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Envie de voyage…

Aujourd’hui, je vous présente un roman qui va vous mettre le sourire aux lèvres en cette période bien morose et par ce temps particulièrement pluvieux. Il est paru aux éditions Ramsay le 15 septembre dernier.

Et puis un jour on s’en fout et ça fait du bien, Virginie Sarah-Lou

A bientôt 40 ans, Mathilde fait le style de job routinier qu’elle voulait absolument éviter lorsqu’elle était ado : être enfermée dans un bureau à rédiger des courriers, répondre à des mails et au téléphone. Elle, la hippie un peu rebelle qui s’imaginait une vie faite de voyages tous plus exotiques les uns que les autres n’en a jamais effectué un seul. Comme ses collègues dont Chantal, une commère médisante, ses seuls objectifs quotidiens sont les pauses à chaque heure et partir le plus rapidement possible en fin de journée. Côté cœur, c’est le néant entre Frank, son amant depuis deux ans, qu’elle ne supporte plus et le père de ses enfants qui l’aime toujours mais pour lequel elle n’a plus de sentiment. Les seules véritables lumières de sa vie sont le blog de voyage participatif qu’elle a créé quelques années plus tôt et qui lui permet de vivre ses rêves derrière son écran ainsi que ses deux enfants dont elle a la garde une semaine sur deux. Mais les deux ados ne sont pas dupes, ils ne suffisent pas à rendre leur mère heureuse. Mathilde commence à se rendre à l’évidence qu’elle est passée à côté de ses rêves de jeunesse, qu’il est trop tard pour y remédier et que l’homme idéal n’existe sans doute pas. Jusqu’au jour où elle trouve le message d’un inconnu sur son blog…

« Je dirige mon regard vers l’horloge du bureau. 9h45. C’est-à-dire que la précédente a été à 8h45. Oui, ici, on arrive et on commence par une pause, c’est un principe de précaution. Il ne faudrait pas risquer une torsion du cerveau si on ne l’a pas chauffé pour démarrer la journée. Et si on parvient à en faire une par heure, c’est encore mieux. Avantage : pas de stress au travail. Inconvénient : pas de stress au travail. Ben oui, ça marcha dans les deux sens. »

Virginie Sarah-Lou nous offre ici un roman feel-good efficace qui met le sourire aux lèvres grâce à des pages qui mêlent habilement humour et émotions. Côté intrigue, on va être clair, rien de neuf sous le soleil. Une trentenaire n’est pas heureuse dans sa vie et regrette d’être passée à côté de ses rêves. Un inconnu débarque subitement et va entraîner des changements dans sa morne existence. Mais je dois bien avouer que même en connaissant chacune des ficelles, même en s’attendant à chacun des rebondissements, j’ai pris du plaisir à lire ce roman, surtout dans l’ambiance morose actuelle. La lectrice – parce que les femmes sont le principal lectorat ciblé – s’identifie aisément à la narratrice qui occupe un emploi basique, qui a un physique banal et mène des activités ordinaires. On est loin de la superwoman, c’est rassurant et c’est pour cela que ça fonctionne. Côté style, les critères du genre sont respectés avec des chapitres ultra-courts qui se terminent souvent par une accroche qui donne envie d’enchaîner tout de suite avec le suivant. Au début, nous avons seulement le point de vue de la narratrice. Celui-ci alternera peu à peu avec celui de l’inconnu puis avec ceux de personnages plus secondaires. Enfin, les « leçons » à tirer sont elles aussi bien connues : lâcher prise, vivre ses rêves, ne pas toujours faire ce que les autres semblent attendre de nous, ne jamais juger trop vite les gens avant de les connaître réellement. Pour conclure, voilà un roman bien ficelé qui permet de passer un bon moment. Idéal pour se remonter le moral par temps pluvieux !

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La couleur de l’amour

La rentrée littéraire approche et je peux vous dire que ça commence très fort avec ce premier roman qui sort ce 20 août aux éditions Au Diable Vauvert.

