais que lui veut-il ?

Vient ensuite « Véronique, 17 ans en octobre 1972 » , l’histoire d’une jeune fille qui vient de vivre sa première relation charnelle et a le malheur d’être tombée enceinte. Honteuse, elle n’ose en parler à ses parents. Elle se trouve beaucoup trop jeune pour élever un enfant. Sa seule solution pour se sortir de cette galère : avorter dans la clandestinité, à ses risques et périls…

« Martine, pour quelques euros » met en scène la caissière de supermarché d’un quartier populaire. Ne supportant plus de voir certains clients reposer des articles de première nécessité au passage en caisse par manque d’argent, elle décide de leur faire crédit sans en parler à sa direction. Jusque-là, tout s’est toujours bien passé. Mais jusqu’à quand ces petits arrangements pourront-ils durer ?

« Mabrouk, mon amour » raconte la cruelle histoire d’amour entre deux jeunes hommes dans un pays africain où l’homosexualité est considérée comme un crime…

« Les dernières heures de Sophie Scholl » nous plonge au coeur de l’Allemagne nazie. Un groupe d’étudiants dont la jeune Sophie fait partie décide de distribuer des tracts pour dénoncer le régime d’Hitler. Nous assistons à la mascarade de procès qui eut lieu pour condamner ces « traîtres » à la patrie.

Dans « Contre un mur« , la narratrice s’apprête à passer le checkpoint de Jérusalem Est pour rentrer chez elle en terre israélienne. C’est le soir de Noël, elle est pressée de retrouver sa famille pour fêter ça. Mais alors qu’elle va franchir le mur, elle s’aperçoit qu’un homme étrange la suit. Les gardes-frontière deviennent subitement source de salut, à moins que les ennuis ne fassent que commencer…

« Les neuf de Little Rock » nous envoie en Arkansas, en 1957. Beth est folle de joie, elle vient d’être admise avec huit autres élèves noirs au Central High School, un prestigieux lycée qui n’accueillait jusque-là que des blancs. Mais malgré les nouvelles lois anti-ségrégationnistes les mentalités ne sont pas encore prête à évoluer.

L’avant-dernière nouvelle, « Interdit de nourrir ceux qui ont faim« , situe son histoire en Floride, à l’hiver 2014. Alors que des bénévoles distribuent de la nourriture à des sans-abris, les forces de l’ordre viennent les en empêcher…

Enfin, « Temps de guerre » raconte comment deux enfants juifs vont échapper de justesse à la rafle du Vél’ d’hiv et comment certaines situations peuvent modifier en profondeur un homme.

Encore une fois, cette collection Place du marché réussit le pari de mettre en lumière des textes qui font réfléchir. Tous les personnages de ces nouvelles luttent contre l’injustice, pour un idéal, celui d’un monde plus humain, contre les totalitaristes et moralisateurs « bien-pensants » bêtes et méchants. Très appréciables, les notes historiques à la fin des récits qui permettront aux jeunes lecteurs de bien situer le contexte des nouvelles et de se rendre compte que derrière des fictions se cache la réalité.

Si j’ai aimé tous les textes, deux m’ont particulièrement touchée. J’ai trouvé l’histoire de la jeune Véronique et de son avortement clandestin particulièrement insoutenable par son réalisme et d’autant plus pénible que certains extrémistes militent actuellement contre ce droit à l’avortement si péniblement acquis. Je pense que ce récit fera office d’une bonne piqûre de rappel aussi pour les jeunes filles qui doivent prendre conscience que des femmes ont lutté avant elles pour obtenir le droit de disposer librement de son corps, que la contraception est très importante et que l’avortement, même s’il est maintenant pratiqué plus humainement et en toute sécurité, n’en reste pas moins une décision très difficile qui marque une vie entière. L’autre texte qui m’a marquée est celui qui met en scène les deux jeunes homosexuels dont l’un est frappé à mort dans une ruelle. Se dire qu’au XXIème siècle, on peut encore être enfermé, persécuté ou mourir en raison de ses préférences sexuelles est aberrant. Et quand on voit les relents de haine qu’ont suscité les débats autour du mariage pour tous en France, il est triste de constater que même dans le pays des droits de l’homme certaines mentalités restent à ce point fermées face à la différence.

J’espère que les collégiens – à partir de la 4ème je pense – iront découvrir cet ouvrage, hymne à la tolérance, et qu’ils y apprendront à ne pas se comporter en moutons de Panurge et comment désobéir peut parfois se révéler l’acte le plus citoyen qui soit.