La fille du chasse-neige, Fabrice Capizzano

Tom, jeune musicien, quitte Paris pour retourner vivre dans la maison familiale. Sa mère, qui vient de faire un AVC, est à l’hôpital. Il partage donc ses journées avec son père, un homme colérique, avec lequel il n’a jamais réussi à communiquer. Depuis l’hiver, Tom ne pense qu’à la fille qu’il a vu dans le chasse-neige et qui lui a littéralement retourné le cœur. Il fait bientôt sa connaissance. Marie est apicultrice. Les deux jeunes gens ne mettent pas longtemps à se rendre compte qu’ils sont faits l’un pour l’autre. Dans le même temps, la carrière de Tom prend une nouvelle dimension grâce à l’intervention de son inénarrable producteur, Franck. A mesure que les tournées s’allongent, le manque de Marie rend le jeune homme malade…

« Je sens les gens. Malgré mon daltonisme je vois leur couleur, parce que c’est une histoire de fond. […] Je vois la haine sur la poitrine des gens, elle est noire, ronde, elle tourne dans le sens inverse de son entourage, elle les consume par frottement. […] Malgré le fait que je lise ça depuis tout le temps, je ne sais pas me protéger de ce que je sens. Toutes ces choses me pénètrent comme une petite cuillère dans une mousse à la fraise, avec facilité et délectation. Je ne suis pas assez costaud pour supporter ça. Lire cette palette m’use minutieusement, me tue à petit feu, me fait vieillir trop vite, je ne sais pas quoi en faire à part m’en jouer ».

Pour commencer, je crois que je viens de lire l’une des plus belles histoires d’amour de la littérature post-moderne. Une histoire d’une rare intensité, celle d’un amour d’une violente beauté qui vous prend aux tripes jusqu’à la dernière page. Mais cette histoire ne posséderait pas cette puissance sans l’incroyable vitalité et poésie du style de Fabrice Capizzano qui joue sur le langage et fait s’envoler les mots multicolores dans une musicalité qui donne presque le tournis. Hors des protagonistes, les personnages secondaires viennent renforcer la vivacité de la peinture, du père aux colères homériques à la douce sagesse de la mère et de la sœur, du frère consumé au manager survolté. Un roman qui balance le portrait d’une société perdue qui ne prend plus le temps de rien et surtout pas celui de vivre. Je ne peux que vous inviter à vous laisser emporter par le rythme de ce livre qui a été pour moi un véritable coup de foudre.

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Tous pour un !

Je vous apporte un peu de légèreté pour aborder cet été 2020 avec le sourire grâce à ce roman récemment paru chez Robert Laffont.

Ces petits riens qui nous animent, Claire Norton

9782221247112oriAude vient de passer la quarantaine lorsque sa vie bien rangée bascule. Voilà des années qu’elle est mariée à Xavier avec lequel elle est associée. Trop concentrés sur leur réussite professionnelle, ils n’ont jamais pris le temps d’avoir un enfant, et leur couple a traversé les années, bercé par la routine. Un jour, en rentrant récupérer un dossier chez eux, Aude surprend son mari au lit avec une jeune collègue. Dévastée, elle perd toute estime d’elle-même. L’errance qui suit cette découverte la conduit au parc des Buttes-Chaumont. C’est là qu’elle découvre une adolescente sur le point de sauter d’un pont. Deux jeunes hommes assistent aussi à la scène. Alexandre qui doit choisir entre l’amour de sa vie, Dimitri, ou son père qui réprouve son attirance pour les hommes, et Nicolas qui s’inquiète que son frère ait annulé leur rendez-vous. Afin de sauver Charlène, ils vont lui promettre de l’aider à accomplir sa quête. Ces quatre-là ne se connaissent pas encore mais s’apprêtent à vivre une grande aventure ensemble et nul doute que leur vie en sera profondément bouleversée…

« Alexandre, Aude et Charlène remontaient côte à côte l’allée de la Cascade et Nicolas, à la traîne, fermait la marche. S’être engagé dans une telle promesse était une folie. […] Existait-il une autre option ? Ils s’étaient trouvés là par hasard, unis par la seule nécessité d’empêcher à tout prix cette gamine de sauter. Il soupira. Peut-être que cette rencontre étrange et improbable n’était en fait pas un hasard… »

Dès les premières pages, Claire Norton entraîne son lecteur dans cette folle aventure qui va réunir des êtres que, a priori, tout semble opposer. Les personnages sont attachants avec leurs qualités, leurs tocs et leurs défauts, chacun portant les blessures d’un passé plus ou moins proche. Les pages se tournent s’en qu’on l’on y prenne garde tant le rythme est soutenu aussi bien grâce aux rebondissements de l’intrigue qu’à l’humour et à la narration pluri-focale qui permet de nous donner à chaque instant le point de vue de tous les protagonistes. L’autrice nous offre donc un vrai roman choral qui porte haut les valeurs de l’amitié. Mais davantage que cela, ce livre nous montre que rien n’est jamais totalement écrit dans la vie, que même lorsque pense que l’on est incapable de changer, englué dans un quotidien certes monotone mais rassurant, on peut choisir de sortir du moule et de mener son existence telle qu’on la souhaite vraiment.  Seuls bémols pour moi, des dialogues peut-être parfois un peu trop écrits et un dénouement auquel je m’attendais dès le deuxième chapitre mais qui ne pas empêcher de profiter de la lecture. Vous l’aurez compris, tous les codes du roman feel good sont réunis pour que vous passiez un moment agréable. Si vous cherchez un roman pour vous détendre cet été, celui-ci sera parfait !

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Vamos a la playa !

Bonjour ! Le soleil n’est plus très au rendez-vous ses derniers mais je vais essayer de le faire revenir avec le roman du jour ! Aujourd’hui, je vous propose une lecture rafraîchissante qui vous conduira jusqu’au Brésil… A découvrir chez Hugo Roman.

Tropical Palace, Alicia Werner

41bqe18zxpl._sy346_Jill est chef de réception d’un palace parisien, le Royal Breteuil. C’est le poste dont elle a toujours rêvé et l’obtenir à 28 ans à peine était inespéré. Oui mais voilà, depuis qu’elle occupe cette fonction, sa vie personnelle est quasiment réduite à néant. A peine le temps de retrouver ses copines pour dîner une fois par semaines et de se rendre aux répétitions de son groupe de rock. Niveau sentimental, c’est le désert. Jusque là, elle s’en accommodait car elle s’éclatait au boulot, mais depuis quelques temps, le moral n’est plus vraiment là. Les caprices aussi démesurés qu’incessants des riches clients de l’hôtel commencent à plus que l’agacer et le manque de considération de ses supérieurs ne vient pas arranger les choses. La crise mystique de sa mère, aussi amusante soit-elle, n’est pas là non plus pour la rassurer sur l’avenir. Il est grand temps pour elle de faire un break ! Ce sera bientôt chose faite grâce à ses copines Emma et Nour qui vont organiser un petit voyage au Brésil entre amie. De quoi déconnecter et, pourquoi pas, trouver l’amour…

« Il m’a fallu tenir compagnie à la Devallon-Bailly jusqu’à son coucher. Son mari s’est absenté seulement pendant le temps d’un dîner d’affaires mais, visiblement, la perspective de rester seule pendant trois heures a paru insurmontable à la Suissesse. […] Après l’avoir laissée étendue sur son lit en pyjama de soie crème, un masque de nuit sur les yeux, ses chiens endormis de part et d’autre de son oreiller, j’ai enfin eu le droit de retourner aux miettes de ma vie privée. »

Je me suis totalement laissée porter par ce roman qui tient ses promesses : nous divertir et nous donner le sourire. On s’attache très rapidement à la protagoniste, une jeune parisienne déjà au bout du rouleau malgré son jeune âge. En quête de sens dans sa vie professionnelle aussi bien que dans sa vie personnelle, Jill est une jeune femme comme les autres et c’est pour cela que l’on peut s’identifier facilement à elle. Nous avons ici tous les ingrédients du roman feel good avec la volonté de changer de vie, de la romance, de l’humour, une dose de développement personnel, le dépaysement dans un endroit paradisiaque et des chapitres très courts qui permettent une lecture fluide. Une chose est sûre, le cocktail fonctionne à merveille et nul doute que ce roman trouvera sa place dans votre sac de plage cet été !

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Le gang des retraités

Bonjour ! Aujourd’hui, je vous présente un roman « feel good », histoire de vous donner le moral pour attaquer, je l’espère, la dernière ligne droite du confinement. Merci à Cécile pour ce cadeau. Ce roman est paru en début d’année chez Fayard.

Quand nos souvenirs viendront danser, Virginie Grimaldi

41jvqmk4irl._sx314_bo1204203200_Marceline et son mari Anatole ont emménagé impasse des Colibris il y a plus de soixante ans. Ils avaient tout juste vingt ans et la vie devant eux. Leur existence s’est écoulée aux côtés de celle de leurs voisins. Des joies et des peines, des enfants qui naissent, jouent ensemble puis s’en vont, parfois sans plus donner de nouvelles. Les six derniers habitants de l’impasse ont plus de quatre-vingt ans. Proches dans leur jeunesse, ils se sont peu à peu séparés, au fur que les haies et les broutilles poussaient entre les habitations. Mais les octogénaires vont bientôt devoir se rapprocher. En effet, le maire de la commune – qui est né et a grandi dans l’impasse – veut faire raser les maisons pour construire une nouvelle école. Pas questions pour nos retraités de se faire éjecter. Ils sont bien décidés à mener la guerre pour terminer leurs jours tranquillement chez eux. Ni une ni deux, malgré de vieilles dissensions, le groupe des Octogéniaux est formé et prêt à passer à l’attaque.

« […] chacun a dû réfléchir à un moyen efficace de faire céder la mairie. Les membres du groupe étant des personnes mesurées et raisonnables, les idées le sont tout autant. Gustave propose une petite grève de la faim. Joséphine veut juste monter en haut d’une grue. Rosalie envisage tout simplement de séquestrer le maire. Marius, sensible, préfère enlever les enfants du maire. Je me tourne vers Anatole en quête de réconfort. L’œil pétillant, mon cher époux propose d’investir le plateau d’une émission télévisée en direct. J’ajoute mentalement du cyanure à la liste des courses. Rosalie, qui a manifestement confondu son rouge à lèvres avec sa brosse à dents, me demande si j’ai une idée. Tous les regards convergent vers moi. Je songe à proposer un suicide collectif, mais ils sont capables d’approuver. »

C’est la première fois que je lis cette autrice et je n’ai pas été déçue. Je ne suis pas une grande adepte de littérature « feel good » mais de temps en temps, quand c’est bien écrit, c’est plaisant. Et en ces temps anxiogènes, ce livre tombait à pic. J’ai passé un très bon moment de lecture. J’ai dévoré ce roman en moins de trois jours ce qui est un véritable exploit pour moi ! Les personnages sont attachants et la construction narrative efficace avec l’alternance entre des chapitres narrant le temps présent et ceux revenant sur le passé de la narratrice, Marceline. Au fur et à mesure, on comprend comment les liens se sont faits puis défaits entre ces voisins et comment la protagoniste est passée d’une jeune fille timide et soumise à son époux à une femme épanouie n’ayant pas sa langue dans sa poche. Outre le récit d’un combat pour faire respecter le souvenir de chacun, ce roman est celui d’une grande histoire d’amour entre la narratrice et son mari. Émotion et humour cohabitent parfaitement et Grimaldi prouve que le temps qui passe n’est pas forcément signe de déclin. Ce livre est une ode à l’amitié et à la vie. Si vous recherchez une lecture douce qui vous donne le sourire, n’hésitez pas !

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Au pays des livres

Bonjour à tous ! J’espère que vous allez bien ! J’ai laissé passer davantage de temps que d’habitude entre mes chroniques pour la simple raison que le roman que je vais vous présenter aujourd’hui fait presque 650 pages… Il devait sortir le 20 avril aux éditions Sonatine mais il vous faudra patienter jusqu’à fin mai pour vous le procurer en version papier à moins de l’acquérir en format numérique…

La Mer sans Etoiles, Erin Morgenstern

la-mer-sans-etoilesZachary Ezra Rowlins est un discret étudiant qui rédige une thèse sur les jeux vidéos. Un jour, alors qu’il veut se changer les idées, il se rend à la bibliothèque de son université et tombe sur un livre mystérieux. Pas de titre ni d’auteur, l’ouvrage n’est pas répertorié. Le roman, constitué de petites histoires, de contes allégoriques, ravit l’imaginaire de notre étudiant. Mais quand il découvre qu’il est lui-même un des personnages, sa vie bascule. Une scène entière de son enfance est parfaitement décrite dans un chapitre. Il n’y a pas la suite mais notre protagoniste, bouleversé, décide d’en savoir plus. Il va alors mener une enquête qui va le conduire dans un univers totalement surréaliste, fait d’un gigantesque labyrinthe souterrain, d’une mystérieuse bibliothèque, de portes peintes qui s’ouvrent avant de s’effacer et d’une mer sans Etoiles…

«  »Jadis, il y a fort longtemps, le Temps tomba amoureux du Destin. » Une voix d’homme. Grave, mais avec une cadence légère, une voix de conteur. Zachary se fige et attend. L’oreille tendue. « Ce qui, comme on peut l’imaginer, s’avéra problématique, continue la voix. Leur idylle perturbait le cours du temps. Emmêlait les fils de la destinée en nœuds inextricables. » Une main dans son dos le pousse gentiment en avant et Zachary fait un premier pas hésitant dans le noir, puis un deuxième. »

J’avoue que j’ai été décontenancée par ce livre. Comme je ne lis que de très peu de pages d’un coup – rarement plus de dix minutes d’affilées, mon petit Jules ne me permet généralement pas plus ! – j’ai eu beaucoup de mal à me mettre dans ce roman à la structure complexe et à l’intrigue qui l’est sans doute encore davantage. Mais une fois lancée, j’ai savouré cette histoire hors du commun. Les récits s’enchâssent les uns dans les autres, les mises en abyme sont multiples et le monde imaginaire créé par l’autrice est d’une incroyable densité. Tout est métaphore dans ce roman, a commencé par le labyrinthe souterrain, métaphore de l’intrigue elle-même labyrinthique. La même histoire semble s’écrire et se réécrire encore et toujours avec d’infimes variations. Le lecteur se perd avec les protagonistes, à un point qu’on ne sait plus vraiment si un monde réel a existé ou si tout n’était pas fiction dès le départ. La frontière entre le monde du dessous et de dessus se fait de plus en plus floue. Autant être claire, si vous cherchez un livre pour ne pas trop vous prendre la tête, passez votre chemin. Si, au contraire, vous êtes adeptes d’univers parallèles et merveilleux, alors nul doute, vous trouverez ici votre bonheur. Pour ma part, après un début difficile comme je le disais plus haut, j’ai été conquise par ce roman hors du commun qui finit par se lire comme un polar.

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« L’émotion au bord des lèvres »

Bonjour à tous, j’espère que vous prenez le temps de lire pendant ce confinement. Aujourd’hui, je vous présente un roman qui parle d’amour et de haut potentiel. Ce livre est paru chez AlterPublishing.

La surprise du surdoué, Pascal-Henri Poiget

51ustf7fwul._sx326_bo1204203200_Le narrateur, la cinquantaine, tombe amoureux très souvent, éperdument. Pour un soir, une semaine, plusieurs mois ou années, l’intensité est la même jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien et qu’il passe à la conquête suivante. Pourtant, notre homme n’a rien d’un don Juan. Depuis son enfance, il agit de la sorte avec tout ce qui l’intéresse. Il se lance à corps perdu dans un centre d’intérêt – piano, escrime… – puis une fois le but fixé atteint, il passe à autre chose. Sans regret. Il en va donc de même avec ses compagnes avec lesquelles il conserve souvent de bons rapports une fois l’idylle terminée. Une histoire en particulier le marquera, celle qu’il entretiendra avec une chanteuse d’opéra dont il pense qu’elle est comme lui, surdouée. Parce qu’elle est là la grande particularité de ce protagoniste touche-à-tout, il est ce que l’on appelle un adulte à haut potentiel. Cela ne veut pas dire qu’il est meilleur que le commun des mortel, simplement différent, en décalage constant, à la fois trop rationnel et trop sensible. Alors quand deux êtres un peu trop en tout se rencontrent, le cocktail peut être explosif…

« […] mon cerveau fonctionne en permanence. Toujours. Tout le temps. Vite, très vite. Trop vite. J’ai longtemps voulu arrêter, ralentir, modérer cette machine infernale, ce maelstrom incessant. Ces pensées en ébullition, qui se cognent et s’entrecognent. Mais j’y ai renoncé. […] Comme si cela ne suffisait pas, non seulement le cerveau turbine à trois cents à l’heure, mais le plus difficile à gérer est l’hypersensibilité, cette émotion au bord des lèvres. Qui vous fait éclater en sanglots. Qui vous anéantit au quart de tour. Qui vous amène à tout faire basculer en une demi seconde. […] Trop forte, trop vive, trop envahissante. Trop, trop, trop. »

J’ai choisi de retranscrire ce passage parce que je trouve qu’il résume à la fois toute la question de la douance ainsi que celle des rapports amoureux du protagoniste. Tout va trop vite dans sa tête, et ses émotions sont trop intenses. Pas facile à vivre. Pour quiconque observerait la chose de l’extérieure, il se dirait que le narrateur est inconstant, incapable de se fixer voire dénoué de sentiment. Mais il n’en est rien. Il tombe réellement amoureux à chaque fois, avec fulgurance. Et ses sentiments peuvent s’interrompre avec la même fulgurance. Si ce roman ne m’a pas convaincu dans tous ses aspects – les chansons et poèmes m’ont semblé de trop (mais vous l’aurez compris, cela fait partie du personnage) -, je l’ai néanmoins apprécié car de nombreux éléments ont résonné en moi, notamment le fameux passage ci-dessus. On aurait pu craindre un texte lourd, trop sérieux mais il n’en est rien. Ce roman est léger au bon sens du terme. Il invite à profiter de la vie à fond, à saisir l’instant. Et il permet aussi d’expliquer de manière claire les mécanismes de pensée des personnes à haut potentiel.

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Nouveau contrat

Aujourd’hui, je casse mes habitudes littéraires en vous présentant une romance adolescente. Je remercie les éditions Panini Books pour l’envoi de ce livre et du joli coffret qui allait avec. Certains connaissent peut-être la version cinématographique sortie sur Netflix.

P.S. Je t’aime toujours, Jenny Han

413dbwegqrl._sx307_bo1204203200_Lara Jean aime toujours Peter et ce dernier n’est pas insensible à son charme. Les jeunes lycéens décident de sortir ensemble en établissant un contrat dont l’une des principales règles est de ne pas briser le cœur de l’autre. Rapidement, l’idylle se complique lorsqu’une vidéo de Lara Jean en train d’embrasser Peter dans un jacuzzi est postée sur les réseaux sociaux. Les rumeurs vont bon train et la jeune fille est totalement déstabilisée. Elle soupçonne son ancienne meilleure amie, Geneviève, l’ex-petite-amie de Peter d’avoir voulu se venger. Ce dernier reste d’ailleurs étrangement très proche d’elle ce qui suscite la jalousie de Lara Jean. Alors que le couple commence à s’éloigner, John fait son apparition dans la vie de Lara. Très attentionné, au contraire de Peter, il pourrait bien venir semer la zizanie…

« L’idée que c’est honteux d’être une femme qui apprécie le sexe mais qu’un homme qui a la même conduite doit être applaudi est bien trop ancrée dans notre société […]. Je veux dire, tous les commentaires traitent Lara Jean de salope, mais personne ne dit rien de Peter, alors qu’il est là, avec elle. C’est un préjugé injuste et ridicule. »

N’ayant pas Netflix, je n’avais jamais entendu parlé de cette trilogie dont le premier tome est entré dans la liste des best-sellers du New-York Times. J’avais envie de tenter l’expérience de lire une romance, de changer mes habitudes pour me plonger dans quelque chose de plus léger. En fait, je ne pensais pas du tout accrocher et laisser tomber au bout de quelques chapitres. Eh bien non ! Je me suis même surprise à enchaîner les chapitres au plus vite. Alors oui, clairement, c’est guimauve – il y en avait d’ailleurs dans le petit coffret de présentation -, ce n’est pas de la grande littérature, ça ne donne pas vraiment à réfléchir mais ce n’est clairement pas le but recherché. On reste assez dans les stéréotypes de genres avec les filles qui se crêpent le chignon pour les garçons, la lycéenne qui prépare de bons petits gâteaux en attendant que son petit copain vienne la chercher devant chez elle avec sa belle voiture… Bref, c’est bien cliché. Il y a néanmoins une petite réflexion sur la différence de regard porté sur les hommes et les femmes (cf: l’extrait ci-dessus) et le fait que ces dernières doivent pouvoir faire comme bon leur semble mais dans l’ensemble le rôle de la fille consiste surtout à plaire au garçon. Cela mis à part, les intrigues amoureuses fonctionnent bien, les rebondissements s’enchaînent et le livre se lit rapidement. Je conserve donc un avis plutôt positif sur ce livre et on va dire que ça aura été mon petit plaisir coupable de l’année !

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Hold-up littéraire

Envie d’une lecture qui vous booste pour affronter la rentrée avec le sourire ? Le roman que je vais vous présenter aujourd’hui est fait pour vous ! Dans toutes les bonnes librairies depuis la semaine dernière aux éditions Au Diable Vauvert.

Feel Good, Thomas Gunzig

thomas-gunzig-feel-goodAlice, vendeuse dans un magasin de chaussures, a toujours été « tout juste ». Jamais tout à fait pauvre, mais toujours précaire. Après la fermeture du magasin, la quarantaine passée, elle peine à retrouver du travail. La voilà à enchaîner des jobs de plus en plus avilissants et peu rémunérés. Épuisée de devoir compter chaque centime et surtout terrifiée à l’idée de se retrouver à la rue avec son fils, elle cherche désespérément un moyen de se mettre à l’abri financièrement pour quelques temps. Lui vient une idée complètement folle : enlever un bébé de riches devant une crèche aux services hors de prix pour réclamer une rançon. Mais pas de chance. Rien ne marche comme elle l’avait escompté. Personne ne réclamant l’enfant, elle se retrouve avec un bébé sur les bras, et donc une source supplémentaires de dépenses…

Le hasard met Alice sur la route de Tom, un écrivain médiocre, au chômage, récemment quitté par sa femme qui a rencontré un chirurgien. Le romancier propose à Alice d’écrire un roman à partir de son histoire de kidnapping et de partager les droits d’auteur. Mais celle-ci n’est pas convaincue de la réussite de l’entreprise et lui propose une meilleure solution : avec son aide, elle écrira un feel good utilisant toutes les ficelles qui font recette de nos jours; un best-seller qui ferait l’unanimité et se vendrait à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, qui les éloignerait pour toujours de la précarité…

Avec Feel good, Thomas Gunzig a, sans conteste, réalisé son « hold-up » littéraire. Tout à la fois pastiche de ces romans grand public qui remportent un franc succès, critique de la société et mise en abyme de l’écriture du roman lui-même, l’ouvrage est une véritable réussite. Impossible de ne pas sourire voir rire devant les situations rocambolesques dans lesquelles se mettent les personnages. Le tempo est parfait, l’humour omniprésent et on s’attache très vite aux deux personnages principaux, des gens normaux, qui galèrent mais qui refusent de se laisser complètement couler. J’ai adoré la critique du monde éditorial et littéraire, parfaitement juste (en connaissance de cause, j’y ai été confrontée). En ce qui me concerne, je ne suis pas une grande adepte des romans feel good. Mais ce livre-ci, avec son histoire de roman dans le roman, son humour et son intelligence compte parmi les ouvrages qui m’ont le plus mis de bonne humeur. Sans conteste mon plus gros coup de cœur du mois d’août et le livre qu’il vous faut pour affronter la rentrée avec le sourire !

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Tasmania

Aujourd’hui, je vous présente, grâce à l’agence Anne et Arnaud ainsi qu’aux éditions Les Escales, le dernier roman de Karen Viggers, l’auteure du best-seller La Mémoire des embruns.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

le-bruiement-des-feuillesLéon, jeune garde forestier, vient de s’installer dans une petite ville de Tasmanie. Mais pour lui, difficile de faire sa place dans cet endroit où la plupart des hommes est bûcheron. Bien qu’il fasse des efforts pour s’intégrer en prêtant main forte à l’équipe de footie , ses coéquipiers ne cessent de le chambrer et il demeure au ban de la société locale. Les rares personnes à se montrer agréables avec lui sont son très jeune voisin, Max, un gamin d’une dizaine d’années pas très bien dans ses baskets; Miki, la serveuse du fast-food, enfermée la plupart du temps par son frère Kurt; et la vétérinaire qui a sauvé la chienne du jeune Max. De temps en temps, il passe rendre visite à son grand-père à la maison de retraite et tente d’apprendre à mieux le connaître. Une vie assez morne s’offre à Léon, chargé essentiellement de ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes de la forêt, jusqu’au jour un des plus vieux arbres et les aigles de la forêt sont menacés par le travail des bûcherons. Miki et Léon vont se rencontrer et essayer de préserver ce coin de nature des méfaits des hommes.

S’il fallait résumer ce roman en un mot, je dirais : manichéen. Les personnages sont soit bons soit mauvais, rares sont les exceptions. Les bûcherons sont des brutes qui ne supportent pas les amis de la nature qu’ils accusent de les empêcher de travailler. Ils sont tous plus ou moins alcooliques, aiment se cogner dessus lors des matchs le week-end, et maltraitent leur femme à divers degrés. L’autre grand méchant, c’est Kurt, le grand frère de Miki. S’il lui a sauvé la vie quelques années plus tôt lors de l’incendie qui a ravagé la ferme où ils avaient grandi et tué leurs parents, il la garde enfermée dans le restaurant où il en fait son esclave. Du côté des « gentils » nous avons donc Léon, toujours prêts à aider son prochains même si ce dernier veut sa peau; Miki, en quête de liberté grâce aux quelques livres qu’elle possède et à ceux que lui prêtera la dame de l’office de tourisme et Max, seul véritable ami de Léon au début, qui se fait persécuter par Jaden, le fils du policier. Pour faire bref, on trouve les méchants oppresseurs et les gentils oppressés. J’ai du coup eu beaucoup de mal à me détacher de cette approche simpliste des personnages. Alors certes, chaque personnage principal est finement travaillé dans sa psychologie mais ils manquent de nuances, d’un peu de noirceur pour les uns et d’humanité pour les autres. Et même si je ne suis pas féministe, l’image donnée de la femme est assez triste : au foyer, à s’occuper des enfants, à supporter des maris odieux, à leur servir des bières et surtout à avoir le droit de se taire ! Alors malgré le message adressé par le biais de Miki qui est de se libérer du joug de son frère, représentatif des autres hommes, l’ensemble me laisse tout de même un goût assez amer.

Néanmoins, ce roman est agréable à lire et nous plonge au cœur des somptueuses forêts de Tasmanie. Les adeptes d’histoires humaines se déroulant à l’autre bout du monde et les amoureux de la nature seront sans doute ravis. Pour ma part, vous l’aurez compris, je suis assez mitigée. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.